Edito

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Transformers 2 - La Revanche Suggérer par mail
Critique par Mérovingien le 29 juin 2009

La Bay des cochons

Affiche Transformers 2 - La Revanche
Michael Bay. Un nom qui suffit à faire trembler n’importe quel cinéphile tant ses attentats filmiques secouent régulièrement les salles de cinéma au rythme d'une bombe tous les deux ans.

Un nom qui, à sa simple évocation, entraîne un schisme sauvage dans les salles de rédaction ou sur les forums de cinéma. Il y a les pour. Il y a les contre. L’ouvreuse n’échappe pas à la règle.

Autant annoncer la couleur, l’auteur de ces lignes fait parti des fervents défenseurs du Pape des blockbusters tendance mongoloïde. Pourquoi ? Simplement parce que le bonhomme parvient avec une facilité déconcertante à titiller le texan qui sommeille dans le cœur de chaque spectateur par des procédés d’un mauvais goût outrancier qui culmine au génie. Ses scènes d’amour sur de la pop avarié, ses hélicoptères sur fond de coucher de soleil gerbant, ses contre-plongée cherchant involontairement la pause iconique la plus ringarde qui soit, ses cartes postales du monde sorties d’une pub United Colors… Une sorte de catalogue de ce qui se fait de pire au cinéma et que Michael Bay arbore fièrement en bandoulière, comme un gros beauf tout content d’avoir lâché une perlouze en plein dîner mondain. Il y va à fond les gamelles, avec sa musique pompière estampillée Hans Zimmer style et ses effets vulgaires au possible. Si on doit l’aimer, c’est pour ça et pour rien d’autre. Ses œuvres sont tellement aberrantes qu’on ne sait jamais s’il n’y a pas une dose de second degré affiché ou bien si le bonhomme pense réellement toucher les gens au premier degré. Chez n’importe qui d’autre, on trouverait ça consternant mais quand c’est Michael qui régale, on prend son pied. Probablement parce que l’ancien poulain de Bruckeimer possède ce "truc" en plus que n’ont pas d’autres tâcherons. Ses filtres publicitaires sont identifiables dès le premier coup d’œil, il sait indéniablement remplir son cadre et conférer une profondeur de champ hallucinante à ses séquences d’action, accorde un soin maniaque au moindre détail risible qui composera son plan, met un point d’honneur à proposer des innovations visuelles souvent oubliées au milieu d’un maelström d’idées à la con… Même une œuvre de commande aussi boursouflée que Pearl Harbor témoigne de la réelle passion du bonhomme pour son travail, que ce soit dans les compositions de plans outrancièrement romantiques jusqu’au ridicule (mèche de cheveux d’une actrice, fumée de train, écume des vagues, pli d’un vêtement…) ou dans la confection d’images guerrières saisissantes (le plan suivant une bombe lâchée d’un avion et atterrissant sur un navire est encore dans toute les mémoires). On pourra reprocher tout ce qu’on voudra à Michael Bay, il n’empêche que sa patte est inimitable et qu’elle s’illustre par une forme de jusqu’au-boutisme que Rafik Djoumi défini comme la "Fuck Yeah" attitude. Fuck la cohérence, fuck la profondeur d’un récit, fuck les enjeux dramatiques, fuck les personnages caractérisés, fuck le bon goût. Bay envoie tout valdinguer en hurlant "Ma bite ! ma bite !", ne se souciant que du nombre d’explosions et de blagues rednecks qu’il va pouvoir caser en 2h20.

