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The Matrix : la première séquence Suggérer par mail
Analyse par nicco le 14 mai 2008

Article pompé sur Dark City

Affiche The Matrix
Un mois. Dans un mois sort sur nos écrans Speed Racer, qui ne semble être qu'un vulgaire film de courses de voitures, ce qui, pour beaucoup, annihile tout de go la moindre réflexion ou développement thématique de la part des auteurs de Matrix, car créer du sens dans l'action revient à "péter plus haut que son cul", et sans action cela n'est plus que "de la philo de comptoir". Que faire alors ? 

Pour l'instant, pas grand chose d'autre que laisser les cyniques attendre le 18 juin afin qu'ils puissent mettre au point leur mercuriale et trouver des variantes à "ça ressemble à Spy Kids lol", tandis que les autres peuvent pouquoi pas revoir encore une fois les précédents films des frangins de Chicago, et notamment la première séquence du premier opus de la trilogie Matrix, contenant en son sein plusieurs éléments, qui, lorsqu'ils sont mis en parallèle avec certaines intentions des auteurs, peuvent nous aider à voir plus clair dans le concept Matrix, le processus de mise en scène des Wachowski et comment ces derniers pensent le cinéma.

1. Mettre en place les codes

Le but d'une première séquence, notamment d'un film de science-fiction, est de présenter le plus rapidement et naturellement possible la diégèse qui régiera les évènements à venir.
La Matrice est un univers électronique, elle est donc constellée de symboles divers ayant entre autres pour fonction de créer une analogie avec les pointeurs informatiques. Par exemple ici, la pièce où se trouve Trinity est la chambre 303, soit son nom en langage numérique (three o three). Durant la trilogie, elle aura toujours un rapport avec le chiffre trois. D'ailleurs, elle effectue trois sauts "magiques" durant cette séquence pour échapper à ses poursuivants (trois policiers + trois Agents).

Matrix

Nous apprenons que dans cet univers les personnages peuvent défier la pesanteur :

Matrix

La Matrice est un monde de doubles et de simulacres. Cela est représenté ici par la publicité de l'arme utilisée par les Agents, tout comme nous verrons dans les autres opus des publicités pour de la viande (le steak que mange Cypher) ou les fameux Tastee Wheat de Mouse ; la publicité étant, selon Baudrillard, un autre niveau d'abstraction du réel, on peut y voir une forme d'hyper-réel ayant pour but de faire plus facilement accepter cette réalité de la Matrice aux humains/spectateurs.

Matrix

Enfin, lorsqu'ils poursuivent Trinity, les Agents se positionnent face à la cabine téléphonique, non face à la jeune femme.

Matrix

Ceci semble forcément étrange au spectateur, et même si un rapide plan flou/net nous permet de saisir l'importance du téléphone pour Trinity, le fait qu'elle court se réfugier dans une cabine téléphonique vers laquelle fonce un camion ne peut paraître a priori qu'illogique, jusqu'à ce que l'on comprenne que le téléphone lui permet en fait de fuir ses poursuivants.

Matrix

Matrix

Cette manière de procéder au niveau du récit a pour fonction d'amener le spectateur à accepter le fait que les personnages auront toujours de l'avance sur lui. Se créé donc un processus d'anticipation constante sur le spectateur permettant de suspendre l'incrédulité de ce dernier, qui cherchera moins à remettre en cause la logique de l'univers présenté : dorénavant, tout acte montré sera considéré comme vrai/sensé, vu qu'on vient de démontrer au public qu'il ne connaît pas l'univers où il se trouve, et que bien qu'a priori les actions semblent incohérentes, elles débouchent sur un résultat logique (les Agents foncent sur une cabine sans raison ; Trinity se jette dans cette cabine : deux actes complètement stupides mais finalement tout à fait logiques au sein de cette diégèse).

2. Raison contre sentiment
Pour le spectateur, il apparaît évident à la fin de cette séquence que Trinity est l'héroïne, représentant le Bien, et les programmes Agents, le Mal. Si on analyse froidement la scène, on se rend compte que le programme Agent Smith reproche au lieutenant de police de ne pas les avoir attendu, estimant que cela va coûter la vie à ses hommes. Tandis que Trinity, "la gentille" abat quatre policiers innocents.

Matrix

Notre hémisphère gauche, celui qui analyse avec raison, nous permettrait donc d'atténuer le manichéisme primaire de la scène, ainsi que du film, mais il est totalement court-circuité par l'hémisphère droit, entièrement sollicité durant cette scène :

- Tout d'abord, une introduction intrigante, faite d'effets, de flare vidéo, de musique distordue et de mouvements de caméra plaisants nous embarque sur un mode de perception basé sur le ressenti.

