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Ponyo Sur La Falaise Suggérer par mail
Critique par ZUG le 13 avril 2009

Un Kami qui vous veut du bien

Affiche Ponyo Sur La Falaise
Aux antipodes l’un de l’autre, Morse et Ponyo Sur La Falaise entretiennent pourtant des correspondances inattendues et sublimes. Et pas seulement parce que les deux films content une histoire d’amour entre gamins.
Mais patientons un peu avant d’évoquer Morse dont la critique de Vendie est en bonne voie, ne désespérez pas. Car Ponyo Sur La Falaise n’a pas besoin de comparaison flatteuse pour susciter l’intérêt et exister par ses qualités intrinsèques. Autrement dit, précipétez-vous pour le voir !

En perte de vitesse, pour ne pas dire complètement dépassé ou à la ramasse, depuis des années, Disney ne survit que grâce à l’activité de ses deux énormes poumons au cœur grand comme ça que sont Pixar et le studio Ghibli. Oui, c’est Mickey qui distribue les films de la maison de Totoro pour l’occident via sa filiale Buena Vista. Mais il est vrai que l’association Disney/Ghibli est peu présente à l’esprit tant les deux studios ont des conceptions opposées, voire antagonistes, du cinéma. Il n’y a qu’à comparer leurs dernières productions. De même, Dreamworks qui se joint à la mêlée ne peut se targuer que d’une réussite éclatante, Kung-Fu Panda qui, rappelons le, revisitait avec brio et déférence la culture et la cinématographie japonaise. Une ironie particulièrement mordante quand on voit que le véritable exploit des plus récents dessins animés n'est pas tant une révolution technologique au service de l'histoire que d'avoir réussi à masquer leurs déficiences scénaristiques derrière une 3D gadget.
Après un Volt guère survolté, ont débarqués des Monstres Contre Aliens où n'importe plus que l'accumulation de gags dans l'espoir que certains fassent mouche et la réactivation de références cinéphiliques (les films de S.F des fifties) autosuffisantes et autosatisfaites. Dans le genre, il n'y a que Pixar pour parvenir à transcender citations et défis techniques afin de concevoir avant tout une histoire relevant autant de l'intime que de l'universel.
Une définition que l'on ne manquera pas d'apposer au génie de Miyazaki qui après le foisonnant Le Château Ambulant revient à une forme de simplicité déconcertante tant il parvient avec Ponyo Sur La Falaise à faire ressurgir un émerveillement enfantin en mobilisant à la fois l'intellect et l'affect. Le japonais reste un maître comme le confirme son dernier petit bijou.

D’abord, ce film impressionne par son esthétisme à la fois très travaillé mais aussi épuré, un contraste saisissant que l’on remarque lorsque les personnages s’animent avec grâce dans des décors semblant dessinés par des mains d’enfants et qui rappelle la simplicité des graphismes de Mes Voisins Les Yamadas de l’autre vedette du studio, Isao Takahata. L’interaction, l’emprise du monde de l’enfance passe d’abord par une impression visuelle. De même, ces vagues d’où seuls les enfants sont capables de discerner des poissons géants. Miyasaki nous plonge littéralement dans la peau de gosses de cinq ans puisque tout ce que nous verrons sera perçu et apprécié par leur regard et d’après leurs propres valeurs. Un voyage étourdissant auquel le senseï nous convie.
Si les précédents films voyaient certains passages et personnages (Kamaji, Porco Rosso) inspirés par Magritte, Miyasaki puise également dans les estampes de Katsushika Hokusaï, peintre japonais talentueux en perpétuelle approfondissement de son art et que le milieu artistique défini comme un interprète de la nature et un observateur minutieux du monde des hommes. Pas étonnant que son ombre inspiratrice plane de manière aussi harmonieuse tant les thématiques ou la manière de communiquer l’intériorité par le trait se rejoignent. Avec Ponyo Sur La Falaise, Miyasaki lui rend hommage en faisant une relecture partielle et personnelle de sa série de toiles la plus célèbre, Les Trentes Six Vues du Mont Fuji parue en 1831 et où Hokusai s’empare de la montagne sacrée et refuge de sanctuaires shintoïstes. Les flots du Tsunami provoqué par Ponyo courant sur les vagues-poissons pour rejoindre Sosuke son amoureux semblent avoir été peint avec le même bleu de Prusse utilisé par le "vieux fou de dessin" comme il aimait à se nommer. De même, certains plans rappellent dans leurs compositions ou leurs perspectives ces célèbres tableaux.

