Edito

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Kick-Ass Suggérer par mail
Critique par ZUG le 30 avril 2010

Superbad-ass

Affiche Kick-Ass
Quand des adulescents échappés de l’apatow-verse se mettent en tête d’assouvir leurs désirs lubriques et ludiques, cela donne rien de moins qu’un des meilleurs film de héros costumés, détournant avec bonheur le Spider-Man de Raimi pour enterrer sans mal le Watchmen de Snyder en termes de maturité et de cinégénie.

Mais quitte à comparer Kick-Ass et Watchmen autant envisager plutôt le chef-d’oeuvre écrit par Alan Moore et dessiné par Dave Gibbons. En effet, les deux œuvres sont animées par la même volonté de démythification des divinités modernes que sont les super-héros en s’interrogeant notamment sur la place à accorder dans la société à ces vigilantes masqués peuplant habituellement les pages des illustrés pour gamins attardés. Délaissant les brillantes réflexions de Moore sur la temporalité (intégration, influence, perception…). Kick-Ass préfère l’immédiate contemporanéité d’un citoyen lambda dénué de toutes capacités surhumaines mais pourtant motivé à faire comme ses héros de papier et venir en aide à son prochain. Et qu’il ne détienne aucun pouvoir ne pose pas le moindre problème à Dave Lizewski même si son parcours initiatique lui apportera autant de meurtrissures physiques que de renommée par sa confrontation avec le trafiquant Franck D'Amico (excellent Mark Strong qui se montre aussi drôle que glaçant, notamment lorsqu'il abat en pleine rue un copycat de Kick-Ass) et dont le fils (Christopher Mintz-Plasse, McLovin en personne !) rêve d'intégrer pour de bon l'empire du crime. Deux trajectoires inversées qui s'opposent dans leur moralité (l'un cherchant à s'épanouir en faisant le bien, l'autre le mal) et qui s'articulent autour d'une figure paternelle absente (littéralement concernant le père amorphe de Dave).

GÉNÉRATION HITS
Contrairement à Snyder, Matthew Vaughn se fend d’un véritable et nécessaire travail d’adaptation du comic book originel. On pourra avancer que ce travail a été plus ou moins imposé par le fait qu’au moment de la mise en chantier du film seuls quatre épisodes (sur les huit composant la mini-série) étaient parus mais si Vaughn respecte la structure de la BD, il ne se borne pas à une reproduction méticuleuse et stérile des cases de John Romita Jr. Il s’affranchit même du récit imaginé par Mark Millar (auteur des blockbusters Ultimates, Wolverine: Enemy Of The State / Agent Of S.H.I.E.L.D et de l’incroyablement nihiliste Wanted qui n’a strictement rien à voir avec le film) se le réappropriant complètement par le détournement d’images marquantes d’autres comic book movies tels que Superman, X-Men et bien entendu Spider-Man.

Kick-Ass
, alors qu’il développe un univers antinomique à ceux précédemment abordés par Matthew Vaughn dans Layer Cake (le monde criminel de trafiquants de drogue britanniques) et Stardust (le conte de fée), en retrouve pourtant l’essence et leurs thématiques profondes. Car quel que soit le genre abordé, il s’agit toujours pour le héros ou le anti-héros de questionner son désir de conformisme (appartenir à un groupe ou une communauté) en respectant ses codes (qu’ils concernent la conclusion d’un deal ou la séduction d’une jeune fille de bonne famille) tout en ménageant son individualité (faire des affaires dans le milieu non pas pour accéder au trône mais réunir suffisamment de fric pour s’éclipser définitivement, tout faire pour tenir sa promesse de rapporter une étoile tombée sur Terre à sa bien-aimée). Dans ces deux films, le récit va amener le protagoniste principal à pénétrer dans un milieu aux repères différents (arnaques et règlements de compte sanglants pour Layer Cake, magie et délires impossibles pour Stardust) et pourtant consubstantiel du sien. Kick-Ass se déploie dans le même genre d’interactions entre deux univers à priori divergents et où là encore le héros, ici Dave Lizewski, en assurera la jonction. Propulsant aussi bien un lycéen dans le monde rêvé des comic books qu’il attirera une héroïne de bande-dessinée dans la réalité.

Kick-Ass

Aussi incroyable que cela puisse paraître, aucun gros studio n’était prêt miser sur cette adaptation, obligeant Vaughn à se démener pour réunir les 30 millions de dollars de budget. Une indépendance synonyme de liberté artistique totale, le réalisateur pouvant se donner à fond dans des séquences d’action aussi énergiques que violentes et faire reposer en partie le métrage sur un duo aussi dérangeant que Big Daddy (Nicolas Cage épatant en Adam West psychotique) et sa fille chérie de 11 ans Hit Girl (Chloé Moretz, LA révélation du film) qui jure et découpe du malfrat à tour de bras. Une violence extrême jamais complaisante car les coups font bien plus mal que mâle et qui détonne d’autant plus qu’elle rythme un récit où les maladresses de Dave sont un contrepoint comique à sa solitude sociale (et que son alter-égo comblera partiellement grâce au nombre croissant de ses amis sur son profil MySpace).
Le film étonne vraiment par les ruptures de ton que ce soit d’une scène à l’autre ou carrément d’un plan à un autre. Voir le montage alterné de la première mission de Kick-Ass (le sauvetage d’un chat perdu) et de trois voyous poursuivant un homme apeuré où le drame à l’œuvre et même le régime d’image sont différents, jusqu’au télescopage inévitable. Une volonté de faire se confronter le réel et le fantasme que l’on retrouve au sein de scènes plus légères en apparence comme lorsque notre héros passe par la fenêtre de la chambre de Kate, la dulcinée de Dave, mais dont la présentation tonitruante est couverte par le bruit de son sèche-cheveux. Kate qui est prise de panique en apercevant cet intrus et qui lui aspergera abondamment le visage de laque.