Matrix

- Les auteurs jouent ensuite avec les codes cinématographiques, dont celui qui veut que dans un film, lorsqu'un personnage est seul contre plusieurs anonymes, il est forcément bon. De plus nous avons à faire à une femme face à plusieurs policiers. L'empathie du spectateur va donc directement pour elle, d'autant plus qu'elle effectue de véritables exploits qui l'émerveillent.

Matrix

- Trinity panique au téléphone lorsqu'elle sait que des Agents sont à ses trousses. Ce qui renforce notre empathie, car si elle a peur, elle ne peut être que gentille, toujours selon les codes du récit.

- Smith et les programmes sont mis en scène de façon à faire ressentir une crainte, un malaise (oblique, ombre menaçante, plans relevant de l'expressionnisme allemand visant à donner un sentiment d'étrangeté, d'oppression).

Matrix

Matrix

La raison contre le sentiment est d'ailleurs illustré au sein même de la diégèse de la séquence, puisque Trinity (sentiment) se fait repérée par les programmes Agents (la raison) car elle passe trop de temps à espionner Neo, dont elle est amoureuse.

A ce stade, le spectateur est non seulement entré dans un univers illogique dans lequel les personnages sautent sur des dizaines de mètres, marchent sur les murs et disparaissent dans des cabines de téléphone, mais il s'est surtout fabriqué un sentiment de paranoïa vis-à-vis des Agents, et soutiendra quoi qu'il advienne Trinity, alors que l'une tue des innocents, les autres les protègent. Et ce sentiment sera le moteur de pratiquement toute la trilogie.
Les Wachowski jouent donc avec les codes du cinéma et les réactions du public pour lier le récit. Ils sont dans un processus de ce qu'on appelle "méta-cinéma".

3. Méta-cinéma
De nombreux éléments visuels sont mis en scène pour rappeler au spectateur le statut de "simple film", de simulation virtuelle, durant laquelle il sera observé :

- Le film s'ouvre par une pluie d'idéogrammes japonais et arabe inversés, comme si le public était du mauvais côté de l'image.

Matrix

- "The Matrix" apparaît à l'écran, soit littéralement la Matrice, la simulation. La caméra rentre dans "The Matrix" ; nous entrons dans la Matrice, l'univers fictif créé par les machines, ET le film The Matrix, l'univers fictif créé par les Wachowski.

Matrix

Matrix

- Nous arrivons sur une lumière vive, éblouissante, se révélant être le plan d'un homme éclairant et scrutant ce qu'il a en face de lui, soit tout bonnement le public.

Matrix

- Le Bullet Time, parmi toutes les possibilités de mise en scène qu'il offre, permet en outre aux auteurs de nous ramener à l'origine du cinéma, lorsqu'il n'était encore que Zoopraxiscope ou chronophotographe, c'est-à-dire un outil scientifique conçu pour étudier la décomposition du mouvement. C'est en quelques sortes un retour aux sources pour mieux décortiquer le cinéma et la relation que le spectateur entretient avec.

Matrix

Résumons : nous sommes dans un processus d'expérience avec le public, basé sur l'acceptation de codes, l'asservissement au récit, soit la mise en place d'un contrat, le tout au sein d'univers dans lequel l'humanité est esclave des machines.
Les thèmes de contrat et de relation maîtres/esclaves nous mènent à Hegel, dont les travaux sur la phénoménologie, soit la dialectique de la conscience, est une des sources d'inspiration avérée des auteurs (cf. leur lettre dans le coffret DVD), bien que jamais évoquée frontalement par le biais de dialogues de "philo de comptoir".

4. Hegel : Epopée de la conscience
On le sait, Matrix aborde clairement plusieurs thèmes de philosophie, souvent au travers de dialogues démonstratifs. Or là, nous pouvons discerner une des notes d'intention clairement affirmée par les auteurs, c'est-à-dire appliquer la dialectique hégelienne de la conscience à la structure d'un film de cinéma, et ce de manière totalement invisible.
Cette dialectique peut se résumer en trois mouvement :

1/ Position de domination du maître.
2/ Prise de conscience par l'esclave de son existence.
3/ Synthèse de ces deux premiers moments.

