Edito

      "- Qu'est-ce que tu penses de la violence au cinéma toi ? - Je me mets toujours au premier rang, alors ce qu'il se passe dans la salle..."
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Analyse par ZUG le 4 mars 2009

J'ai la cithare qui me démange...

Affiche La Petite Princesse
Alors que tous les geeks de la terre ne parlent que de la sortie ce jour de Watchmen, L’ouvreuse se fend d’un article sur un obscur film pour gamines ? Et oui, pas de réflexions éclairées sur les thèmes parcourant l’œuvre d’Alan Moore. De toute manière, il n’en est pas non plus question dans le film de Snyder…
Un film de princesse plutôt que le méga-attendu-trop cool-j’ai reproduit au tube de colle UHU sur le bureau d’Ozymandias près-Watchmen ? Rebelle attitude, anticonformisme, provocation ? C’est surtout que l’on a les groupes de pression que l’on mérite. Notre non-influence nous expose non pas au lobbying effréné de boîtes de production soucieuses que leur produit soit bien vendu mais à celui des enfants de nos lectrices ! Et notamment le groupe mené par Charlotte, fille de Marie-Yvonne et accessoirement nièce d'Isabelle, adoratrice de Twilight, qui nous demande de "parler expressément de ce film honteusement passé inaperçu à sa sortie et quasi oublié maintenant " (je me suis permis une petite traduction que j’espère fidèle après une heure de déchiffrage d’un mail en format sms). Non mais vous avez lu l’impudence de cette gamine ? Bon, comme on a fait plaisir à sa mère et sa tante, je me suis au moins documenté sur le bouzin. Et dès que j’ai vu le nom du réalisateur, je me suis empressé de mettre le DVD dans mon lecteur. Il y a de l’espoir, la petite Charlotte a vraiment meilleur goût que sa génitrice et sa tata.

Le capitaine Crewe doit quitter à contre-cœur l’Inde pour rejoindre le front de la première guerre mondiale qui vient d’éclater. Sa femme étant décédée, il ne peut laisser sa fille là et l’emmène donc poursuivre ses études dans l’établissement de mademoiselle Minchin à New York. Elle y est accueillie avec tous les égards que la fortune de son père peut générer, sa présence amenant de surcroît une aura de respectabilité supplémentaire. Sara se liera rapidement d’amitiés avec la plupart des autres pensionnaires et la petite domestique noire Becky mais ne peut se résoudre à se soumettre à des règles drastiques, ce qui  lui vaudra l’inimité de la directrice. Le jour où on lui annonce que son père est mort au front, son monde s’écroule. Littéralement, car désormais dans l’impossibilité de régler les frais de scolarité, Sara sera employée comme bonne à tout faire et logera avec Becky dans les combles du pensionnat.
La Petite Princesse
est à la base un roman écrit en 1905 par Frances Hodgson Burnett, auteur également de Le Petit Lord Fauntleroy et Le Jardin Secret, classique de la littérature enfantine et qui connu une première adaptation en 1939 par Walter Lang avec Shirley Temple dans le rôle titre.
Il fut adapté également sous forme d’anime japonais, Princesse Sarah de Fumio  Kurokawa créé en 1985 (46 épisodes de 24 minutes) et diffusé sur la défunte 5 à partir du 1er mars 1987.
La version qui nous intéresse aujourd’hui est celle qu’en a livrée Alfonso Cuaron. Oui, le réalisateur de Y Tu Mama Tambien, Harry Potter et le Prisonnier d’Azkhaban et du monumental Les Fils de l’Homme. Film peu connu de sa filmographie et qui mérite pourtant le détour même si son titre semble le prédestiner à un auditoire exclusivement féminin et âgé de douze ans maximum.

