RoboCop 2

Boulons, métro, robots

Affiche RoboCop 2

Lorsque nous parlons de RoboCop, nous faisons généralement référence au film original de Paul Verhoeven sorti en 1987, acclamé pour sa violence et son anomie urbaine alliées à une satire sévère du système capitaliste. Ses suites, dans l'inconscient populaire, ont toujours été perçues comme de sombres navets surfant sur la vague du premier.


Pourtant, en regardant RoboCop 2 avec plus d'attention, on constate qu'il contient tous les ingrédients du premier, mais puissance 11 : la ville de Detroit est dans un état on ne peut plus dystopique, la criminalité y est rampante, la ville est en faillite et ne peut plus payer ses policiers, alors en grève. Le caïd du moment est un gamin de douze ans à la gâchette facile qui jure comme un charretier. Les autorités locales sont submergées par le trafic d'une nouvelle drogue, nuke, réputée la plus addictive qui soit, que seul RoboCop combat à bras le corps puisque sa programmation n'inclue pas le syndicalisme (il reste toutefois épaulé par sa fidèle coéquipière Lewis dont le sens du devoir surpasse le besoin d'être rémunérée).
Les criminels feront alors tout pour triompher du flic cybernétique, dernier vestige de l'ordre et la justice dans un monde livré à la corruption et aux publicités putassières.

RoboCop 2
 

RoboCop 2, c'est un peu le Mélenchon du film d'action : violent, over-the-top et sauvagement anti-système, lui-même incarné par les cadres d'Omni Consumer Product (inventeurs de RoboCop), qui ne se préoccupent des morts qui traînent dans le sillon de leurs inventions foireuses qu'en terme de coûts et d'image publique. Le métrage est loin d'être "gauchiste" et pourfend l'angélisme qui voudrait que RoboCop dispense des leçons d'éducation et d'écologie au lieu de tirer à tout va, ce qui pour le coup le rend complètement inefficace pour combattre le crime.
Le film est à l'image de son monstre robotisée, dont le nom, RoboCop 2, fait écho : tout est dans la force brute et la puissance de feu, mais le tout repose sur une colonne vertébrale, avec le questionnement sur l'identité de Murphy / RoboCop très présent au sein de l'intrigue, dont la scène de torture ravivera nos sentiments humains les plus enfouis.

RoboCop 2
 

En terme d'effet spéciaux, nous avons le droit à la totale : on n'a plus revu des animatroniques d'une telle qualité depuis Jurassic Park, quant aux animations en stop-motion, elles sont là au sommet de leur art et en fin de vie. C'est en effet dans ces années-là qu'elles seront malheureusement remplacées par les images de synthèses, dont nous avons également quelques avant-goûts balbutiants.

Pour son dernier film, Irvin Kershner (L'Empire Contre-Attaque) a voulu s'amuser et nous offrir un divertissement explosif de deux heures pas dénué de cervelle (aussi figurativement que littéralement), servi par un scénario de Frank Miller burné jusqu'au cou. Sa réputation catastrophique l'a malheureusement laissé dans l'oubli dès sa sortie. Il est désormais grand temps de redécouvrir ce petit bijou cyberpunk des années 90.


ROBOCOP 2
Réalisateur : Irvin Kershner
Scénario : Frank Miller & Wallon Green
Production : Jon Davison, Phil Tippet, Patrick Crowley...
Photographie : Marki Irwin
Montage : Armen Minasian, Lee Smith & Deborah Zeitman
Bande originale : Leonard Rosenman
Origine : USA
Durée :1h57
Sortie française : 5 septembre 1990

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