Les Esquimaux Euhouards 2008 - Les nominations !

Affiche Esquimaux Euhouards 2008

Cornet d'abondance

Allez, on se dépêche avant que ça fonde : pour la seconde année consécutive, L'Ouvreuse est fière de vous présenter les récompenses les plus cools du petit monde cinéphile bien qu'elles soient les seules à avoir un bâton dans le c…

Après des semaines de négociations âpres et tendues durant lesquelles chacun y est allé de son argumentaire de poids ("Elle peut pas s'en sortir comme ça, faut la nominer cette truffe !"), tout en restant complètement impartial et sans mauvaise foi ("Je ne suis absolument pas d'accord avec vous pour nominer ce film bande de nazes, mais j'adore la vanne alors vous avez mon vote, et je vous déteste."), la rédaction s'est mise d'accord sur une liste des nominés aux Esquimaux Euhouards de l'année 2008.

Dans cette liste, des catégories ont disparu par rapport à l'an dernier, d'autres sont apparues, c'est juste pour varier les plaisirs et parce qu'on s'adapte nous, web doupoinzérau style.

La rédaction de L'Ouvreuse est donc fière de vous présenter les heureux nominés à la seconde édition des Esquimaux Euhouards !




ESQUIMAU DE L'ACTEUR OU DE L'ACTRICE QUI FAIT TIEP

- Zooey Deschanel dans Phénomènes
Le mystère des deux "o" enfin résolu : c'était ses yeux, en fait, juste ses yeux et l'air ahuri qui va avec.

- Tous ceux qui donnent la réplique à une balle dans Astérix Aux Jeux Olympiques
Alors si vous n'aviez pas compris, Thomas Langmann a un gros carnet d'adresses et un gros chéquier (enfin, gros... un peu enveloppés quoi). Par contre on aurait aimé qu'il se tape un gros doute quand on lui a dit : "Thomas, t'es sûr pour Mauresmo là ?".

- Russell Crowe dans Mensonges d'Etat
Déjà dans 3h10 Pour Yuma il semblait saoulé d'arrêter ses sudokus pour aller tourner, là c'est limite s'il n'encaisse pas son salaire pendant les prises tellement il s'en tape.

- Louis Garrel dans La Frontière de l'Aube
Vu la filiation, c'est à croire qu'il a été génétiquement modifié pour jouer à vie les artistes ou étudiants chevelus qui ont trop de soucis tu vois, avec l'âme écorchée tu comprends. Parce que l'amour c'est puissant s'tu veux.

- Clovis Cornillac dans... heu... mais oui là, rooohh....
Bon, on a eu un peu la flemme de tout suivre, mais il a bien du cachetoner dans un ou deux films miséreux cette année, non ?


ESQUIMAU DU TITRE ÉNIGMATIQUE POUR PUBLIC SOPHISTIQUÉ

- Soit Je Meurs, Soit Je Vais Mieux de Laurence Ferreira Barbosa
Non mais Laurence, quand on proposait de traduire les titres étrangers façon egotrip à la française, on déconnait. Pis faire ça avec du Nietzsche…

- Et Puis Les Touristes de Robert Thalheim
Et donc cette nomination n'a pas de.

- Les Grands S'Allongent Par Terre d'Emmanuel Saget
Mais est-ce que les spectateurs allongent neuf euros pour découvrir ce qu'ils font après, les grands ?

- Le Bruit des Gens Autour de Diastème
Oué, puis y a aussi L'Odeur Des Gens d'En-Bas, The Sequel

- Rome Plutôt Que Vous de Tariq Tequia
Ha ben déception : elle est assez exclusive madame en fait, moi qui la croyais "ville ouverte". Tss...

- Des Temps et des Vents de Reha Erdan
Comment lâcher un pet ? Comment le rendre silencieux ? Comment choisir le moment le plus propice ? Des Temps et des Vents, un documentaire très complet sur l'art de la flatulence en société.