Pour public averti ?
Un article du voisin d’en face fait état des incongruités de la classification pour enfants faite par les adultes et qui aura des ratés pour le moins traumatisants lors de la diffusion à la télévision de certaines œuvres. Rassurez-vous, La Petite Princesse n’est pas à ranger dans cette catégorie et fera le bonheur de vos chérubins. Non, ce qui étonne c’est justement sa non exploitation en salles en 1995 ou plus tard sa non diffusion à la télévision, le DVD étant quant à lui édité le 3 novembre 1999.
Qu’est-ce qui a pu choquer à ce point les distributeurs ou les directeurs de programmes pour que ce film reste confiné à l’anonymat ? Certes, à l’époque le nom d’Alfonso Cuaron n’est pas encore connu et reconnu, c’est son premier film hollywoodien, mais les histoires de princesse, quelquesoit le réalisateur, sont censées être promises sinon au succès du moins à un minimum d’exposition. Que se ne soit pas une classique histoire de princesse avec prince charmant, château et fée bedonnante a sans doute joué en sa défaveur. Pourtant, le film remporte le New Generation Award des L.A. Film Critics et sera également cité aux Oscars de la meilleure photo et du meilleur décor. Mais qu’est-ce que les gosses ont à faire d’une photo et de décors de qualité, hein ? Et puis, comment arriver à vendre une histoire mêlant récit à la Dickens et mythologie Hindoue, ne prenant pas son auditoire pour des lapins de six semaines et ne pouvant se résumer en trois lignes ? Pour les responsables marketing, cela relève du défi impossible.
Si le public doit être averti de quelquechose, c’est bien du talent de Cuaron qui parvient à instaurer la magie comme élément du réel par la grâce d’une réalisation soignée, quand bien même le film est classé tout public. Pour le réalisteur comme d’autres avant lui, McTiernan, Carpenter, Del Toro ou Siri, faire un film de genre populaire n’est pas exclusif d’un véritable projet de mise en scène.

Mais en 1995, on préfère distribuer en salles Casper de Brad Silberling.

La magie au quotidien
Le Rāmāyana qui signifie en sanskrit "le parcours de Râma" est un des écrits fondamentaux de l'hindouisme et de la civilisation indienne qui raconte la naissance et l'éducation du prince Rāma (septième avatar du dieu Vishnou) la conquête de Sîtâ et son union avec elle. L'œuvre conte également l'exil de Rāma, l'enlèvement de Sîtâ, sa délivrance et le retour de Rāma sur le trône. Le film va s’articuler autour de ce récit mythique que Sara évoquera à chaque fois qu’elle racontera une histoire à ses amies. C’est d’ailleurs au son de la voix-off de Sara et par des images de Ramâ et Sitâ que s’ouvre le film, initiant ainsi le spectateur et les autres personnages à une histoire, une culture inconnue. Sara en est imprégnée, ses rêveries en seront une émanation et Cuaron va peu à peu immerger le métrage, et par voie de conséquence les spectateurs, dans cet univers enchanteur. Il va donc s’ingénier à mettre en scène de manière rationnelle le fantastique sans jamais y succomber totalement. La magie est présente partout et deviendra visible si l’on est suffisamment ouvert d’esprit. En cela, Cuaron se rapproche du cinéma de Del Toro, puisqu’il n’oppose pas deux univers antinomiques mais nous révéle que l’un est compris dans l’autre, que l’imaginaire est constitutif du réel et peut aider à mieux supporter une réalité désespérante.