Ponyo Sur La Falaise

Par le biais de cette référence visuelle, ce film, peut être plus que les autres, est entièrement voué à immerger le profane dans la culture shintoïste, fondatrice de la pensée japonaise et dont Miyasaki s’est fait le chantre depuis ses débuts.
Le Shintoïsme, religion japonaise, est entièrement axée sur le caractère sacré de la nature et le concept d'une réalité peuplée de divinités anthropomorphiques, les Kami. Les films de Miyasaki, que certains  qualifient par facilité (ou plus sûrement par paresse intellectuelle) "fables écolos", en sont une formidable illustration et adaptation. La coexistence de deux mondes a priori antinomiques, outre qu'elle advient naturellement par le biais de personnages-enfants, structure l'oeuvre entière du réalisateur au point que l'on ne peut se contenter de la réduire à une croyance mais l'envisager comme véritable mode de pensée. Après les esprits peuplant les thermes du Voyage De Chihiro, les dieux de la forêt vindicatifs de Princesse Mononoké ou la grosse peluche Totoro, Miyasaki choisit comme Kami personnel une princesse poisson rouge qui, en échappant à la vigilance de son créateur et "père" Fujimoto, va découvrir le monde des humains et désirer y rester. Comme souvent chez Miyasaki, il n'y a pas d'êtres foncièrement ou entièrement mauvais, la sorcière Yubâba (Le Voyage De Chihiro) ou Fujimoto ont des comportements ambivalents mais pas vraiment malveillants. Là encore, ce sont une représentation de Kamis du Shintoïsme, appelés Oni, à qui l'on attribuent certaines calamités mais qui sont pourtant associés à des Kamis bienveillants. Autrement dit, le Yin et le Yang.

Fujimoto cherche avant tout à protéger sa fille et par voie de conséquence l’humanité à cause des calamités que l’insouciance de cette dernière à devenir humaine provoque. Elle y a pris littéralement goût puisqu’elle a ingéré un peu du sang de Sosuke en léchant la plaie de son doigt. Dès lors un lien puissant va les unir. Bien sûr, cette histoire est une libre adaptation de La Petite Sirène de Andersen (ça toutes les critiques n’auront pas manqué de le relever) mais on ne peut s’empêcher de penser furtivement au vampirisme et donc à la sensation de Gérardmer, Morse. En effet, dans chacun une autre personne que le petit garçon est capable de voir la véritable nature de la petite fille et c’est une personne âgée. Dans Morse, celui que l’on prend pour son père se révèle, au gré des regards et des attitudes adoptées, être le précédent amant de Eli, figurant au passage ce que deviendra Oskar. Dans Ponyo Sur La Falaise, Toki la grand-mère pensionnaire de la maison de retraite où travaille la mère de Sosuke est la seule à percevoir le caractère divin et le possible danger que représente Ponyo. Cette fois-ci, la grand-mère figurant ce qu’adviendra Ponyo une fois qu’elle aura perdue ses pouvoirs après sa transformation complète en humaine. La différence étant que pour Morse cela soulignait le caractère tragique de leur relation (Eli condamnée à survivre à ses amours) tandis que Miyasaki célèbre l’union par l’assentiment de Toki qui finira par enlacer Sosuke.

