Edito

      Nous sommes le 7 juillet 2008, le syndrome DH4 a encore frappé...
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Juno + Smiley Face Suggérer par mail
Critique par nicco le 15 février 2008

Indépendants de leur volonté

Affiche Smiley Face
Béni soit le film indépendant US de l'année, débarquant dans nos salles gavé de récompenses et autres nominations aux Oscars, car grâce à cet objet de culte savamment produit pour être officiellement désigné comme LE petit bijou qui renverse tous les festivals, le cinéphile bobo peut s'en aller consommer de la comédie niaise ricaine sans renier ses principes d'insurgé contre ce sale monde commercial.

Ainsi, après Little Miss Sunshine en 2006 encensé pour sa galerie de personnages vus seulement 3768 fois ces vingt-cinq dernières années, débarque en 2007 la fabuleusement insipide Juno, ou comment une comédie digne d'un épisode de Gilmore Girls se retrouve en course aux Oscars et portée au Pinacle par une presse excitée par le label "indépendant" tel le quaterback bavant sur la cheerleader.
Car mise à part cette pseudo-indépendance qu'un critique sur deux s'oblige à mettre en avant pour justifier sa dithyrambe (quand bien même le film est produit par la Fox, mais bon…), nous sommes bien incapables de comprendre les louanges vis-à-vis de ce néant absolu qu'est le nouveau film de Jason Reitman (
Thank You For Smoking). Jamais original, jamais drôle, jamais pertinent, Juno n'est qu'une succession de scènes platement réalisées (mais c'est ça l'independant touch coco !) proposant poncifs bien sages et absence totale de point de vue. Reitman réussira-t-il à glaner une statuette avec un film totalement dénué d'enjeu ? Rien n'est moins sûr : ce scénario d'un vide abyssal a bien réussi à être produit. Et ne soyons pas hypocrites, il y a bien une idée dans ce métrage : la succession des pavillons lorsque Juno et son père vont rendre visite aux futurs parents. Mais cela vaut-il un Academy Award ?

Affiche Juno
Bref, avec Juno, c'est le règne de l'insignifiance sur grand écran : une ado tombe enceinte ? On évacue la question de l'avortement en une réplique ("Ils ont des ongles lol"), car il ne faudrait pas un débat trop profond (mais cela suffit à certains pour y voir une prise de position anti-avortement, alors que ce n'est qu'un artifice histoire que le film puisse… continuer). La question de l'adoption, de l'abandon, des conséquences psychologiques chez une jeune fille de seize ans ? Une palette de tic-tacs, une discussion sortie de The O.C., et ça repart.
Il est évident alors que
Juno soit le "film US de l'année", offrant un vrai propos, une démarche courageuse, de l'audace, des idées nouvelles : vendre du vide politiquement inoffensif garni de couleurs chatoyantes et mélopées en guitare acoustique. D'ailleurs, la bande originale pourrait bien être une note d'intention inconsciente des auteurs : tandis qu'Ellen Page et Jason Bateman passent leur temps à parler de rock punk, nous n'entendons tout au long de la projection que de la pop guimauve sirupeuse, représentant bien le projet Juno : partant d'un thème pas forcément mainstream et familiale, Reitman ne livre en fin de compte qu'une bluette anodine.
Pendant ce temps, Mike Judge se pose des questions.


Et surtout pendant ce même temps, une vraie comédie indépendante subversive passe relativement inaperçue, et ça, c'est mal ! (mais c'est hélas le lot des vraies comédies subversives…) Car Gregg Araki, après avoir calmé tout le monde avec son précédent chef-d'œuvre,
Mysterious Skin (qui avait l'audace de confronter deux points de vue, celui d'un garçon victime de pédophile, traumatisé par ces actes, et celui d'un autre qui aimait "ça" : une œuvre de cinéaste, donc) (non, pas ce "ça" là), revient avec une petite perle, véritable négatif du flan chroniqué plus haut : Smiley Face.