Ce qui est intéressant dans l'exemple de cette séquence, c'est qu'intra-diégétiquement, cette thématique est à peine amorcée et se développera plus précisément durant les trois films, alors qu'extra-diégétiquement, le spectateur qui réussit à "sortir de la Matrice" la vit entièrement :

1/ Il est esclave du récit et de sa "logique interne".
2/ De nombreux éléments sont là pour lui faire prendre conscience de son état vis-à-vis du film.
3/ Il faut considérer les éléments à la fois de manière intra et extra-diégétique pour comprendre l'expérience Matrix.

En conclusion, on peut avancer que pour les Wachowski, les réflexions internes aux films ne sont que des clés vis-à-vis du spectateur. Non pas pour comprendre le récit en soi, mais pour comprendre "pourquoi le récit ?".
Et tout ceci seulement par le biais d'une "bête" scène d'action et de course poursuite durant laquelle est développée puis appliquée une idée seulement soutenue par une mise en scène d'une telle intelligence qu'il faudra deux films et un long dialogue sur un banc pour que les plus éveillés des spectateurs se rendent comptent qu'on leur parle philosophie ; "de comptoir" bien sûr, étant donné qu'ils n'ont pas réussi ou voulu se défaire naturellement de la "domination" du récit / du maître.
Cela s'appelle le cinéma.


NB : Il va sans dire que les atrabilaires de tout poil allergiques à Matrix pour une raison ou une autre sont invités à modérer leurs propos, et même à les argumenter pour changer.
Merci de nous éviter une resucée de neuf annés de "débat" stérile. 

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 1 Posté par Nuklear Pingui le 14 mai 2008 à 09:08 | website

Très bonne idée que de remettre cette première séquence en perspective !  
D’ailleurs, ça me fait penser que la scène d’ouverture du deuxième opus ressemble quand même vachement à celle du premier : sauf que, à mon souvenir, le jeu d’identification avec le personnage était un brin inversé. Après le plan de l’horloge, la scène s’ouvrait sur deux gardes tout ce qu’il y a de plus humain (l’un compte les moutons à son boulot…), donc : empathie pour ces deux bougres au travail relativement chiant… Sauf que ce soir, une cyber-terroriste s’est fait fort de les zigouiller tous à grand coup de casques de moto ! Trinity, donc, n’est plus menacée, mais représente elle-même la menace… C’est aussi, à mon sens, la note d’intention de Reloaded : on ne s’identifie plus aux personnages, certains « programmes » appellent plus à l’empathie que certains « humains », et les héros ne luttant plus pour leur que survie, (c’est d’ailleurs l’un des reproches que j’ai le plus souvent entendu sur ce film : l’invincibilité du héros, et la supposée inutilité d’un combat tel que le burly brawl… et pourtant…), de ce fait, les dommages collatéraux sont un peu plus difficile à accepter que dans le premier (ou si on se pose pas de question, comme moi il y a fort longtemps, on accepte très bien le massacre de tout un régiment de gardes par deux terroristes juste parce qu’il sont super bien sapés…), et le spectateur commence à se poser quelques questions…  
Et pour appuyer tes propos sur l’expérience et l’implication du public, je rappelle aussi la scène ou Trinity explique à Néo que s’il veut comprendre ce qu’est la matrice, il devra l’explorer par lui-même, c’est valable pour toi aussi, spectateur ! Lorsque le héros joueras des bras, toi tu devras jouer des neurones… si j’ai bonne mémoire Rafik Djoumi (l’expert en la matière) à mon sens avait le mieux résumé ce qu’était Matrix : une formidable machine à défaire les réflexes conditionnés (quoique, il me semble avoir lu ça dans les pages DVD de Mad du temps de Dahan… enfin bon… on s’en fout) 
Pour revenir à cette fameuse chambre 303 dans laquelle l’on découvre Trinity, c’est aussi la pièce ou 101... Pardon... je veux dire Néo se fera vider un chargeur entier dans les intestins…
 2 Posté par isokilla le 14 mai 2008 à 09:36

Depuis le temps que j'attendais... 
 
BOn déja, t'as pompé cette analyse sur un blog , ça s'appelle Cro tic nefrenic ou un truc dans le genre :p
 
par contre t'aurai pu mettre la suite, depuis le temps que j'attends pour la lire... 
 
tu fais CH... Nicco !!!
 3 Posté par geouf le 14 mai 2008 à 11:48 | website

Moi en fait ce qui m'embete le plus, c'est cette agressivite de Nicco a l'egard de Dark City. Qu'est-ce qu'il t'a fait le film de Proyas?
 4 Posté par the dude le 14 mai 2008 à 11:55

adresse du blog de nicco : http://nicco.free.fr/index.php 
 
pas terrible l\'article. matrix ça reste de la philo de comptoir.... 
 
me tapez pas ! me tapez pas !
 5 Posté par macfly le 14 mai 2008 à 12:25 | website

Geouf, nicco n'a rien contre Dark City, mais en veut à ceux qui résument Matrix ou Speed Racer à une ressemblance superficielle avec d'autres films (peu importe leur qualité). 
 