ATTENTION : Grand Jeu Bingo Concours !!
La lectrice ou le lecteur qui composera le plus beau poème, sonnet, haïku, soliloque, discours électoral avec ces cinq titres aura le droit de choisir le vainqueur de cette catégorie !
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Exemples :

Soit je meurs, et puis les touristes, les grands, s'allongent par terre. Soit je vais mieux, et serai à Rome plus tôt que vous.

Les touristes s'allongent à Rome autour des grands vents
le bruit plutôt que le temps, plutôt que les gens, plutôt que vous.

Le bruit des grands,
Des temps et puis Rome,
Les touristes plutôt que vous,
Je vais mieux.

Le bruit des gens par terre,
et puis des temps et des vents...
Soit je meurs, soit les touristes s'allongent à Rome !





ESQUIMAU DE L'AFFICHISTE QUI DES FOIS OUBLIE LA RELATIVE NÉCESSITÉE DE TROUVER UN PUBLIC POUR LA CARRIERE D'UN FILM

- Le Voyage Aux Pyrénées de Arnaud & Jean-Marie Larrieu
Les Larrieu qui essaient de donner un côté "sympa" à leur film, c'est comme un idiot du village qui mime son entourage : on est attendri par la démarche mais on ne peut s'empêcher de trouver le résultat quand même très ridicule.

Affiche Le Voyage Aux Pyrénées


- Mariage Chez Les Bodin's d'Eric Le Roch
C'est avec une infinie tristesse que nous avons appris la disparition de l'infographiste responsable de cette affiche. Rongé par la culpabilité, il s'est donné la mort hier soir par overdose, avalant quinze tablettes graphiques de médicaments.

Affiche Mariage Chez Les Bodin's


- Génération Electro de Christophe Chevalier
Ha les cons, au début je croyais que c'était le flyer pour la boum de mon cousin Baptiste, mais en fait non, c'est un documentaire sur les gens qui ne savent pas se gratter l'oreille.

Affiche Génération Electro


- La Frontière De L'Aube de Philippe Garrel
La passion, la tension, le mystère, la curiosité : Garrel a enfin réussi l'affiche parfaite qui évite toutes ces scories, sûrement parce qu'il sous-traite à l'agence chargée de promouvoir le Prozac en Europe de l'Est.

Affiche La Frontière de l'Aube


- Deux Soeurs Pour Un Roi de Justin Chadwick
Et oui, les livres d'histoire ont un peu honte de le révéler, mais la noblesse anglaise s'habillait jadis en emballage de Quality Street.

Affiche Deux Soeurs Pour Un Roi



ESQUIMAU DE LA PHOTO VRAIMENT MOCHE QUE MÊME "LES GOÛTS ET LES COULEURS GNAGNAGNA" ÇA PEUT PAS MARCHER LA

- Jérôme Alméras pour Il y a Longtemps Que Je T'Aime
D'ailleurs ça fait tellement longtemps qu'en fait le tournage a commencé en 73, époque où le terne artificiel gagna ses galons de courant artistique au cinéma, dont la philosophie est, rappelons-le : "faire moche comme dans la vraie vie, mais de sorte à ce qu'on n'y crois pas."

- Dariusz Wolski pour Sweeney Todd, Le Diabolique Barbier de Fleet Street
Irréfutable signe que Burton va mieux : il engage le chef op' de Gore Verbinski, qui avait réussi à transformer les Caraïbes en plages de Saint-Vaast-la-Hougue, pour un film dans les bas-fonds du Londres victorien. Il s'était sûrement dit que le rouge sang, symbole évident de son retour en grâce selon certains, se verrait mieux sur des images délavées.

- Pierre Milon pour Lady Jane
"Nous voulions une image contraste, assez brute, tirant vers le noir avec une texture particulière, un peu sale."
Banco.

- Michel Abramowicz pour Sagan
Michel Vaillant, L'Empire des Loups, Taken, et maintenant Sagan : y a pas du matos là ?