Jane est une jeune actrice qui préfère taper des douilles sur son canapé plutôt que courir les castings. Un matin, complètement stone et affamée, elle ne résiste pas et avale les gâteaux préparés par son coloc geek pour sa convention de SF. Mais Jane va rapidement se rendre compte que ces cakes sont en fait bien space…
Ce postulat on ne peut plus basique, souvent les meilleurs lorsqu'il s'agit de faire rire, est avant toute chose un écrin pour un joyau, Anna Faris, tant sa performance est ici proprement hallucinante (et c'est le cas de le dire). Tout le film, toute sa dynamique comique, toute la crédibilité du déroulement burlesque des évènements reposent en grande partie sur ses frêles épaules. Arborant un sourire béat continu et des yeux de merlan frit pendant 1h30, Faris, en petit chaperon rouge poursuivie par une meute de loups extérieurs à son délire, déploie une énergie considérable alliée à une variété folle de mimiques, de réactions trippées et autres gestes désorganisés propres aux consommateurs de psychotropes. Grâce à elle, Araki peut se permettre une économie de moyens visuels (bien obligé par son statut réel de film indépendant) pour faire ressentir l'état de son héroïne complètement perchée (puis bon, c'est le réa de
Nowhere) ; à ce titre, la scène durant laquelle Jane tente de sortir sa voiture du garage est un summum du genre, à pleurer de rire tant l'on ressent la perte totale de contrôle de la jeune femme, tandis que le metteur en scène se contente de deux plans fixes, d'un diable et deux fondus/enchaînés.

Film complètement assumé, lui, sur la drogue et ses effets (ce n'est pas un pauvre innocent qui mange deux kilos de spacecakes par hasard pour nous montrer que houlala c'est pas bien la drogue),
Smiley Face risque de ne pas forcément parler à tout le monde tant nombre de ses gags et idées reposent sur des situations bien propres à ce vice, tel que le gag récurrent des listes, les pauses cérébrales de dix-neuf minutes, les bruits agressifs ou encore la lumière du jour difficilement supportable. Le mérite d'Araki étant d'avoir parfaitement su retranscrire tout cela grâce à un sens aigu du montage et une bande sonore excellente (la réaction de Jane lorsqu'une actrice lui parle avant le casting !). Et quel bonheur de voir enfin un tel film proposer de la musique des Chemical Brothers, soit être en adéquation avec son sujet (n'est-ce pas Reitman ?).

Smiley Face
LA CLASSE

Reproduisant fidèlement les us et ressentis de ce mode de vie (le lit comme Saint Graal, les chips, le PC et jeux débiles pour souder des journées entières, l'impossibilité de faire deux choses à la fois…), Smiley Face se range sans rougir aux côtés des Human Traffic et autres Acid House, tout en rappelant The Trip de Roger Corman, avec l'irruption du personnage sous stupéfiants dans la vie normale des gens normaux (les deux ont également en commun d'avoir été écrits par des acteurs).
Pot movie
hilarant, Smiley Face se révèle bien autre à partir de son dernier tiers, tandis que sa mécanique parfaitement huilée commence à baisser de rythme (on frôle la lassitude des multiples "rencontres impromptues-confrontations-gags-rencontres impromptues-etc.") : Jane hérite de la première édition du manifeste du Parti Communiste ! Après un détour par une usine où son discours fantasmé laisse complètement médusés les employés, ne voit-on pas notre petit chaperon rouge anonyme (elle signe tout de "Jane F.", qui est également son nom au générique) s'élever au-dessus de la foule et propager la parole marxienne parmi les siens ! Le tout bien évidemment sous couvert d'effets comiques, mais la symbolique finale paraît claire.
Alors,
Smiley Face, film totalement intransigeant au politiquement correct quitte à promouvoir une idéologie proscrite aux USA, ou blague énorme de potaches que rien n'effraie ? Toujours est-il que l'on a envie d'une seule chose sitôt la bande terminée : la revoir de nouveau. Et ça, c'est si rare...
Surtout lorsque les salles sont trustées par de faux films tels que
Juno.
3/10