Ponyo Sur La Falaise

Outre cette correspondance, Morse et Ponyo Sur La Falaise ont en commun l’utilisation de moyens de communication alternatifs, le morse pour l’un, les signaux de lumière pour l’autre. Deux procédés faisant intervenir des sens différents mais dont la clé de décryptage est la même : les lettres sont encodées suivant la longueur et la répétition d’un son ou d’une lumière. Des lumières majestueuses qui surgiront en flots pour illuminer des pêcheurs en détresse ou qui seront directement issues des manipulations magiques involontaires de Ponyo tentant de s’échapper de l’antre de son père dans une explosion de couleurs et de sensations dignes de Speed Racer (je sais, rapprochement hasardeux tant le but dans chaque film est différent mais c’est vraiment ce qui s’en rapproche le plus au niveau sensitif pur).
Miyasaki reprend en outre nombre de ses motifs abordés précédemment et se livre même à des autocitations qui donnent à Ponyo Sur La Falaise des airs de film somme. Substances noiratres peuplant les mondes créés par l’artiste, la ville en bord de mer, le thème de Totoro susurré par Lisa à l’oreille de Sosuke, le sous-marin de Fujimoto fait penser à un flapster du Château Dans Le Ciel,etc. Outre la limpidité de Mon Voisin Totoro, ce film rappelle la profondeur dont faisait preuve Le Voyage De Chihiro par l’importance donnée au patronyme. En amputant son prénom, Yubaba marquait son emprise irrémédiable sur Chihiro tandis que Sosuke en rebaptisant cette fille-poisson Ponyo lui permettait de s’affranchir d’un contrôle comparable exercé sur elle par Fujimoto.

Alors que les précédents films de Miyazaki voyaient le monde réel interagir progressivement avec le merveilleux qui s'invite souvent en voisin, Ponyo Sur La Falaise nous plonge littéralement dans une magie chatoyante, intrigante et incompréhensible (à quoi servent les décoctions de Fujimoto ? Que tente-t-il de faire en les administrant à ses créatures marines...?) obligeant le spectateur à l'accepter sans explications, aussi naturellement que le ferait un enfant. La séquence introductive est ainsi une plongée sans ménagement dans l'univers de Miyazaki absolument délicieuse. Une magie symbolisée par cette mer (mère) qui va engloutir le village portuaire et signer le point de départ de l’exploration de ce nouveau monde par Sosuke et sa compagne. Ou plutôt le retour d’un ancien monde puisque les créatures nageant dans les rues immergées n’étaient plus apparues depuis le dévonien. Un monde terrien et marin enfin en osmose et qui débute au seuil de la maison de Sosuke.

Ponyo Sur La Falaise
Tu vois Sosuke, à part Pixar, tous les autres sont noyés !

Le déferlement provoqué par Ponyo a permis de rapprocher, d’unir des mondes opposés mais surtout jusqu’ici incapables de se lier bien que mitoyen, comme la falaise et la mer, le réel et le merveilleux ou encore la maison de retraite où travaille Lisa et l’école maternelle de Sosuke. Par sa candeur, sa beauté et son naturel désarmant, Ponyo et l’univers qu’elle représente seront acceptés, intégrés le plus facilement du monde par toutes les générations. Ainsi, personne ne s’étonne (Lisa, la mère avec son bébé ou les mamies) d’apprendre qu’elle était un poisson avant. Plus qu’une lubie de gosse cela va de soi dans un monde où surgit par enchantement un Tsunami et où une lune jaune menace de sombrer dans la mer.

