Gérardmer 2015 : Le Projet Atticus

Les mystères de West

Affiche Le Projet Atticus

Présenté hors compétition, Le Projet Atticus de l'américain Chris Sparling empreinte la voie glissante du faux documentaire pour explorer un cas complexe de psychokinésie.


1976. Le docteur Henry West fonde l’Atticus Institute, un centre de recherche sur les personnes ayant développé des facultés paranormales. D’abord peu pris au sérieux par leurs pairs, les chercheurs trouvent enfin un cas intéressant en la personne de Judith Winstead, une quadragénaire aux limites de la folie capable de déplacer des objets et d’influer sur le monde qui l’entoure.
Constitué de témoignages des protagonistes des événements (à l’issue tragique, on se doute bien), de personnes proches et d’images d’archives de l’institut, le film s’insère dans une forme très codifiée dont le choix paraît à la fois curieux et handicapant. Car même s’il n'est guère célèbre, le cast est assez connu des aficionados du petit écran pour compliquer à lui seul l’immersion dans une fiction qui se donne grand mal pour légitimer ses images. Mais Sparling a auparavant écrit le Buried de Rodrigo Cortes, Himalaya de la contrainte narrative, de quoi demeurer confiant dans ses capacités. Ainsi le réalisateur s'efforce lors de la première partie du Projet Atticus de ne pas sombrer dans les excès que permettrait la fiction. Malheureusement, il ne s'y tient guère sur la durée.

Le Projet Atticus
Le cas présenté devient peu à peu une sorte d’alter ego du Richard Burton de La Grande Menace ou du Patrick du film éponyme, déployant son emprise sur les membres de l’institut jusque dans leur vie quotidienne. Dès lors, le cadre confiné de l’établissement ne suffit plus à traduire l’influence de la force qui guide Judith Winstead, ni les tourments intérieurs de ceux qui l’entourent, forçant le Grand Guignol à s’inviter à la fête. Les personnes interviewées en rajoutent dans le superlatif, les situations deviennent incohérentes... Sparling délaisse alors sa rigueur formelle pour s’autoriser des incursions fictionnelles déguisées, s'autorisant des œillades à L'Exorciste afin de souligner le lien entre la possession et la psychokinésie. Mais les excès du film ne ne parviennent cependant qu’à offrir des variations de moindre intérêt sur le thème. L'aspect bigger than life du film est d’autant plus préjudiciable que l’existence du phénomène parvient à être strictement confiné à l'institut alors que le rayonnement des capacités et la fourberie du sujet, conjugué à des officiels chargés de limiter la casse dépassés, invitent un déchaînement final.



Le Projet Atticus fait donc les frais de sa forme et des limitations qu’il s'impose. Le visionnage parallèle des Ames Silencieuses, production Hammer également hors compétition présentant un sujet et un contexte similaire dans une forme plus classique, achève de nous convaincre que Le Projet Atticus aurait pu se frayer une place parmi les meilleurs films du festival s’il s’était permis de poser des bases solides et une plus grande intimité avec ses "personnages".

Le Projet Atticus de Chris Sparling, sortie française : en DVD le 25 mars 2015




   

Commentaires   

 
+1 #1 Eden Memories le mercredi 04 février 2015 à 08:58
Je suis d'accord avec toi, beaucoup too much pour être réussit. Mais je pense que même dans le script il y a des problème, l'aspect documentaire enlève beaucoup de l'aspect flippant recherché. Par contre s'ils avaient fait genre un film de complot comme tu en trouves des tonnes sur internet là je pense que ça aurait être plus intéressant.
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