- Pierre-Yves Bastard pour J.C.V.D.
Vous aussi, refaites chez vous la lumière de J.C.V.D. sur vos photos de vacances : http://www.heron-productions.com/dreamglow.html


ESQUIMAU DU FILM DE DROITE : PRIX DE LA PRESSE INDÉPENDANTE

- Diary Of The Dead de George A. Romero
Internet permet de multiplier les informations. Et ça, c'est mal, c'est même Frédéric Lefèbvre qui le dit.

- Juno de Jason Reitman
La critique est unanime : avorter, c'est très vilain et ça fait mal à l'intérieur du dedans de la madame parce que "les bébés ils ont des ongles lol".

- Notre Univers Impitoyable de Léa Fazer
Toujours dans la série "Hihihi je vais faire style je joue avec les clichés, genre je suis trop subversive quoi, histoire de leur faire croire que j'ai un propos, mais en fait je vais me déballonner car faut pas déconner, j'ai une carrière à bouger moi", Léa Fazer se pose là, avec sa confrontation des stéréotypes du monde corporate capitaliste qui tourne à vide, enfin en rond plutôt, étant donné que la fin pourrait très bien être le début sans les 90 minutes chiantes au milieu.

- Le Nouveau Protocole de Thomas Vincent
En France on est vraiment très fort pour les concepts à la con : ici, le film qui dénonce à l'envers ! Car Vincent "dénonce" les grands groupes pharmaceutiques, attention, c'est un ouf (il dénonce), mais en les exonérant du moindre acte malveillant, tout en chargeant la mule sur les asso militantes constituées de bons gros paranoïaques, évidemment. Il dénonce, oué, mais à la mode hiver 44.

- Le Projet Hadopi de Nicolas Sarkozy & Christine Albanel
Le jeu des acteurs laissent à désirer (on sent qu'ils n'y croient pas vraiment), c'est filmé assez platement, les scénaristes peinent à redonner du souffle au récit, mais les répliques font mouches à tous les coups, déclenchant des fous rires non stop dans l'audience. Amenez vos enfants, ils pourront dire plus tard qu'ils y étaient (en plein dedans même).


ESQUIMAU DE LA SUITE OU DE LA PREQUEL QUI N'A PAS ÉTÉ FAITE POUR LA THUNE MAIS PAR NÉCESSITÉ DE CREUSER LES THÈMES PLUS PROFONDÉMENT PARCE QUE TOUT N'AVAIT PAS ÉTÉ DIT

- Aliens Vs. Predator – Requiem de Colin & Greg Strause
En même temps rien n'a été dit dans les deux premiers, alors à ce rythme là, il peuvent en sortir douze par an. Mais de là à transformer l'Alien en Freddy Kruger et le Predator en femme de ménage, fallait oser. Merci la Fox.

- Astérix Aux Jeux Olympiques de Thomas Langmann & Frédéric Forestier
Gosciny n'était pas obligé de nous laisser vérifier à quel point ce sont toujours les meilleurs qui partent en premier. Errare cinema français est.

- Sexy Dance 2 de Jon Chu & High School Musical 3 de Kenny Ortega
Mais avons-nous la preuve indubitable que les premiers épisodes existent vraiment ?

- Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal de Steven Spielberg
Excusez-nous, c'est une erreur, y a jamais eu de suite à Indy III. Qui oserait de toutes façons ?

- Le Transporteur 3 d'Olivier Mégaton
L'héroïne bessonienne n'avait pas encore pissé dans un supermarché. Maintenant c'est fait. Elle devait avoir envie en même temps : le navet c'est diurétique. Sinon, ça castagne toujours autant, c’est toujours aussi débile mais Franck tombe amoureux et ça change tout. Non ? Ah bon, pardon alors.


ESQUIMAU DU FILM SOUTENANT LE COMMERCE ÉQUITABLE CAR BOUDÉ PAR LA GRANDE DISTRIBUTION

- Harold et Kumar S'Evadent de Guantanamo de Hayden Schlossberg & Jon Hurwitz
Tant qu'à distribuer des films qui s'en prennent à la politique US, autant nous balancés des trucs torchés en deux-deux par Ridley Scott.

- Blindness de Fernando Meirelles
Au moins la distribution mettra sur un pied d'égalité les aveugles de Paris et les voyants de province.

