Les Terres du Milieu

One does not simply adapt Tolkien

Affiche The Hobbit 1977

Après quelques années de development hell et une production encore une fois marathonienne, The Hobbit de Peter Jackson est fin prêt pour le cambriolage du Mont Solitaire.

Si l'univers de Tolkien est longtemps apparu inadaptable jusqu'en 2001, des tentatives, aussi diverses que désespérées, sont sporadiquement apparues de-ci de-là.
Harnachez Gripoil !, nous partons pour un tour d'horizon des Terres du Milieu portées à l'écran.


THE HOBBIT
(1966)
L'animateur Gene Deitch, père de Kim Deitch (fierté de la BD US indé), ancien de
Popeye et Tom And Jerry, réalise à la va-vite cette adaptation du conte de Tolkien afin de prolonger les droits détenus par son producteur, William Snyder.
Ce petit film d'une douzaine de minutes fort peu animées n'est pas très révélateur des travaux du duo, oscarisé pour le court-métrage Munro en 1961 et auteur la même année que leur
Hobbit d'un ambitieux Alice Of Wonderland In Paris d'une durée conséquente de cinquante minutes.
Les faibles moyens alloués ici ne permettent pas des miracles, l'histoire étant grandement sabrée. Ce qui leur permet tout de même de créer un personnage inédit chez Tolkien, Mika Milovana la "princesse de Dale", que ce fripon de Bilbon emballera.
Et Smaug s'appelle Slag. Pourquoi ? Parce que.



THE HOBBIT (1977)
Produite par la NBC, cette deuxième adaptation est confiée au tandem Arthur Rankin Jr. & Jules Bass, spécialistes des contes animés de Noël et futurs producteurs de
ThunderCats et SilverHawks, ce qui explique la présence de nombreuses chansons à la qualité honnête résumant certains passages du livre. Entre deux refrains on peut entendre les voix de John Huston (Gandalf) ou d'Otto Preminger, la curiosité du casting. L'auteur de Laura interprète ici Thranduil, le père de Legolas.
Pour la direction artistiques, il se dit que les auteurs se sont inspirés des travaux d'Arthur Rackham, qui déjà avait servi de modèle à Pauline Baynes, la première grande illustratrice de Tolkien. Si le marketing tend avec le temps à infantiliser les visuels du film, il n'en reste pas moins qu'en effet certains décors (aquarellés) et personnages (notamment Gandalf) respirent l'Art Nouveau. Dommage que l'animation ne suive pas.
Bien que jouissant de soixante-dix-sept grandes minutes, les auteurs ont dû se résoudre à sabrer eux aussi de nombreux passages, ou d'en simplifier certains :  l'arrivée des nains n'est plus aussi loufoque que dans le bouquin, Gandalf a le pouvoir de faire lever le jour, Roäc le corbeau a disparu… Et Elrond est barbu. Pourquoi ? Parce que.

The Hobbit 1977
The Hobbit



LE SEIGNEUR DES ANNEAUX
(1978)
L'adaptation de l'univers de Tolkien la plus connue avant que Peter Jackson ne s'y attèle. Réalisée par Ralph Bakshi pour la United Artist suite à l'abandon de John Boorman (qui se vengera cinq ans plus tard avec
Excalibur), cette version mixe La Communauté De L'Anneau et Les Deux Tours et laisse les spectateurs de l'époque en plan, persuadés qu'ils allaient assister à l'histoire complète. Ce qui explique le froid accueil du métrage à sa sortie.
L'auteur de
Fritz The Cat avait pourtant mis les grands moyens (Legolas doublé par Anthony - C-3PO - Daniels, Aragorn par John Hurt), filmant intégralement les performances de ses comédiens pour les rotoscoper (technique déjà expérimentée par ses soins sur Les Sorciers De La Guerre l'année d'avant). Ou plus simplement pour sur-contraster et teinter les plans mettant en scène un grand nombre de figurants afin de donner une illusion de silhouettes dessinées (la bataille du Gouffre de Helm et ses filtres rouges, puis bleus, puis rouges, puis syncope). Ainsi cohabitent des éléments de texture et de fluidité fort différentes qui peut produire une gêne lors du visionnage. Un vrai choc esthétique, au résultat forcément approximatif mais qui vaut bien mieux que sa triste réputation.
Peter Jackson citera un plan de Bakshi (celui de Odo Fierpied), comme un clin d'œil entre anciens combattants. Les deux ont en effet en commun d'avoir été hués par les fans pour avoir viré Tom Bombadil du récit. D'ailleurs Bakshi avait également biffé Arwen de son adaptation. Pourquoi ? Parce que.