"matrix ça reste de la philo de comptoir..." 
oui the dude, si tu n'argumentes pas, on va te taper ! 
 
Et au fait, ou est le problème avec la "philo de comptoir" ? Ca veut dire qu'il faut être dans un salon feutré avec du champagne à la main pour philosopher ?
 6 Posté par isokilla le 14 mai 2008 à 12:30

Je pense pas qu'il ai quelquechose contre le film de Proyas mais plutôt contre ça: 
 
http://jjlapin.free.fr/darkvsmat/index.php3?page=1 
 
Car depuis les anti matrix se régalent de le ressortir pour mieux valoriser leurs critiques (quand ils ne ressortent pas le terme "philo de comptoir")
 7 Posté par geouf le 14 mai 2008 à 12:33 | website

Ok, c'est note. 
D'ailleurs la comparaison entre Dark City et Matrix m'a toujours bien fait rire, vu que les deux films sont sortis a quelques mois d'intervalle, difficile de croire que Matrix ait pu pomper sur le film de Proyas. En plus, ils ne jouent pas du tout sur les memes tableaux... 
Je pense que c'est les fans aigris du film de Proyas, decus qu'il ait (malheureusement) fait un bide qui se vengent sur les frerots Wachowski... Moi je m'en fous, j'ai vu les 2 au cine et les 2 ont ete des experiences exceptionnelles. 
 
Sinon, pour la philo de comptoir, je pense que c'est pejoratif parce que ca sous-entend "sous l'influence de boissons legerement alcoolisees".
 8 Posté par Weta le 14 mai 2008 à 13:43

Super Nicco ton analyse. 
A pour quand la suite. 
Je commence à peine à éffleurer ce que les Waschowski ont tenté de dire à travers la trilogie.  
 
Mais j'attends vraiment ton analyse de Reloaded et Revolutions, car je trouve que les deux films fonctionnent comme une seule unité différente du premier film.
 9 Posté par the dude le 14 mai 2008 à 14:24

je précise que j'aime matrix , et que je ne trouve pas qu'il fait de philo de comptoir. 
 
par contre il y a d'agaçant que les 2 suites m'ont énervés, dans le sens ou elles n'apportaient rien de plus au 1er film qui reste tout simplement exceptionnel !
 10 Posté par macfly le 14 mai 2008 à 14:35 | website

Quote:
Sinon, pour la philo de comptoir, je pense que c'est pejoratif parce que ca sous-entend "sous l'influence de boissons legerement alcoolisees".

 
 
Dans le Banquet, Socrate et ses potes se bourraient plus que légèrement la gueule. 
 
Moi je pense que "philo de comptoir" est péjoratif parce que les bistrots sont généralement fréquentés par des gens du bas de la pyramide sociale, et qu'aujourd'hui tout est fait pour qu'on imagine que seuls ceux de la partie haute de la pyramide puissent avoir des idées intéressantes. Alors que tout le monde le peut. 
 
Si ça c'est pas de la vraie philo, je sais pas ce que c'est :  
"Les peintures de Lascaux on trouve ça génial, mais si ça se trouve à l'époque personne en voulait chez lui." 
"Quand j'étais petit, je ne savais même pas ce que c'était qu'un restaurant chinois. Et ça ne me manquais pas ! C'est comme ça qu'on crée des besoins artificiels, c'est ça la société de consommation."
 11 Posté par Punklog le 14 mai 2008 à 15:02

Bon article! 
Analyse inintéressante et pertinente. 
 
Concernant le film, personnellement je le considère comme un blockbuster réfléchi, la plupart du temps sur-estimé ou sous-estimé. Il est absolument indéniable que le film est un exemple de mise en scène, une mise en scène réfléchie, assez référentielle qui contient même quelques moment de bravoure.  
 