- The Mist de Franck Darabont
Forcément, sorti en même temps que les Ch'tis, il n'avait aucune chance. Comment ? En plus, d'une réalisation classieuse, la narration fait la part belle aux émotions étreignant les personnages comme les spectateurs ? Décidément, non, il n'avait aucune chance.

- CJ7 de Stephen Chow
Un film pour gamins drôle, touchant et abordant frontalement des problématiques adultes. Tout saut du Disney, quoi. Ne cherchez pas plus loin les raisons d'une sortie direct-to-DVD dans le pays qui "combat l'impérialisme américain"…

- Southland Tales de Richard Kelly
Sifflé à Cannes, remonté, évité en Amérique et même pas distribué en France. Comment un film unique et intelligent finit comme le premier Steven Seagal venu… Espérons plus de succès au DVD.


ESQUIMAU DU FILM ENGAGÉ QUI INDIGNE PARCE QUE QUAND MÊME HEIN !

- Quantum Of Solace de Marc Forster
Les scènes d'actions filmées à l'arrache et les plans insistants sur le peuple bolivien opprimé par un dictateur à l'armée implacable (deux figurants avec une arme) suffit pour la presse à y voir un grand film d'action teinté d'engagement politique. Purée on n'aurait jamais dû leur expliquer pendant trente ans qu'il pouvait y avoir des messages dans le cinéma de genre…

- Génération Electro de Christophe Chevalier
C'est peut-être pas engagé, mais qu'est ce que ça indigne.

- Being W. de Karl Zero
C'est peut-être engagé, mais ça fait longtemps que ça n'indigne plus. Peut-être parce qu'on a pire chez nous ? (houlalala, qu'avons-nous dit là ?!! On était à deux doigts de donner une idée à nos cinéastes !)

- Mensonges d'Etat de Ridley Scott
Comme disait Bernard Campan : "Vous, les politiciens, vous êtes vraiment très très méchants.". Ça prenait trois minutes.

- Diary Of The Dead de George Romero
Les caméras vous manipulent ! Daniel Schneidermann, dégaine ton shotgun, on va shooter du zomblard !


ESQUIMAU DE LA SÉQUENCE QUI RESSEMBLE A UN TÉLÉFILM FRANCE 3 PICARDIE

- La scène sensée conditionner tout L'Empreinte de l'Ange de Safy Nebbou, qui réussit seulement à démontrer combien l'effet Koulechov peut être marrant des fois avec des actrices en roue libre.

- Le concours de déglutition du couscous de La Graine et le Mulet d'Abdellatif Kechiche, talonné de près par la longue déglutition d'Ariane Ascaride avalant un verre d'eau dans Lady Jane de Robert Guédiguian. De la déglutition en Dolby Surround, c'est ÇA le cinéma. Et que Michel Chion la ramène pas, Guédiguian a parlé.

- Le baiser illuminé dans Les Citronniers d'Eran Riklis, alias l'effet dont tu te demandes ce qu'il vient foutre là, comme si durant un instant le réalisateur était devenur fou, ou juste fan de Denys Arcand.

- La perche dans le cadre, et quand je dis perche non je ne pense pas à Catherine Frot, même si je vous l'accorde ça marche aussi, dans Le Crime Est Notre Affaire de Pascal Thomas.

- La glissade ventrale de Laurence Boccolini dans Tu Peux Garder Un Secret ? d'Alexandre Arcady
Non, on ne peut vraiment pas garder ça pour nous :




ESQUIMAU DE LA SÉQUENCE QUI RESSEMBLE A DU CINÉMA ET NON A UN TÉLÉFILM FRANCE 3 PICARDIE

- La séquence du puit de pétrole de There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson
Des hommes, une musique entêtante, un gamin qui n'entend plus, le feu qui surgit de la terre et des images d'une puissance à couper le souffle. C'est là qu'on comprend qu'on regarde un film qui va durer...

- Le plan-séquence complètement dantesque de Reviens-Moi de Joe Wright
Tellement fou, somptueux et parfaitement bien intégré au métrage que personne n'en a parlé d'ailleurs. C'est vache le talent.