En délaissant pour un temps les airs, Miyazaki, fils d’aviateur, n’en a pas moins conservé sa capacité d’élévation. Un film incroyable dont cette critique ne saurait rendre complètement justice tant il y a encore à dire. Mais en dévoiler toute la teneur gâcherait le plaisir de la découverte. Et puis parfois, il faut savoir s'effacer devant les sentiments éprouvés et suscités par un film.
D'ailleurs, c'est encore Hayao Miyazaki qui explique le mieux ses véritables intentions avec ce nouvel opus magique : "les enfants de cinq ans ne sont pas encore capables de bien s’exprimer à l’aide de mots, mais ils savent instinctivement ce qui est essentiel, ce qui est important."
Car au-delà de toutes considérations mythologiques ou picturales, le coeur du film réside dans la relation si juste et si émouvante entre les deux gamins de cinq ans d'âge. Comme si en véritable entomologiste Miyazaki avait observé avec minutie les comportements parfois étranges et souvent surprenants de ces drôles de créatures qui égayent notre quotidien. Ponyo Sur La Falaise est une histoire d'amour débarrassée de toutes contingences sociales puisqu'elle épouse la pureté des sentiments qui étreignent Sosuke et sa petite sirène. Ponyo est un personnage dont le pouvoir le plus puissant est de parvenir à lier et unir deux mondes (aquatiques et terrestre), deux générations (Sosuke étreint in fine par la grand-mère acariâtre) mais surtout Ponyo ne rêve qu'à une chose, pouvoir tout simplement embrasser son amoureux.
Voilà à quoi se résume, à quoi tient tout le film, ce bisou si naturel, si impromptu entre les deux gamins.

Ponyo Sur La Falaise

Tout ça pour ça seront tentés de dire les grincheux qui trouveront à minimaliser la portée de ce nouveau chef-d'oeuvre (oui, oui, chef-d'oeuvre). Et oui, tout ses péripéties pour aboutir à ce simple baiser qui finit de nous transporter sur des rives que chaque adulte ne pouvait espérer retrouver un jour, même fugacement, celles de l'enfance, de cette capacité d'émerveillement naturelle. Avec Ponyo Sur La Falaise, Miyazaki nous permet de retrouver des sensations et sentiments oubliés ou du moins atténués avec le temps. Ce film n’a d’autre but que de révéler des sensations perdues et directement connectées avec la petite enfance.
Oui, Hayao Miyazaki est un magicien qui nous offre un véritable bain de jouvence fantastique et apaisant. Et à l'arrivée, impossible de ne pas ressortir de la salle sans être tombé amoureux de Ponyo.
8/10
GAKE NO UE NO PONYO
Réalisateur : Hayao Miyazaki
Scénario : Hayao Miyazaki
Production : Toshio Suzuki, Seiji Okuda, Hayao Miyazaki...
Photo : Atsushi Okui
Montage : Takeshi Seyama & Hayao Miyazaki
Bande originale : Joe Hisaishi
Origine : Japon
Durée : 1h40
Sortie française : 8 avril 2009 
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 1 Posté par Sonocle Ujedex le 13 avril 2009 à 04:00 | website

Je suis sûr qui si George Miller avait créé son propre studio de film d'animation, il serait comparable à Ghibli et Pixar.  
C'est ce que je me suis dit en voyant les deux Babe et Happy Feet, que je vois comme le chainon manquant entre Dreamworks et Pixar. Des films pour enfants, mais surtout les pour les adultes qu'ils deviendront. 
 
Est-ce que on peut dire que jusqu'à présent, Miyazaki en tant que réalisateur tient quasiment le sans-faute? Sans compter ses œuvres plus modeste de ses débuts(mais non pas moins important) comme le film de Lupin the 3rd et des séries comme "Conan le fils du future" ou les 6 premiers épisodes de "Sherlock Holmes"(celui avec des personnages à l'apparence d'animaux anthropomorphes). 
 
C'est quand même beau de voir un réalisateur qui innove et varie tout en restant fidèle à lui-même. Des fois, il faut avoir eu de la chance pour exercer sa profession avec une telle ligne de conduite. Bien des réalisateurs talentueux n'ont put prétendre à tel succès ou liberté. 
 
Pour eux, en plus de voir leurs films, il faut voir ceux de Miyazaki. Il faut voir Ponyo. 
Mais je ne veux pas en entendre couiner "kawai!" dans la salle!(même si c'est vrai que Ponyo est mimi...ça fait drôle d'écrire ça). 
 
