Edito

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La chienne de garde HADOPI enfin adoptée ! Suggérer par mail
Instant critique par ZUG le 18 mai 2009

Quand piraterie rime avec démocratie...

couverture livre du bon usage de la piraterie
Projet controversé, HADOPI aura été l’occasion de mesurer la pauvreté d’arguments de ses ardents défenseurs, qui aura conduit à une succession impressionnante de points Godwin. Une fébrilité dénotant un manque d’assurance face à un piratage qui n’a pas attendu Internet pour démontrer ses vertus.

Le projet de loi Création et Internet, âprement défendu à force d’arguments imparables par madame Albanel et toute une clique (clinique ?) d’artistes dépassés par les évènements, a été adopté par l’Assemblée Nationale et le Sénat. Ne manque que l’approbation du Conseil Constitutionnel pour que la fête soit complète. Je ne ferai pas de panégyrique, les habitués du site, de Numérama, de Kassandre ou de la Quadrature du Net connaissent tout de l’ineptie de cette loi, techniquement et juridiquement inapplicable puisqu'allant à l’encontre de l’amendement 138, dit Bono, entériné par les parlementaires européens. Alors pourquoi être écoeurés par ce vote, d’autant plus que fleurissent déjà des dizaines de solutions pour neutraliser Hadopi ? Tout simplement pour la forte valeur symbolique que représente l’acceptation de cette loi liberticide. Ce n’est pas tant une plus juste rétribution des artistes qui était recherchée qu’un moyen de contrôler les échanges et la diffusion de la culture. Ce gouvernement, en faisant le forcing pour que cette loi soit votée, affiche toujours plus clairement et éhontément leur mépris et leur peur d’un accès libre pour tout à chacun à des œuvres culturelles.

Christine Albanel
« Putain, mais jamais ils me laisseront tranquilles...?! »

Au passage, il est important de rappeler que les sites anti-Hadopi en général et L’ouvreuse en particuliers ne prônent pas une gratuité totale et absolue du téléchargement (la licence globale est assez régulièrement évoquée) mais une libre circulation et diffusion des idées, des œuvres, des logiciels…
L’économiste Bernard Maris (dit aussi Oncle Bernard) dans un article paru dans le Charlie Hebdo du 1er avril synthétise ce que la lutte contre le "piratage" induit :

"Derrière l’attaque contre la "gratuité", il y a le combat de Microsoft et Apple contre les logiciels libres qui sont meilleurs que leurs logiciels propriétaires et dont ils veulent faire la peau. Car Linux est fondé sur la coopération, l’altruisme et le plaisir de la recherche, avant l’appât du gain. On ne me fera jamais dire qu’il ne faut pas défendre les créateurs. Il n’y a qu’eux à défendre."

Non seulement cette loi ne permettrait pas aux artistes de gagner un kopeck mais elle priverait les consommateurs de découvrir des pans entiers de culture non autorisée aux heures de grande écoute.