Transformers 2
En exclusivité : le prochain poster de votre calendrier FHM

Ses films sont donc généralement très bêtes (tout le temps même) mais ça pète dans tous les sens (on ne comprend pas toujours pourquoi d’ailleurs) et on en a pour son argent (voir plus). Bay ne semble d’ailleurs jamais être autant à l’aise que dans les trips régressifs. Et quand il tente de revendiquer une position d’auteur respectable, on tombe dans la niaiserie pour midinettes (Pearl Harbor où comment les américains ont quand même gagné une bataille qu’ils avaient perdu) ou dans le dépliant touristique pour les cures thermales Yves Rocher (The Island et sa pseudo réflexion SF bazardée à la poubelle au bout de quarante minutes pour privilégier un actionner décérébré d’1h30). Pas pour rien si Bad Boys 2 représente en quelque sorte la quintessence de son cinéma, véritable laboratoire d’expérimentations dégénérées et irresponsables où des rats s’enculaient en gros plans, où l’on se balançait des cadavres à la tronche pendant les poursuites automobiles et où Guantanamo était représenté comme le dernier rempart de la liberté à Cuba. En un seul film, Bay affichait son mépris du cahier des charges standardisé, revendiquait haut et fort sa vulgarité tape à l’œil et tendait son majeur à tous les bien-pensants conspuant ses délires de sales gosses aimant jouer avec des explosifs. Qu’on le veuille ou non, il y a une cohérence filmique et thématique chez Bay qui font bel et bien du bonhomme un auteur à part entière, tendance immature. On irait presque à avancer qu’il y aurait de quoi écrire une thèse sur les explosions dans son œuvre. Aussi, Transformers représentait certainement le projet rêvé pour le cinéaste puisqu’on y retrouvait à peu près tout ce qui le faisait habituellement mouiller, à commencer par des robots qui se mettent sur la gueule (donc gros potentiel d’explosions à la clef). Surprise : au lieu du monument de bourrinage orgiaque attendu, Bay décidait de nous raconter l’histoire d’un adolescent amoureux d’une pouffe et s’achetant sa première voiture, le tout entrecoupé de scènes d’actions fun et idiotes. La déception digérée (la première baston entre deux robots se déroulaient hors champ et il fallait attendre la dernière demi-heure pour en prendre plein les mirettes), on pouvait se rappeler que le producteur de la chose n’était autre que Steven Spielberg lui-même et que le récit s’ancrait dans une middle-class US très branchée années 80. Finalement, il y avait quelque chose de presque touchant, au-delà du clin d’œil au Géant de Fer, à voir des robots plus occupés à jouer à cache dans un jardin qu’à sauver le monde. Tout comme on pouvait s’amuser de voir l’humiliation permanente que subissait le jeune héros ne devenant un homme qu’en incarnant "un vrai soldat". L’obsession de Michael Bay pour les couilles et les guns définissant les attributs de la virilité explosait enfin au grand jour (il y aurait de quoi s’interroger également sur les blagues homophobes qui parsèment ses films).

Transformers 2
Grâce aux arrêts sur image de L'ouvreuse, vous pouvez désormais comprendre ce qu'il se passe dans un plan Michael Bay

Dans le fond, il n’y a rien de surprenant à ce qu’au détour d’une séquence de Transformers 2, on aperçoive un poster de Bad Boys 2 trônant fièrement dans le décors. Cela ressemble presque à une note d’intention de la part d’un réalisateur prêt à se surpasser dans ses penchants les plus machistes et les plus puérils. Sans trop de surprise, le script donne à nouveau la vedette aux personnages humains, avec un jeune héros en passe d’entrer à la fac. Frustrant ? Pas vraiment. Si la première séquence à Shanghai correspond à ce qu’on pouvait rêver de voir un jour sur grand écran (des Autobots traquant les Decepticons épaulés par des militaires), on en revient très vite à la teen comedy débile à base de couple séparé par la distance et de blagues potaches. Bay va même jusqu’à interrompre une séquence d’action pour nous plonger dans une soirée confrérie digne d’un clip de rap avec son lot de nénettes chaudes comme la braise. En soit, le choix n’a rien de surprenant pour quiconque a vu le premier épisode mais il fonctionne beaucoup mieux pour la simple raison que le film y va à fond dans la caricature (profs, élèves et parents sont tous obsédés), dans les dilemmes amoureux traités vulgairement (ciel jaune vomi à gogo et dialogues tartes à la crème entre le héros et sa biatch) et dans la grosse blague qui vise sous la ceinture (vous rêviez de voir Turturo en string ? Vous êtes exaucés !). Mêmes les robots n’échappent pas à ce traitement totalement out of this world. S’ils nous offrent fort heureusement notre lot de grosses castagnes (dont une superbe en forêt), il est évident que le réalisateur ne les traite jamais comme des figures iconiques ou comme les centres névralgiques d’une mythologie poussée et cohérente. Ce sont pour la plupart des guignols justes bon à tout casser ou à sortir des répliques vaseuses, témoin ce duo de jumeaux robots mongoliens aux oreilles décollées ou encore ce petit Decepticon se masturbant contre la jambe de Megan Fox. Le traitement de Devastator est assez symptomatique de cette approche gol puisque le robot géant ne sera jamais au cœur d’un affrontement titanesque, Michael Bay préférant le filmer en train de se casser la gueule à flanc de pyramide ou osant un gros plan sur ses coucougnettes ! 

Transformers 2
Un aspirateur géant avec des couilles. Vous en rêviez ? Michael Bay l'a fait !