Concernant l\'aspect philosophique de l\'œuvre, celle-ci est certes impressionnante pour un film hollywoodien mais ne possède pas la profondeur d\'autres métrages(nous pouvons ici par exemple le comparer à l\'œuvre de Mamoru Oshii qui est l\'une des sources d\'inspirations des Waschowski). C\'est cependant un bon film pour pousser certains à gratter la surface des films et à s\'intéresser à autre chose que les bandes \"grand publique\".  
Je pense que ce qu\'on reproche le plus souvent au film ce n\'est pas de mélanger philo et action mais plutôt d\'être trop \"premier degré\", peut être même trop démonstratif avec par moment un manque de subtilité, en résulte effectivement une impression de film hautain et pompeux.  
 
Enfin en ce qui concerne la récurrente comparaison avec Dark City, il est vrai que certaines ressemblances sont frappantes (notamment dans la narration), cela ne m\'étonnerais pas que les frères aient jetés un œil sur le script de Dark City qui est beaucoup plus vieux. Mais qu\'est ce que cela change à la qualité du film? 
 
Les frères Waschowski sont à mon gout d\'excellents metteurs en scènes, amoureux de leur métier et sincères, ils n\'ont peut être pas le génie d\'un Kubrick mais n\'ont jamais prétendu l\'avoir.  
J\'attend avec impatience Speed Racer qui promet un VRAI grand spectacle pour le moins originale et qui sait, peut être même un peu de réflexion! 
 
PS : Ma critique concerne seulement Matrix premier du nom. Ses suites tentent de reprendre les éléments du premier opus mais sans sa subtilité en résulte un spectacle pompeux et lourd (autant au niveau action que réflexion). Bien dommage que certaines excellentes idées aient été si mal exploitées par la suite.
 12 Posté par Punklog le 14 mai 2008 à 15:05

Zut, saleté, je suis désolé de pourrir vos commentaires mais je me sens obligé de corriger cette faute qui change le sens de ma phrase :  
" Bon article! 
Analyse intéressante et pertinente!"
 13 Posté par geouf le 14 mai 2008 à 15:21 | website

Par contre, pour avoir vu Speed Racer ce week-end, je suis pas sur que le film ait vraiment enormement de sens cache. Il ne faut pas oublier qu'a la base les Wachowski ont fait ce metrage pour aborder un public plus jeune... 
Mais bon, j'ai peut-etre ete trop ebloui par les prouesses techniques et de realisation pour vraiment remarquer le sens derriere les images (a part la charge anticapitaliste clairement exprimee, et celle de l'element isole qui change le monde comme dans Matrix...)
 14 Posté par nicco le 14 mai 2008 à 15:42

Geouf > Ha mais j'adore Dark City, c'est un des rares grands films steampunk existants. Aimer l'un n'empêche pas d'aimer l'autre, suffit juste de savoir faire la différence entre pompage et influences d'une culture commune (il serait intéressant d'ailleurs de faire un article sur tous les plus grands pompages récents, tellement gros et évidents que les gars à qui on la fait pas avec Matrix n'y voient bizarrement que du feu...) 
 
Iso & Weta > La suite, heu... quand j'aurai le temps (2010, 2012...) 
 
Donc pour les opus 2 et 3, il va falloir pour l'instant se contenter de ça.
 15 Posté par pau le 14 mai 2008 à 23:42

Hello ! je suis une atrabilaire allergique à Matrix, à cette mise en scène techniquement impressionnante mais très froide, à ce jeu d'acteurs ultra premier degré, à ce canevas narratif intéressant mais assené de manière très lourdingue. Surtout, ces dialogues surécrits à base de tu-vas-voir-que-tu-vas-te-prendre-mon-mystère-en-pleine-face (Morpheus rules!) ont le don de me faire glousser. Bêtement, certes. 
 
Jamais je n'ai ressenti d'empathie pour les personnages, j'ai suivi en bâillant notre ami Neo vers la révélation de sa propre fonction de Sauveur en petits caractères verts, j'ai réceptionné le message de cette oracle au look de Toni Morrisson nous expliquant qu'on n'était rien que des Playmobils manipulés par les messages de notre propre cortex. (Je vous le demande, à quoi servira donc la télé, si le brainwashing se fait tout seul? Ceci était un message offusqué du petit Martin B., PDG d'une chaîne culturelle qui effectivement n'existe pas dans Matrix. Un bon point.)  
 
C'est bien joli tout ça. Ce n'est pas de la philo de comptoir, c'est objectivement une très bonne synthèse de Platon, Kant ou encore Hegel, tout cela arrosé d'appels du pied vers la Bible et les mythes judéo-chrétiens.  
 
