Trilogie de la paranoïa

L'antre de la folie

affiche Un Crime Dans La TêteSi la trilogie de la paranoïa mise en scène par John Frankenheimer constitue une sorte de matrice du film de complot, on peut aussi l'envisager comme une infernale plongée dans la folie tant le cinéaste en exacerbe les images et représentations.


L'émergence de John Frankenheimer dans les années 60 n'a pas été considérée à la mesure de la précision de la construction de ses récits par l'image. Sans doute payait-il d'avoir d'abord officié sur des dizaines de productions télé et que son travail se trouvait à la jonction des films soumis au code Hays et du Nouvel Hollywood. Certes, sa carrière aura souffert de son problème d'alcoolisme et du nanardesque Prophecy en 1979 (objet fascinant qui mériterait que l'on s'y attarde un tantinet), alternant les œuvres bancales jusqu'à sa mort en 2002. Mais non d'un chien, en pleine possession de ses moyens, le bonhomme a livré un paquet de films remarquables ! (Le Prisonnier D'Alcatraz, French Connection 2, Le Train, Grand Prix, L'Homme De Kiev, Les Parachutistes Arrivent, Le Pays De La Violence, Black Sunday...) Néanmoins, Frankenheimer restera dans les mémoires pour ses trois films les plus reconnus et célébrés, Un Crime Dans La Tête, Sept Jours En Mai et L'Opération Diabolique dont l'approche classique et les castings cinq étoiles (Franck Sinatra, Laurence Harvey, Janet Leigh ; Burt Lancaster, Kirk Douglas, Ava Garner ; John Randolph, Rock Hudson) dissimulent un pessimisme et une ambiguïté déroutants.

Avec ces trois films, le cinéaste a initié et défini les motifs du  genre du film de complot, mais cette trilogie s'avérait être également une fascinante tentative de conjurer une réalité qui se délitait dans le contexte d'une Amérique aux bords de la crise de nerfs (Guerre Froide à son paroxysme avec la crise des missiles de Cuba, pendant laquelle sort sur les écrans Un Crime Dans La Tête) puis aux portes de la folie après l'élimination traumatisante de leur leader charismatique à Dallas un funeste jour de novembre 63. Alors que le crâne de JFK explosait, le pays perdait la tête.

Un Crime Dans La Tête


FIN D'UNE ÈRE
En mettant en scène la manipulation visant à assassiner un sénateur briguant la présidence, Un Crime Dans La Tête se montre a posteriori terriblement prophétique, mais dans le contexte trouble de l'époque se voulait avant tout un moyen de faire coïncider une réalité probable avec un désir de fiction. Ironiquement, la mise en chantier du film sera accélérée grâce à Franck Sinatra qui fera intervenir son grand ami John Fitzgerald Kennedy.
Désirant capter l'ambiance délétère de conflit et de paranoïa qui imprègne alors des USA toujours déboussolés par le maccarthysme, Frankenheimer s'appuie sur un postulat de série B, celui du roman de Richard Condon (une unité de soldats américains est capturée pendant la guerre de Corée par les ennemis communistes qui les renverront au pays après lavage de cerveau) pour discourir sur la perte de repères menaçant la société américaine. A la fois histoire de complot ourdi depuis l'étranger et sur le sol étasunien pour accéder au pouvoir et drame intimiste impliquant Raymond Shaw (Laurence Harvey), qui avant même son retournement subissait le contrôle de sa mère (extraordinaire Angela Lansbury), Un Crime Dans La Tête, par son découpage elliptique, s'amuse à perturber les points de vue des personnages sur leurs actions et souvenirs, générant même une forme de doute chez le spectateur. L'ironie dont fait preuve à certains moments le réalisateur permet de rendre plus digestes certains symboles, notamment lors de la réception costumée organisée par la mère de Shaw où cette dernière est déguisée en bergère, soulignant l'analogie des hommes politiques de son entourage assimilés à un troupeau de moutons, et son mari, ridicule, dans un accoutrement trop grand pour lui de président Lincoln.