- La danse spatiale de Wall-E d'Andrew Stanton
Un moment de pur beauté, un feu d'artifice d'émotions, un délice graphique, un instant réellement magique qui fait oublier nos problèmes... Tout ça avec deux robots qui dansent.

- La séquence du motel de No Country For Old Men de Joel & Ethan Coen
Comment installer une tension palpable uniquement par le montage et la mise en scène et ainsi créer un duel d'anthologie sans que les deux protagonistes ne soient une seule fois dans le même cadre.

- Speed Racer de Andy & Larry Wachowski.


ESQUIMAU DU SCÉNARIO ÉCRIT PAR MON COUSIN BAPTISTE, 13 ANS (BEN OUI, IL VIEILLIT, COMME TOUT LE MONDE)

- Vincent Lobelle, Stephen Cafiero, Jean-Patrick Benes, Allan Mauduit & les dialoguistes Matthieu Delaporte, Alexandre de La Patellière pour Les Dents de la Nuit
A tout ça ils auraient mieux fait de se taper un foot ou un Lapins Crétins.

- David Koepp et le flingue qu'il avait sur la tempe pendant qu'il écrivait Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal
Le mieux est encore de laisser parler ce qui maîtrisent le sujet : "Trop easy ou trop lost, nos raiders n'ont jamais peur de perdre le cap. A force de rester fidèles à leurs rêves d'ados, Spielberg et Lucas risquent de redevenir d'actualité, sinon d'avant-garde.
Eugénio Renzi – Les Cahiers du Cinéma
Et au bout de combien d'années de development hell et de scénarios géniaux refusés par l'un des deux visionnaires le rêve devient cauchemar ?

- Diablo Cody pour Juno
Diablo Cody, ça sent le pseudo... En tous cas si on avait pondu ce scripte à sa place, ça l'aurait été sous un faux nom (donc non nicco, aucun lien avec Annie Cody).

- Catherine Johnson pour Mamma Mia!, qui invente le scénario Ikea en meublant comme elle peut entre des chansons suédoises. Et à la fin il reste toujours un boulon, en l'occurrence celui qu'a pété Pierce Brosnan.

- Luc Besson & Robert Mark Kamen pour Taken et Luc Besson & Robert Mark Kamen pour Le Transporteur 3
Dans le premier, la fille du héros est enlevée ; celui-ci part à sa recherche et tue tous ceux qui se mettent en travers. Dans le second, Franck doit escorter une fille et bastonne la gueule de tous ceux qui se mettent en travers.
Les femmes chez Besson, c’est rien que des boulets mettant en travers la quille des hommes. Et Luc, il va vous la remettre droite.


ESQUIMAU DE L'INÉNARRABLE CRITIQUE OEUVRANT AVEC TALENT POUR LA RECONNAISSANCE ET LE RESPECT DE SON MÉTIER

- L'inénarrable Bayon de Libération et son Speed Racer pédophile. Oui, largement plus pédophile qu'un Ken Park par exemple, on la lui fait pas à Bayon, s'il doit dénoncer il dénonce, non mais ho. Et là il avait bien vu avant tout le monde l'orgasme subliminal souillant les yeux de nos têtes blondes. Hélas chez Libé ils ont la fâcheuse tendance à être modestes au point d'effacer de leur site les traits de génie de leurs journalistes.

- L'inénarrable Rurik Salé de Mad Movies, qui fait preuve au fil de ses critiques d’une tenue exemplaire que ses commentaires dans les avis de la rédaction synthétisent assez bien : L’Orphelinat : "le high concept ibérique : une école pour gosses (?) + des fantômes + un mystère dramatique. Franchement les gars, ça commence à faire chier.", Doomsday : "on attendait la bouse. Ben non, c’est un bis rigolo avec des scènes d’action hachées mais un bon esprit ! N’empêche Marshall est chauve" (??) ou encore Diary Of The Dead : "papy Roro charcute ses zombies avec imagination et humour mais le message est lourd comme une couille négligée."