Merci pour la critique.
 2 Posté par nobody smith le 13 avril 2009 à 11:18 | website

Ça fait du bien en effet de revoir un Miyazaki sur les écrans surtout lorsque ceux-ci sont squattés par des films d’animation misant tout sur un humour à profusion. Je trouve d’ailleurs qu’il y a un véritable gouffre entre les bandes annonces diffusées au début de la projection (les age de glace 3 & Co) et les seuls premières minutes du long-métrage qui plutôt que de démontrer son dynamisme en étalant ses côtés spectaculaires se reposent uniquement sur la beauté de ses images et sa musique en rejetant dialogues et en conséquence, comme tu l’indiques, explications. Je n’ai pas le souvenir d’un film d’animation récent qui osait faire ça, tout comme je ne me souviens pas quel était le dernier film qui refusait à ce point l’emploi de la 3D. Décidément Miyazaki n’a pas son pareil provoquer l’enchantement le plus complet.  
 
Sinon, si c’est un chef d’œuvre, pourquoi que 8 pour la note :?
 3 Posté par Macfly le 13 avril 2009 à 11:42 | website

Quote:
Sinon, si c’est un chef d’œuvre, pourquoi que 8 pour la note :?

 
 
Honte sur toi ! Tu n'as pas lu la FAQ !!
 4 Posté par Zug le 13 avril 2009 à 11:44

"Sinon, si c’est un chef d’œuvre, pourquoi que 8 pour la note :?
Parce qu'à l'ouvreuse on est super difficile à contenter !  
;) 
C'est vrai que pour celui-ci aussi j'ai hésité avec le 9. 
Et puis Gran Torino je le considère comme un chef d'oeuvre et je lui mets un gros 8 également. 
Et puis, ce n'est qu'une note. Je trouve plus important l'appréciation que l'on peut avoir d'un film, même brève, qu'un niveau note assez artificiel.
 5 Posté par Ulysse le 13 avril 2009 à 13:56

Très bonne critique mais je sais pas trop quoi penser pour Kung Fu Panda. Voir du wu xia pian chez dreamwroks ça me fait un peu le même effet que voir Johnny hallyday dans le prochain Johnnie To.
 6 Posté par Weta le 13 avril 2009 à 15:37

Quel beau film tout simplement. 
Sinon on à pas put s'empécher de chanter la chanson du générique de fin. :)  
 
Pour ma part je dirais qu'il fallait oser, faire un début pratiquement sans dialogues d'environ et arriver à capter l'attention de spectateurs, qu'avec ce qui se déroule à l'intérieur de l'image, on peut dire qu'on a affaire là à un grand artiste qui a compris tout le sens du mot "cinéma". 
 
Sinon je rejoins également nobody smith par rapport aux BA diffusés avant le film. 
 
Par contre beaucoup de personnes dans la salle ont eu une violente réaction (à mon sens totalement justifié) en voyant le logo télérama avant le début VÉRIDIQUE. 
 
C'est quand même bizzare de voir qu'un magazine qui se voudrait "l'exemple de tout ce que doit être la culture en France", être en partenariat avec ce film, alors qu'il y a moins de 20 ans ces derniers traitait les Mangas des pires noms, comme le mythique et xénophobe "Japoniaiserie"et aujourdh'ui les voir portés aux nus des cinéastes comme Myazaki.... Sans même faire leur méa culpas. Bref une honte, et puis comment celà se fait qu'un tel changement de "mentalité" (si il y en a eu un), est eu lieu au sain de ces rédactions, en peu de temps ?
 7 Posté par WW le 13 avril 2009 à 20:56 | website

"je finirais en vous disant que vous êtes bien une génération élévée avec toute la cruauté et le mal dans ce monde. ce qu'il vous faut c'est du sang, de la mort, du sexe, des meurtres!voilà, vous n'avez tjs pas compris que ce film s'apparente à un conte de fée.HEUREUSEMENT QU'IL EXISTE ENCORE DES GENS COMME MOI, capable de rêver au grand amour" 
 
