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OZ - Saison 1 Suggérer par mail
Série TV par Mérovingien le 11 novembre 2007

Histoires d'OZ

Affiche Oz
Avant le triomphe de Six Feet Under et des Sopranos, HBO s’était déjà démarqué de la concurrence en matière de série télé en produisant Oz, véritable tremblement de terre dans le paysage audiovisuel car conçu avec une liberté de ton jusqu’alors inédite.
Une évocation sans concession du milieu carcéral, avec un langage ordurier, une violence exacerbée et de la nudité frontale, le tout au service d’un propos pour le moins subversif. Un véritable travail d’auteur né de l’imagination de Tom Fontana, scénariste tellement investi dans sa création qu’il est allé jusqu’à se faire tatouer le nom de son oeuvre, remployant ensuite les images de cet acte dans le générique d’ouverture.


A la manière d’un conte ou d’un récit mythologique (la prison d’Oswald est comparée au détour d’une réplique au Mont de l’Olympe), le spectateur est invité à pénétrer dans un univers singulier par un narrateur à la fois omniscient et faisant parti intégrante de l’action. Enfermé dans une cellule carrée en verre, le personnage d’Augustus, un ancien junkie en fauteuil roulant, surplombe les décors et s’adresse directement à la caméra pour nous signaler la thématique de chaque épisode, en résumer la morale (ou son absence) en guise de conclusion ou pour présenter le passif de chacun des détenus. Des apparitions oniriques et cyniques qui renforcent l’implication émotionnelles car tutoyant directement le public, comme pour lui tendre le miroir de sa propre vie et questionner les fondements mêmes de ses idéaux. Oz n’est donc pas un divertissement sans conséquence comme le récent Prison Break. En s’y aventurant, il faut accepter d’être malmené et de ne pas en ressortir indemne. Ainsi, le parcours de Tobias Beecher résumera à lui seul l’effondrement psychologique du spectateur puisque c’est avec lui que nous découvrirons la vie du pénitencier au cours du premier épisode rythmé par l’affichage des horaires répétitives et aliénantes. Contrairement à la majorité des prisonniers, Tobias n’est pas un meurtrier ou un psychopathe mais simplement un avocat qui aura commis accidentellement la mort d’une jeune fille en prenant le volant de sa voiture après avoir bu un verre de trop. Il est de loin le référent le plus attachant puisque issu d’un quotidien familier et dont la vie a basculé après un drame qui aurait pu survenir chez n’importe qui. Rapidement, il est la victime de Vernon Schilliger, un néonazi qui le réduit au rang d’objet soumis, le violant fréquemment, l’obligeant à se travestir pour l’humilier ou le forçant à lécher ses chaussures. Ces séquences dérangeantes ne feront que placer un peu plus le public face à sa morale, lui faisant ressentir une véritable haine pour le dominant avant que le basculement de Tobias vers la démence (il ira jusqu’à déféquer sur le visage de son bourreau) et la question du Pardon ne vienne le mettre en face de l’horrible vérité : l’être humain n’est qu’un animal sauvage prêt à retourner à des instincts primitifs dès que des situations extrêmes se présentent à lui.


Car la prison d’Ozwald n’est pas le genre d’environnement où il fait bon traîner. Bien que sa fonction première est de remettre les coupables sur le droit chemin, elle ne fait que les repousser dans leurs derniers retranchements car omettant tout simplement qu’il est impossible d’avoir une vie normale quand on est enfermé et entouré de violeurs, dealers ou cannibales. Le monde extérieur n’existe pas, seule la télévision sert de fenêtre ouverte (alors que le seules infos diffusées seront celles évoquant la situation catastrophique à Oz). Même les visions du passé en flash-back revêtent un aspect surréaliste, baignant dans des filtres bleus ou orangés comme si tout n’état qu’un mauvais souvenir ou un mauvais rêve. On pourra aussi évoquer cette discussion au parloir dans le premier épisode où un détenu parle avec sa femme alors qu’une glace vient scinder l’image en deux comme si le couple ne partageaient plus le même espace. Véritable tombeau où l’on est condamné à mourir à petit feu sans aucune résurrection possible (voir dans l’épisode 2 le fondu enchaîné passant d’un cadavre brûlé au personnage de Nino Schilbetta qui finira lui aussi assassiné), le département de Haute Sécurité d’Emerald City contamine jusqu’aux plus respectables des membres de l’équipe chargé du bien être des détenus. Ainsi, au détour d’un épisode centré sur Dieu, un prêtre verra ses convictions les plus nobles êtres mises à rudes épreuves lorsqu’un malade mental ayant dévoré ses parents acceptera de son convertir au catholicisme dans le simple but de pouvoir manger "le corps du Christ". De même, quand se posera l’épineuse question de la peine de mort, il lui sera bien difficile de conserver une opposition aussi claire quand il se retrouvera face à un être particulièrement abjecte. Le Mal affecte le cœur de chacun comme un poison et les rapports amoureux, véritables pulsions de vie, se retrouvent dominés par le sentiment de mort. Ainsi, à deux reprises dans la saison, une scène de sexe sera montée en parallèle avec un acte de violence (des policiers cognant contre une porte, une mort par injection), comme si chaque nouveau né comportait déjà en lui les plus vils instincts. On notera d’ailleurs qu’un des détenus perdra son bébé juste après la naissance, renforçant le pessimisme du tableau décrit par Tom Fontana.   
Oz

