"On dit souvent que Télérama dégomme systématiquement le cinéma populaire. Pas toujours. Télérama a aimé Amadeus, Trois Hommes Et Un Couffin ou Le Père Noël Est Une Ordure..." Lire l'édito de l'été...
Un mois et demi est passé depuis la dernière meneuse de revue ! Son attente fut longue, angoissante, infinie et insupportable. Sa lecture sera exactement pareille.
UN DESERT DU REEL
L'an dernier Rafik Djoumi pointait du doigt la guerre des images que lancent les multinationales à l'encontre des citoyens lambda et des artistes. Partant du cas Redacted de Brian De Palma, il s'interrogeait : "Comment un film (ou même un documentaire) peut-il espérer articuler un discours contemporain sur le sens de l’image, lorsque le moindre bout de photographie ou de vidéo se trouve bloqué sous un amas inextricable de copyrights, droits à l’image, droits de réutilisation, droits d’auteur et autres subtilités virtuelles que seuls une quinzaine d’avocats sur Terre semblent connaître ? Pourquoi un film ne s’autoriserait-il pas à utiliser une photographie qui a déjà probablement fait le tour de 30 000 blogs et qui a été peut-être vue par des centaines de milliers de personnes ? Comment en est-on arrivé à un point où la loi elle-même prescrit qu’un cinéaste ne peut pas donner à voir librement ce que les gens dans la société voient déjà ?"
Drôle d'époque où les puissants font valoir tous les droits et lois du monde pour garder le contrôle de quelque chose d'aussi intangible qu'une image. Et cela ne fait que commencer puisque les photos touristiques seront probablement bientôt interdites. Peut-être pour combler un manque à gagner sur les cartes postales… Agoravox nous révèle ainsi qu'il est interdit de prendre en photo la Bibliothèque Nationale de France (pourquoi faut préciser "de France" si elle est nationale d'ailleurs ?). Comme le souligne l'auteur de l'article, l'architecte des bâtiments, Dominique Perrault, devrait plutôt être fier de voir son œuvre reconnue au point de figurer sur les photos souvenirs des badauds et être objet de recherche par les étudiants. Mais apparemment Perrault fait partie de ces gens qui pensent que la reconnaissance d'un travail ou d'une œuvre passe par la mélodie du "bling bling", tel un Patrice Leconte s'étouffant devant le nombre d'internautes téléchargeant ses films avant leur sortie au lieu de se ravir qu'autant de gens soient pressés de les découvrir. C'est à se demander comment on peut susciter un tel intérêt chez le public lorsque l'on pense systématiquement à l'envers…
Ce n'est pas un monument mais un peu comme avec les bibliothèques, on aime bien y aller pour draguer : Patrick Bruel stoppe ses concerts s'il se rend compte que des fans dans l'audience le prennent en photo ! Et oui, il ne faudrait pas niquer le bénéfice des ventes d'affichettes lisses et officielles à la sortie du show quitte à pourrir une soirée à 50 euros par tête. Les filles, un conseil : profitez du prochain silence pour expliquer à Paaaaaaatrick le concept d'un métier publique, ça pourrait lui servir à paraître moins con.
Face à tout ce fatras anxiogène, un peu de raison et de culture avec Etienne Wasmer, professeur d'économie à l'Université de Montréal :
"Replaçons donc le débat dans une optique historique. Tous les progrès technologiques majeurs se sont accompagnés de la remise en cause des pouvoirs traditionnels: l'Internet -et les possibilités qu'il offre- en constitue un nouvel exemple. De même, l'invention de l'imprimerie de Johannes Gutenberg a détruit le monopole de l'Eglise et ses moines copistes sur les textes et leur diffusion. Cela permit la diffusion de la Bible et l'essor du protestantisme, mettant fin à l'hégémonie de l'Eglise en Europe. Et pourtant, à l'époque, la reproduction d'oeuvres sur une large échelle restait très coûteuse, le transport des oeuvres imprimées prenait encore des semaines et se faisait au profit d'une élite ultra-restreinte. Par comparaison, l'émergence du Peer-to-Peer, permettant de diffuser toute oeuvre numérisée gratuitement, quasi-instantanément et quelle que soit la distance, à un milliard d'êtres humains connectés, ne peut pas ne pas conduire à un bouleversement majeur du mode de gestion de la culture.
