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3 étoiles sur 4 pour Ouest France , "œuvre de salut public" selon L'Humanité, "quintessence même du film d'action américain" pour Paris Match, aVoir-aLire.com y voit "une merveille de divertissement", le Journal du Dimanche ne s'est pas remis du "rythme ahurissant et de quelques scènes d'action fabuleuses", pas plus que MCinéma.com pour qui Die Hard 4 est "un excellent film d'action". Et enfin les Inrock, en pleine course d'élan pour rattraper quatorze trains de retard, tentent d'invoquer une "désincarnation shyamalienne" espérant mieux vendre "le monde désormais virtuel des Die Hard", qui n'est donc pas une croûte numérique comme l'avait été selon eux Le Seigneur des Anneaux. Et oui, quand on tente pathétiquement d'être à contre-courant en se trompant dans les grandes largeurs, on finit par dire tout et n'importe quoi avec l'espoir de tomber juste au moins une fois. Ce ne sera pas là.
Il fallait s'en douter, dans l'ensemble la critique française a adoré Die Hard 4. En effet, le navet de Len Wiseman requiert tout ce qu'il faut pour donner un grand film de cinéma populaire selon les critères journalistiques de la décennie :
- Réalisé par un geek officiel, ce qui se traduit dans les rédactions par : "C'est de la bonne culture populaire et même si on n'y comprends rien on va dire que c'est excellent dans son genre".
- C'est complètement con et bourré d'incohérences : "Ça s'adresse au peuple, donc si c'est bête c'est pas bien grave, hein, tant que le réa ne cherche pas à proposer un discours intelligible ou de la philo de comptoir, donc à péter plus haut que son cul de faiseur de films populos, ça va. Chacun à sa place, ok".
- Une franchise qui a fait ses preuves avec le temps : "Bon, ça fait vingt ans que c'est là, de plus en plus de gens que je connais et respecte apprécient beaucoup Die Hard, je ne vais pas prendre le risque d'être encore une fois à la masse, hop, je vais dire que j'ai grave kiffé ma race". Il y en a qui sortent du lot : "Die Hard 4 est une réussite, à tous points de vue, autant scénaristique que dans la réalisation." Emmanuèle Fois - Le Figaroscope
Les voitures qui volent, les autoroutes qui s'écroulent sans raison, les explosions qui s'arrêtent aux pieds du héros, des informaticiens qui dérivent des centaines de kilomètres de gazoduc en deux clics, tout cela est une réussite à tous points de vue, évidemment, et de plus ça créer une action qui "paraît toujours bien réelle" selon l'inimitable Télérama (Jacques Morice).
Une autre :
"Poursuites, explosions et cascades se succèdent sans répit, pour le grand bonheur des amateurs de thrillers." Vincent Ostria - L'Humanité Jusqu'ici on ne prenait pas trop de risque, tout le monde parlait d'action. Et là patatra, "thriller". En général les amateurs de thrillers apprécient les films à suspens, angoissants, mettant en scène des tueurs à armes blanches, des psychopathes, des enquêtes policières, des victimes féminines, etc. Peut être une conséquence de la désincarnation shyamalienne, on n'en sait rien.
Il est toujours assez inquiétant de constater un tel renoncement critique dès que l'on aborde une cinématographie populaire et à grand spectacle. Entre une démagogie à vocation snob et un mépris tenace envers le public, la presse accepte volontiers que l'on vende de la médiocrité aux spectateurs d'en-bas. Ce qui revient à apporter sa bénédiction à la lobotomie des masses. Un moyen comme un autre de s'assurer plus de lecteurs.
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