Lord Of The Rings 1978
Le Seigneur Des Anneaux



RETURN OF THE KING
(1980)
Où l'on retrouve le duo Arthur Rankin Jr. & Jules Bass ! Qui œuvrent pour ABC cette fois afin de conclure la saga. Partants du fait que les deux premiers tomes du
SDA sont adaptés et que ce qui est fait n'est plus à faire, Rankin & Bass passent directement de leur Hobbit au Retour Du Roi, prenant soin toutefois d'y résumer les enjeux développés dans La Communauté et Les Deux Tours. Si vous êtes un peu perdus, pas de souci la Warner a pensé à vous en sortant un coffret regroupant les trois bandes, histoire d'embrouiller un peu plus les kids (qui passent donc de ça à ça).
Les auteurs ont fort logiquement favorisé la trame de Sam et Frodon, évoquant les batailles par des séquences chantées ou contées, et profitent visiblement d'un budget plus important pour fluidifier l'animation, soigner la direction artistique et affiner le chara design, bien que Gollum ressemble toujours à un Kermit passé à la machine. Les personnages évoluent entre une nature aux apaisants tons pastels et un Mordor cramoisi et violacé, une charte graphique qui laisse respirer une étendue gamme des couleurs. Sans forcément les comparer aux esquisses de John Howe ou Allan Lee, certains plans mériteraient eux aussi d'illustrer de temps à autre la Terre du Milieu.
Sinon, Roddy McDowall interprète Sam Gamegie.
Et les montures des Nazguls sont des chevaux ailés. Pourquoi ? Parce que.

Return Of The King 1980
  
Return Of The King 1980
Return Of The King



THE FABULOUS JOURNEY OF MR. BILBO BAGGINS THE HOBBIT (1985)
Leningrad TV Channel proudly presents his own Hobbit!
Entièrement tournée en studio et incrustations, soutenue par un narrateur dans un décor tout ce qu'il y a de plus chaleureux, cette dramatique pour la télévision soviétique est assez linéaire et fidèle au livre (jusqu'aux chants, ici aussi), si l'on excepte les costumes, plus proches du burlesque russe que de la chanson de geste scandinave.
Le défi principal avec cette adaptation consiste à survivre aux énigmes dans le noir sans faire pause ni aller aux toilettes : le bruitage des ruissellements d'eau est un monstrueux calvaire.
Ne vous fiez pas aux sous-titres proposés sur YouTube, ils ont l'air quelque peu farfelus : Gollum est qualifié dans le déroulant introductif de "asshole", les nains coincés sous la montagne proposent de commander des pizzas, les personnages s'interpellent par des "Dude!".
Et Bilbon porte une écharpe de Gryffondor, ce qui prouve bien que le
SDA est un rip-off de Harry Potter. Pourquoi ? Parce que.



HOBITIT (1993)
Direction la Finlande pour cette série TV de neuf épisodes ambitionnant de conter les pérégrinations de Sam et Frodon dans la Montagne du Destin, sans échapper aux previously de bon aloi, telles que les énigmes dans le noir (rassurez-vous cette fois les ruissellements sont couverts par les bruits de mastication de Gollum).
La Terre du Milieu est représentée par de délicieuses maquettes, la bande son propose du saxo, ce qui voudrait dire que la Finlande ne serait sortie des années 80 qu'après 1993, et la transformation de Smeagol remplira d'effroi le plus aguerri des Rangers.
Enfin, ça va faire plaisir aux rag aux fans, Tom Bombadil est présent ! (épisode 3, deuxième partie). Par contre il ne chante pas et ne danse pas. Pourquoi ? Parce que.