Juno

Réalisateur : Jason Reitman
Scénario : Diablo Cody
Production : John Malkovich, Lianne Halfon, Russel Smith…
Photo : Eric Steelberg
Montage : Dana E. Glauberman
Bande originale : Matt Messina
Origines : USA, Canada, Hongrie
Durée : 1h36
Sortie française : 6 février 2008













7/10
Smiley Face
Réalisateur : Gregg Arakiff
Scénario : Dylan Haggerty
Production : Gregg Araki, Alix Madigan, Steve Golin…
Photo : Shawn Kim
Montage : Gregg Araki
Bande originale : David Kitay
Origine : USA, Allemagne

Durée : 1h28
Sortie française : 16 janvier 2008














 1 Posté par Manna Marie Weasley le 15 février 2008 à 09:41

Ainsi, après Little Miss Sunshine en 2006 encensé pour sa galerie de personnages vus seulement 3768 fois ces vingt-cinq dernières années 
 
Merci. 
 
Je me sentais seul pour le coup. 
 
Juno c'est sympa grace a Ellen Page mais lorsqu'on creuse serieusement la chose c'est la méme regaine sauf que c'est scénarisé par une ex-stripteaseuse (qui tient un blog en plus) donc forcement c'est beaucoup plus attirant...mediatiquement. 
 
Sinon c'est assez drole le décalage musical dans ce film.
 2 Posté par Riddick le 15 février 2008 à 10:11 | website

Vu Smiley Face en Avt 1ère en présence de l'auteur qui a répondu longuement au question des spectacteurs aussi con que : votre film est nul il fait l'apologie de la drogue :?  
 
Sinon pour ma part je ne fume pas (tout comme Araki qui disait juste avoir essayé) mais tout comme lui j'en connais pas mal dans mon entourage qui ont cotoyé de prêt cette substance illicite ^^ et cela ne m'a pas empécher d'avoir le rire le plus porteur dans la salle ! 
 
une putain de comédie très très fraiche !
 3 Posté par nicco le 15 février 2008 à 11:37 | website

"votre film est nul il fait l'apologie de la drogue" 
 
Encore un prix Nobel courageux qui milite pour l'apologie de rien (ou de sa bêtise). 
 
Si tout le monde était comme lui... ben on vivrait dans Juno tiens. J'vous dis pas l'horreur.
 4 Posté par Riddick le 15 février 2008 à 12:13 | website

D'ailleurs la stupidité de ce propos me rappel une autre avant première qui n'a rien a voir avec ces films mais c'est juste pour le plaisir de cité ce film méconnu :  
 
Grégoire Moulin Contre L'Humanité un autre film sous acide ^^ 
 
Pendant le jeu de questions-réponses une personne hystérique pris la parole pendant 5 minutes complétement possédé attaquant sans relache le réalisateur au point de devenir tout rouge sur le fait que les animaux était maltraité dans le film et que c'était honteux et que ce défenseur n'avait donc pas aimé le film pour cette raison. 
 
Même chose concernant L'Ennemi Intime ou une personne n'avait pas aimé le film car il n'était pas réaliste prétextant que tous les soldats n'était des salauds comme ils l'étaient dans le film et que le film était trop péssimiste !
 5 Posté par Manna Marie Weasley le 15 février 2008 à 14:06

"ben on vivrait dans Juno tiens. J'vous dis pas l'horreur." 
 
Et on chantera du Moldy Peaches
 6 Posté par macfly le 15 février 2008 à 16:04 | website

Et on vivra dans un monde de mous ou on parlera des Stooges sans jamais les écouter :sigh  
 
A part ça, il parait qu'on voit toutes les lettre de l'alphabet défiler de A à Z dans le fort sympathique Smiley Face (perso, j'ai arrêté de chercher après C). Une bonne raison pour aller le revoir !
 7 Posté par pau le 15 février 2008 à 16:35

Pas (encore) vu smiley face mais à fond avec toi pour Juno. J'ai pas compris le sourire béat des gens qui m'accompagnaient. C'est cliché, mou, baveux, mollasson, à mille lieues du très sympathique Thank You For Smoking, du même reitman. Par contre Ellen Page est incroyable.
 8 Posté par nicco le 15 février 2008 à 17:12 | website

Macfly > Le dealer a un gros D sur son bonnet et il y a un J jaune sur la voiture de Jane.  
Le reste, je sais pas trop (me semble que le beurre dans la poele fait un H) 
 
Et Jane a sur son t-shirt une nacelle... 
 