Un Crime Dans La Tête

La mise en scène au diapason permet de révéler par un régime d'images signifiantes ce qui définit les personnages au plus profond. Le mari rêve de plus hautes fonctions mais la superposition mal ajustée de son reflet avec un portrait de Lincoln marque surtout son inanité tandis que la mère de Shaw domine l'image télévisée de son mari prenant la parole en arrière plan. Remarquable composition qui illustre alors la volonté de contrôle de la parole médiatique (enjeu majeur de changement de paradigme qui infusera également Sept Jours En Mai) et la domination sans partage de cette femme. Elle est d'ailleurs représentée comme figure d'autorité, continuellement placée au centre du cadre ou derrière son fils, lui dictant ses actes.

Un Crime dans la Tête

Un Crime Dans La Tête

Un Crime Dans La Tête

Un Crime Dans La Tête

Dans Sept Jours En Mai, Frankenheimer use d'une maîtrise similaire pour définir ce qui anime le général James Mattoon Scott (Burt Lancaster) et son aide de camp le colonel Martin "Jiggs" Casey (Kirk Douglas). Lors d'un échange verbal de dupe (Casey sait à ce moment-là ce que son mentor fomente), le général Scott est entouré de reproductions de missiles confirmant son objectif belliciste et accentuant la menace qu'il représente alors que Jiggs est cadré plus serré avec à sa droite le drapeau des Etats-Unis, comme s'il incarnait les valeurs de la nation en train d'être bafouées. Les deux antagonistes sont filmés en champ/contrechamp, montrant ainsi qu'ils sont irrémédiablement opposés.

Sept Jours en Mai

Sept Jours En Mai

Dans L'Opération Diabolique, la confusion domine mais un plan significatif pourrait être celui où Arthur Hamilston (John Randolph) est assis à son bureau, en pleine nuit, attendant que le téléphone sonne, illustrant son absence de but tant qu'on ne lui a pas donné d'instructions ou du moins mis sur la voie. Un plan large accentue son insignifiance dans un décor anxiogène tant il semble écraser le personnage.

L'Opération Diabolique


ABERRATION
Alors qu'Un Crime Dans La Tête ne laissait planer aucun doute sur le danger menaçant les Etats-Unis puisque le cinéaste montrait aussi bien les agissements du major Marco que ceux de la mère de Raymond Shaw, de son sénateur de mari ou du docteur Yen Lo (Khigh Dhiegh), le caractère conspirationniste est moins démonstratif dans Sept Jours En Mai qui ne montre jamais les actions du général Scott et de sa coalition. On reste collé aux galons du colonel Casey de sorte que le doute sur le bien-fondé de sa théorie est prégnant. Au lendemain de l'assassinat de Kennedy, Frankenheimer s'amuse avec le désir de compréhension (pourquoi ?) et d'explications (qui ?) primordial qui préoccupe aussi bien la sphère privée que publique. Un principe de transparence que les conclusions de la commission Warren n'ont pas encore rendu caduque, et ici largement mis à l'épreuve par le cinéaste.

Si L'Opération Diabolique conclut parfaitement ce triptyque sur la paranoïa, il est difficile de le rattacher aux motifs complotistes mis en jeu par les deux autres. Néanmoins, il existe un lien, certes ténu, personnifié par l'acteur Khingh Dhiegh qui incarnait le docteur Yen Lo. Il interprète ici Davalo, conseiller de l'organisation chargée de la nouvelle identité d'Arthur Hamilton, un personnage qui renvoie au responsable du lavage cerveau de Raymond Shaw et son bataillon. Et s'il n'est jamais explicité qu'il s'agisse du même homme, les conditions dans lesquelles il apparaît à chaque fois établissent forcément un rapprochement. Cela permet en outre de développer des expectatives quant à la réelle finalité de ce groupe proposant un nouveau départ.