Le téléchargement, une alternative indispensable
Le DVD est un fantastique support qui permet l’édition de films peu ou jamais diffusés mais un support également soumis à des diktats économiques que le téléchargement est à même de briser. Avec les bons codecs et de la patience, il est possible de bénéficier de films seulement édités dans une certaine zone économique (1, 2 ou 3). Lorsque l’on ne possède pas d’un budget illimité pour acheter des imports, de platine toute zone couplée à des connaissances linguistiques pointues et variées (en effet, en l’absence de sous-titres, mieux vaut maîtriser le cantonais, l’anglais ou l’italien…), le téléchargement du film et de ses sous-titres est une véritable aubaine pour apprécier des œuvres jusqu’ici invisibles et dont la confidentialité les condamne à terme à l’oubli. Le téléchargement est donc carrément indispensable si l’on souhaite enfin visionner Sorcerer (Le Convoi De La Peur) de Friedkin, Danger Diabolik de Bava ou Inglorious Bastards de Castellari, seulement disponibles en DVD zone 1. Des films qui perdureront, quoi qu’il arrive, dans la mémoire de cinéphiles avertis alors que leur finalité demeure d’être visibles par le plus grand nombre. Un problème qui ne concerne pas que les pellicules anciennes. En effet, le cas de Johnnie To est particulièrement emblématique. Ses films ont beau être régulièrement sélectionnés dans des festivals européens (Cannes, Venise, Berlin…), faire le ravissement des critiques, son réalisateur faire l’objet d’une rétrospective / hommage à la Cinémathèque Française, ils ne sont pourtant distribués que dans un parc réduit de salles. Là encore, téléchargement indispensable. D’autant plus lorsque ces films ne sont même pas édités en DVD. Ou seulement disponibles sur des sites spécialisés pour le diptyque Election. Mais rien pour Exilé (sorti en 2006), Filatures (en 2008) et Sparrow (en 2008 également). Un coffret réunissant ces cinq films, à paraître le 4 juin prochain, va rattraper ces oublis mais aurait-il vu le jour si To n’était pas en compétition à Cannes avec Vengeance mettant en scène Halliday ?
A travers ces quelques exemples, on s’aperçoit que le téléchargement permet de pallier l’absence de support physique, de compenser les contraintes économiques afin de faciliter l’accès à des cinématographies occultées par des médias de plus en plus généralistes.
Ceci dit, le téléchargement a également des effets pernicieux (pour ne pas dire pervers) lorsque ce même procédé permet à des trucs comme Taken de s’ouvrir le marché américain. Rappelons juste pour goûter l’ironie de la situation que le principal défenseur d’Hadopi, Luc Besson, est le producteur du film. Dans le sens inverse, le buzz crée par un téléchargement massif a permis le débarquement des ineptes Heroes.

Il n’y a pas de cuillère
Hadopi se targue de lutter contre le téléchargement illégal, responsable d’un important manque à gagner. Non seulement cette assertion est fausse (rien que pour le cinéma, la fréquentation des salles ne cesse d’augmenter) mais elle est malhonnête dans la mesure où elle en masque le véritable enjeu. En refusant de s’adapter à une nouvelle façon de consommer qui se passe du moindre support physique, les maisons de disques, de production et autres distributeurs de culture (dit aussi agitateurs d’idées) dénient tout simplement le droit aux consommateurs-citoyens de se réapproprier la diffusion des œuvres. La dématérialisation étant synonyme pour eux de déréglementation et d’une perte de contrôle. Rappelons que le simple fait de prêter à un ami ou un collègue un DVD légalement acheté dans une grande enseigne est illégal. Réprimer le téléchargement est en fait le moyen de permettre aux industriels du divertissement de conserver la mainmise sur la diffusion. Déjà que nous lisons tous la même chose (merci les journaux  "gratuits" distribués allègrement en sortie de métro), bientôt nous écouterons et verrons les mêmes œuvres. Autrement dit, à une pratique altruiste et désintéressée de partage et d’échange, il convient de substituer une uniformisation rentable.
C’est en toute logique que la légalisation du téléchargement par le biais de la licence globale soit tant redoutée puisque ce n’est pas la création artistique et leurs auteurs qu’elle mettrait à mal mais bien un modèle économique archaïque. Et l’on opèrerait de fait un glissement sémantique passant de téléchargement illégal à téléchargement libre.
La démocratisation efficiente de la culture n’est pas encore pour demain. Hadopi, même mort-née, est là pour le signifier. Et le livre de Florent Latrive Du Bon Usage de la Piraterie est là pour le révéler. Extrait :