('tain, c'est Matrix :x )
 9 Posté par macfly le 15 février 2008 à 18:26 | website

Bordel, j'avais zappé la nacelle ! 
 
Cette histoire de lettres de l'alphabet me fait penser à cette vidéo dont Rafik parlait il y a peu. 
 
C'est l'alphabet qui compte, et pas juste la dernière lettre !
 10 Posté par fred le 15 février 2008 à 19:04

Ben franchement, j'ai vu Juno, je viens de voir la BA de smiley face.. et ca a bien l'air d'une comédie aux raz des paquerettes... Tout cela servi par la blonde scaryesque.. qui amène encore plus de discrédit à ce film. 
M'enfin bon... il en faut pour tous les gouts qu'ils disent...
 11 Posté par Corenaïr le 15 février 2008 à 20:19

"Pendant le jeu de questions-réponses une personne hystérique pris la parole pendant 5 minutes complétement possédé attaquant sans relache le réalisateur au point de devenir tout rouge sur le fait que les animaux était maltraité dans le film et que c'était honteux et que ce défenseur n'avait donc pas aimé le film pour cette raison. " 
 
Marrant, ça. Tu as remarqué qu'à la fin du générique il y a marqué "tous les animaux du film ont été sodomisés et ils ont adoré ça !"
 12 Posté par nicco le 15 février 2008 à 21:05 | website

Fred > Oui, il en faut pour tous les goûts, surtout pour ceux qui aiment tirer des conclusions d'après les bandes-annonces (et sans tenir compte du réa derrière).
 13 Posté par Jollyroger le 16 février 2008 à 11:10

A la décharge de Fred la bande annonce française de Smiley Face est bien naze, se focalisant sur l'intrigue qui semble pas être le point d'attraction majeur du film...
 14 Posté par Wilyrah le 23 février 2008 à 14:01 | website

Merci pour ces points de vue, notamment Juno et Little Miss Sunshine. Difficile de se sentir isolé quand tout le monde s'extasie, la banane sur le visage, de ces films frais, intelligents et rafraichissants. C'est à se demander qui a un pbm...
 15 Posté par Manna Marie Weasley le 25 février 2008 à 08:14

Huhu !
 16 Posté par Jollyroger le 08 mars 2008 à 21:03

Vu Juno, c'est digne d'un telefilm M6 sur le fond, c'est la petite maison dans la prairie (je cherche encore les conflits dans le film). Apres y'a une BO sympatoche et on parle de sperme donc c'est moderne. Ca s'améliore un peu sur la fin et encore même la situation qui aurait été intéressante (une relation père adoptif-juno) est désamorcé. Bon y'a Ellen Page quand même, j'ose même pas imaginer le résultat avec une autre actrice.
 17 Posté par DreamProphet le 25 mars 2008 à 03:16 | website

Whaou ! Ca se pignolle sur "Smiley Face" (excellent soit dit en passant, Anna Farris rulz !!!!!) sans avoir fumer de joint et ca taille le magnifique "Juno" (meilleur film de l'annee derriere "There Will Be Blood" et devant "John Rambo") sans connaitre vraiment le sujet ! C'est bien les gars, continuer comme ca, la cinephilie a besoin de vous ! Par Crom, on se croirait sur Dvdrama !
 18 Posté par nicco le 25 mars 2008 à 08:21

C'est bon ? T'as fait ta pub ?  
T'as un truc à dire maintenant ou bien ? 
 
C'est vrai que la cinéphilie n'a jamais trop besoin d'argumentation, par contre. 
 
