"On dit souvent que Télérama dégomme systématiquement le cinéma populaire. Pas toujours. Télérama a aimé Amadeus, Trois Hommes Et Un Couffin ou Le Père Noël Est Une Ordure..." Lire l'édito de l'été...
Enfin blanche, pas trop hein, vu ce que s'est pris Laurent Tirard et son Petit Nicolas... Du coup nous allons éviter les sujets délicats, cette meneuse de revue ne parlera que de censure tranquille, de cinéma authentique, de machisme, de l'inspecteur Harry, de sale cinéma capitaliste, de film sans auvergnat et d'aigreur. Bref, tout ce qu'il ne faut pas dire mais qu'il faut lire.
LA RÉFLEXION QU'ON DESTINE, AU HASARD, À MAÏWENN ET SES AMIS
Régis Debray : "C'est un modèle qui s'est étendu dans la littérature d'abord, où le symbolique a tendu à disparaître devant le document social, l'enquête, le reportage, etc. Et puis ça s'est étendu partout. "Nous ne voulons plus de la distance, nous voulons de la proximité. Nous ne voulons plus du semblant, nous voulons de l'authentique. L'authentique, paraît-il, il faut en être tout proche." Et je crois que ça peut avoir des conséquences catastrophiques."
Frédéric Taddéi : "Mais le fait que le flux télévisuel nous dise en permanence : "Je suis la vie". Là, est-ce qu'on est la vie ou est-ce qu'on n'est pas la vie ?"
Régis Debray : "Je crois que les animaux vivent dans la vie. Mais nous on a inventé quelque chose qui est de s'éloigner un peu de la vie pour réfléchir dessus, l'art de la symboliser, l'art de l'allégorie, l'art du théâtre, l'art du faux si vous voulez. Et parfois on atteint le vrai par le faux, c'est même le principe de l'art. (...) Cette recherche pathétique du cru, du pulsionnel, du réel, de l'immédiat... Je crois que ça peut saper les bases de ce qu'on appelle la culture."
Ce Soir Ou Jamais, mardi 13 octobre 2009
LA QUESTION QUI REVIENT AUSSI SOUVENT QUE LA MARÉE
Babouse - Psikopat
A partir de cet axiome clairvoyant, la rédaction de L'ouvreuse a mis en place le classement officiel des pires saloperies jamais inventées par les hommes qui ont des Rolex à 50 ans :
10 – La publicité pour les élus politiques
9 – Les ghettos
8 – La traite des noirs
7 – La traite des blanches
6 – Le proxénétisme
5 – Le travail des enfants
4 – Les mines anti-personnelles
3 – Les chambres à gaz
2 – La bombe atomique
1 – Internet
TIENS, JACQUES, TU BOSSES CHEZ PIXAR ?
L'ARTICLE QUI NE RIDICULISE PAS DU TOUT CERTAINS PAPIERS
"Je dis ça, mais en même temps je vois bien que ce n’est pas si simple, et me revient le souvenir de ce que j’ai entendu à propos du film de Lars Von Trier, Antichrist, qui se coltinait tout ça avec beaucoup d’audace, et qui s’en est pris plein la gueule... "Film macho !", a-t-on hurlé partout, par exemple par ici, chez Beigbeder dans une émission qu’on m’a pourtant assuré être la meilleure dans son genre en ce moment (c’est dire le niveau de l’époque médiatique en matière de critique cinéma)…
Macho ? Un film qui raconte comment une jeune femme, ayant entrepris une thèse sur la persécution des femmes pendant les procès en sorcellerie du Moyen-Age, est devenue folle peu à peu, incorporant le discours des bourreaux au point de se convaincre de sa propre souillure ontologique ; est devenue folle plus encore, quand son enfant est mort, tombé par la fenêtre pendant qu’elle baisait goulûment avec son homme ; est devenue folle au point de tenter de le mettre à mort, son homme, lui son nouveau bourreau l’assujettissant jour après jour dans sa rhétorique mi-psychiatrique, mi-hypnotique, mais toujours indiscutablement dominante.
Antichrist, c’est donc l’histoire d’une femme assujettie au discours masculin, qui s’y autodétruit complètement, offerte en holocauste à la culpabilité dont on l'a convaincue, et c’est tout le contraire d’un film macho - ou alors c’est un film aussi cruel aux hommes qu’aux femmes comme genres, et il faut inventer un nouveau mot." Judith Bernard - Arrêt Sur Images
LA PRÉFÉRENCE NATIONALE ?
"Cinématographiquement, c'est le minimum syndical, et même moins, mais tout le monde s'en fout. C'est les vacances : on est là pour rire un bon coup et oublier pourquoi tout de suite après."
Pierre Murat - critique de Neuilly Sa Mère – Télérama
"Mis à part les dix premières minutes, qu'est-ce que ce film est mou ! Et niais. Et gentil, gentil, gentil, gentil comme un cauchemar dégoulinant de guimauve. […] La morale douceâtre, gnagnassonne (nos sociétés ne jurent que par l'attendrissement facile)"
Oui, c'est pas comme tous ces éditorialistes qui ne jurent que par l'anti-américanisme primaire, quitte à trouver acceptable chez soi ce qui est abominable chez l'autre.