Au fond, il importe autant de faire entrer les super-héros dans le monde réel que de traduire le plus justement possible les émois adolescents sur grand écran. Une gageure à laquelle parvient avec pertinence le film de Greg Mottola, SuperGrave. L’errance nocturne de parias sociaux recherchant en façade à s’intégrer dans la communauté et à tomber les filles (ce qui ce résume pour eux à organiser la plus grosse fête de fin de cycle de l’histoire des fêtes des fins de cycle et à tirer enfin un coup) se transformait en rite initiatique les menant à envisager des préoccupations adultes sans pour autant renier ce qui constituait jusque là leurs liens d’amitié et d’amour platonique entre potes. A ce titre, voir la formidable conclusion dans le centre commercial qui parvenait à se montrer aussi poignante que surprenante compte-tenu des développement (et errements des héros) antérieurs qui mariaient avec entrain les situations gravelo-comico-débiles. Kick-Ass, c’est exactement ce traitement appliqué au monde super-héroïque ou plutôt au monde des fans de comics puisqu’ici personne n’est doté de super pouvoirs.

TOMBER LES MEUFS
La scène introductive (visible dans la bande-annonce donc je ne dévoile rien) donne le ton, un jeune homme engoncé dans un costume de super-héros ailé se jette dans le vide sous les yeux de badauds extatiques anticipant de le voir redresser au dernier moment sa chute et les survoler. Sauf que l’apprenti justicier se fracasse durement sur le toit d’un taxi. La voix-off qui nous accompagnait jusque là précisant que le nouveau cadavre souffrait de troubles psychologiques. Une première séquence annonçant ce qui articulera le métrage, soit la violente discordance entre le fantasme et la réalité d’un jeune garçon désaxé. A la différence que Dave a conscience de ses limites et de la frontière insurpassable entre son univers de geek introverti et celui des tueurs, qu’ils soient encapés ou non. Une frontière aussi bien symbolique que physique puisque l’on verra à plusieurs reprises Kick-Ass hésiter au moment de franchir littéralement le pas pour sauter d’un toit à un autre, ce refus le plus emblématique intervenant peu après avoir été sauvé par Hit Girl et son Big Daddy puisqu’au lieu de les suivre il préfèrera se détourner.

Mais de ses capacités (très) limitées à affronter le danger bien réel d’y passer (voir sa première intervention) ou de demeurer insignifiant aux yeux de la plus belle fille du lycée, Dave n’en a cure et persévèrera dans sa volonté de transcender sa double condition de paria, incapable d’embrasser pleinement la carrière de justicier comme plus prosaïquement l’élue de son cœur. Il ira jusqu’à assumer deux identités secrètes, celle de Kick-Ass et celle de meilleur ami gay afin d’être enfin autre chose qu’un prétendant insignifiant (à noter que Kate assume elle aussi une identité secrète puisqu’elle donne un coup de main dans un centre de désintoxication sans qu’aucun de ses amis ne soit au courant). Un enjeu majeur à la difficulté extrême pour Dave, concilier ses nouvelles responsabilités et sa frivolité.
Il y parviendra au terme d’une séquence aussi cruciale pour le puceau que drôle pour le spectateur où Dave démasqué joint ses lèvres à celles de Kate et pelote enfin ses seins. Autrement dit, ce que l’on ne verra jamais faire Peter Parker à Mary Jane. C’est là aussi que réside l’intérêt, le génie même, de Kick-Ass, dans ce détournement perpétuel de Spider-Man, jusqu’à passer les véritables intentions de Parker envers M.J au révélateur de SuperGrave. Dave et Peter partagent les mêmes frustrations envers la gent féminine et découvrent leur corps dans l’intimité de leur chambre, les sécrétions corporelles de l’un finissant dans un kleenex tandis que celles de l’autre constituent une toile arachnéenne dont il tapissera son antre. Depuis les films du gang Apatow et leur série Freaks And Geeks, la perception du geek a changé. Il n’est plus ce binoclard assexué replié sur son monde. Il n’y a que Cyprien avec Elie Seimoun pour entretenir une vision caricaturale et débile. Désormais, il exprime un désir de sociabilisation mais sans pour autant renier sa singularité.

Comme le dit très justement Stéphane Moïssakis dans sa critique parue dans le numéro d’avril du magazine dont on ne peut plus dire le nom sans risquer un procès, Kick-Ass propose une vision juste et pertinente de l’Art Geek.

Kick-Ass

Mais il propose aussi la plus authentique radiographie d’une jeunesses contemporaine (et pas seulement américaine) partageant naturellement son existence entre des contingences effectives ou virtuelles, Internet étant à la fois un refuge affectif (les réseaux sociaux type MySpace ou Facebook) et une alternative à une réalité décevante en termes culturels et informationnel. Attention, il ne s’agit pas d’apposer au film une interprétation sociologique de bazar.
Sans s’étendre outre mesure, Vaughn définit les contours de cet environnement au travers d’images fortes et marquantes telle la mise en abyme opérée par le comic book racontant les exploits de Kick-Ass, lui-même inspiré dans la réalité diégétique par les comic books que nous feuilletons nous-mêmes, comme le film est lui-même l’adaptation d’un comic book publié dans notre réalité. Ou comme ces jeunes gens assistant derrière la vitre d’un fast food à la première apparition publique de Kick-Ass, tous "armés" de leur portables pour immortaliser cet évènement (et le mettre en ligne sur YouTube), une image aussi puissante que dans Cloverfield lorsqu’après la première vague de panique, des jeunes gens se regroupent autour de la tête de la statue de la liberté gisant sur le bitume afin de la photographier avec leur portable.

Mais le paroxysme de cette représentation est atteint au cours de LA séquence dantesque du film qui débute par un pastiche des prises d'otage filmées sur les théâtres d'opérations (Afghanistan, Irak) où les hommes cagoulés de D'Amico se livrent à une intense séance de pasage à tabac puis vire au massacre extatique en mode FPS et se conclut de manière aussi outragée que bouleversante. Sans en dévoiler d'avantage, décrivons seulement que la télé se fend à ce moment là d'un bulletin spécial annonçant la révélation en direct de l'identité de Kick-Ass, attirant immédiatement tous les regards sauf que la cité va être le témoin du défonçage de gueule du héros. Des images insoutenables qui seront interrompues tardivement, les télespectateurs retrouvant momentanément leurs esprits après ce déluge de violence hypnotique pour se replonger illico dans cette horreur en se connectant au réseau (c'est le média putassier qui informera de cette possibilité de suivre l'action). Vaughn soulignant au passage la perception déréalisée d'un tel événement, simple film d'horreur pour les uns (avec le corrolaire de la fille se blotissant dans les bras) quand la petite amie de Dave seule devant son écran est complètement effondrée.