Par Crom, on croirait un madnaute...
 19 Posté par the dude le 25 mars 2008 à 10:26

il m'est arrivé de poster sur dvdrama tellement les commentaires étaient d'une profondeur abyssale ... 
si on est envahit par cette mauvaise graine,jusqu'ici, on est mal .... 
 
remarquez, c'est vrai, qu'il faut être handicapé pour comprendre crash, qu'il faut avoir était chtarbé pour voir "vol au dessus d'un nid de coucou" etc... 
allé ! à dégager le dreamprophet !
 20 Posté par macfly le 25 mars 2008 à 12:00 | website

Quote:
remarquez, c'est vrai, qu'il faut être handicapé pour comprendre crash, qu'il faut avoir été chtarbé pour voir "vol au dessus d'un nid de coucou" etc...

 
:) Et il faut s'être fait attaquer par des dinosaures dans un parc d'attraction pour comprendre Jurassic Park.
 21 Posté par Wilyrah le 25 mars 2008 à 12:01 | website

"Magnifique" et "Juno", dans la même phrase, ça m'a presque foutu un coup... :p
 22 Posté par DreamProphet le 25 mars 2008 à 12:21

Ouais, Madnaute et fier de l'etre. Mais le propos n'etait pas de me faire de la pub, ni de vous casser les couilles, mais bien de provoquer la discussion. Oui, j'ai adorer Juno, et plutot deux fois qu'une ! Maintenant, si s'enflammer pour un film qu'on aime, ca pose soucis, bin tant pis. Bien a vous !
 23 Posté par nicco le 25 mars 2008 à 12:52

Hé coco, c'est pas l'enflammade qui pose soucis, ce sont tes mercuriales comme "sans connaitre vraiment le sujet", "on se croirait sur Dvdrama" et autre "continuer comme ca, la cinephilie a besoin de vous". 
 
Donc si t'assumes même pas ça, je vois pas trop pourquoi tu causes. De plus, tu ne provoques rien du tout vu que tu ne parles que de moi et non du film. 
 
Se faire casser dans un post argumenté, ok, c'est le jeu du débat, mais gratuitement par quelqu'un ne l'assumant même pas, c'est absolument ridicule. 
 
"Fier de l'être" quoi.
 24 Posté par DreamProphet le 25 mars 2008 à 13:05

Je ne voulais en aucun cas t'attaquer. Je voulais reagir sur les divers avis et commentaires concernant Juno, qui ne merite pas, a mon humble avis, tout ce mecontentement. Apres, ouais, je suis maladroit, agressif, passionne, et, oui, "fier de l'etre", et je ne m'en excuserais pas.
 25 Posté par nicco le 25 mars 2008 à 13:09

La différence étant que nous, les "cinéphiles de dvdrama", on explique notre mécontentement avant de brailler. 
Si tu vois c'que j'veux dire.
 26 Posté par the dude le 25 mars 2008 à 14:02

Quote:
sans connaitre vraiment le sujet !

 
 
t'es tombé enceinte au fait ? ca c'est bien passé? pas de complication parceque t'es un homme ? bébé bien formé, aucune tare ? 
bon j'arrête c'est trop facile et pas constructif ...
 27 Posté par wandrille le 02 avril 2008 à 11:36

C'est marrant cette fixette que tu fais sur le "film indépendant" comme si ce label, car c'en est un, devait être garant de profondeur, de combat, de chaipaquoi... 
 
On a les même que toi dans la bd, les tenant de la "bd indé", la vraie foi, le combat, le renouveau, la guerre de tranchée entre les bons et les sales commerciaux... 
 
J'ai eu la chance d'aller voir Juno sans savoir que c'était un film indépendant... enfin la chance,... je l'aurais su, ça n'aurais rien changé. 
 
L'important finalement, c'est plutôt que tu passes un bon moment ou pas et, en ce qui me concerne, c'est mission réussie. Evidemment, si tu venait chercher une critique acerbe des états unis, tu as du être bien déçu... Mais la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a. 
 
"le problème de l'avortement évacué en deux secondes"... effectivement ce n'est pas un film sur l'avortement. Alors ça c'est dégueulasse, hou, les salauds, ils ont pas fait un gros quart d'heure moralisateur sur le droit à l'avortement, la peine de mort et la pollution, hou les traîtres, à mort, les indés dévoyés... 
 