The Lord Dood The Ring THE LORD DOOD THE RING (2004)
On y a cru, mais non, ce n'est pas un plagiat au rabais du
Seigneur Des Anneaux, les tolkiennistes devront encore attendre leur Turkish Star Wars.

The Lord Dood The Ring
(ou The Vacuum Tube Of The Monkey selon des sources et traductions pas vraiment concordantes) n'est qu'une émission comique de la télé thaïlandaise. Et c'est déjà pas mal. Il fût un temps possible d'acquérir la chose en Video-CD pour la somme modique de 5 dollars. Collector. Parce que.


The Lord Dood The RingThe Lord Dood The Ring



THE HUNT FOR GOLLUM
(2009)
La trilogie de Peter Jackson, alliée à la démocratisation de la vidéo numérique, créa une émulation dans le fandom Tolkien qui se mît à enrichir la Terre du Milieu de leurs propres fictions. Après tout, un pré, deux toiles de bure, un glaive rouillé et on y est.
The Hunt For Gollum
de Chris Bouchard est l'un des premiers court-métrages amateurs à s'être fait remarquer, autant par ses qualités visuelles que par son histoire : en effet la jeune équipe ne propose rien de moins que d'illustrer la traque de Gollum par Aragorn, soit un prologue à La Communauté De L'Anneau.
Entièrement déférent à l'œuvre de Jackson (le Poney Fringant est filmé tel que dans le long-métrage, au plan près),
The Hunt For Gollum évite presque tous les pièges de la fanfic et s'impose comme un fort appétissant amuse-bouche. De Sauron.




Affiche Born Of HopeBORN OF HOPE
(2009)
L'autre fanfilm représentant dignement la communauté est un long-métrage, carrément. 1h11 au garrot, porté à bout de bras par l'anglaise Kate Madison, actrice, productrice et réalisatrice fort bien aidée par sa compagnie d'acteurs qui réunit quelques 25000 £ pour le projet.
Born Of Hope
se déroule encore plus tôt dans la narration que The Hunt For Gollum puisqu'il narre la vie d'Arathorn, père d'Aragorn, la naissance de celui-ci et sa prime jeunesse tandis que Sauron et ses orques se lancent à la chasse aux Anneaux.
La plus grand réussite de cette production est d'avoir su s'affranchir de l'esthétique de la trilogie de Jackson, contrairement à
The Hunt qui y revenait souvent par facilité. Fidèle aux appendices des livres (jusqu'à une surprenante apparition), la jeune équipe, bien qu'amatrice, n'hésite pas à proposer des batailles amples et dynamiques, ni à faire voltiger quelques têtes, corsetant le tout dans une écriture étonnamment équilibrée pour ce genre de métrage. Mais le plus important est que grâce à ce film, les spectateurs peu familiers avec la Terre du Milieu saisiront bien mieux la trame concernant la destinée des Dúnedain et l'enjeu qui pèse sur les épaules d'Aragorn.
Parfait. Manque juste Bombadil. Ou pas.



AGE OF THE HOBBITS (2012)
Forcément The Asylum ne pouvait rester sans son petit mockbuster de derrière les fagots. Voici donc Age Of The Hobbits, production absolument pas opportuniste qui vaut à l'auguste maison des Mega Shark et autre requin à deux têtes d'avoir la Warner, New Line et MGM sur le râble.
Sinon, le rapport avec la Terre du Milieu, les Hobbits, tout ça ? The Asylum s'en explique ici.

Age Of The Hobbits
Age Of The Hobbits


Pour continuer la visite en Terre du Milieu, n'oubliez pas The Ballad Of Bilbo Baggins par Leonard Nimoy, ni la parodie de LOTR par French And Saunders et encore moins l'épisode de South Park dédié. Bifurquez par ici si vous voulez tout savoir sur la trilogie de Peter Jackson.

Que serait une œuvre populaire sans sa musical ? Rien. Et sans sa version porno The Whore Of The Rings 1 & 2? Pas grand chose non plus.

Un petit fantasme de geek déviant pour la route avec cette version du SDA imaginée dans les 80's. Voyez, il avait pensé à tout, il y a même Tom Bombadil sous les traits d'Eddy Murphy.

Et enfin, last but not least, "l'adaptation" terminale.




     

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