"Le milieu du xixe vit notamment des querelles récurrentes entre titulaires de droits et fabricants des premiers appareils de reproduction et de diffusion de la musique, affrontements dont les débats actuels portent encore l'empreinte.
…devant le succès croissant des appareils jouant de la musique, de l'orgue de barbarie au piano automatique en passant par les boîtes à musique, une brochette de compositeurs – Berlioz, Gounod et Rossini, entre autres – ont publié un manifeste radicalement anti-reproduction : "Ce serait une grande erreur que de croire que plus une musique est populaire, plus elle enrichit l'éditeur et ajoute à la renommée du compositeur. Lorsqu'une musique est trop connue, on s'en fatigue, on cesse de l'exécuter, on ne l'achète plus… Cette lassitude qui remplace l'empressement est surtout fatale lorsque le succès, au lieu de se maintenir dans la région du goût et parmi les classes plus élevées, descend et se vulgarise". Tout est dit : la reproduction mécanique, en facilitant la diffusion large et démocratique de la musique, la "vulgarise". C'est au nom d'une vision élitiste et profondément réactionnaire de l'oeuvre que les artistes et éditeurs réclament alors un droit de contrôle sur les modes de diffusion et d'enregistrement. Ils ne veulent pas seulement toucher une juste rétribution sur leurs compositions, mais exigent aussi de pouvoir choisir par quels canaux elles atteignent le public.
"

Un livre diffusé sous licence Creative Commons et téléchargeable librement et gratuitement. Vous êtes libres de le lire, l’acheter (publié par Exils Editeurs), le copier (!), le rediffuser (!!) à condition de respecter les conditions de la licence Creative Commons. Soit une aberration totale pour nos marchands.

Le Japonisme, art du piratage
Admettre les vertus du piratage reste inconcevable pour les financiers. Chaque chose à un prix qu’il faut payer pour le posséder. Mais si l’on veut bien un instant écarter toute logique marchande, on observe que le piratage se révèle parfois une pratique inestimable pour le partage et la sauvegarde des arts. Et en premier lieu, le mouvement pictural européen, le japonisme, qui tout en relançant les carrières de ses pratiquants permit rien de moins de préserver et permettre la reconnaissance dans leur propre patrie des auteurs d’estampes tels que Hokusai, Hiroshige ou Utamaro.
Tout débute en 1856, lorsque les collectionneurs d’art japonais exposent les œuvres qu’ils possèdent et que Félix Bracquemond est alors le premier artiste à copier une œuvre d’Hokusai, ces actions précipitant un engouement pour l’art japonais qui va ainsi se déployer. Les voyages de collectionneurs et d’artistes à destination du Japon vont donc se multiplier et l’influence de leurs arts contribueront à une large diffusion des œuvres japonaises en Europe. Parmi ces fervents admirateurs et copieurs, figurent Monet, Van Gogh ou Manet.

Reproduction d'un tableau d'Hiroshige et de Van Gogh
A gauche une estampe d'Hiroshige, à droite un tableau de Van Gogh. Et pour ce plagiat, la riposte graduée de l’époque fut de lui trancher l’oreille…

Ces artistes japonais étaient très peu reconnus au Japon car produisant un art considéré comme léger et populaire par les élites japonaises de l'époque. Le japonisme a donc sauvé des oeuvres qui allaient disparaître et permis de développer une voie nouvelle de l'art japonais. En contrepartie, les artistes japonais s’inspirèrent de leurs homologues occidentaux, ce qui amena la création d’un courant artistique dit du Yo-ga (voie occidentale), qui développa les techniques et les motifs de la peinture à l'huile. Comme quoi, le piratage ou recopiage est loin d’être une action rimant avec barbare et peut même s’avérer salutaire dans l’expression d’une pensée et d’une forme d’art.

Le téléchargement non seulement devrait être légalisé mais il s’avère régulièrement légitime.
Mais bon, que vaut de passer des plombes à essayer d’étayer, de développer des arguments, montrer d’autres alternatives profitables à tous (créateurs et consommateurs) face au sempiternel refrain répété comme un mantra, pirater une œuvre est préjudiciable à son auteur et tous les intervenants dans le processus de création et de diffusion et internet c’est rien qu’un refuge d’irresponsables-pédophiles-psychopathes.