C'est couillon que tu ai lu ces critiques mettant en avant ce label que tu aimes tant. Si on t'avais dit que c'était un blockbuster, t'aurais adoré Juno. 
 
Pour ma part, Juno a la profondeur d'un épisode des Simpsons : une légère critique avec finalement bon fond et un éloge des valeurs américaines. 
 
Et pour moi, comparer Juno à un épisode des Simpsons, c'est un gros compliment, mais quelque chose me dit que tu ne le prendras pas comme ça. 
 
L'égout et l'écouleur...
 28 Posté par nicco le 02 avril 2008 à 13:54 | website

Oui, enfin il faudrait voir à ne pas inverser les rôles non plus : si je fais une "fixette" sur le label indépendant, c'est justement parce que beaucoup ne donnent de l'intérêt à ce film seulement par rapport à ce label (comme signalé au début de cet article d'ailleurs).  
Puis la fixette sur le label laisse rapidement place au film lui-même et à son (non)discours. 
 
Ensuite, si fixette il doit y avoir, c'est précisément dans l'idée de défendre un ciné indépendant qui sait pourquoi il est indépendant : pour proposer un discours plus subversif, osé, pertinent, pointu, original, courageux, ou que sais-je encore, que les films plus "mainstream". 
A la base c'est ça, l'intérêt d'un ciné indé, non ? 
 
Or là j'ai franchement du mal à voir quelle critique il peut y avoir dans Juno. Ha ben oui, il n'y en a pas (Fox millésimé 2007 oblige, la même qui a produit le réac Die Hard 4, par exemple). 
 
Et faire passer des vessies pour des lanternes, faire de Juno le chantre de la subversion (il n'y a qu'à voir certains articles...), c'est un peu se foutre de la gueule du monde tout en, bien sûr, éclipsant les films qui ont précisément autre chose à dire que "Tu veux mon bébé ? Tiens."  
 
De plus, si toi, personnellement, de ton propre point de vue, tu ne savais pas que c'était un film indé, tant mieux, vu que ce n'est pas un. Il a en surtout les atours, le "formatage", qui permet précisément de donner le sentiment d'un discours autre. Seulement le sentiment. 
Quand à la comparaison avec les Simpsons, en effet, nous n'avons pas tous la même perception des choses. 
 
Et pendant ce temps, Mike Judge se pose toujours des questions : "Je comprends pas, j'ai fait un film vraiment critique, qui ressemble à un Simpsons live en plus... Pourquoi personne ne s'intéresse à mon film... Ha oui, il propose une réelle critique et est indépendant, donc sans plan promo outrageant savamment pensé". 
 
PS : J'apprécie d'être réduit à un "On a les même que toi dans la bd, etc." (et autres "critiques à 2 balles ;) ), surtout vu les films traités ici et leur réception (tous de sombres pamphlets underground), mais à toute fin utile je précise que la fixette portait sur les films de studio vendus en tant qu'indé (et souvent même pas divertissants) pour mieux court-circuiter les vrais, et l'assouvissement (consentant ou pas) des médias à cela. Et pas que le leur.
 29 Posté par boghoss du 13 le 02 avril 2008 à 15:32 | website

Moi comme filme indépandant, j'aime bien Independance Day.
 30 Posté par the dude le 02 avril 2008 à 15:45

là tu vois, c'est deja plus acceptable. 
quand t'argumente un minimum, là ton avis est acceptable, recevable, et estimable; qu'on soit d'accord ou non.
 31 Posté par macfly le 02 avril 2008 à 17:59 | website

Quote:
 
Moi comme filme indépandant, j'aime bien Independance Day.

 
 
Le meilleur film indépendant de tous les temps, c'est L'Empire contre-attaque.
 32 Posté par Wandrille le 03 avril 2008 à 10:42 | website

Ecoute, faut pas te plaindre, tu donne les gants pour te faire battre. Parler d'un film en disant qu'il est nul parce qu'un autre est mieux, je ne suis pas vraiment convaincu par la démarche critique. 
 
D'autant que tu appuies dans ta réponse le fait que Juno EST un film indépendant, la où moi je te réponds que Juno est un film tout court. 
 