L'Opération Diabolique

On le voit au fil de cette trilogie, la menace extérieure responsable de manipulations, de confusions mentales, est de plus en plus abstraite. Sa réalité est de plus en plus diffuse si bien que l'on plonge plus profondément dans la psyché torturée des anti-héros soumis à des perturbations extrêmes. La raison vacille, les convictions sont mises à mal et la réalité de ce qui est vu est largement mise en doute, voire en déroute.
Ainsi, une séquence d'Un Crime Dans La Tête annonce la difficulté à venir de dissocier les hallucinations de la réalité. On y voit Raymond Shaw et ses hommes au milieu d'une réunion de femmes respectables prenant le thé. Une situation pour le moins incongrue dont un travelling circulaire va révéler le terrible envers du décor. Le mouvement englobe alors l'assistance et revient à son point de départ mais en lieu et place de la dame aux hortensias se tient le docteur Lo présentant son projet, les prisonniers faisant face aux tenants du complot.

Un Crime Dans La Tête

Un Crime Dans La Tête

Un Crime dans la Tête

Un Crime Dans La Tête

Un Crime Dans La Tête

La mise en scène accentue nettement cette distorsion mentale en créant des images surréalistes telles qu'un homme assassiné tenant une brique de lait qui figure un sang blanc, le costume de carte à jouer de la dame de carreau porté par la fiancé de Shaw, ou sa mère cadrée au-dessus et au même plan, perturbant l'appréhension de ces compositions.

Un Crime Dans La Tête

Un Crime Dans La Tête

Dans Sept Jours En Mai, Frankenheimer ne montre pas le contrechamp conspirationniste venant valider les soupçons et la théorie du colonel Casey. De fait, on s'imagine le pire surtout en laissant Jiggs dans l'expectative. Le cinéaste favorise le doute à l'égard de ses allégations et lui fait côtoyer dangereusement les limites de sa santé mentale car tout ce qu'il entrevoit pourrait être un immense délire paranoïde.
Une bascule intervient lorsqu'il voit à la télévision le discours du général Scott à une convention politique qui semble contextualiser les maigres informations glanées, et entériner la folie belliqueuse de Scott ainsi que la fin des idéaux de Jiggs. Mais le face-à-face solitaire avec cet écran peut tout aussi bien marquer l'effondrement de sa raison, la chute dans sa propre folie comme peut le laisser supposer l'alternance de plus en plus rapide de plans sur le visage perplexe du militaire, ceux déformés montrant la ferveur de l'audience et l'objet de cette hystérie, le général Scott.

Sept Jours En Mai

Sept Jours en Mai

Sept Jours En Mai

Sept Jours En Mai

Sept Jours en Mai

Sept Jours en Mai

Sept Jours en Mai

Sept Jours en Mai

Sept Jours En Mai

D'autant que Frankenheimer continue par la suite d'être évasif lorsque deux disparitions suspectes (une dans le désert, l'autre dans le hall d'un aéroport) ne sont jamais confirmées à l'écran comme étant des enlèvements.
C'est après avoir vu l'intervention de Scott que Jiggs se rend à la Maison Blanche pour convaincre le Président du bien-fondé de sa théorie de coup d'état. L'enjeu sera alors de trouver une preuve irréfutable de ce complot et donc de la bonne santé mentale de Jiggs. Bien sûr, que ce soit le rassurant Kirk Douglas qui interprète le rôle du colonel Casey tend à convaincre inconsciemment de la véracité de sa parole mais Frankenheimer joue de ce background et le fait vaciller, notamment lorsqu'il s'adonne à la fouille d'une corbeille dans le domicile de l'ancienne compagne de Scott, Eleanor Hollbrook (Ava Gardner).