Et puisque nos dirigeants ne semblent comprendre et admettre seulement le langage des urnes, et puisque le certificat de décès d’Hadopi ne sera signé qu’en septembre au moment du vote du Paquet Télécom par le prochain parlement européen, il reste un moyen de faire entendre sa voix le 7 juin prochain…

PS : Profitez de ce lien pour remonter le temps jusqu’en 1996, époque où l’ADSL n’existait pas, où les perspectives de liberté d’un iIternet naissant suscitaient l’espoir de bénéficier enfin d’un espace totalement indépendant. En souhaitant que cette déclaration d’indépendance du cyberespace ne devienne pas son épitaphe…

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 1 Posté par Epikt le 18 mai 2009 à 14:24 | website

Je chipote. 
Le coup de l’indisponibilité des films dans notre (beau et grand) pays est à mon sens une fausse excuse, internet permettant facilement d’acheter à l’étranger. Vous êtes capable de trouver un tracker, je pense que vous serez capable de trouver un de ces nombreux sites spécialisés dans l’export, comme de trouver le code à faire avec votre télécommande pour dézoner votre platine ou le logiciel pour lire tous les disques sur votre PC. Je vous dis ça en tant que grand amateur de cinéma asiatique dont une bonne moitié de la DVDthèque est constituée d’imports. Sérieusement, l’argument est boiteux : le téléchargement fait en effet sauter des barrières à l’accès aux films, mais celle-ci n’en est pas vraiment une. 
Les principales barrières à mon sens, qui suffisent largement à justifier l’intérêt du téléchargement : indisponibilité totale des films (genre uniquement dispo dans une VHS épuisée depuis 10 ans) et, la plus courante, coût financier de l’accès aux films (je suis bien d’accord pour donner de l’argent, je le fais d’ailleurs au delà de mes moyens, mais financièrement je ne suis pas en mesure d’accéder à tous ce que je regarde).
 2 Posté par Epikt le 18 mai 2009 à 16:32

Je reviens pour rechipoter, sur mon intervention cette fois (avant qu'on ne me tombe dessus). 
J’y oublie quand même la barrière de la langue : ces DVD importés (qu’ils soient asiatiques ou américains) sont rarement sous-titrés en français. Du coup certains aimeront pouvoir télécharger une fansub en srt (un jour faudra m’expliquer l’intérêt de fansubber en dur, rien de tel pour réduire le nombre de sources). 
Cela dit, c’est en théorie tout ça. J’ai l’impression que si la fansub marche bien pour les séries, pour le cinéma c’est une autre histoire. Communauté de fans moins active sans doute (moins captive aussi). Le fait est que l’offre en français est largement inférieure à tout ce qu’on peut trouver en anglais, même légalement. Souvent le cinéphile a mieux temps d’apprendre l’anglais que d’attendre une éventuelle fansub. 
 
(tout ça pour dire qu'il ne faudrait pas que la flemme serve d'excuse au téléchargement ; j'aime pas défendre ce qui me tient à coeur avec de mauvais arguments) 
 
(en passant, j'oublie aussi ceux qui n'ont pas de CB et qui du coup peuvent pas payer sur le net)
 3 Posté par spaces le 18 mai 2009 à 17:06 | website

Quote:
indisponibilité totale des films (genre uniquement dispo dans une VHS épuisée depuis 10 ans)

 
 
Genre Riot in cell block 10...  
 
:cry
 4 Posté par spaces le 18 mai 2009 à 17:08

Oups, mauvais frappe, Riot in Cell Block 11. Bien sûr.
 5 Posté par Zug le 18 mai 2009 à 17:39

"Les principales barrières à mon sens, qui suffisent largement à justifier l’intérêt du téléchargement : indisponibilité totale des films (genre uniquement dispo dans une VHS épuisée depuis 10 ans)" 
 
C'est vrai, j'ai omis de mentionner cet argument imparable. Merci pour le rappel Epikt !
 6 Posté par Kintaro le 18 mai 2009 à 18:42