Soit tu fais une chronique sur des films, soit tu fais une chroniques sur la promo des films, mais là tu mélange les genres. 
 
Que la promo qui soit faite autour soit mensongère quant au propos, c'est autre chose, mais ça ne devrait pas être un argument pour décrédibiliser la qualité du film. 
 
La Fox a produit le truc ? ok, super, donc la fox est incapable de faire de bons films, si je te suis ? 
 
Je suis d'accord avec toi quand tu dis qu'il n'y a pas de message, qu'il s'agit d'une bluette... Et ? 
 
Je préfère une jolie bluette réussie, et je trouve que c'est le cas, qu'à un film à message raté. 
 
Quand à ma comparaison avec nos indépendants de la bande dessinée, tu devrais être flatté, tant ce sont de preux chevaliers blancs dénués d'apétits terrestres et d'auto-dérision, ce que, dans le fond, j'espère que tu n'es pas. 
 
Undaireground vaincra.
 33 Posté par nicco le 03 avril 2008 à 16:04

Quote:
Ecoute, faut pas te plaindre, tu donne les gants pour te faire battre. Parler d'un film en disant qu'il est nul parce qu'un autre est mieux, je ne suis pas vraiment convaincu par la démarche critique.

 
 
Ha bon ? 
Il me semble que si on lit attentivement le texte, attentivement, on peut se rendre compte que : 
 
1. J'explique que Juno passe pour indé pour mieux plaire à la presse, aux festivals et à un certain public (fait avéré et politique de prod en fonction depuis plusieurs années). 
2. J'explique en quoi Juno n'est pas bon. 
3. Je parle d'un autre film. 
4. J'explique en quoi lui est bon, et surtout pourquoi son mérite est plus grand (moins de budget, discours plus subversif, etc). 
5. Je conclue le papier en expliquant qu'il est navrant qu'on laisse des films truster les salles sous couvert de "critique indé" tandis que d'autres ne sont quasiment pas diffusés. 
 
Je sais, cela fait beaucoup d'axes à assimiler au cours d'une seule lecture, mais si on lit attentivement la presse, attentivement, on peut se rendre compte que ce genre de papier est monnaie courante. 
Maintenant, si ton argumentaire tourne autour du fait qu'il y a deux critiques sur la mêmes page, je peux très bien en faire spécialement pour toi : une pour Juno avec seulement le point 2, une autre pour aborder le reste, vu que ça a l'air d'être une fixette pour toi. Bon c'est bête j'ai pas le temps. 
 
Enfin, tout "jugement" critique est une comparaison, par définition (tu ne comparais pas Juno à un épisode des Simpsons ?). 
De plus, une vraie démarche critique se doit justement de toujours remettre le film dans son contexte. 
Contexte = comparaison avec œuvres du même acabit, de son époque, de même origine, etc. 
 
Quote:
La Fox a produit le truc ? ok, super, donc la fox est incapable de faire de bons films, si je te suis ?

 
 
Oui, si tu me suis en réduisant et en simplifiant à chaque fois, forcément c'est ce que tu vas comprendre. 
 
Alors, comment dire... 
Les films ne se font pas par magie, surtout au sein d'une Major. Il y a une politique à la base, dans cette Major, et cette politique définit la "ligne éditoriale" de ses productions. Et depuis un changement à la tête de la Fox, ses films ont une légère tendance à prendre son public pour des arriérés à qui il faut rappeler de rester bien sages en toutes occasions. 
Voilà tout. 
Tout ça pour dire que s'il y a bien un film où on ne verra pas de "légère critique", c'est bien dans Juno (Les Simspons étant une exception due à leur 20 années d'état de service).  
 
Bon, et après tout à quoi bon disserter sur ce point là, vu que finalement tu admets qu'il n'y a pas de message, que c'est une simple bluette ? 
En fait je ne vois pas trop où tu veux en venir (mais le sais-tu toi-même ?) : Un coup c'est une légère critique, un coup non, mais quand même t'es pas d'accord ? 
 
