"On dit souvent que Télérama dégomme systématiquement le cinéma populaire. Pas toujours. Télérama a aimé Amadeus, Trois Hommes Et Un Couffin ou Le Père Noël Est Une Ordure..." Lire l'édito de l'été...
A l'heure où j'écris ces lignes, une quarantaine de députés lèvent les mains en l'air pour décider de l'avenir de la société française. L'Assemblée est presque vide. Si peu d'élus sont présents que le Président de séance est contraint de participer au vote pour bouter l'amendement incluant la CNIL au sein de l'Hadopi. Nous remercions l'opposition de s'être si bien mobilisée…
Ne soyons pas ingrats, et remercions les médias d'avoir joué leur rôle d'endoctrineurs passifs. Remercions également les lobbys ayant pris part à ce lavage de cerveau à grande échelle,emprisonnant définitivement la France dans ces quelques décennies d'aberration industrielle durant lesquelles "artiste" sera devenu synonyme de "millionnaire", "audience" synonyme de "revenus". Ne faisons pas de jaloux, et remercions les acteurs des milieux culturels et artistiques de n'avoir, comme d'habitude, pas su ou pas voulu coordonner des actes de contestation à grande échelle. Enfin, nous remercions ce Gouvernement pour s'être aplati de manière aussi éhontée devant les jérémiades d'une industrie tellement dépendante de l'indulgence d'un public élevé comme des vaches à lait qu'elle ne peut concevoir un instant que celui-ci aille paître dans de plus verts pâturages dépourvus de barrière ou de clôtures électrifiées.
Comme dans le plus pathétique des romans d'anticipation, nous sommes entrain d'échanger notre liberté contre une sécurité temporaire, une sécurité économique qui plus est, ne concernant que le Gotha de la Nation. Selon Thomas Jefferson, cela veut dire que nous ne méritons ni l'un, ni l'autre.
Du cynisme ou de l'inculture dont font preuve ceux qui nous gouvernent, je ne sais quel est le plus affligeant. Probablement aucun des deux. Car le seul fait véritablement affligeant, triste et désespérant de cette affaire reste et restera notre effarante apathie devant cette farce.
"Maudit sois-tu, tu n'es qu'un lâche, comme le sont tous ceux qui acceptent d'être gouvernés par les lois que des hommes riches ont rédigées afin d'assurer leur propre sécurité. Ils nous font passer pour des bandits, ces scélérats, alors qu'il n'y a qu'une différence entre eux et nous, ils volent les pauvres sous couvert de la loi tandis que nous pillons les riches sous la protection de notre seul courage." Charles Bellamy – Pirate du XVIIIème siècle