On a sans doute un peu rapidement comparé Kick-Ass à Kill Bill dont le rapport à la violence diffère, plus parodique dans le volume I. Par contre, Vaughn marche bien sur les traces de Tarantino dans l’utilisation qu’il fait de morceaux de musique pour illustrer ou souligner la scène qu’ils accompagnent. Ce n’est pas seulement parce que le britannique utilise la musique de Et Pour Quelques Dollars De Plus de Ennio Morricone lorsque Hit-Girl déguisée en écolière à socquettes pénètre dans le hall de l’hôtel du gangster Franck D’Amico. Et ce n’est pas le moindre des plaisirs de ce film.
8/10
KICK ASS
Réalisateur : Matthew Vaughn
Scénario : Jane Goldman, Matthew Vaughn d’après un comic-book de Mark Millar et John Romita Jr
Producteurs : Adam Bohling, Brad Pitt, Matthew Vaughn, Mark Millar, John Romita Jr…
Photo : Ben Davis
Montage : Eddie Hamilton & John Harris
Bande originale : Ilan Eshkeri & Henry Jackman
Origine : Etats-Unis, Angleterre
Durée : 1h57
Sortie française : 21 avril 2010
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 1 Posté par Kanyeus le 30 avril 2010 à 09:29 | website

Quelle Critique! Je ne pourrais pas être plus d'accord. Un film de super heros, enfin debridé, et qui offre une vision du Geek plutot juste et non pejorative, contrairement au tacheron que nous a pondu Elie Semoun. Le film est un croisement entre l'univers Apatow et celui de Tarantino. Film de l'année pour ma part!
 2 Posté par Hicks le 30 avril 2010 à 10:52

très bonne critique.je confirme tout ça. j'ai beaucoup aimé (outre tous les côtés ultra fun du flim- surtout l'attirail final de Kick-Ass, un fantasme :))les ruptures de tons au sein parfois d'une seule séquence (comme la scène de torture qui vire à la scène d'action puis à la mélancolie et une tristesse touchante) qui effectivement fait très Apatow. 
c'est l'un des seuls films que j'ai vus qui traite de manière juste les comics et les rapports que le lecteur entretient avec ceux-ci. en gros tout ce que le Watchmerde de Snyyyyder aurait du être. 
 
(et puis le perso le plus badass de l'année est une gamine de 11 ans quoi!)
 3 Posté par Thibault le 30 avril 2010 à 11:50 | website

La critique est très intéressante, et je ne jugerai pas du contenu car je n'ai pas vu du Kick-Ass (c'est surement une faute tant on m'en dit du bien) mais juste une petite remarque formelle... Cette critique, aussi riche et dense soit-elle, est à la limite de l'illisible. C'est juste très mal écrit. Mal présenté, mal amené, bourré de phrases à rallonges inutiles, de juxtapositions de termes pas forcément très techniques ni très compliqués mais imbuvables rapiécés ensembles sur cette longueur. C'est lourd, vraiment. Et je ne suis pas du genre à vouloir du formel pur et dur, lisse, facile à comprendre et sans contenu, hein. Au contraire. Mais lorsqu'il faut lutter sur chaque phrase pour ne pas perdre le fil au milieu de toutes les "contingences effectives ou virtuelles" qui se multiplient, c'est juste dommage. Une formule de ce genre placée avec parcimonie au bon moment avec à propos, ça fait son petit effet, c'est marrant et c'est intelligent. Du début à la fin sans variations c'est dur. Cela manque de clarté, paradoxalement de précision, de concision évidemment, et donc de force. Ce qui voulait être une démonstration implacable mouline péniblement alors qu'avec un peu d'épure et de simplicité, le propos serait nettement plus percutant.
 4 Posté par Zug le 30 avril 2010 à 14:00

à Thibault : Entendu, je prends bonne note des critiques formelles. 
Désolé si cela semble confus.
 5 Posté par Jerome le 01 mai 2010 à 16:16

@thibault : tu as raison. On peut résumer l'analyse ainsi : kick-ass kicks some ass. 
 
Je crois que la difficulté du film est de comprendre sa morale. Dans un film classique de super héros, voir le héros déssouder l'ultra-méchant. Comme Kick-ass s'inscrit dans la réalité, on se pose de nombreuses questions. Les super héros n'ont théoriquement plus le droit de tuer sous peine de devenir des tueurs psychopathes. Ce que sont big daddy et hitgirl. Le personnage de Kick-ass reste d'ailleurs fidèle à cette morale. Il se sert de son statut en légitime défense, ou alors en intimidation avec un tazer. Mais quand il y a trop de morts autour de lui, il décide de tout arrêter. Tout cela reste réaliste. 
Par contre, tout cela part en live à la fin avec la scène des mitrailleuses et du bazooka. Tout à coup, ce n'est plus réel. Du coup, on ne sait plus trop quoi penser...
 6 Posté par Arkaron le 01 mai 2010 à 20:22

Je lis régulièrement l'ouvreuse (excellent site, excellents rédacteurs, excellentes critiques) et c'est la première fois que je suis en désaccord avec vous. 
 
Premièrement, je me suis rarement aussi ennuyé au cinéma (mais bon, ça on s'en fout un peu). 
Ensuite, je dirais que tout ce qui est souligné par cette critique est vrai, seulement voilà: Kick-Ass déshabille le concept de super-héros sans le déconstruire, il se contente de mettre en avant des engrenages et de flatter le geek qui est en nous en multipliant les références de fanboys. Tout, absolument tout ce qui est dit dans ce film est la retranscription sur-explicicative de ce qui fait l'intérêt des meilleurs travaux sur les super-héros. "Les super-héros pour les nuls" en somme. Kick-Ass brasse de l'air. 
 
Et ça n'est pas un film de super-héros, il n'y a aucun super-héros dans Kick-Ass, seulement des attardés mentaux qui pensent que c'est un concept applicable à la réalité alors que c'est une métaphore, une allégorie, un idéal vers lequel il faut tendre, mais qu'on atteindra jamais littéralement. Il y a déjà assez de désaxés enregistrés sur Superheroregistry, inutile de faire un exposé à leur gloire. 
 