Bien que la galerie de salopards ne soit guère rassurante, il conviendra de saluer le remarquable travail d’écriture capable de rendre sympathique la pire des crapule. Qu’il s’agisse d’un détour humoristique (un dentiste n’osant pas mettre ses doigts dans la bouche d’un cannibale), d’une séquence émotionnellement chargée (un prisonnier lacérant son visage au cutter pour traduire tout son mal être) ou de l’utilisation d’un langage universel (la sous intrigue du violoniste), tout est mis en œuvre pour offrir une vision globale de l’être humain, loin du manichéisme primaire. Car dans le fond, tous ces condamnés à des peines diverses ne sont jamais que le reflet sauvage de la décadence de l’Humanité toute entière. En effet, bien qu’ils soient tous déconnectés du monde extérieur, chacun marque son appartenance à un clan, seul moyen d’exister pour ne pas finir écraser par les plus forts. Blacks, latinos, mafia sicilienne, gay, musulmans… Autant de mini communautés en proie à de constantes lutte de pouvoir et ne pouvant s’empêcher de se mener la guerre, souvent par racisme. Oz se présente donc comme une parabole particulièrement pertinente de nos sociétés modernes, le décors de la série ressemblant presque à un laboratoire où milieu duquel les matons peuvent observer les animaux dans leur cage en verre, comme cet insecte dans un bocal aperçu en début de saison. Ce n’est donc pas simplement à une critique des conditions de vie en milieu carcéral que le créateur de la série nous convie mais bien à une étude sociologiques de notre époque en abordant des thèmes aussi vastes que le rôle actif de la drogue dans l’économie (et les rapports de force qu’ils impliquent, les plus puissants la revende à ceux qui la consomme pour oublier leur misère), la place essentielle de la femme dans un environnement dominé par les hommes ou encore les guerres de religions. On y trouve même un sous-texte sur l’émancipation des noirs via un troublant parallèle entre Malcom X et le charismatique Kareem Said, personnage ayant lui aussi changé de nom, refusant de prendre des médicaments en dépit de la maladie qui le ronge et profitant de la prison pour se cultiver. Ce renvoie explicite à celui qui fut le porte-parole de Nation of Islam oriente la série vers une réflexion sur l’inaccessibilité du rêve américain, Malcom X étant un symbole de l’intégration des noirs capables de réussir autrement que par la musique ou le sport, symbole mis à mal par l’arrivée d’un basketteur à la carrière brisée.  

Véritable tragédie grecque en milieu pénitencier, la première saison de Oz s’achève fort logiquement sur l’implosion qui guette chaque société tiraillée entre ses luttes de pouvoir et l’assouvissement des besoins égoïstes. Une dégénérescence menant à la rébellion, un effondrement du système en place et duquel ne pourra naître qu’un nouvel ordre pas bien différent et toujours dirigé par le gouverneur Devlin, véritable Zeus tout puissant interdisant aux hommes de s’élever au-delà de leur condition pour les maintenir dans leur brutalité crasse. L’Homme restera à jamais un loup pour l’Homme.














 1 Posté par goldfrapp le 12 novembre 2007 à 17:42

Dite moi, c est sympas un papier sur Oz! 
Apres tout il fallait voir ma gueule lors de la premiere diffusion francaise sur serie club....on avait pas l habitude de voir une telle crudité sur un grand ecran alors a la tele..... 
Mais j' aimerais aussi que votre éminante pertinance (oula le cirage) se penche sur une serie moin connue, moin médiatisé et moin marquante ,a-priori (car ne se reposant pas sur le concept phare de hbo qui est : un episode égale une saloperie pour remplir le quota "choc" de la chaine): c est the wire. 
sur ecoute en francais! Avec votre esprit et votre verve qui commence a se faire connaitre, je me dit qu il y a moyen de moyenner...et de faire un article interressant. 
Cette serie est tellement dense et vogue tellemnt a contre courant (c est l antithese de tout se qui peu se faire dans le genre)des autres cop show, que merde quoi!Je ne vais pas dire non plus que c est une grande serie sociale parce que la c' est pas trés fédérateur..... 
je croise les doigts et éspére....apres tout c est bientot noel non?
 2 Posté par nicco le 12 novembre 2007 à 18:19

Hum, ben faut voir avec les rédacteurs séries-vores, moi je connais juste de nom et de renom.
 3 Posté par Riddick le 13 novembre 2007 à 14:08 | website