Dès lors qu’on accepte que Transformers 2 ne soit qu’une grosse comédie potache matinée de quelques robots et d’explosions ici et là, l’aberration filmique devient un authentique trip hallucinogène digne de Bad boys 2 et Armageddon. Qu’importe que les enjeux soient balancés n’importe comment (un bout de cube accroché à un pull), que l’on ne comprenne pas toujours tout aux scènes d’action (le design surchargé et bordélique des robots n’aide pas trop à la lisibilité) ou que le bad guy du titre soit atomisé en une poignée de secondes. Le spectacle est tellement crétin qu’il en devient profondément fun et jouissif. Dans le fond, on s’éclate presque autant à voir des combats épiques filmés à hauteur d’homme (ça s’envoie des obus au ralenti, ça se découpe à coup d’épée cosmiques) qu’a entendre les robots se lancer dans des tirades hautement philosophiques à base de Destin et de Matrice (et attendez de voir la virée au Paradis des Robots pour le croire). Au bout d’un moment, on est tellement anesthésié par tant de bêtise qu’on est même plus surpris de voir un robot péter un parachute. 
Sans atteindre le degré d’humour trash du mythique Bad Boys 2, Revenge Of The Fallen  se lâche clairement dans la grosse blague qui tâche. Deux chiens effectuent un joli missionnaire sur un canapé, un robot médecin parle avec un accent allemand hilarant, chaque plan sur Megan Fox ressemble à une pose pour le calendrier FHM… La fumette est hautement recommandée à l’entrée de la salle (la mère du héros sera d’ailleurs sous l’emprise de la marijuana lors d’une séquence, on ne peut être plus clair sur les intentions du film). Il n’y a rien de respectable là-dedans, seul le plaisir malsain de tout détruire – y compris les neurones - compte. On ne s’étonnera donc pas si une séquence du début renvoie explicitement aux Gremlins de Joe Dante, avec une galerie de petits monstres entraînant la destruction totale d’un intérieur bourgeois confortable. Pas plus qu’on ne s’indignera du sort réservé au seul costard cravate du film, personnage demandant le retrait des Transformers et qui sera parachuté littéralement (et symboliquement ?) hors de la navette avant le grand climax.

Beaufisant à l’extrême, Transformers 2 ne s’apprécie qu’en tant que plaisir ouvertement régressif, où l’on s’extasie devant des séquences de transformations incompréhensibles mais jolies, où l’on idolâtre les voitures et les motos comme s’il s’agissait des nouveaux Messies et où on explose de rire devant des séquences dramatiques (la mort du héros est un grand moment de ridicule involontaire). La mythologie du bazar frise le foutage de gueule, l’humour est au ras des pâquerettes mais y a de la pouffe, du robot, de la thune, des explosions et de la frime. C’est indéfendable, certes, et pourtant, c’est justement pour ça qu’on veut le défendre. Cible trop facile des gardiens du bon goût, Transformers 2 est une comédie régressive matinée de séquences d’action bordéliques qui ne vise jamais le cortex cérébral mais fait la fête tous les sens. On ne sait plus trop si c’est vraiment du cinéma ciblant les enfants ou les adultes mâles. On n’est pas même sûr que ce soit vraiment du cinéma. Dans le fond, on s’en fout. Quand Michael Bay pose sa bite sur nos fronts, c’est un peu comme une bénédiction du Pape du mauvais goût : on s’agenouille religieusement. Pardon mais c’est trop bon.
7/10
TRANSFORMERS: REVENGE OF THE FALLEN
Réalisateur : Michael Bay
Scénario : Ehren Kruger, Roberto Orci & Alex Kurtzman
Producteur : Don Murphy, Tom DeSanto & Ian Bryce
Directeur Photo : Ben Seresin
Montage : Roger Barton, Paul Rubell & Joel Negron
Bande Originale : Steve Jablonsky
Origine : USA
Durée : 2h31
Sortie Française : 24 Juin 2009

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 1 Posté par Noonsa le 29 juin 2009 à 03:52

Excellente critique du film, fine au point de ne pas oublier de citer la présence de mots légitimement douteux envers les zomos, témoignage d'un passéisme souvent mis de côté dans le feu de l'action. Tous vos points sont précis et pertinents. Vous voyez juste, et nous voyons pareillement. 
 
Cependant, là où je m'étonne invariablement, c'est quant à ces trop nombreux rappels que le film n'est ni une oeuvre majeure du cinéma intello, ni même un film intelligent. Talentueux, oui, on l'aura compris. Pas spécialement véhiculant un équipement neuronal, on l'aura saisi tout autant!  
 