LE NOOB
"Xavier Dolan vient d’avoir vingt ans et il est assez convaincu que c’est "le plus bel âge de la vie". Ce garçon à l’air encore adolescent – Slimmy pour la mèche, Prince pour la taille et les lunettes de Wenders – était il y a encore trois mois "un nobody", comme il dit dans son français du Québec mâtiné d’anglicismes. Puis tout est allé vite."
[…]
"'J’ai alors investi toutes mes économies accumulées pendant les années où j’ai fait l’enfant acteur dans des pubs, des téléfilms et au cinéma.' 150 000 dollars canadiens (92 000 euros). Il tourne tout ce qu’il peut en vidéo HD." Christophe Ayad – Ecrans.fr
En effet, c'est allé très vite : deux paragraphes. Deux paragraphes pour passer de "nobody" à "acteur évoluant depuis quelques années déjà dans la profession, avec ce qu'il faut de contacts et d'économies".
Y a pire comme "nobody" dans le milieu, mais faudrait pas casser les plans promo des "films indépendants qui eux au moins tentent d'échapper au formatage tu vouas".
CLINT EST COOL
TRÈS COOL
LE COURS LOLA COURS DE LA CINÉPHILIE
Après nous avoir enseignés que la caméra épaule et l'amnésie immédiate aient été inventés par le jeu vidéo (lire "Ni strict ni neuf"), Vincent Ostria de la vénérable institution des Inrockuptibles nous révèle que le Bronson de Nicolas Winding Refn est "une sorte de comédie-bouffe qui se voudrait le Lola Montès du cinéma carcéral".
Vous devez certainement chercher le rapport entre Bronson et le film de Max Ophüls, mais c'est surtout l'étonnante fréquence à laquelle le biopic de la fameuse courtisane est cité à tort et travers depuis sa ressortie qui nous interloque, laissant l'impression d'une criticosphère cinéphile se jetant frénétiquement sur une nouvelle référence datée et officiellement respectable.
LA POLIE MIQUE
"Même une réclame pour Les Petits écoliers, ou un demi-plan d'Amélie Poulain, références ultra revendiquées, respirent davantage. Pour autant, malgré son esthétique bonbonnière, Le Petit Nicolas se révèle incroyablement grumeleux. La faute aux acteurs, notamment, soumis à un régime d'apartheid involontaire, où les enfants, tous mauvais, prennent une leçon de cabotinage par les adultes, contraints de les écrabouiller pour prendre le pouvoir ou tenter de sauver le film. Une bataille gagnée, mais pas la guerre. Les tentatives caustiques de Kad Mérad et de Valérie Lemercier s'engluent fatalement dans le traquenard mou de Laurent Tirard, sacré d'avance plus grand cinéaste balladurien des dix prochaines années." Guillaume Loison - Chronicart
"Le Petit Nicolas, film-Cajoline (où tout sent bon et tout est doux), prône à l'instar de son homonyme un discours douteux.
Nicolas Alzabert - Les Cahiers du Cinéma
"Produit hygiénique d’un monde sans poussières, Le Petit Nicolas n’est pas un film sur Sarkozy mais porte tout de même bien son titre : il ressemble à ce que l’on imagine de l’enfance de Xavier Bertrand et sape littéralement l’esprit de Sempé (et notre moral) à coups de sourires mielleux, de scènes tirées à quatre épingles et de dialogues récités comme de mièvres poésies. Difficile de ne pas y voir la réclame consternante d’un mode de vie réac, niaiseux et asphyxiant." Maxime Godart – Les Inrockuptibles
C'est tellement prévisible que c'en est même plus drôle : incapables de penser autrement qu'en terme de démagogie instantanée, les plus girouettes des rédacteurs s'étranglent à la vision d'une France des 50's transposant avec exactitude sur écran ce que ces derniers appréciaient sur papier. Transis de peur à l'idée de ne pas faire partie du troupeau beuglant contre une idée bien particulière du conformisme, rendus hystériques par l'occasion qui leur est donnée de livrer la dose minimale de subversion mensuelle à leurs lecteurs, ils ne se rendent même pas compte qu'ils demandent expressément à Laurent Tirard de dégommer l'œuvre de Goscinny pour satisfaire leurs besoins de tolérance superficielle.
Mais le plus effroyable dans tout cela, c'est qu'un film tel que LOL échappe complètement à ce genre d'insultes, alors qu'il se passe de nos jours.
Ha, les mystères de l'insoumission aléatoire…
HU HU
Cédric Delelée a écrit : "Edition sans intérêt, Snyder a toujours dit que Black Freighter n'avait rien à foutre au sein du film, ce box-set est juste un produit marketing. En revanche le dessin animé n'est pas laid : c'est du Heavy Metal pur jus.
Quant à ceux qui vomissent sur Snyder, j'espère juste que ce n'est pas pour suivre l'avis de certains bloggeurs aigris par leurs problèmes d'ego...