- L'inénarrable Aurélien Ferenczi de Télérama pour son amour inconditionnel du cinéma américain qui ne conditionne absolument jamais ses jugements. Comme lorsqu'il invoque Bourdieu et Descartes pour descendre courageusement The Relic et défendre Musée Haut, Musée Bas, ou quand il proclame qu'une bande originale est mauvaise parce que voulue "à l'américaine" ("bonjour, j'affiche mon inculture en histoire de musique de film, ça va ?") après avoir tenté un grand écart dialectique pour conditionner son lecteur : Diane Kruger = Troie = multiplexe = Hollywood = thriller = Pour Elle = Diane Kruger = mode = série B, CQFD et si vous trouvez le nombre exact de raccourcis et de contresens dans ce passage vous gagnez un gigot d'agneau.
Mais que dire devant SON chef-d'œuvre, un paragraphe unique en son genre à propos de Wall-E, qui émeut toute la rédac lorsqu'on le lit le matin à voix haute avant nos exercices de tai-chi :
"Que l'on plante les bambins devant une kyrielle de films d'animation plus ou moins formatés, plus ou moins puérils, d'accord, il faut bien les occuper ; mais que l'animation 3D et ses blockbusters ­ calibrés pour plaire au plus grand nombre (ici, dialogue minimal égale spectateurs de 3 à 93 ans...) deviennent des parangons de sensibilité et de recherche esthétique, non, ça commence à faire trop."

Comprenez-le, déjà que retourner à l'essence du cinéma en proposant cinquante minutes de film muet à un public familial (zut un gros mot) c'est en fait bassement mercantile (heureusement qu'il est là pour veiller dites donc, on n'avait rien vu nous), alors si en plus ça cherche à être beau et émouvant, comment qu'il va faire pour continuer à détester les films populaires ?
Non, il a raison : donnons de la merde aux gamins, aux beaufs et aux gâteux, et laissons un peu l'élite profiter des vrais bons films.

- L'inénarrable Didier Péron de Libération qui réussit à arguer en deux phrases que W. aidera à l'élection du camp républicain aux élections de 2008 (ça regorge de visionnaire chez Libé) tout en affirmant que la mise en scène de Stone est affreuse. J'vous vois venir, mais s'il avait argumenté il aurait eu besoin de plus de phrases, et l'exploit en aurait été gâté. Non c'est bien comme ça, c'est beau.

- L'inénarrable Monique Pantel de On Va Se Gêner sur Europe 1, histoire de rendre hommage à l'œuvre d'une vie, avant qu'il ne soit trop tard. Pensez un peu à ces millions d'auditeurs qui attendent fiévreusement les avis de Monique pour décider de leur sortie cinéma, et qui, coincés dans leur taxi, entendent ça : "Quelle bouche elle a [Angelina Jolie] ! Oh la la ! Alors elle est plus pulpeuse que n'importe qui, elle est formidable ! Bon. C'est très beau. C'est très bien filmé. C'est très léché. C'est très moral. C'est comme tout le monde le sait, l'histoire vraie, dans l'Amérique pourrie (soi-disant) des années 28 (à mon avis c'est toujours pourri, bon)... c'est soi-disant l'histoire vraie d'une jeune femme qui a perdu son enfant et on lui en ramène un autre qui n'est pas le sien, et la police lui oblige à dire que c'est le sien, et patati patata. Ca dure 2h20, c'est très ennuyeux, on aurait pu le faire plus court et ça aurait été meilleur. Et John Malkovitch est génial ! Ah, je l'aime, lui, je l'aime, il est magnifique !"

Ou encore : "Eh ben comme tout le monde le sait aujourd'hui, Gilles, Alain Chabat, ancien chanteur, se retrouve l'âme coincée dans le corps de Ranu, Daniel Auteuil, qui est super coincé, plus coincé qu'une fermeture éclair coincée. Et donc le toujours exhubérant (malgré sa mort) Gilles il arrête pas de casser la tête à Ranu. Et voilà. C'est amusant mais sans plus, hein. Ce qui m'a fait rire le plus : celui qui est dans la tête de l'autre entend tous les bruits. Et c'est marrant aux cabinets, vous voyez.".