Bordel! on le sait bien. L'énoncer une seule fois suffit à rappeler ce que tout le monde présume, sans pour autant en avoir une certitude divinatoire... Il y a une intelligence dans les articles de l'ouvreuse qui implique la connaissance de cette donnée: pas besoin de s'excuser d'apprécier un film pour ce qu'il est. Transformers est un film pop-corn dégoulinant de beaufitude, et l'on peine parfois à discerner le volontaire ciblé d'une éventuelle sincérité. 
 
Je citerai mon commentaire dans l'article sur Morse: "Bien que je déplore le peu de finesse humouristique de la grosse majorité des comédies actuelles, je parle des trucs grands public ou orientés jeunes, je n'accuserai jamais un film de me montrer un chien grimper la jambe d'une fille top model sous prétexte que l'intellectuel approche zéro. Pour la simple raison suivante: j'entre et je paie ma place en connaissance de cause. Et de surcroît, c'est le but fixé: non seulement je le sais, mais je le veux." 
 
Il est 03h46, j'ai un boulot tantôt nocturne, tantôt diurne, je matte des films en HD et FullHD en VO sous-titrés en Anglais jusqu'à des 03h30 du mat, je sors de "Il y a longtemps que je t'aime", demain j'ai prévu de matter "In my father's den", et je matte aussi des merdes de films d'horreur et des conneries de comédies américaines avec mon amie qui les affectionne... 
 
Je me prévaux de gars qui cueille ce qu'il y a de bien à gauche à droite, sans cracher sur ce qui ressort comme vraiment trop con. J'n'aime pas? je n'vais pas. J'dis c'est nul même! je n'm'excuse pas d'aimer.
 2 Posté par Christian le 29 juin 2009 à 07:54

Pourtant, c'est bien là tout le paradoxe Mickael Bay : objectivement beauf, ridicule, bordélique, et frustrant, mais tellement que cela en est parfois fascinant... :upset
 3 Posté par Jehros le 29 juin 2009 à 08:40 | website

Excellente critique qui me fait d'autant plus peur que beaucoup adorent ce film au premier degré.  
Dire que je me suis endormi pendant le plan-couilles de Devastator et que personne ne m'en a parlé. Rien que pour oser croire à ce genre de trucs j'irais le revoir. Ou pas.
 4 Posté par Ddx le 29 juin 2009 à 09:11 | website

Dans le premier, j'étais sidéré de voir les héros fuirent...vers le centre-ville où les Decept allaient pourvoir faire encore plus de dégât et de victimes innocentes... 
 
On a les justifications scénaristiques qu'on mérite). 
 
Du coup, "la Revanche" est presque vécu comme un "Tu l'as voulu, tu l'as eu : un grand coup dans ton cul". 
 
On s'avait qu'on allait manger de la merde, mais un bon BigMac (ou BigMich), c'est si bons, parfois...
 5 Posté par Denver le 29 juin 2009 à 09:21

T'as oublié 2 points Mérovingien.
 6 Posté par pau le 29 juin 2009 à 11:37

Critique géniale, même si, j'avoue, je n'ai pas vu le film. Et je n'irai pas.
 7 Posté par Simidor le 29 juin 2009 à 13:00

Cet avis n'engage que Méro. :)
 8 Posté par Macfly le 29 juin 2009 à 18:21 | website

Ah non, pas que.
 9 Posté par nobody smith le 29 juin 2009 à 18:25 | website

Digne de bad boys 2 et armageddon ? Franchement pas à mon sens ! Je partage absolument ta fascination pour le cinéma over-the-top de Michael Bay, Mero. Mais là, c’est franchement une déception. Le fait est que le bonhomme semble avoir voulu utiliser les transformers comme un moyen d’accès à un peu plus de respectabilité. Cette suite ne fait que confirmer ce que le premier opus me laissait augurer : Bay s’est sacrément assagit. Alors oui y a bien toujours cette approche beaufisante ahurissante (bien qu’on tend sévèrement vers l’insupportable ici) et cette pyrotechnie sans nulle autre pareille. Mais je ne retrouve plus (ou si peu) la folie créative de Bay, celle qui me file une putain de gaule dès que je regarde 3 secondes de bad boys 2. La mise en scène en est presque devenue quelconque. Cette fameuse scène d’ouverture à Shanghai qui semble d’avoir convaincu m’est apparu catastrophique en ce sens. Là où la bande annonce laissait justement augurer une séquence mortelle, la scène en sont entier s’avère d’une mollesse impardonnable de la part de son auteur. Il y a bien ses figures de styles mais il n’y a plus cette dégénérescence visuelle derrière pour les soutenir et finalement empêcher le tout de tomber dans ce qui pouvait arriver de pire au cinéma de Bay : l’ennui. J’espère à très court terme une petite remise à nouveau. Un petit bad around the world, ça te dit pas Michael ?
 10 Posté par lord-of-babylon le 29 juin 2009 à 19:35 | website

Donc en fait ce film est génial parce que c'est de la merde ? 
 