Lol Goldfrapp je te reconnais bien là ! en plus de me saouler dans un langage beaucoup plus familier ;-) pour que je matte The Wire tu viens même poluer l'ouvreuse ^^. Allez lache l'affaire cette série est voué à rester dans l'ombre. 
Pour infos je pense que c'est une seule série que j'ai vus à prendre le temps de développer une vrai histoire (et non pas une intrigue par épisode) c'est pour cela qu'après avoir vu la 1ere saison j'attends que la saison 5 (la dernière saison) passe à l'écran pour pouvoir dévorer cette série magistrale et prenante d'un seule coup (Goldfrapp en est désespérer d'ailleurs). c'est le ROME du cop Show (tout du moins sur les 13er épisodes) !!
 4 Posté par Aziraphale le 10 décembre 2007 à 20:19

Je ne suis pas d'accord. 
The wire possède déjà son petit succès (il y a déjà 4 saisons). 
C'est effectivement une bonne série, même si elle marche bien sur le concept un épisode = un évènement choc (faut pas se leurrer non plus...). 
Ceci étant dit, pour rester dans la comparaison, je trouve Oz bien plus complète et intéressante (à visionner, autant qu'à "analyser"). 
 
Sinon, charmant papier, mais c'est dommage de traiter que la première saison, et d'inclure autant de spoils dans la critique.
 5 Posté par chrisbdc le 16 décembre 2007 à 22:07

1 e diff sur m6 y a 4 ans 
Oz c'est du velour comme the shield
 6 Posté par goldfrapp le 17 décembre 2007 à 18:17

"C'est effectivement une bonne série, même si elle marche bien sur le concept un épisode = un évènement choc (faut pas se leurrer non plus...)." 
 
La structure meme de serie feuilletonnante appliqué au rythme de the wire est a l opposé de tout ce qui se fait dans le genre! rien pour accrocher le quidam a base de scenes chocs ou de "vie vite, allons a la case suspens la plus procha avant la prohaine coupure pub") 
 
 
perso jai mis 4 épisode a vraiment accroché tellement il ne s y passait rien en apparence (pas de score musicale,pas de fusillade, pas de violence, ni de course poursuite ou de scenes chocs, aucun suspens...et pourtant on parle la d un des ghettos les plus dure qui soit).Dit comme ca c est pas bandant et pourtant. 
Je ne parle pas de qualité la Azi! Vu le rythme (un irreductible a meme osez parler de "derrick a baltimore") pépére et calme et l absence d evenements "over the top" je ne vois pas en quoi la serie reponderait aux quotas hbo (meme nivau fesse c est assez pauvre)! 
La particularité du show est bien de proposer une serie mature, car exigeante et peu raccoleuse!  
Et c est tout en l honneur d' hbo d avoir poursuivi cette serie sur ces seuls qualités (a peine un million de spectateur pour la 1ére saison....chaine payante ou pas dans la logique des choses elle aurait du degager vite fait). 
 
 
Et attention Oz ca roxx grave! mais bon , tellement de choses ont deja ete ditent dessus d articles fais etc....que pour l ouvreuse j aurais vu "dans le meme style" un article sur the wire plus pertinant(j n'ai jamais lut AUCUN article dessus) ! 
Ce n etait qu'un profond desir exprimé ici 
:p
 7 Posté par nicco le 17 décembre 2007 à 18:47

Hum, ben faut voir avec les rédacteurs séries-vores, moi je connais juste de nom et de renom.
 8 Posté par goldfrapp le 17 décembre 2007 à 18:57

Merde encore tomber sur le repondeur! 
 
 
 
 
 
 
bouh!
 9 Posté par belou le 18 décembre 2007 à 13:52 | website

Ouais the wire est quand meme basé sur un evenement par épisode, pas 30.  
Apres avoir enchainé les 4 premieres saisons de the wire j'ai repris the shield. C'était vraiment trop frénétique, trop bourrin, trop irréaliste. 
 
L'une des grandes forces de the wire c'est de remettre la série en temps humain, avec les lenteurs dues à un probleme administratif par exemple. 
 
C'est vraiment prenant apres un certain temps, et les personnages se dévoilent au cours des épisodes, des saisons. 
 
On ne comprends vraiment leur personnalités, leur motivations qu'après une ou deux saison, et encore! 
 
C'est quand meme une série qui se paie le luxe de faire une saison entière (la 2) en guise de transition, une putain de saison entière ou tout se passe de façon décousue avant que l'intrigue principale reprenne! 
 
Bref de la bombe babay!
 10 Posté par Aziraphale le 18 décembre 2007 à 22:11

goldfrap : On est d'accord sur pas mal de points. Mais je reste sur mon idée. Bien sûr, dasn the wire, la case suspense n'est pas dessinée aussi grosse que celles de jack bauer, mais présente quand même.  
(Particulièrement à la fin de la saison 3 où le tension est omniprésente).

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