Pour Epikt: Pour le coup d'acheter de l'import et de dézoner sa platine (ce que j'ai fait) je ne suis même pas sûr que ce soit légal (au niveau du DADVSI). 
Et bon au bout d'un moment ça finit aussi par me gaver d'essayer de contourner des barrières artificielles pour pouvoir acheter des trucs.
 7 Posté par Bayeur le 18 mai 2009 à 19:56

acheter à l'étranger un dvd sans sous-titre français, mouais, chiche, mais y a pas des histoires de taxes douanières ?
 8 Posté par Bibisoul le 18 mai 2009 à 21:56

En tant que juriste, mon hostilité vis-à-vis d'Hadopi reposait surtout sur son inapplicabilité juridique (10000 avertissements par jour = hahaha). Ce type de loi est de toute façon une constante chez Sarko, qui nous pond régulièrement des textes juridiquement aberrants en proclamant dans tous les médias que "l'immigration, c'est terminé", "les parachutes dorés, c'est terminé" ou présentement que "le téléchargement, c'est terminé" (que ce passera-t-il quand il décidera d'interdire la Lune ?).  
Ca c'était sur le plan juridique. Quant au fond du débat, je n'ai jamais téléchargé de films pour une raison qui me fait ici passer pour un extraterrestre ou un australopithèque : c'est - jusqu'à nouvel ordre - illégal. Celà n'empêche que j'attends avec impatience une licence globale. D'autant que je suis attéré de la pauvreté de l'offre en téléchargement légal : j'ai essayé il y a quelques temps d'acheter en téléchargement La mort dans la peau ; c'est tout simplement impossible. 
Tout ça pour te dire, chère ouvreuse, que la lecture attentive de tes différents billets sur le bébé d'Albanel - et particulièrement celui-ci - m'a convaincu de deux choses. D'une part, de l'ineptie de cette loi dans la réponse qu'elle apporte au téléchargement illégal (et plus seulement sur le plan juridique). Et d'autre part, qu'on peut défendre le piratage de bonne foi et avec de vrais arguments. Merci donc.
 9 Posté par Bibisoul le 18 mai 2009 à 22:03

Réflexion complètement hors-sujet : le manifeste de 1996 (admirable) rappelle beaucoup la tirade finale de Neo dans Matrix : "Je vous ferai voir un monde ou tout est possible"... Quelqu'un a le texte exact ?
 10 Posté par Thom le 18 mai 2009 à 22:26

"Je sait que vous êtes là, je sent votre présence, je sait que vous avez peur, vous avez peur de nous, vous avez peur du changement ! 
Je ne connais pas l’avenir, je ne suis pas venu vous dire comment tout ça finira, je suis venu vous dire comment ça va commencer. 
Je vais raccrocher ce téléphone, et ensuite je montrerais à tout ces gens ce que vous ne voulez pas qu’ils voient, je leur ferais voire un monde sans vous, un monde sans loi ni contrôle, un monde sans limites ni frontières, un monde où tout est possible, ce que nous en ferons ne dépendra que de vous." 
 
Ah ouais, vu comme ça, ça prend tout son sens :x
 11 Posté par the dude le 18 mai 2009 à 23:13

pleurez ! ....... 
 
http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/05/18/apres-la-dadvsi-et-hadopi-bientot-la-loppsi-2_1187141_651865.html
 12 Posté par the dude le 18 mai 2009 à 23:14

version clicable, sorry ! 
 
pleurez !
 13 Posté par Epikt le 19 mai 2009 à 10:17 | website

Zug > Et j’ai pas encore parlé du cas où la fameuse VHS épuisée depuis 10 ans est japonaise, cad uniquement lisible sur un lecteur NTSC et achetable sur auctions.yahoo.co.jp où 99% des vendeurs n’expédient pas hors de l’archipel. 
(cela dit, ça se fait !) 
 
Kintaro > En effet c’est illégal. Ni plus ni moins que le DL ^^ 
Après faut savoir ce qu’on veut. En attendant une licence globale un minimum équitable, j’estime qu’il est du devoir du cinéphile un temps soit peu concerné de mettre volontairement des sous dans la machine. 
 