Romy, qui a fait des études de cinéma et s'y connaît un peu.
 8 Posté par Isokilla le 13 avril 2009 à 21:01

J'ai eu le même reflexe que toi, mais bon les dessins animés asiatiques tout le monde sait que c'est violent non ? pourquoi aller vérifier personnellement ?
 9 Posté par Zug le 14 avril 2009 à 11:13

"mais je sais pas trop quoi penser pour Kung Fu Panda. Voir du wu xia pian chez dreamwroks ça me fait un peu le même effet que voir Johnny hallyday dans le prochain Johnnie To." 
Certes, on peut rester dubitatif à première vue mais faut reconnaître que Kung-Fu Panda est plutôt réussi. Quant à Jojo chez To, choix vraiment improbable mais j'ai confiance dans le réalisateur. Hé, il a très bien employé une star de la pop chinoise (le leader du gang retranché dans l'immeuble) dans le génial Breaking News. Et franchement, la B.A laisse augurer du meilleur.  
 
Pour le logo Télérama, oui ça fait un sacré choc. Ce serait comme de découvrir le logo Mad Movies sur la jaquette du DVD de Twilight : ça pique les yeux de voir une certaine conception du cinéma reniée si promptement (ou dans le cas de Télérama, un retournement de veste éloquent)! 
 
Ah Romy... Plus j'y pense, plus je me demande si ce n'est pas une espèce de provocation ou de l'humour au x ième degré perpétré par un détracteur du site (ben oui, on ne peut pas plaire à tout le monde !). Non parce que si une personne faisant une école de cinéma pense sincèrement ce qu'elle a écrit, c'est plutôt inquiétant. Notamment dans la pauvreté d'argumentation. Ou alors c'est l'attaché de presse de la boîte de distribution qui se fout de notre gueule...
 10 Posté par nobody smith le 14 avril 2009 à 18:38

Quote:
Honte sur toi ! Tu n'as pas lu la FAQ !!

 
 
Pour cette inattention, je vais me petit-suicider en direct 
 
Quote:
C'est quand même bizzare de voir qu'un magazine qui se voudrait "l'exemple de tout ce que doit être la culture en France", être en partenariat avec ce film, alors qu'il y a moins de 20 ans ces derniers traitait les Mangas des pires noms, comme le mythique et xénophobe "Japoniaiserie"et aujourdh'ui les voir portés aux nus des cinéastes comme Myazaki.... Sans même faire leur méa culpas. Bref une honte, et puis comment celà se fait qu'un tel changement de "mentalité" (si il y en a eu un), est eu lieu au sain de ces rédactions, en peu de temps ?

 
 
Dans l’émission du cercle de la semaine dernière, plusieurs critiques étaient complètement emballés par le film pour son propos sur la sexualité. C’est amusant (ou inquiétant au choix) de se dire que le même argumentaire aurait justement servi il y a 20 ans à rabaisser le film au rang de résidu pour pédophile. Ah mais pardon, j’ai oublié que j’étais petit-suicidé. Argh donc...
 11 Posté par Ddx le 15 avril 2009 à 09:16 | website

Merci pour la critique. 
Très grand film, en effet. 
 
Penses-tu, comme j'ai dû le lire, que l'on peut scinder l'oeuvre de Myazaki en deux parties, avec d'un côté les oeuvres dites "brutes" comme l'anti-militariste Chateau Ambulant ou l'apocalyptique Nausicaa, et d'un autre côté des oeuvres aux inspirations enfantines (mais aux discours non moins riches) comme l'initiatique Kiki, et maintenant Ponyo ? 
 