Sept Jours En Mai


DÉFORMATIONS
L'Opération Diabolique apparaît au fond comme le film catalysant les motifs développés par Un Crime Dans La Tête et Sept Jours En Mai pour aboutir à une effroyable distorsion impliquant ceux qui étaient occultés jusque-là : les hommes du peuple. Avec Un Crime Dans La Tête, on demeure dans les premiers cercles du pouvoir. Dans Sept Jours En Mai, chaque camp lutte pour la mainmise médiatique et la propagation de sa parole. Au final, la conférence de presse du Président est plus contrastée que le simple triomphe de la force démocratique qu'elle est censée entériner car tout ce sera joué en coulisses, laissant la population littéralement hors-champ de ces préoccupations primordiales.
La situation dépeinte dans Seconds est d'autant plus horrifique qu'elle concerne le citoyen lambda, l'american way of life et la mythologie de la seconde chance. Par le biais de cette œuvre, Frankenheimer montre un écartèlement extrême entre les aspirations inculquées par le système capitaliste ici aux principes outrancièrement exagérés – la séquence du poulet dégusté avec avidité et dont la peau est délicieusement craquante fait écho à la fin de Tony Wilson l'artiste, la seconde peau d'Arthur Hamilton le banquier, sanglé sur un brancard et avalé par le couloir monstrueux de la compagnie – et le vide existentiel qui en résulte. En effet, Hamilton est incapable de donner une seule bonne raison (ami, hobbies, vie de famille, etc.) pour refuser le pacte faustien de la mystérieuse organisation.

L'Opération Diabolique

L'Opération Diabolique

L'Opération Diabolique

De plus, le cinéaste traduit à l'image les doutes et surtout l'angoisse qui assaillent son protagoniste principal. Que ce soit par l'usage de perspectives forcées ou d'un objectif fisheye afin d'accentuer sa situation cauchemardesque et sa perte de repères.

L'Opération Diabolique

L'Opération Diabolique

Ou bien l'apparition du fondateur de l'organisation en arrière-plan, comme une voix intérieure persuasive, avec au premier plan le retour de la distorsion du visage d'Hamilton préfigurant sa transformation à venir.

L'Opération Diabolique


SCHIZOPHRÉNIE
La première séquence de Sept Jours En Mai montre deux regroupements de personnes se croisant devant la Maison Blanche et opposés quant au traité de paix en passe d'être ratifié. Deux groupes similaires qui ne se distinguent que par leurs revendications et dont l'accélération du montage va scander l'indifférenciation jusqu'à l'affrontement. Une scène inaugurale qui montre une société se combattant elle-même, schizophrénie à l'œuvre dans la trilogie de Frankenheimer, qui se répercute ici via leurs personnages coupés en deux.
Dans Un Crime Dans La Tête, Bennett Marco et Raymond Shaw appartiennent à la même faction et sont tous deux en proie à des réminiscences perturbantes. Dans Sept Jours En Mai, Scott et Casey représentent les deux faces d'une même médaille, opposés seulement parce que les moyens utilisés par le Général pour parvenir à ses fins ne respectaient par les valeurs universelles et constitutionnelles auxquelles le Colonel croit. Dans les deux œuvres, les personnages sont tiraillés entre leur loyauté et leur affection pour leur moitié en pleine perdition mentale. Dans L'Opération Diabolique, il s'agit du même personnage mais interprété par deux acteurs différents.

L'Opération Diabolique

Une importante divergence physique qui valide finalement le choix, si décrié à l'époque, de Rock Hudson et fait de cette faiblesse une force avec l'identification du public. Pourtant, Frankenheimer considérera lui-même que l'échec du film provient de ce que véhicule la vedette habituée aux romcoms. De la même manière, il estimera que le film aurait mieux fonctionné s'il avait été découpé en trois parties. Or, qu'il soit articulé en deux renforce sa schizophrénie mis en évidence par le destin d'Arthur Hamilton, cette coupure apparente, stigmatisée par la révélation du visage suturé de Tony Wilson, révélant le caractère monstrueux du récit.