Bayeur > En théorie, oui. En pratique quasiment pas. 
Il faut quand même prendre quelques précautions, comme ne pas utiliser des services comme Fedex ou UPS qui déclarent automatiquement toute valeur à la douane (attention donc à certains sites comme amazon.co.jp n’expédient à l’étranger qu’en UPS ; ça reste très rare). En choisissant le tarif de base tu passes à travers dans 99% des cas. Il faut aussi éviter les trop grosses commandes (qui coûtent chères et qui du coup passe moins bien la douane). 
Personnellement je n’ai jamais payé de taxe de douane sauf les rares fois où je me suis fait livrer par UPS.
 14 Posté par Blunt le 19 mai 2009 à 14:15

Pour chipoter aussi, je suis pas persuadé que l'exemple de Johnnie To soit particulièrement pertinent si on tient à parler des cinéastes étrangers brimé par la distribution et l'édition dvd. Certes, comme l'article le souligne ses films, en tout cas les plus récents, sont distribués dans un parc de salles relativement réduit et l'édition dvd peut laisser à désirer mais au moins sortent-ils et sont ils édités. A côté de ça un réal comme Shinya Tsukamoto (à mon avis autrement plus intéressant que To mais là n'est pas la question) n'a pas eu droit à une sortie salle depuis bientôt 10 ans (et encore le film en question datait de 95...) et n'a pas non plus les honneurs de sorties dvd, Nightmare Detective étant le premier de ses films à sortir en France depuis 99. Donc bon, j'ai un peu de mal à m'émouvoir du sort du pauvre Johnnie To selectionné à Cannes et invité par la Cinémathèque qui est à l'heure actuelle le réal asiatique le plus (sur)exposé en France...
 15 Posté par Banchiviste le 19 mai 2009 à 15:54

Pour rebondir sur le post de Blunt, un exemple concret d'application d'une Loi débile, initiée par le lobby des distributeurs, celle du délai légal entre sortie salle et disponibilité DVD : 
 
- Début 2001 : Tokyo Fist, de Tsukamoto, est un film inédit en France depuis sa sortie au Japon six ans plus tôt. Plusieurs magasins sur la France proposent donc le DVD japonais zone 2 de ce film exceptionnel. 
Finalement, un distributeur décide de sortir Tokyo Fist en France. Comme la loi l'indique, les DVD japonais du film doivent donc être retirés des rayonnages pour dix mois. 
Le film de Tsukamoto sort donc sur un parc exubérant de deux salles. Les fans de l'artiste ou du genre ont bien sûr tous déjà vu le film (en DVD, en copie VHS, en festivals). Les curieux éventuels ne repèrent même pas sa sortie. Le film fait donc trois spectateurs et demi et il est retiré de l'affiche au bout d'une semaine. 
 
Donc, concrètement, dans le cas présent, cette Loi géniallissime n'a eu qu'un seul effet : empêcher durant dix mois l'accès à un DVD qui était pourtant disponible. 
 
j'ai mis en gras les mots qui me semblaient importants lorsqu'on les applique à la Culture
 16 Posté par Zug le 19 mai 2009 à 20:33

Blunt : 
Oui, le cas de Tsukamoto est autrement plus parlant mais le choix de To se justifiait par rapport à l'actualité. Mais on pourrait évoquer également les cas de Kyoshi Kurosawa ou encore Koji Wakamatsu (qui a eu la chance de voir United Red Army ou la resortie de Quand l'Embryon part Braconner ?) 
 
Banchiviste : Merci pour ton intervention (toujours) précieuse et édifiante. 
 