La Petite Princesse

Sara crée une réalité fantasmatique qu’elle convoque par la parole et qui va se matérialiser de diverses manières.
En premier lieu par le personnage de Ram Dass (ou Ram Das) qui signifie "serviteur de Rama". Ce patronyme est donné aux hommes ayant été marqué par leur rencontre avec la spiritualité des sikhs et qui ont fait vœu de propager son enseignement. Parmi les détenteurs du nom on trouve ainsi des philosophes indiens (Swâmi Râmdâs), des religieux (Gurû Ram Das) et même un professeur de l’université d’Harvard, Richard Alpert (Baba Ram Dass). Dans le film, il est accompagné du singe Hanuman, qui dans le Rāmāyana aida Rama à délivrer sa femme Sita. Plus que des personnages aux noms mythologiques, Ram Dass et Hanuman doivent être considérés comme des manifestations physiques des forces spirituelles et magiques issues du conte. Cette interpénétration de la magie dans le monde réel, Cuaron va donc l’exprimer au travers des comportements de ses deux personnages et tout aussi subtilement par le biais de sa réalisation et de ses choix artistiques en termes de décors et de couleurs.
Déjà présent sur le navire ramenant les Crewe sur le continent, c’est Ram Dass qui convainc son maître d’héberger ce soldat amnésique qui se révélera être le père de Sara, c’est toujours lui qui aidera Sara à reprendre confiance par sa seule présence et un simple échange de salut (une scène magnifique), toujours lui qui aidera le capitaine à se rappeler l’importance de l’Inde dans son existence, enfin lors du dénouement, alors qu’il se tient face au père de Sara sans dire un mot et le fixant du regard, ce dernier recouvrera comme par enchantement la mémoire. Plus qu’un bon samaritain, Ram Dass est le vecteur le plus remarquable de magie. Et ce qui fait définitivement le charme et l’importance de ce film (oui, n’ayons pas peur des mots), c’est que cette magie est acceptée naturellement par Sara, elle va de soi. Ainsi, lorsque son père au moment de la quitter lui offre une splendide poupée en porcelaine en guise de souvenir de lui, il lui raconte que durant son absence cette poupée prendra vie pour redevenir inerte à l’instant où quelqu’un tenterait de la voir. Et Sara l’accepte aisément car elle croit en cette magie, même insignifiante. D’ailleurs, au moment de rejoindre les autres élèves pour le petit déjeuner, elle tentera de surprendre sa poupée pour finalement admettre sa rapidité et non pas que se sont des foutaises.

Cette magie, que l’on peut appeler spiritualité, Cuaron la dévoile au gré de sa mise en scène. Tout d’abord par l’utilisation systématique de fondus enchaînés pour passer du récit des aventures de Rama à Sara les racontant. Ses fondus associés à la beauté formelle du Ramayana créent une forme d’enchantement tout en effaçant les barrières temporelles. Elle passe également par les sonorités singulières de la cithare (instrument traditionnel hindou) entendues au cours du récit mythique, un thème musical que le spectateur associera immédiatement aux Indes et qui retentira à chaque manifestation tangible de la magie dans la réalité (le châle de Sara qui s’envole et atterrit aux pieds de Ram Dass). Cela passe également par l’utilisation récurrente du cercle, sous forme de mouvements circulaires de la caméra ou comme motif décliné tout au long du film (les plans d’ouverture et de conclusion, le cercle magique…). Ainsi, le cercle protecteur tracé par Rama pour protéger Sita sera dessiné à la craie par une Sara tout juste orpheline. Elle se couchera à l’intérieur et appellera son père d’un ton implorant tandis qu’à l’extérieur l’orage fait rage.

La Petite Princesse

Toujours dans le but de nous transporter et parvenir à l’union picturale de deux mondes, Cuaron va utiliser les couleurs représentatives de l’Inde, le jaune et le vert, qui apparaîtront aussi bien dans le conte que dans la pension de Miss Minchin. Ce sont elles que l’on découvre d’ailleurs en premier, le titre du film en jaune se détachant sur un fond vert. Caractéristiques de l’iconographie du prince Rama, elles apparaissent dans le costume de Ram Dass ou dans la rose jaune à tige verte que Sara accrochera à la porte du vieux voisin ayant recueilli son père amnésique. Eclatantes lors des interludes imaginaires du Ramayana, ces couleurs sont beaucoup plus ternes dans la réalité. Et notamment le vert qui recouvre la bâtisse et jusqu’aux vêtements des pensionnaires. Révéler la beauté de ces deux couleurs est le signe que Sara sera parvenue à faire concorder son imaginaire avec sa vie réelle et atteindre une forme de plénitude. C’est particulièrement frappant lorsque l’on compare les plaques où est inscrit le nom de la pension au début et en toute fin de métrage.

La Petite Princesse

Enfin, Sara elle-même est un vecteur de merveilleux par ses qualités de conteuse, de narratrice. Lors de la séance de lecture soporifique, elle l’investit de son talent et parvient à la rendre passionnante, au mécontentement de Miss Minchin. Elle est la seule qui arrive à calmer Lottie, d’une part en prenant soin de l’écouter, mais surtout en convoquant pour l’apaiser des figures mythiques telles que les anges. Et bien entendu, la voix-off de Sara qui sert de lien, de passerelle entre le monde réel et celui qu’elle décrit par les mots. On remarquera également qu’à chaque prise de parole de Sara, la caméra semble inexorablement attirée par elle par un léger travelling avant, figurant ainsi le sentiment parcourant son auditoire comme les spectateurs, tous étant subjugués. C’est là son pouvoir, invoquer par la parole tout un imaginaire qui soulage les peines, qui rassure, qui fais rêver et oublier sa condition d’exclue (Becky).