Enfin voilà, je pense que Kick-Ass est parmi les cinq moins bons films que j'ai vu en 2010 (et des pires BD que j'ai jamais lu). Faire un film "cool" et qui s'auto-détruit dans sa dernière partie (exit l'exposé, on reprend tous les codes du genre pour en faire une parodie (involontaire?)), ça ne me convainc pas.
 7 Posté par Zug le 02 mai 2010 à 11:34

Je ne trouve pas que la séquence finale dans l'hôtel de D'Amico soit une parodie ou un reniement de tout ce qui a précédé. Kick-Ass a une dette morale envers Hit-Girl qui n'arrête pas de lui sauver les miches. De plus, il le dit lui même, pas de pouvoirs n'implique pas que vous n'avez aucune responsabilité. Il détourne et adapte la phrase gimmick de Peter Parker. En embrassant la carrière de héros, il endosse le costume mais il endosse dans le même temps les responsabilités qui vont avec. Il ne peut plus reculer sous peine de se renier lui-même. C'est ainsi qu'il se lance avec courage (et inconscience) dans la baston pour protéger un innocent, quitte à ramasser sévère. Quand il met un pied dans l'univers ultra violent de Big Daddy et sa fille, c'en est trop et veut tout arrêter. Pour autant, ses actions, même s'il le refuse, le lient à ce monde qu'il appréciait sur le papier et dont la représentation dans la réalité du film s'impose progressivement à lui (et très durement au vu des nombreux stigmates recouvrant son corps). Donc à la fin, il est plus ou moins obligé de suivre Hit-Girl dans son expédition punitive et pour cela, il doit accepter d'entrer complètement dans son fantasme (il veut être un redresseur de tort bataillant contre les méchants) qui constitue la réalité de la gamine. En achevant leur mission dans le monde de Kick-Ass et Hit-Girl, Dave et Mandy (elle lui révèlera son vrai nom en toute fin) peuvent ré-intégrer la réalité (symbolisé par le lycée de Dave)mais sans pour autant oublier leurs capacités fantasmatiques. 
Le film ne s'auto-détruit donc pas dans son final, bien au contraire il permet de construire une troisième voie où s'épanouiront les survivants au massacre. 
De même, je trouve que le film ne se contente pas de flatter le geek qui est en nous par le biais de références reconnaissables. L'intérêt ne vient pas de leur identification qui peut procurer une certaine "jouissance" mais plutôt le fait que le film adapte ces codes et motifs pour construire son propre univers. Pour un fan boy, ce genre de réminiscences est une plus value indéniable puisque cette relecture offre une perception nouvelle des comics et/ou films de super-héros consommés parfois sans aucun recul, mais pour le non initié la non reconnaissance ne parasite aucunement le plaisir pris.
 8 Posté par Arkaron le 02 mai 2010 à 13:40

C'est plutôt dans sa réalisation que je trouvais le final en opposition avec le reste: le réalisme laisse place à une mise en scène cartoonesque et des situations extravagantes, rapprochant ce monde dit "réel" de celui des super héros de papier.  
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"il endosse le costume mais il endosse dans le même temps les responsabilités qui vont avec" 
Sauf que cette conduite même est irresponsable. C'est dangereux pour tout le monde. Se déguiser et "combattre le crime" n'est pas aider son prochain, c'est juste faire du cosplay en appliquant un vigilantisme souvent peu efficace. Ce qu'a fait Kick-Ass face aux trois voyous qui coursaient un 4e type, n'importe qui pourrait et se devrait de le faire, pas besoin de costume. Après, qu'on interprète l'utilisation du costume comme déclencheur qui permet de passer à l'action, soit, mais je réponds: Le Hiboux dans Watchmen (de Moore), bah il est quand même bien mieux écrit et utilisé. 
 
Quant au retour à la réalité... je ne sais pas trop. Si je me souviens bien (mais peut-être me trompé-je), le film ne se finit pas sur le lycée, mais sur le fils D'Amico qui jure que ça n'est pas terminé. De fait, le concept de Kick-Ass tombe dans le piège du comic cyclique. Si suite il y a (et même avec cette vague promesse de suite), tout ça ne deviendrait alors qu'un comic-movie comme tant d'autres, et sa dimension d'observateur -que l'on apprécie à des degrés différents- disparaitrait... quelle serait alors cette troisième voie dont tu parles? 
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"cette relecture offre une perception nouvelle des comics et/ou films de super-héros consommés parfois sans aucun recul" 
Je ne vois pas en quoi cette lecture est nouvelle: elle est vieille comme les comics de super-héros si tant est que l'on considère les lecteurs capables de recul, justement. Il ne s'agit pas d'élitisme, mais quand je découvre une oeuvre qui explore et remanie les codes d'un genre, j'attends alors de cette oeuvre qu'elle prouve quelque chose, qu'elle apporte une nouvelle dimension au genre en question (Watchmen pour les super-héros par exemple, mais aussi Last Action Hero pour l'action-movie), or dans Kick-Ass, suivre les aventures de Dave ne nous apprend strictement rien de plus, ni sur les héros, ni sur leurs lecteurs. Je pense que c'est ça qui me gène là dedans: Mark Millar a écrit une BD qui n'a rien à dire avec de très sérieux airs de fan-fiction. Le film est meilleur parce qu'il cultive plus le second degré et améliore le script en éliminant quelques incohérences, mais il n'en dit pas plus pour autant (sur les super-héros). 
 
Enfin, je comprends qu'on puisse apprécier, le film n'est pas dénué d'intérêt non plus (quelques pistes sociologiques abordées, des scènes d'action pas mal torchées), c'est juste que tout ça m'a semblé bien vain pendant deux très longues heures.
 9 Posté par Zug le 02 mai 2010 à 15:24

Arkaron, je ne dis pas que l'analyse et la redéfinition de codes est une nouveauté, seulement que cela apporte un plus aux fanboys férus de contre-culture. 
Je suis d'accord avec toi sur l'appréciation du comic-book de Mark Millar (et de ses comics en général) dont la réflexion est parfois anecdotique. Ce n'est pas non plus extrêmement poussé dans le film (pas d'un niveau de Watchmen le livre, c'est clair) mais Vaughn parvient à surpasser le modèle original et pour moi, donne une représentation crédible et authentique de la jeunesse actuelle.  
Et je pense que le but du film n'est pas tant d'en dire beaucoup plus sur les héros (super ou non) mais bien sur ceux qui leur vouent parfois un culte démesuré. 
Alors certes, tout citoyen normalement constitué et éduqué devrait intervenir face à toute forme d'agression sans avoir besoin de costume sauf que dans la réalité c'est loin d'être souvent le cas. Dans le film non plus puisque les jeunes restent bien sagement derrière la vitre du fast-food plutôt que de sortir aider Kick-Ass. Et pour Dave, on peut dire qu'il en ressent tout simplement le besoin. Certes, son attitude est irresponsable puisqu'il met sa vie en danger comme celle d'autrui. Mais c'est aussi le cas de tous les super-héros classiques dont les batailles homériques dans les rues provoquent des dégâts matériels mais aussi sans doute des pertes humaines sans que celles-ci ne soient envisagées (ou très rarement). Malgré tout, Dave finira par assumer ses actes, c'est pourquoi il aidera Hit-Girl. Mais peut être mon 
"il endosse le costume mais il endosse dans le même temps les responsabilités qui vont avec" devrait être nuancé puisque finalement, on peut dire qu'en portant ce costume il se crée des responsabilités (et de sacrés problèmes). 
 