L'Opération Diabolique

En première partie, les scènes de vie quotidienne paraissent anormales, travaillées par une menace, une angoisse et une bizarrerie permanentes (plafonds bas entérinent une oppression lancinante, relations empreintes d’un malaise palpable) tandis que les séquences dans la compagnie sont filmées de manière ordinaire si ce n’est quelques détails instillant une certaine méfiance comme lorsque Hamilton se trouve face à un ascenseur sans bouton d'appel ou dans une pièce remplie d'hommes assis derrière des bureaux refusant de répondre à ses interrogations.

L'Opération Diabolique

L'Opération Diabolique

L'Opération Diabolique

Par contre, dans la seconde partie, Frankenheimer renverse totalement ce principe : les scènes à Malibu sont filmées sans effets (grands espaces et hauteur de plafond entretiennent l'illusion de liberté), le sentiment d’une angoisse sourde s’exprime principalement par le comportement de son entourage alors qu’au retour à la compagnie, le danger est omniprésent. L’écrasement figuratif de Tony Wilson s’illustre dans des cadres l’enserrant comme dans un étau ou le scrutant avec attention, un point de vue en plongée depuis le plafond renvoyant à une caméra de surveillance.

L'Opération Diabolique

L'Opération Diabolique

L'Opération Diabolique

Si au départ, ce procédé est utilisé pour faire accepter (au personnage et au spectateur) le changement radical en devenir, en conclusion cette exagération permet de mettre en évidence l’impasse dans laquelle Hamilton/Wilson s’est engouffré, préparant l'absence d’autre chance. On l’a vu, Bennett Marco et Martin Casey sont confrontés à la perdition mentale de leur antagoniste et eux-mêmes sont au bord du précipice. Soit les prémisses du traitement de Tony Wilson qui, lui, basculera dans la folie pure.

Toute la seconde partie de Seconds est une plongée crescendo dans la démence jusqu’au moment où le héros se rend enfin compte que son vide intérieur ne sera jamais comblé (superbe scène du retour au foyer et de l'entretien avec sa femme), que son destin est désormais de devenir une simple enveloppe, un morceau de barbaque seulement utile au processus de "réincarnation" de la compagnie. C’était finalement annoncé par l’image d’Arthur Hamilton traversant l’abattoir servant de couverture à l’organisation, sa silhouette disparaissant quasiment au milieu des carcasses suspendues emplissant le premier plan.

L'Opération Diabolique

Un Crime Dans La Tête, Sept Jours En Mai et L'Opération Diabolique forment une trilogie de la paranoïa qui se révèle surtout être l’illustration terminale de l'aliénation des institutions et de l'individu au cœur de l'œuvre de John Frankenheimer, qu’il exacerbe progressivement avec brio au travers de ses trois films importants.


Bande-annonce d'Un Crime Dans La Tête



Générique de Sept Jours En Mai



Générique de L'Opération Diabolique par Saul Bass



THE MANCHURIAN CANDIDATE
Réalisation : John Frankenheimer
Scénario : George Axelrod & John Frankenheimer d'après le roman de Richard Condon
Photo : Lionel Lindon
Montage : Ferris Webster
Bande originale : David Amram
Origine : USA
Durée : 2h06
Sortie française : 23 novembre 1962

SEVEN DAYS IN MAY
Réalisation : John Frankenheimer
Scénario : Rod Serling d'après un roman de Fletcher Knebel & Charles Bailey
Photo : Ellsworth Fredericks
Montage : Ferris Webster
Bande originale : Jerry Goldsmith
Origine : USA
Durée : 1h58
Sortie : 12 février 1964

SECONDS
Réalisation : John Frankenheimer
Scénario : Lewis John Carlino d'après le roman de David Ely
Photo : James Wong Howe
Montage : Ferris Webster & David Newhouse
Bande originale : Jerry Goldsmith
Origine : USA
Durée : 1h46
Sortie française : 12 avril 1967




   

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