On voit, on voit très bien Monique. Toi p'tet pas, mais c'est ce qui fait ton charme Monique. Un peu de légèreté dans ce monde de brute. Nous vous laissons piocher sur son site, on tombe bon à chaque fois.


ESQUIMAU DU MEILLEUR FILM BOUDÉ PAR LE PUBLIC

- John Rambo de Sylvester Stalonne
Un Rambo où tuer n'est même pas fun et jouissif n'est pas un bon Rambo. Et se permettre en plus de remettre en question la nature guerrière du héros est une hérésie gauchiste et digne du peloton d'exécution ! En joue...

- Speed Racer de Andy & Larry Wachowski
Spy Kids : 147,934,180 $ worldwide
Spy Kids 2 : 119,723,358 $ worldwide
Spy Kids 3D : 197,011,982 $ worldwide
Speed Racer : 93,394,655 $ worldwide

- The Mist de Frank Darabont
La brume était-elle si épaisse pour que ni les exploitants ni les spectateurs ne s'aperçoivent du putain de bijoux qu'avait réalisé Darabont ?

- Rien Que Pour Vos Cheveux de Dennis Dugan
"- Jacques-Olive, il est bien le film là, tsé, "La Messe With Zohan" ?
- J'en sais rien Jean-Pat, j'ai rien compris lol.
- C'est embêtant, je sais pas comment le vendre...
- Bah, le héros, c'est quoi ?
- Un espion je crois.
- Bon, un espion. Dans une comédie...
- Ha putain c'était une comédie... Tu penses à ce que je pense ?
- Je pense que quand tu penses Jean-Pat.
- On va faire de l'humour référentiel, on va détourner un titre de James Bond.
- Brillant ! Même si ça a déjà été fait dans le passé, c'est brillant !.
- Qui ?
- L'agence à Jean-Do, ils ont repackté "In Bruges" en "Bon Baisers de Bruges" !
- Roh ! Roh, c'est fort… Les salauds !
- Bon, c'est quoi sa couverture au héros ?
- Coiffeur.
- Coiffeur... Un coiffeur ça a des ciseaux. "Aux ciseaux secrets de sa Majesté" ? "L'homme aux ciseaux d'or" ? "Le ciseau ne suffit pas" ?
- "Ciseau Royale" !
- "Quantum of ciseau" !
- Non, je suis pas persuadé du potentiel de pénétration du terme "ciseau" auprès du public cible.
- C'est qui la cible d'ailleurs ?
- Chais pas. Sûrement des gens. Tu sais là, les gens...
- Sinon un coiffeur ça a aussi des cheveux.
- Moi aussi j'ai des cheveux.
- On a tous des cheveux ! Tu sais ce que ça veut dire Jacques Olive ? Que niveau pénétration c'est juste énorme !
- Done. On base la campagne sur les cheveux.
- "Les cheveux sont éternels".
- Non, ça fait trop Marc Lévy.
- Attend attend wait wait wait : "On ne vit que cheveux fois" ?
- Moui...
- "Rien que pour vos cheveux".
- On tient un truc là. Oui, on le tien bien.
- On est fort, tout de même. Ce film va cartonner, et ce sera grâce à nous.

- Tonnerre Sous Les Tropiques de Ben Stiller
Comprends pas, y a Tom Cruise qui joue dedans pourtant… Comment ça vous ne l’aviez pas reconnu ?