 
"C'est plutôt dans sa réalisation que je trouvais le final en opposition avec le reste: le réalisme laisse place à une mise en scène cartoonesque et des situations extravagantes, rapprochant ce monde dit "réel" de celui des super héros de papier. " C'est ce rapprochement, cette fluctuation de la frontière ténue entre ce fantasme de geek et la réalité du film qui constitue une troisième voie narrative. Hit-Girl intègre le lycée mais n'oublie pas pour autant sa singularité et va faire passer un sale quart d'heure aux deux zozos voulant la racketter. Les univers respectifs de Mandy et Dave ont changé. Comme celui de Red Mist. Certes, finir sur lui annonce sans doute une séquelle à venir mais cela ne veut pas forcément dire que ce sera un comic-book movie comme les autres.
 10 Posté par Zug le 02 mai 2010 à 17:39

Mais ce qui a surtout changé pour Dave, c'est qu'il se tape la plus belle fille du lycée ! ;)
 11 Posté par Jerome le 02 mai 2010 à 21:09

Malheureusement plutôt d'accord avec Arkaron.  
 
Il n'y a pas d'incohérence dans le comportement de Kick-ass à la fin. Il se doit d'aider Hitgirl en effet. Mais il y une incohérence sur les moyens employés et la mise en scène. Le bazooka a l'air d'être en carton; Kick-ass le tient comme une guitare électrique; il arrive en propulseur à mitrailleuses... C'est tout l'inverse du reste du film qui propose une violence dont les conséquences sont toujours montrées comme réalistes. Le plus marquant étant en fait le coup de couteau que reçoit Kick-ass.  
 
Jamais dans le film il n'y a de vrai super héros. Big Daddy et Hitgirl ne sont que deux soldats hyper-entrainés. Dave est un wanabee. Le fils Damico est un usurpateur qui a acheté ses accessoires de faux super héros. Mais sur la fin, on voit quand même que ça change. L'expédition punitive de Hitgirl façon Matrix/John Woo, et puis les accessoires un peu too much façon Batman. 
 
La seule raison que je vois à ce changement de ton est que le réalisateur ne supporterait que l'idée du super héros n'existe pas. Et que son public non plus. Soit Dave et Hitgirl seraient morts de par leur comportement extrême, soit ils seraient au tribunal pour assigner Damico en justice. Dans un cas ce serait terriblement déprimant et dans l'autre plutôt chiant.  
 
Ce qui m'inquiète (ça voudrait dire que je suis hasbeen) c'est que je n'ai pas vu tant de références et de clins d'oeil aux "fanboys". C'est possible d'avoir quelques exemples ? 
 
Par ailleurs, j'ai trouvé assez cool la scène façon FPS en vision subjective et nocturne, mais je ne vois à posteriori aucune justification à cet effet de style.
 12 Posté par Kenny Nodens le 02 mai 2010 à 21:30 | website

Pour Arkaron: 
Tu es passé complètement à côté du sujet de Kick-Ass (BD et film). 
Ce n'est pas un film de super-héros à proprement parler. On vient de te le dire, c'est un film sur les geeks. Et là, il s'agit d'un geek qui veut devenir super-héros. Mais voilà, c'est le monde réel, donc, ça fait mal, les os craquent, le sang coule, les coups peuvent tuer. 
 
Et c'est cette confrontation au réel qui rend cette histoire de vrai-faux super-héros terriblement attachante... 
Mais, bon, tant pis pour toi si tu n'y as vu que des attardés mentaux qui veulent jouer aux super-héros... ce film n'était pas pour toi...
 13 Posté par Arkaron le 02 mai 2010 à 21:58

Zug: pourquoi pas pour la troisième voie, c'est une possibilité. Cependant, je ne vois pas bien comment l'explorer, elle me semble assez limitée. 
 
Kenny: "il s'agit d'un geek qui veut devenir super-héros". Hu-Hun... oui. Où ai-je dit que ça ne parlait pas de geek? Tu ne penses pas que ça parle de super héros..? euh, ça en parle tout le long, mais bon... c'est une transposition du concept dans un univers dit réaliste (quoi de mieux qu'un geek pour faire ça?), sauf que ça se contente d'enfoncer des portes ouvertes: pour moi, ça brasse de l'air. En plus de garder une dimension de fan-fiction très perturbante. 
 
Et tu as raison, ce film n'était vraiment pas pour moi.
 14 Posté par Sonocle Ujedex le 03 mai 2010 à 17:02 | website

Jerôme> ou alors il y aurait put y avoir une troisième voie : un combat final sauvage, bestial, éprouvant et disgracieux, comme dans le comic. 
 
Mais bon, pour ma part, je prends ce final over the top plus comme une envie de contrecarrer le cynisme de Damico, dans sa tentative d'annihilation d'espoir, de droiture et de fantaisie ("je veux faire comprendre aux autres qu'être un super-héros, c'est mauvais pour la santé").  
 