Une fois posée cette perspective historique, on voit bien l'inanité de raisonner en termes légaux sur la base de la situation pré-Internet. A cet égard, l'arrière-gardisme n'est pas nouveau : on sait qu'après l'invention de Gutenberg, la République de Venise tenta par décret d'attribuer le monopole de l'impression des livres à l'imprimeur allemand Johannes von Speyer. Autre ironie, Gutenberg mourut ruiné à la suite d'un procès fait par les fabricants de presse à raisin pour le vol de l'idée de vis sans fin."
LE RETOUR DE LA A-TEAM
"Premier film de l'ancien journaliste de Mad Movies et de Positif, Yannick Dahan, en temps que metteur en scène, La Horde, actuellement en tournage dans le nord de la capitale, se dévoile aujourd'hui via un petit dessin extrait du story board. […]Pour mémoire, La Horde a été co-scénarisé par Stéphane Moissakis et Arnaud Bordas." Pierre Delorme - Films Actu
30 ROCK : ADRESSE INCONNUE
"Qui a dit que les Français ne savaient pas écrire de série TV ?" est l'accroche de Putain de Série, une fiction diffusée pour le moment sur l'Interweb et probablement sur un network du PAF sous peu. Rappelant par son postulat le roman Saga de Tonino Benacquista, Putain de Série propose de suivre le quotidien de quatre scénaristes devant s'acquitter de l'écriture d'un genre de série que TF1 produit par palettes entières. Alors certes, les épisodes sont dynamiques et délivrent leur lot de punchlines qui font mouches, mais on est tout de même amené à regretter le format de cette série, les auteurs confirmant ainsi que les français ne savent pas (ou ne veulent pas) écrire de série TV : ces joyeux trublions se contentant d'enchaîner des gags les uns après les autres durant cinq minutes, ils se débarrassent donc de ce travail ingrat qui consiste à pondre 40 pages de texte par épisode incluant une trame ponctuée par des gags, que l'on nomme "scénario". Ils rejoignent ainsi les Un Gars, Une Fille, Caméra Café, Kaamelot et tous nos autres fleurons hexagonaux qui confondent les mots "série" et "sketch". Quitte à jouer sur notre retard en la matière, autant l'assumer à fond comme les québécois tarés du Cœur A Ses Raisons.
ÇA VOUS ETONNE MARILOU BERRY COMPLETEMENT OUT ?
Très souvent le chroniqueur cinéma passe pudiquement sous silence les déroutantes prestations de la progéniture des stars du grand écran dont le talent seul a bien du mal à expliquer l'évolution exponentielle de leur carrière. Mais des fois, quand même, il est en droit de se poser des questions : comme par exemple lorsqu'une Marilou Berry ayant déjà démontré un fort joli potentiel dans la performance crispante prouve qu'il est absolument possible de mal jouer même sur une affiche. Chapeau l'artiste.
ZOMBIES NATION Intéressante analyse du site io9 qui recense les films de zombies par année afin de corréler les hausses de production du genre avec les évènements historiques et remous sociaux. Et vous avez encore des professeurs de cinéma et producteurs français qui ne "comprennent pas l'utilité de ces films" (faut dire que la plupart du temps ils ne comprennent pas non plus l'utilité du public dans les salles obscures).