(@ WW : laisses Romy où elle est, sur son Skyblog plein de "Trop fort" et de "MDR")
 12 Posté par Dabdas le 15 avril 2009 à 14:01

Merci pour cette intéressante critique! Elle complète idéalement, me semble-t-il, l'épais dossier concocté par le site Buta Connection
 
Il est amusant de remarquer (comme l'avait fait l'Archiviste en son temps) que de nombreux thèmes - pour ne pas dire tous - abordés par Miyazaki dans son oeuvre sont contenus dans la série Conan fils du futur, qui est loin d'être mineure. 
 
Une des choses que je préfère peut-être le plus dans son travail, c'est cette incroyable faculté à capter et à partager avec le spectateur la capacité d'émerveillement des enfants, que cela soit dans les petites choses du quotidien (dans Ponyo, la scène du repas!) ou dans l'extraordinaire (le tsunami of course!). 
 
PS: Kung Fu Panda, c'est peut-être respectueux, bien foutu et tout ça, mais c'est un peu nazebroque tellement ça pue la coolitude autosatisfaite (et surtout le scénario torché sur un coin de table) non? ;)
 13 Posté par Ulysse le 15 avril 2009 à 18:24

C'est surtout que même si visuellement c'est al classe, Kung fu Panda, c'est quand un peu léger quoi, même niveau humour. Ca fait un sketch, pas un fillm.
 14 Posté par Tom Robin le 15 avril 2009 à 20:03

Et personne ne pense au dernier film des Tortues Ninja qui était pas mal du tout? l'histoire et le développement des personnages passait en priorité, le ton est assez sérieux, peu de gags, et niveau mise en scène, ça se défendais.
 15 Posté par Ninjagenial le 16 avril 2009 à 09:43

Après lécture de l'histoire sur le site de Buta Connection, je me permets de pester un peu contre la traduction de la VOST. Deux exemples :  
VOST au ciné : A Toki, il offre un pliage en forme du bateau de son père mais la vieille dame n’y voit qu’une sauterelle.  
Traduction de Buta : A Toki, il offre un pliage en forme du bateau de son père mais la vieille dame n’y voit qu’une chauve souris.  
 
VoST au ciné : Le rapprochement de la lune et la montée consécutive des eaux, la chute des satellites artificiels sont autant de manifestations annonciatrices de la fin du monde. 
Traduction de Buta : Le rapprochement de la lune et la montée consécutive des eaux, la chute des étoiles sont autant de manifestations annonciatrices de la fin du monde. 
 
C'est quand même pas la même chose!
 16 Posté par zug le 16 avril 2009 à 15:29

Dabdas 
"PS: Kung Fu Panda, c'est peut-être respectueux, bien foutu et tout ça, mais c'est un peu nazebroque tellement ça pue la coolitude autosatisfaite (et surtout le scénario torché sur un coin de table) non? ;)
On est d'accord, no problemo. Cela fait d'autant plus peur de constater que c'est jusqu'ici le meilleur film d'animation sorti de chez Dreamworks ! 
 
Ddx : 
Pouquoi vouloir scinder l'oeuvre de Miyazaki ainsi ? Si effectivement certains films entretiennent des résonnances ou concordances et développent des thèmes similaires, j'ai du mal à penser à son travail de manière aussi compartimentée. C'est une grande oeuvre magnifique avec suivant les films, des points ou sujets évoqués et traités différemment, etc... 
Mais effectivement, il pourrait être intéressant d'analyser ses films de ces deux points de vues, oui. 
 
Tom Robbins : Pas vu le dernier film Les Tortues Ninja qui paraît il est pas mal du tout, oui.
 17 Posté par Riddick le 16 avril 2009 à 23:04

juste pour dire que le meilleur dreamworks c'est sinbad et accessoirement un des meilleurs films d'aventure de ces dernieres années 
 
Et kung fu panda fait rever... juste pendant le générique du début avec les images en 2D et un design assez jouissif 
 
Sinon Miyazaki merci de continuer de faire du Miyazaki ;-) (ce que lui reporche certain)

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