Ainsi, ce final barré à coup de bazooka et de jetpack serait en fait une contre-mesure extrême avec une touche de folie que seul un fan de comics de super-héro pourrait mettre en exécution, troublant donc l'emprise de Damico et sa criminalité réaliste, détruit alors par quelquechose qui n'est pas de son monde et qu'il n'aura jamais réussi à comprendre (il n'arrivait d'ailleurs même pas à comprendre la passion de son fils pour les comics).  
Et ainsi Kick-Ass et Hit-girl peuvent arrêter leurs carrière de justicier en ayant eu l'impression d'avoir accomplis une vrai scène de super-héroïsme comme on en verrait jamais en vrai.
 15 Posté par Zug le 03 mai 2010 à 17:43

Jérôme, quelques références disséminées dans le film :  
Déjà, le costume de Big Daddy est une sorte de mix entre celui du Batman cinéma et le Hibou de Watchmen, Hit-Girl quant à elle renvoyant à Robin. 
Bien évidemment, on note de nombreux détournements du Spider-Man de Raimi : les scènes dans la chambre de Dave (quand il s'admire dans la glace une fois son costume revêtu), dans la ruelle lorsqu'il regarde vers le haut du mur du bâtiment qui lui fait face comme s'il allait s'y agripper pour grimper, renvoie à un plan similaire dans le film de Raimi, la manière dont ses mains écartent les pans de sa chemise pour dévoiler son costume, cadré serré sur le buste uniquement, rappelle une même posture de Spider-Man et Superman... 
L'agencement des radiographies du corps rapiécé de Dave rappelle un même plan de X-Men après analyse du squelette de Wolverine. 
Sans compter les comics feuilletés par le suns et les autres dans le film (Runaways, Y the last man on Earth tous deux de Brian K. Vaughan entre autres) ou les posters ornant les murs de leur coffe-shop favori. 
Voilà quelques uns des clins-d'oeils que l'on peut déceler. Mais encore une fois, là n'est pas l'essentiel de parvenir à tout identifier ou reconnaître.
 16 Posté par Jerome le 03 mai 2010 à 20:28

Je vois. Ok ce sont des références, par contre ce ne sont pas des clins d'oeil, dans le sens où c'est le sujet du film. 
En général, on essaie de flatter le geek en "cachant" un peu des références, un peu comme des private jokes. 
Mais là c'est le perso principal qui se prend pour Spiderman/Batman/Wolverine donc je prends pas ça pour un appel aux fanboys. N'importe qui peut comprendre.
 17 Posté par NonooStar le 04 mai 2010 à 00:11

Des références et des private jokes, il y en a un peu partout dans le film : quand le père de Dave range les affaires de ce dernier pour sortir de l'hôpital, on aperçoit un exemplaire des Watchmen ou quand Dave et ses potes sortent du ciné où entre Red Mist et son père, on peut lire "The Spirit 3" à l'affiche. 
 
Mais je pense que le film est plus complexe qu'un film "réaliste" sur les geeks ou sur les super-héros. Pour moi, ce qui fait que le film fonctionne, c'est qu'il joue sur plusieurs niveaux de réalité. Autant Dave est vachement dans la réalité (et encore son sensibilité et ses plaques de fer l'éloigne de la réalité, comme le montre son "trop cool, on dirait Wolverine"), autant Hit-Girl est un pur personnage de fiction qui n'appartient pas à la réalité (elle ne pleure pas quand son père meurt, elle chouigne à peine quand D'Amico la tabasse). Et au final, j'ai l'impression que le film est intéressant parce qu'il ne veut pas trancher entre la réalité et la fiction. Contrairement à beaucoup de films dans le genre (Fight Club, Donnie Darko, etc...) où, à la fin, les personnages sont obligés de faire un choix entre réalité ou fiction, à la fin de Kick-Ass, on nage en plein mélange des genres : Kick-Ass et Hit-Girl reprennent une vie "normale", pleins de nouveaux super-héros sont apparus et Red Mist devient un super-vilain... bref, fiction et réalité sont complètement mélangées. 
 
Bon, allez, j'en profite pour me faire un peu d'auto-promo (j'espère que les maîtres des lieux ne m'en voudront pas trop) et je balance un lien vers un article que j'ai écrit sur le sujet et qui développe un peu mon commentaire.
 18 Posté par Mangelune le 04 mai 2010 à 13:20

Je suis on ne peut plus d'accord avec le principe de réalités se mêlant : le réalisme de Kick Ass est vraiment différent du monde "réel" des super héros où évoluent Big Daddy et Hit Girl. La façon de filmer elle-même est différente. 
 
On peut considérer en fait que le film est l'histoire d'un garçon ordinaire qui entre dans le monde des supers, un monde qui n'obéit pas aux mêmes lois physiques (Kick Ass devient capable de se battre juste après avoir été torturé !). 
 
A la limite je reprocherais au film de pas assez mettre en valeur ce passage.
 19 Posté par McLovin le 04 mai 2010 à 19:03

Petit commentaire inutile, juste pour pointer vers la référence, qui précédée de "j'ai toujours rêvé de dire ça" m'aura bien fait rire : 
"Say hello to my little friend"
 20 Posté par pau le 04 mai 2010 à 22:10

Je crois que la meilleure scène du film est celle où ils chantent "Crazy" dans le taxi. J'ai adoré la maîtrise avec laquelle le film oscille entre second degré et pure immersion, sans sombrer dans les punchlines pas drôles qui m'insupportent dans les films de super-héros (Spider-Man y compris). 
Et pour les références ciné, il n'y en a pas que pour les comics : outre le moment où Kick-Ass cite Sunset Boulevard et American Beauty, on a aussi un hommage au Parrain lorsqu'il dézingue la série de malfrats à la mitraillette sur un air d'opéra... Et l'affrontement final entre Red Mist et Kick-Ass ressemble énormément à une scène de combat de Kill Bill entre la Mariée et les Crazy 88. 
Voilou, sinon je pense que je suis l'unique fan de ce film à avoir trouvé Hit Girl totalement insupportable, dans la droite lignée de sa performance dans 500 jours ensemble.
 21 Posté par Sonocle Ujedex le 04 mai 2010 à 22:52 | website

On remarquera quand même qu'ils ont pas mal baissé le niveau de vulgarité de langage de Hit-Girl dans la VF. Passer d'un "cunts" à la Eastwood, à un tout simple "connard", ou remplacer le "i'm fucking with you, dad !" par un tout gentil "je déconne, papa!", c'est une bonne partie du fun du perso qui s'en va. 
Dans notre langue de Molière, le petit garçon dans "les 3 frères" par les Inconnus est plus drôle à écouter que Hit-Girl. C'est dommage. 
N'empêche que le personnage reste fun malgré tout mais quand même...
 22 Posté par the dude le 05 mai 2010 à 11:25

en meme temps qui regarde les VF encore aujourd'hui ? 
 
c'est juste honteux de regarder un film en VF; et qu'on me sorte pas le couplet du " j'arrive pas a lire et regarder l'image en même temps ! ". on s'adapte rapidement ! 
 
c'est une question de respect pour les acteurs originaux ! voir et entendre leur travail complet; c'est un minimum ! ( et c'est 100 fois plus agréable que les voix pourris française ! ) 
 
HS: 
y'a un nouveau trailer de "Machette" de rodriguez ! ca sera mal filmé mais ce sera bon ! je vous laisse la surprise du casting !!! ca va être énorme ! ( je m'arrête là, j'ai une érection ...) 
 
http://www.aintitcool.com/node/44943
 23 Posté par raphaelB le 05 mai 2010 à 11:44 | website

Qui regarde les films en vf ? 
 