ESQUIMAU DU FILM ADULÉ PAR LA PRESSE, DÉJÀ OUBLIÉ

- Le Silence de Lorna de Jean-Luc et Pierre Dardenne
Plus les films des Dardenne sont mauvais et bâclés, plus ils sont chers (c'est que ça coûte une piscine), et plus les critiques partent en transe lexicale tellement loin qu'on est presque tenté d'aller pécho avec eux :
"Les réalisateurs sont dans une surpuissance stylistique absolue (un plan signé des Dardenne se reconnaît en moins de trois secondes par son intensité et sa dynamique)." Philippe Azoury - Libération.
Si vous en voulez encore un peu pour finir votre pain, Télérama y voit un "film noir", Les Inrocks évoquent le "diadème filmique dardennien".
En moins de trois secondes…

- Diary Of The Dead de George A. Romero
Quarante ans à dénigrer le cinéma de genre et voilà que la presse se touche toute en coeur sur ce gros étron pensé et réalisé pour flatter les intellos du dimanche.

- Juno de Jason Reitman
"Un néant narratif et cinématographique porté aux nues jusqu'aux Oscars ? Balivernes, je m'inscris en faux, ça n'arrivera jamais !" .
Oué ben on ferait tous mieux de s'inscrire à Juno, la nouvelle norme en matière d'impertinence autorisée. Vivement l'adaptation ciné de The Secret Life of The American Teenager, mais en attendant si quelqu'un peut nous expliquer le propos de ce film, il serait fort charitable.

- Gomorra de Matteo Garrone
Mais siiii, Gomorra, le film choc qui a choqué Cannes en choquant et qui dit tout sur la Mafia mais qu'on comprend mieux avec les cartons à la fin parce qu'en fait le réalisateur il sait pas comment nous dire ce qu'il sait pas écrire et que le public est tellement choqué qu'un reportage d'Envoyé Spécial sorte au cinéma que très rapidement il se rappelle que passent à la télé depuis une demi-douzaine d'années des trucs comme The Shield ou Oz.

- ? d'Alex Harz & Tom Kennedy
Celui-là on l'a vraiment oublié.


L'EXIGENTE SÉLECTION PARALLÈLE : UN CERTAIN REGARD SUR TON CUL

- Juliette Arnaud dans Tu Peux Garder Un Secret ?
Tu Peux Garder Un Secret ?


- Tang Wei dans Lust, Caution
Lust, Caution


- Leonore Watling dans Crimes A Oxford
Crimes A Oxford


- Kristen Hager dans Aliens Vs. Predator – Requiem
Aliens Vs. Predator - Requiem


- Louise Bourgoin dans La Fille de Monaco
La Fille de Monaco
(La rédaction de L'Ouvreuse s'excuse auprès de ses lecteurs pour ne pas avoir réussi à mettre la main sur le vrai plan cul de Louise Bourgoin, mais bon en même temps ils foutent quoi les ripper pirates assassins pédophiles, hein ? On peut jamais compter sur eux, c'est à peine croyable)


ESQUIMAU D'OR DU RÉALISATEUR AUSSI RELOU QUE SON FILM

- Robert Guédiguian pour Lady Jane
Car Lady Jane est l'aboutissement d'une esthétique qui n'est pas sans évoquer l'ANPE spectacle de la Joliette, et que Marseille sera capitale culturelle en 2013 (oui, mais quel jour au fait ?), nous nous devons de soutenir le cinéma phocéen.

- George A. Romero pour Diary Of The Dead
Flatter les égos des critiques d’accord, mais, George, fallait se foutre ainsi de la gueule des spectateurs et des fans de la première heure ?

- Mathieu Kassovitz pour Babylon A.D.
Quand le petit Mathieu aura passé l'âge de la puberté, on lui confiera un gros film. En attendant, privé de console.

- Thomas Langmann & Frédéric Forestier pour Astérix Aux Jeux Olympiques
A.K.A., Mesrine... Intéressante cette fascination de Langmann pour les escrocs et les braqueurs de banques.

- Romain Gavras pour le clip Stress et le DVD A Cross The Universe
Quand un réalisateur a le culot de vouloir faire passer les deux gros poseurs inoffensifs de Justice pour des icônes rock'n'roll, il a plutôt intérêt a avoir du talent ou au moins un sens aigu de la mythologie. Et ce n'est pas en cassant des rétroviseurs de Twingo ou en repompant ni vu ni connu Jackass neuf ans après (!) que Gavras fera illusion.


Rendez-vous le 26 février pour la remise des prix !


   

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