Et même dans le cadre d'une bluette, il faut qu'il y ait un minimum d'obstacles, de points de tensions, d'évolution "dramatique" pour que l'histoire contée ait un sens. Il n'y a rien dans Juno. Il n'y a tout simplement pas d'histoire au sens cinématographique du terme. C'est plat et morne du début à la fin. La seule ambition scénaristique semble avoir été d'éviter toutes les trames intéressantes (comme une probable histoire entre le père adoptif et Juno, qui là aurait apporté un plus indéniable, mais non, hop, c'est esquivé et elle mange des tic tac : Super). 
Bref, bluette téléfilmesque d'après-midi sur M6, 3/10, que dire de plus ? Ha oui, que c'est de l'usurpation artistique, aussi. Ce qui est limite plus grave que sa qualité intrasèque (il y a des millions de films insipides, mais ils ne prétendent pas tous être ce qui se fait de mieux dans la critique subversif et cynique).  
 
Donc maintenant si proposer des textes autres que "Ce film est bon, 8/10, je ne dirai pas autre chose car la vraie démarche critique c'est penser que rien n'a été fait ni avant ni après lui, rendez-vous sur la page d'après pour parler d'un autre qui reste lui aussi sagement coupé de toute influence / courant / école / genre / histoire", c'est donner des gants pour se faire battre, je ne sais pas trop si le présent site va te convenir, en fait. 
 
Bien à toi.
 34 Posté par Wandrille le 03 avril 2008 à 20:42

T'en fais pas lapin, c'est très bien ce que tu fais, je te prie d'excuser mon outrecuidance, je resterais désormais respectueux de tes avis. 
 
Puisque toi aussi tu as du mal à comprendre mon propos, je te le résume : 
ta critique perd de la force parce que tu mélange au fond artistique un argument dogmatico-idéologique qui tourne autour de la promotion du film. 
 
ça c'est ma critique. Tu l'as comprise ? Bien. 
 
Quand au film en lui-même, j'ai bien aimé ce film, sans en faire un chef-d'oeuvre, sans doute parce que je n'y ai pas vu les prétentions que tu lui prête. 
 
Voilà pourquoi je n'irais pas me battre outre mesure pour lui. 
 
Après qu'on soit mesuré dans ses propos, je comprends que ce soit destabilisant quand on a pas l'habitude. 
 
Et oui, je conçois que je simplifie un peu ton propos quant à la fox, mais c'est tentant, et j'avoue, j'ai cédé. 
 
Je le ferais plus. 
Pardon.
 35 Posté par nicco le 03 avril 2008 à 22:13

Quote:
Puisque toi aussi tu as du mal à comprendre mon propos, je te le résume :  
ta critique perd de la force parce que tu mélange au fond artistique un argument dogmatico-idéologique qui tourne autour de la promotion du film.

 
 
Ha booooon, ben ça me rassure, car je croyais que c'était également parce que j'osais le comparer à un autre film, que je faisais des "fixettes" sur l'indé, que je n'avais pas vu le rapport avec Les Simpsons, que j'avais décidé brutalement que la Fox avait toujours produit des bouses, que la démarche critique c'est ne pas tenir compte de ce qu'il se fait ailleurs, que la "critique légère" devient "une simple bluette sans message" du mercredi au jeudi, etc etc. 
 
Donc merci mille fois, je viens d'apprendre ce qu'est la mesure : dire tout et son contraire histoire d'étoffer un poil sa désapprobations de l'utilisation du contexte d'un film (et sa promo en fait partie, d'autant plus quand elle est pensée en amont de sa production) en tant qu'élément d'une grille critique. 
 
Pour sûr, ça déstabilise. 
 
Je m'en excuse d'avance, mais pour ma part, je recommencerai.
 36 Posté par wandrille le 03 avril 2008 à 23:58

ah, je savais bien que j'avais raison de te simplifier le truc.
 37 Posté par nicco le 04 avril 2008 à 00:59

Bonne nuit. 
 
(mais relis quelques uns de tes passages quand même, il me semble qu'à trop vouloir simplifier tu as oublié les trois quarts de ta mesure)

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