Gérardmer 2015 : The Mirror (Oculus)

Cet obscur objet du délire

Affiche The Mirror - OculusAprès Ouija, Blumhouse Pictures s'offre une seconde incursion dans cette édition 2015 du festival de Gérardmer avec The Mirror (Oculus) présenté en clôture et hors compétition.


La société de Jason "Paranormal Activity - InsidiousSinister - American Nightmare" Blum tente de diversifier ses mises afin de créer de nouvelles franchises gagnantes, s'accaparant peu à peu la production horrifique américaine. Ne jetons pas la pierre à ceux qui ont également produit le génial Whiplash de Damien Chazelle (en route pour les Oscars) et l’ésotérique The Lords Of Salem de Rob Zombie et laissons-nous tenter par un film d'horreur old school mettant joliment en vedette Karen Gillan, qui fait son chemin depuis qu'elle a quitté Doctor Who. On remerciera au passage le distributeur français d'avoir changé le titre Oculus en The Mirror, qui vient sérieusement concurrencer Ouija dans les titres de films les plus évocateurs de 2015.

Mais de quoi ce miroir se rend-il coupable ? Selon Kaylie (Miss Gillan), il est à l'origine du meurtre sauvage de sa mère par son père, qui força le petit frère à commettre un parricide pour solder les comptes. Quelques années plus tard, le frangin sort de l'hôpital psychiatrique, mais Kaylee a réussi à dégotter le miroir pour en finir avec les mauvais esprits qu'il renferme et enfin innocenter son papa. Elle l'installe dans leur ancienne demeure, dans laquelle passé et présent vont se mêler dans un ballet malsain.

The Mirror

The Mirror navigue entre plusieurs eaux qui rendent son déroulement plus que confus. Dans la première partie, la narration éclatée mêle les scènes du passé à l'expérience du présent en montage alterné dans le but de confronter l'opinion rationnelle du frère sur les événements (héritée de son séjour à l'hôpital) et les souvenirs irrationnels de sa soeur. Cette confrontation se révèle très vite vaine et les flashbacks ne sont alors qu'illustration. Elles réservent une poignée de scènes évocatrices dans un drame qui rejoint fortement celui d'Amityville (dont le prochain volet réalisé par Frank Khalfoun sera produit par... Blumhouse). Comme l'action du miroir se fait de plus en plus sentir, présent et passé finissent par pénétrer l'un dans l'autre.
Sur le papier, l'idée est très bonne et fut autrefois usée à bon escient, notamment par Peter Jackson lors de l'assaut de l'hôpital de
Fantômes Contre Fantômes. Encore eut-il fallu que le procédé ait une justification narrative probante, plus convaincante que celle d'une confusion entretenue volontairement dans la tête des victimes. Dans ce contexte, le réalisateur Mike Flanagan peut se laisser aller à jouer avec l'espace, le temps, l'identité des personnes et même avec la planchette ouija si bon lui semble. Connaissant la fin d'une histoire et étant perdu par l'autre, le spectateur devra patienter jusqu'à un final peu révolutionnaire qui garantit une vengeance dans un proche avenir. Si la planchette a peu de chances de ressortir de l'armoire, il y a tout à parier que ce miroir a quelques beaux jours devant lui.



The Mirror de Mike Flanagan, sortie française : en DVD le 15 avril 2015




   

Commentaires   

 
0 #1 geouf le vendredi 06 février 2015 à 14:33
Vu il y a quelques mois lors de sa diffusion au Royaume-Uni. Je l'avais trouve plutot sympathique ce petit film, bien que parfois un peu mou.

*SPOILER
J'ai surtout bien aime le fait que le realisateur arrive a entretenir jusqu'a la fin le doute sur la pretendue hantise du miroir. Meme lors du final, le choix est laisse au spectateur de decider si le miroir est vraiment malefique, ou si tout ce qui se passe n'est que le fruit de l'esprit malade des protagonistes.
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+1 #2 brotch le vendredi 06 février 2015 à 17:20
Plutôt bon film pour moi aussi. La grosse erreur des scénaristes étant de n'avoir pas mis de limites claires au pouvoir d'hypnose ou de suggestion du miroir : du coup dans le dernier tiers du film : 1/ on ne distingue plus du tout le réel du reste, de 2/ les personnages n'ayant aucun moyen de lutter contre ce pouvoir (leur dispositif se révélant finalement inutile), on voit mal comment ils pourront surmonter cet incroyable pouvoir du miroir.
De là naît la confusion de la fin du film où l'on n'est plus du tout actif à la vision du film puisqu'on s'attend à tout (et donc ... à rien).
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