Mais l'image n'a de pouvoir qu'à partir du moment où elle est immersive. Or, Matrix, c'est vraiment très chiant. 
 
P.S. : suite à ma lapidation, j'ai le regret de ne pas pouvoir exprimer mes vues sur cette autre saga très pompante et pompeuse qu'est le Seigneur des Anneaux (à tout prendre je préfère Matrix. Je préfère aussi la Nouvelle Star, d'ailleurs), et ainsi endurer les délices masochistes d'une autre mise à mort.
 16 Posté par Aska le 15 mai 2008 à 07:12 | website

Mais l'image n'a de pouvoir qu'à partir du moment où elle est immersive. Or, Matrix, c'est vraiment très chiant.  
 
Ceci dit, lire Hegel, c'est certainement très pertinent mais bon ça doit quand même être chiant :)
 17 Posté par RnR le 15 mai 2008 à 21:11

Quatre lampes torches. C'est tout ce que j'ai à dire
 18 Posté par bobby le 15 mai 2008 à 21:35

Bonne analyse, ça manque simplement d'une bonne structure ;) 
 
Juste une site complémentaire et qui pousse la réflexion plus loin: 
 
www.matrix-happening.net 
 
Sans doute, des gens connaissent déjà !
 19 Posté par nicco le 16 mai 2008 à 00:35

RnR > Oui, 4 en effet, plusieurs lecteurs me l'ont signalé, et je me souviens maintenant pourquoi je ne l'avais pas mis dans la première version... My bad. 
 
bobby > Sans doute, oui ;)
 20 Posté par raphaelB le 16 mai 2008 à 18:17 | website

Ouais nicco tu le sais, je rejoins Pau pour matrix et le seigneur des anneaux.  
 
Du très beau travail artistique, une vraie reflexion sur le scénario, beaucoup de sincérité, un premier degré vraiment respectable, des effets spéciaux inventifs...Hélas cette intelligence ne se retrouve pas dans la direction des acteurs et/ou l'écriture des dialogues.  
 
C'est mis en scène de façon un peu ringarde (voir sitcomienne), en appuyant à fond les trucs pour être bien sûr que tout le monde ait vu que trinity se fait du souci pour keanu reeves et que aragorn il aime liv tyler... 
 
Le problème de ces mises en scène, c'est le schisme entre l'expression des sentiments inter-personnages et leurs actions. On sépare. D'abord on fait bouger les gens, et après on leur fait dire qu'ils s'aiment beaucoup, en restant debout droits comme des piquets. Résultats : sam regarde d'un air abruti frodon qui dit qu'il souffre, et tout le monde rigole.  
 
L'action ne dit rien sur les relations inter-personnages, ou alors en se servant d'un tiers qui commente lourdement : "alors trinty on apporte le petit-déjeuner à keanu, hein ca veut dire que tu tiens à lui, vous aviez compris ça les spectateurs?".  
 
Bref, c'est de la mise en scène stagnante, qui n'enrichit pas les personnages, mais leur donne immédiatement des airs d'acteurs déclamant des lignes. Empathie avec les personnages = zero. (Elle a beau dire qu'elle est amoureuse de néo, je la crois toujours pas trinity moi.) 
 
Le contraire d'un spielberg par exemple, qui, lorsqu'il fait bouger un acteur, a toujours une raison valable qui concerne ses relations aux autres personnages. Il économise ainsi, par la stricte expression corporelle des acteurs un paquet de répliques un peu plan-plan sur leurs états d'âme. Et le rythme s'en ressent.  
 
Bref c'est pesant, longuet au mieux, franchement ridicule au pire. Et ça me bouffe parce que j'ai ENVIE d'aimer ces films là.
 21 Posté par the dude le 16 mai 2008 à 19:18

en partie d'accord avec raphaelB. 
regardez l'analyse de rafik d'une scène d'indy et l'arche d'alliance ( celle de la rencontre entre indy et marion dans son bar). spielberg compense par la mise en scène, la quasi-absence de dialogue reflétant leurs sentiments.
 22 Posté par Isokilla le 17 mai 2008 à 09:25

ben moi c'est l'inverse je uis pas daccord, qui a dit que ces scènes d'amour doivent avoir le même impact dans les films cités que les autres, Trinity et amoureuse mais cette amour représentera le sacrifice tout le long de la trilogie, et pour la triloge de Jackson, c'est surtout exprimé avec pudeur et interdit, enfin je l'ai vu comme ça. 
 
le fameuse scène de trinity, je l'ai pas vu dans ce sens.

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