Bibisoul : "Tout ça pour te dire, chère ouvreuse, que la lecture attentive de tes différents billets sur le bébé d'Albanel - et particulièrement celui-ci - m'a convaincu de deux choses. D'une part, de l'ineptie de cette loi dans la réponse qu'elle apporte au téléchargement illégal (et plus seulement sur le plan juridique). Et d'autre part, qu'on peut défendre le piratage de bonne foi et avec de vrais arguments. Merci donc." 
Alors là, ça fait vraiment plaisir de lire ça !
 17 Posté par M le 19 mai 2009 à 23:20 | website

Quote:
(qui a eu la chance de voir United Red Army ou la resortie de Quand l'Embryon part Braconner ?)

 
 
Dans ce cas-là, combien de spectateurs intéréssés ont contacté l'un de leurs salles voisines pour obtenir une copie ? Les distributeurs indépendants n'attendent que ça pour pouvoir diffuser les films, organiser des débats/présentations. 
 
L'ouverture à la culture c'est excellent, mais aujourd'hui, j'ai souvent l'impression que sur le net français le spectateur se comporte plus comme un goret consommateur que comme un intermediaire-acteur de la culture. 
 
Comme on peut pas voir les films de Wakamatsu, on va les télécharger puis ensuite ? Il se passe quoi ? Pas grand chose, même avec un outil comme internet.  
 
Ah si, une discussion de 20 messages postés sur 2 ans dans un forum, pendant que sur un autre sujet on t'explique de A à Z pourquoi Martyrs c'est le 2001 de 2008 sur 120 pages postées sur 1 année. :cry  
 
Le premier à 'refuser' l'accès à la culture, ce n'est pas l'Etat, c'est peut-être le spectateur ? :?  
 
À ce propos, ça me rappel un entretien d'Alan Moore dans lequel il s'étonnait de voir à quel point on était de plus en libre d'innover, de créer avec Internet et pourtant, à quel point la dynamisme/le renouveau est mou, bourré de copycats, de concepts périmés...
 18 Posté par IK le 20 mai 2009 à 00:43

Quote:
Ah si, une discussion de 20 messages postés sur 2 ans dans un forum, pendant que sur un autre sujet on t'explique de A à Z pourquoi Martyrs c'est le 2001 de 2008 sur 120 pages postées sur 1 année.

 
 
Personnellement, je pense que si tu as réussir à conclure cela du texte et des commentaires, ben chapeau. 
 
En plus d'être réducteur et de généraliser tu détournes le problème. 
 
Même si les forums n'évitent pas certains excès, il a fallu justement attendre pour certains leurs existences pour assister ou participer à ce genre de débat écrits. 
 
Ce qui a surement permis aux plus novices et curieux de découvrir par exemple les films de Wakamatsu. Alors on peut souligner les 10000 pages sur matrix et ces discussions que n'aboutissent pas. Pourquoi ne pas aussi souligner les milliers d'espaces ou les passionés s'expriment pour informer et aussi sensibiliser. cette forme de communication n'était peut être pas à la porté de tous auparavant.
 19 Posté par the dude le 20 mai 2009 à 17:14

quand à la definition du débat, permet moi de te dire qu'un debat n'aboutit jamais. et heureusement d'ailleur. 
 
la seule fin possible et positif d'un debat se definit par l'arrivée à des points de consensus. 
 
et pensant qu'un debat doit se conclure par un accord complement entre les partis, tu refutes comme ceux que tu denonce la possibilité aux autres d'avoir une opinion differente. car c'est un traver humain on pense tous avoir raison .....
 20 Posté par Erèbe le 25 mai 2009 à 17:00

Il y a 400 ans on nous mettais déjà en garde.  
 
"Combien ne vaudrait-il pas mieux contenir la colère et la fureur du vulgaire que d'établir des lois dont les seuls violateurs possibles sont les amis des arts, et de réduire l'Etat à cette extrémité qu'il ne puisse supporter les hommes d'âme fière " 
Spinoza
 21 Posté par Weta le 25 mai 2009 à 17:09

Une position bien française. 
http://www.numerama.com/magazine/12974-Hadopi-l-embarras-d-Isabelle-Huppert-au-Festival-de-Cannes.html 
 
 
;)  
 
Je dois rire ou pleurer.

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