Mais en 1995, on préfère distribuer en salles Sauvez Willy 2 de Dwight H. Little.

Toutes des… princesses
Ces manifestations magiques auront d’autant plus d’impact que Cuaron décrit une réalité sociale âprement et sans fard. Les quelques scènes se passant sur le front de la guerre montrent les tranchées où gisent des cadavres, l’ambiance sonore est saturée du bruit des bombardements incessants, on montre le père de Sara traîner le corps d’un soldat…Bien que ne s’attardant pas sur ces horreurs, ces évocations sont pour le moins inhabituelles dans ce genre de production. Elles traduisent surtout l’intégrité de son réalisateur qui considère le jeune public le plus sérieusement du monde en n’occultant pas une réalité dramatique. Il en va de même de l’environnement new-yorkais ressemblant au Londres de Dickens où les mendiants foisonnent.

La Petite Princesse

Malgré tout, Sara reprend peu à peu espoir. Car quelles que soient les guenilles qu’elle porte, ses conditions déplorables de vie, un travail harassant, elle demeure une princesse. Un état d’esprit que Miss Minchin ne supporte pas et pire tente de lui contester.
Etre une princesse n’est pas seulement un droit du sang, c’est avant tout un droit de petite fille comme l’exprime la nourrice indienne de Sara dans le prologue : "Toutes les filles sont des princesses". Pour son père, elle est et restera sa petite princesse. A mille lieue d’une idéalisation illusoire, c’est avant tout une formidable marque d’amour paternel. D’ailleurs, Sara renverra à Miss Minchin ce manque d’amour lors de leur joute verbale après que Miss Minchin soit venu disperser le petit groupe de fillettes venu dans le grenier écouter les extraordinaires aventures de Rama. Cette dernière tente de rabaisser Sara en clamant que seul l’argent de son père pouvait faire d’elle une princesse légitime. A cet instant, va se jouer un moment crucial du film que Cuaron va dynamiser et rendre plus prégnant encore par sa mise en scène. Oui, même dans un film destiné à une jeune audience, Cuaron ne fait pas l’économie d’une réalisation réfléchie.
Une scène capitale car plus qu'une réaffirmation de  l'irréductibilité de Sara, elle met en jeu deux conceptions antagonistes du monde, l'une laissant l'imaginaire s'y développer en harmonie, l'autre ne jurant que par le pragmatisme, Miss Minchin assénant clairement à Sara qu'elle devra désormais abandonner ses rêves de princesse et se montrer productive. Par ces mouvements de caméras faisant "grandir" Sara et en contre-champ "se ratatiner" Miss Minchin, Cuaron illustre un changement de position dominante. Sara et les valeurs qu'elle véhicule prennent le dessus et va jusqu’à donner le coup de grâce en soulignant que les fillettes sont des princesses par le regard que leur porte leur père. Faisant ainsi vaciller les certitudes de la mégère mais surtout en lui renvoyant l’absence patente d’un tel amour paternel. Une richesse et une inventivité tout de même remarquables dans un film pour gosses.

Mais en 1995, on préfère distribuer en salles Power Rangers de Bryan Spicer.

Si vous avez des petites filles qui continuent à se rêver en princesse, c’est le prétexte idéal pour regarder en sa compagnie ce très beau film d’Alfonso Cuaron. Et s’il vous faut à tout prix une excuse pour découvrir cette perle, dites que c’est L’ouvreuse qui vous l’a conseillée, même si vous êtes persuadé d’avoir passé l’âge ou que vous êtes des geeks que la seule princesse vous faisant rêver se nomme Leïa.