Mais les nantais par exemple ! Pas une salle ne passait kick-as en vo...
 24 Posté par raphaelB le 05 mai 2010 à 11:48

Sinon oui, d'accord avec Pau, la scène du taxi est la meilleure : les ados qui reprennent le dessus, c'est super bien senti.
 25 Posté par kalu le 05 mai 2010 à 19:59 | website

>Qui regarde les films en vf ?  
 
Les Niçois aussi, pour les mêmes raisons que les Nantais. 
 
Alors si tu pouvais éviter d\'être méprisant avec ceux qui peuvent pas faire autrement...
 26 Posté par Jerome le 05 mai 2010 à 20:09

Pareil à Colmar pour la VF...  
Seuls les films français passent en VO. Ya du favoritisme.
 27 Posté par the dude le 06 mai 2010 à 07:16

aucune excuse ! y'a la voiture ! 
100km en voiture pour un film, c'est honnête et pas du tout démesuré ! ^^ 
 
y'a d'autres moyens pour le regarder en VO ... et ces moyens sont légitimes vue l'absence d'offre officielle vous concernant...
 28 Posté par kalu le 06 mai 2010 à 11:39

100km je veux bien, mais la plus proche VO est à 450 km. 
Je trouve ça assez honteux que dans la plupart des villes de province on soit obliger de faire un choix entre l'image et le son, soit on se tape une vf au mieux passable, soit on se tape un vieux screener pourri...
 29 Posté par pau le 06 mai 2010 à 13:21

C'est surtout le principe de la VF qui est honteux. C'est le massacre d'une grande partie du film. J'ai beaucoup de mal avec ces téléchargeurs qui carburent à la véheffe et qui te balancent d'un ton condescendant que t'es juste un gros snob qui fait ça pour se donner une pose Tecknicart (au hasard). Bordel, la voix d'un acteur fait partie intégrante de son jeu et de sa singularité, sans ça tu n'as qu'un film tronqué et lissé (parce que jamais un doublage ne peut reproduire les nuances d'un phrasé sur le vif). Sans même parler des traductions...  
Que la France qui se targue d'être une nation culturelle ne fasse pas cet effort au-delà de quelques grandes villes, c'est un scandale.
 30 Posté par Ted le 06 mai 2010 à 16:13

Et c'est pareil à la télévision. Alors que plusieurs chaines (grace à la TNT) propose des programmes en version multilingue. Des retardataires comme France 2 ou France 4 continuent de passer leurs séries ou films en VF uniquement. Après ils vont critiquer le téléchargement qui ronge leur audience !! Je peux comprendre que des gens préfèrent voir leur série en version française. Mais maintenant qu'il y a la possibilité de proposer un choix aux téléspectateurs, ça devient inadmissible que ce soit la solution de facilité qui est retenue.
 31 Posté par LordGalean le 19 mai 2010 à 12:14

je regarde personnellement les films en VF et en VO si l\'envie m\'en prend et en tant que comédien qui est destiné à vivre aussi du doublage, je me battrais jusqu\'au dernier souffle contre la pensée unique qui voudrait obliger les gens à regarder la VO ou qui culpabilisent ceux qui regardent la VF. Et autre chose importante, j\'aime pouvoir citer les taglines de mes films favoris et en VF au moins je les retient facilement, ce qui n\'est pas le cas des sous-titres merdiques des VOST qui ne retranscrivent qu\'un tiers voire moins des dialogues vocaux réels. Autre chose encore et non des moindres :  
 
\"C\'est surtout le principe de la VF qui est honteux. C\'est le massacre d\'une grande partie du film\" 
 
certaines VF sont parfois meilleures que la VO. Et ya des VF qui sont excellentes comme celle de Last Action Hero par exemple avec des comédiens de doublage d\'une trés grande qualité, meilleur que la plupart des comédiens français à lors actuelle d\'ailleurs (la voix française de Nicolas Cage tient par ex). 
 
Enfin, last but not least, \"Bordel, la voix d\'un acteur fait partie intégrante de son jeu et de sa singularité, sans ça tu n\'as qu\'un film tronqué et lissé (parce que jamais un doublage ne peut reproduire les nuances d\'un phrasé sur le vif).\" 
 
quand on sait qu\'en réalité pas une seule prise de son est gardé tel quel du tournage et que les américains redoublent intégralement (et refont tout le son en postprod au montage) leurs lignes de dialogues en postsynchro, ton argument du \"aucun doublage ne peut reproduire les nuances d\'un phrasé sur le vif\", outre que je sois totalement d\'accord avec ça ; est pour le coup totalement erroné parce que ça en est déjà du \"doublage\" en quelque sorte.  
 
et enfin, oui c\'est une forme de snobisme de préférer la VO car pas tout le monde ne lit les sous-titres assez vite, ça serait donc mettre de côté une grande partie (plus qu\'on ne le croit d\'ailleurs) de la population. Et puis la lecture (pour ceux qui comprennent que dalle à l\'anglais à l\'audit par ex) c\'est bien dans un bouquin mais dans un film, on préfère les émotions et des phrasés qu\'on peut ressentir en tant que français et qu\'on ne ressentira pas si on comprend pas l\'anglais et les intonations de cette langue. 
 
en espérant avoir été bien qu\'un peu vindicatif, toutefois assez courtois. bonne journée mec.
 32 Posté par LordGalean le 19 mai 2010 à 12:26