PRENDS L'OSEILLE ET TITRE-TOI
L'ouvreuse est fière de voir que finalement elle influe peut-être. Sur Facebook des petits galopins viennent de créer le Titrothon pour venir en aide à nos auteurs, car comme ils le précisent : "les titres de films français ressemblent de plus en plus à des fins de messages sur répondeur téléphoniques." Ce n'est pas nous qui allons dire le contraire, d'autant qu'en septembre 64 nous proposions déjà d'aider nos amis distributeurs.
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AMER BETON
Dans le n° 573 de Positif, Michel Ciment se demande pourquoi des films comme L’Echange, Two Lovers ou My Magic repartent brocouille de Cannes. C'est, selon lui, à cause du "triomphe du réel-caméra", soit le cinéma cam épaule avec gigotement qui fait réalité de la vraie vie du social pour public de festival. De la "mimétique d’en-bas" résume l'auteur. Ce qui explique les victoires ces dernières années de Fahrenheit 9/11, L’Enfant, Le Vent Se Lève, 4 Mois, 3 Semaines et 2 Jours, Entre Les Murs.
"A chaque fois, les oubliés du palmarès proposaient un système formel d’une rare cohérence loin de tout effet documentaire : In The Mood For Love (face à Fahrenheit 9/11), Three Times ou History Of Violence (face à L’Enfant), Les Climats et Marie-Antoinette (face au Vent Se Lève), No Country For Old Men (face à 4 Mois, 3 Semaines et 2 Jours), L’Echange (face à Entre Les Murs). […] Il est bon de s’interroger sur cette tendance lourde d’aujourd’hui qui fait qu’une œuvre aussi magistrale que L’Echange, dont le contenu social et politique est pourtant évident, semble souffrir auprès d’un jury du raffinement de sa forme…".
Il faut dire qu'une caméra qui gigote est bien plus facile à remarquer que la précision d'une mise en scène académique pour un public de "spécialistes" qui depuis longtemps ne regarde plus ce qu'il y a dans le cadre mais autour du cadre.
LOLA RENNT, IL EST TARD
LA REDAC QUI BALANCE PAS, MAIS QUI INFORME
"Pour expliquer le succès de Mamma Mia!, je suggère que la position très christique de Meryl Streep sur l'affiche ait pu jouer son rôle." - Macfly, samedi 25 octobre 2008, 20h45
LE SOUTIEN INESPERE
"Au niveau des jambes, ça fait plus croix gammée qu'autre chose." – Vendetta, juste après, le temps d'enfiler sa cape.
LA DISCUSSION QU'ON REGRETTE DE RELANCER
"Dans le genre signes religieux subliminaux, on ne fera jamais mieux que l'affiche de Pearl Harbor ! " - Macfly
" 'Un dimanche matin', en plus." - Macfly
" 'Ben Affleck' surtout." – nicco
LA PREUVE QUE DES FOIS ON EST SYMPA
"Bonjour l'ouvreuse ! Certes vous n'êtes peut-être pas influents, mais dans le doute on ne sais jamais... La boîte de production dans laquelle je bosse, Magali Films, organise du 1er Novembre 2008 au 1er Janvier 2009, un concours de scénario ouvert à tous. Ce concours a pour but la création d’une série de deux minutes mettant en scène de un à cinq personnages récurrents. Le gagnant du concours, qui sera désigné par un jury de professionnels, réalisera les cinq premiers épisodes de la série. Vous trouverez plus de détails sur : http://concours.magalifilms.com.
Je sais pas si ça vous intéresse d'en parler sur votre site, je sais pas, dans votre revue de presse par exemple, mais au pire merci de relayer l'information à tous vos amis et contacts, ça sera toujours ça de pris !
Merci beaucoup et bonne continuation pour le site, c'est toujours un plaisir de vous lire."
- Cali ne fait que pas traiter ses fans de voleurs, il joue aussi dans des films de merde. Hélas, pour un bon budget de neuf millions d'euros, Magique ! ne rapporte que 76759 entrées France. Quel malheur ces internautes, qui non seulement téléchargent mais en plus ne vont même pas voir les mauvais films en salle… Odieux.