A LITTLE PRINCESS
Réalisateur : Alfonso Cuaron
Scénariste : Frances Hodgson Burnett (roman), Richard LaGravenese, Elizabeth Chandler
Producteur : Amy Ephron, Mark Johnson…
Photo : Emmanuel Lubezki
Montage : Steven Weisberg
Bande originale : Patrick Doyle
Origine : USA
Durée : 1h37
Sortie française : 3 novembre 1999 en direct to DVD
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 1 Posté par Banchiviste le 04 mars 2009 à 01:01 | website

Merci. 
Je n'ai donc pas rêvé. Ce film existe bel et bien. :p  
 
A l'époque, je n'avais été mis au courant de son existence qu'après m'être procuré la musique de Patrick Doyle -c'est dire le battage médiatique- ce qui m'avait amené à repérer puis emprunter le laserdisc ntsc dans une boutique. Vous z'avez pas connu ça les enfants. L'époque pré-peer2peer où c'était super compliqué de voir des trucs ! 
 
(y'a pas de smileys vieux avec une barbe ?)
 2 Posté par Tom Robin le 04 mars 2009 à 02:13

Je ne connaissais que laversion Alex Pilot:grin  
 
Mais un Alfonso Cuaron, ça se refuse pas! Merci Zug! ;)
 3 Posté par Brom Bones le 04 mars 2009 à 12:10

En 1995, y a aussi eu Super Noël avec Tim Allen (doublé par Nagui, et ouais c'est comme ça que ça a commencé). 
 
Sinon, ça donne foutrement envie votre papier. Et en plus Lubezki assure la photo ? C'est décidé, je me donne une semaine pour mater le truc.
 4 Posté par nobody smith le 04 mars 2009 à 19:02

Tout ceci me frustre de ne pas me l’être procuré lorsqu’il était encore dans les offres du site Warner :(
 5 Posté par Weta le 05 mars 2009 à 14:56

Excellent article. 
Sur un film dont je n'avais entendu parler que via le livre de baecque sur....Tim Burton !!!! 
 
Sinon petite rectification Power Rangers il me semble qu'il est sortit chez nous en 1997. :grin  
 
Et sinon je vais essayer de me le trouver celui là et puis...Return to Oz que Rafik m'a donné envie de découvrir. 
 
Comment je préfère allez voir deux films avec des "petites" filles et leur monde imaginaire, un film avec un "papy" qui protège des chinois, et un autre avec un catcheur sur le déclin, plutôt que le film trop cool, avec des ralentis trop beau, des héros dark, et avec beaucoup de S..E. ? 
Alors que Moore c'est pas "trop" çà lorsque que tu lis le Comics. 
 
Suis je bien "adulte" dans ma tête ? 
 
En tout cas Rurik Sallé penserait sans doute que je suis un "gamin" , d'après cette vidéo : 
 
http://www.mad-movies.com/mad/actualite-2369-SORTIE-DE-PROJO.html 
 
Quant dira t'on à Rurik que c'est pas forcément parce qu'il y a du "cul" et du "gore" qu'un film est forcément adulte?
 6 Posté par L'ouvreuse le 05 mars 2009 à 20:08

Quand il aura l'âge :)
 7 Posté par Aska le 06 mars 2009 à 07:49 | website

Notons l'affiche sur allociné : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=47096.html ;)  
 
Il me semble que le film est une des raisons qui a convaincu les producteurs de laisser Cuaron faire harry potter.
 8 Posté par Brom Bones le 06 mars 2009 à 09:26

Quote:
Sinon petite rectification Power Rangers il me semble qu'il est sortit chez nous en 1997.

 
 
Non, c'est bien 1995. Le 18 octobre pour être exact. Le même jour que  
Traque sur internet, le film de chevet de Macfly.
 9 Posté par Macfly le 06 mars 2009 à 09:49 | website

Tout à fait. Ma vie a changé quand j'ai vu ce film. Bientôt l'analyse. 
 
Sinon je n'ai pas vu le film de Cuaron, mais ça me fait penser à un autre joli film dans le même style : Le Jardin Secret (1993), écrit par la scénariste d'Edward aux Mains d'Argent et produit par Coppola. 
 