"On a sans doute un peu rapidement comparé Kick-Ass à Kill Bill dont le rapport à la violence diffère, plus parodique dans le volume I. Par contre, Vaughn marche bien sur les traces de Tarantino dans l’utilisation qu’il fait de morceaux de musique pour illustrer ou souligner la scène qu’ils accompagnent. Ce n’est pas seulement parce que le britannique utilise la musique de Et Pour Quelques Dollars De Plus de Ennio Morricone lorsque Hit-Girl déguisée en écolière à socquettes pénètre dans le hall de l’hôtel du gangster Franck D’Amico. Et ce n’est pas le moindre des plaisirs de ce film" 
 
sur la critique proprement dite, ya juste ça qui m'a fait tiquer, je peux me tromper mais je pense pas que Vaughn soit réellement fan de Tarantino, dans l'utilisation audacieuse de ses BO, j'y ai plus vu le rapprochement avec son collaborateur et non moins ami/meilleur pote, Guy Ritchie que l'influence de Quentin, et ça vaut aussi pour le rapport comico-burlesque de la violence. 
 
j'y ai plus vu Arnaque, crimes et botanique, Snatch et Revolver pour la partie plus sombre sans parler de Scorsese qui est une des grandes inspi de Vaughn que Kill Bill, ou Inglourious Basterds.
 33 Posté par pau le 19 mai 2010 à 13:52

Merci mec, mais moi c'est meuf, déjà :)  
Pour ce qui est de la post-prod : oui, certes, on n'a pas vraiment de phrase "sur le vif" comme je l'ai trop rapidement dit. Je maintiens néanmoins que l'acteur qui a joué dans la scène est plus à même de retranscrire son émotion, et que surtout, avoir la voix de la personne est quelque chose de fondamental pour son jeu. 
 
Pour ce qui est des bonnes VF : oui, il y a quelques voix emblématiques qui passent bien en français, type Stallone ou Jim Carrey. Je reste convaincue, et ça c'est mon opinion perso, qu'elles ne peuvent pas être meilleures que l'original, en tout cas je ne l'ai jamais expérimenté dans ce sens. Sauf pour les cartoons et films d'animation, où là le problème de raccord acteur-voix n'est pas présent, donc je me fous que ce soit en VF. 
 
Enfin sur la question du snobisme : je ne dis pas qu'il ne faudrait que de la VO, je dis qu'il faut donner le choix, et permettre à ceux que ça intéresse d'en bénéficier, pour au moins une séance. 
 
Et je suis convaincue qu'à force de regarder de la VO, on comprend mieux l'anglais, on lit plus vite les sous-titres. Il n'y a pas de gens "incapables de suivre les sous-titres", c'est une question d'entraînement. Entraînement impossible quand rien n'est disponible en V.O. En Grèce par exemple l'intégralité des films diffusés à la télé sont en VO sous-titrée, et les gens ne hurlent pas à l'impossibilité de suivre une intrigue. 
 
Enfin : je ne comprends ni le coréen, ni l'italien, ni aucune autre langue que l'anglais en fait, et je regarde ces films en VO, même si mon regard est du coup rivé sur les sous-titres. Après je conçois qu'on préfère la VF, mais je refuse qu'on qualifie mon choix de snob. Je n'ai pas traité les amateurs de VF de ploucs.
 34 Posté par LordGalean le 19 mai 2010 à 14:42

pardon meuf donc, mea culpa, mais ton pseudo faisait plus "ville du Nord" quoique ça me dédouane pas, c'est aussi féminin une ville que je sache :( errrf ! 
 
désolé pour le mec donc. Sinon, détrompe toi, entre les gens qui sont malvoyants, les gens qui ne savent pas lire et les gens qui lisent en mot à mot donc qui ne photographie pas les phrases (et je m'en suis aperçu pour avoir sous-titré mon court-métrage en anglais et chercher un bon moment la durée adéquate d'un sous-titre, mine de rien c'est pas si facile que ça à temporiser) ; bref, ça fait un sacré paquet de gens pour qui la VO ne sera jamais la meilleure solution pour voir un film. 
 
mais je te jette pas la pierre, peu de gens se projette dans les minorités, préférant ou ne pouvant faire autrement que voir le monde avec les yeux et les sentiments de cette majorité. 
 
sinon je suis entièrement d'accord avec toi sur la voix de l'acteur que rien ne remplace mais bon ça je l'ai déjà dit ;)
 
intéressant ton avis sur les dessin animés et sur la performance capture quels est ton sentiment ? c'est intéressant je précise comme question, c'est pas pour te piéger ou quoi que ce soit, sachant que c'est visuellement de l'animation type dessin animé alors qu'intérieurement on sait tous que se sont les vrais performances des acteurs :) VF gênante ou non ? 
 
exact, "mais je refuse qu'on qualifie mon choix de snob. Je n'ai pas traité les amateurs de VF de ploucs." et je respecte parfaitement ton choix, c'est un autre qui a dit que "c'était une honte de regarder la VF", mea culpa bis repetita placent ;)
 35 Posté par kalu le 19 mai 2010 à 14:59 | website

Ben par exemple "Le bon la brute et le truand" est un rare film ou la VF est clairement la meilleure version. 
 
En même temps vu les conditions de production des Western italiens de l'époque je ne pense pas qu'il y ait vraiment de version qu'on puisse qualifier de VO.
 36 Posté par pau le 20 mai 2010 à 20:41

Je pinaille, mais je n'ai pas dit "regarder de la VF est honteux", j'ai dit "le principe de la VF est honteux". J'aurais dû d'ailleurs préciser en disant que c'est le fait que la VF soit un principe et la VO l'exception que je trouve scandaleux. 
 
Pour ce qui est de l'animation, tout ce qui tient de la performance capture je préfère le voir en V.O. Mais pour les films d'animation type Pixar ou Dreamworks, n'importe quelle version me va.  
En revanche je préfère les Miyazaki en V.O. même en ne bittant rien au japonais. Je trouve que le français sonne faux. 
 
Après tout cela n'est que le fruit de névroses personnelles, et je ne suis pas en train de dire que tout le monde devrait faire de même. D'autant plus que dans ma riante cité du Nord, qui n'est pas Pau mais Lille, j'ai de la V.O.
 37 Posté par Ox le 21 mai 2010 à 00:52 | website

Oui, parce que Pau c'est pas du tout au Nord.
 38 Posté par the dude le 21 mai 2010 à 12:22

le bon,, la brute et le truand en VF est forcement vue que le film a été tourné en anglais, italien, espagnol et d'autres encore ... et cela dans les même scènes ! ^^

Ouvrez-la ! Avec pertinence et correction. Tout troll sera automatiquement supprimé.
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