J'avais un peu décroché sur la fin (ca vaut pas les films avec Sandra Bullock qui branche son modem), mais y'avait une vraie ambiance.
 10 Posté par Geouf le 10 mars 2009 à 14:49 | website

Moi ca me fait penser au superbe LE Secret de Terabithia sorti il y a presque deux ans. En voila un autre de film pour gosses intelligent et qui ne prend pas les marmots pour des abrutis...
 11 Posté par (J)Ooh(n) McT(otoro) le 10 mars 2009 à 20:18

Ah La petite princesse, c'est un peu ce film qui m'a fait découvrir que le cinéma ça se résumait pas à Power Rangers (j'ai du louer le film une cinquantaine de fois à l'époque :grin), Casper and co.  
 
C'est, je crois, l'un des tout premiers films devant lequel j'ai pu ressentir cette impression étrange que le destin des personnages principaux pourrait s'avérer tragique, au final. Non que ce soit important en soit, mais c'est assez significatif de mon degré d'implication émotionnelles dans le film. Ah ça! je peux dire que je me rappelle encore de ces putains de grosses fippes que je me tapais quand Sarah était "en danger", et du désespoir qui m'animait quand elle était triste. Je me rappelle aussi de moments de pures magie, d'exaltations et de fous espoirs, comme si mon destin ne faisait qu'un avec celui de la petite héroïne de Cuaron. Ca fait au moins 10 ans que je n'ai pas revu le film. C'est tout ce dont je me souviens, mais ça suffit à l'imposer parmis les plus merveilleux souvenirs de cinéma de mon enfance.  
 
Je me rappelle avoir eu quelques traumatismes cinématographiques étant gosses (de l'ouverture de Batman Returns au final de Roger Rabbit en passant par les rêves de La cité des enfants perdus), je me rappelle aussi avoir dévellopé très jeune, comme beaucoup, une grande passion pour les héros qui m'a immanquablement amené vers le cinéma (au point que le très sympathique Masque de Zorro fut le déclencheur de mon envie de faire du cinéma) mais c'est cette Petite Princesse, avec quelques autres, des ptits films insignifiants comme Mon voisin Totoro, Le géant de fer, Edward aux mains d'argent ou Titanic, qui a rééllement déclenché ma passion pour le Cinéma, non plus en tant que simples catalogues d'icones classes et de gadgets cools que je m'empressait d'acheter en miniature a Toys'R'us (je me serais régalé si Watchmen était sorti à cette époque :grin). Non. Le cinéma en tant que formidable moyen de raconter de belles histoires.  
 
Ce sont ces intenses moments de joie et de tristesse, d'exaltation et de profond desespoir, ces rires complices et ses larmes sincères versées pour les personnages qui m'ont, quelque part, fait prendre conscience que le cinéma était vecteur d'émotions toutes aussi puissantes qu'en littérature ou dans n'importe quel autre medium.  
Et c'est vers cette époque que j'ai commencé à présager que le cinéma allait occuper une place très importante dans ma vie. 
 
Pour ça, merci à Cuaron pour son beau film, il a contribué à faire de moi ce que je suis. 
 
Et c'est cool de parler de La petite princesse sur L'ouvreuse. D'une part c'est un film tellement peu cité qu'il m'est parfois arrivé de me demander si je n'avait pas rêver sa vision. D'autres part, ça fait du bien de parler de Cinéma et de revenir un peu aux sources de sa passion quand on vient de se taper le truc lamentable de Snyder, qui en 2h40 se pose en parfait contre-exemple de tout ce que j'ai pu dire avant sur le film de Cuaron.
 12 Posté par L'ouvreuse le 10 mars 2009 à 20:38

Geouf > Oui, les superbes films pour enfants ont tendance à passer assez inaperçus, sauf pour deux illustres rédacteurs de ce merveilleux site. :)
 13 Posté par Simidor le 10 mars 2009 à 23:34

Merci à Zug pour ce bien bel article qui m'a permis de découvrir ce film. Je connaissais l'histoire grâce au manga qui m'avait pas mal marqué en son temps. Un beau conte, parfois cruel mais qui fait l'éloge du pouvoir de l'imagination sur le réel (comme l'a dit Geouf, ça rappelle beaucoup le secret de Terabithia, un autre film à voir absolument pour retrouver son âme d'enfant). Et puis Cuaron montre dès le début de sa carrière qu'il est un grand conteur en condensant en une heure et demie autant de péripéties sans qu'aucune ne perde de son intensité et de sa magie. Bravo l'artiste :)

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