Il y a une relation sm/uro/scato entre Bay et ses fans qui est assez fascinante. Un point sur lequel je ne peux qu'être d'accord c'est sur l'acceptation de se faire chier dessus par un cinéaste qui passerait immédiatement pour du foutage de gueule indéfendable si un autre tenté le même coup.
 11 Posté par Colar le 29 juin 2009 à 20:30

Bizarre cette critique. 
 
Tous les éléments sont réunis pour dire que c'est une bouse, mais parce que c'est une bouse, c'est bien. 
 
Y a surtout une phrase qui me chipote : « Dès lors qu’on accepte que Transformers 2 ne soit qu’une grosse comédie potache matinée de quelques robots et d’explosions ici et là, l’aberration filmique devient un authentique trip hallucinogène ». 
 
On peut tout justifier avec ce genre d'argument. « Dès lors qu’on accepte qu'Astérix aux jeux olympiques ne soit qu’une grosse comédie potache matinée de gags abscons et de quelques guests-stars ici et là, l’aberration filmique devient un authentique trip humoristique ». 
 
Ça fait mal hein :p 
 
De la même manière, on peut défendre les films d'Uwe Boll, eux aussi identifiables dès le premier coup d’œil. 
 
Cela étant, je suis d'accord avec le fond de l'article. Bay c'est potache, mièvre, un peu con mais avec de belles explosions (faut lui accorder ça quand même). Et je le regarderai certainement, pour me vider le cerveau, me foutre de ses scènes romantiques et mater le cul de Megan Fox, qui est bonne (et même plus que Kate, dédicace à Nicco).
 12 Posté par Clement le 29 juin 2009 à 20:54

Colar : Certes, mais la beaufitude conserve quand meme une certaine echelle. Tu peux pas comparer les beaufs de luxe comme Bay ou Tony Scott a des mecs comme Uwe Boll. Ca fait mal de dire ca, mais Bay ca ressemble bien plus a du cinema qu'un film du genre BloodRayne. 
Je sais pas comment expliquer, mais tu as ce declic avec certains films et pas d'autres, ce declic qui consiste a assumer les aspects negatifs d'un film. C'est d'ailleurs pour ca que Pearl Harbor est peu apprecie meme par les fans de Bay, c'est parce qu'ils se donnent un air engage, et que donc la, la connerie est plus difficile a assumer et donne au film un cote pitoyable. 
 
Et c'est aussi pour ca que j'ai personnelement (et la je risque de m'attirer les foudres de la Terre entiere) aime Australia. 
 
Mais pour revenir a Transformers, je n'ai pas vu le 2, mais s'il est au niveau du 1, ca resterait du sous-Bay, a savoir un truc de dingue malheureusement totalement illisible (un peu comme un film X en crypte sur Canal) et a la betise parfois affligeante (les scenes comiques totalement a chier).
 13 Posté par Bob le 29 juin 2009 à 22:49

un film X fait par bay sur canal + ça doit déchirer..
 14 Posté par Florent le 29 juin 2009 à 23:42 | website

Alors on déconne, on trip bien entre potes, on va récupérer son cerveau à la consigne à la sortie du film, tout ça c'est trop fun... mais seulement pour des grands qui ont compris que tout ce bordel stroboscopique c'était pas sérieux. Mais les gosses, z'avez pensé aux gosses ? Faut pas oublier que c'est ce qui va faire leur maturité. Vous les voyez tous fucker à 10 ans à droite à gauche parce que tonton Bay a montré de manière gratos les miches de la bonnasse blonde ? Vous les voyez sortir des vannes de mauvais goûts sans savoir que ça l'est ? 
Quand je pense qu'on a grandit avec les esprits bons enfants de Dante et Spielberg, ça fait mal au cul de penser que pour un trip à la con, on se retrouvera avec des mioches prêt à s'engager parce que y'a des beaux guns qui font "SwoooshBooom" quand on s'en sert.
 15 Posté par Colar le 30 juin 2009 à 00:29

Clement : OK, mais qui est-ce qui définit quel degré de beaufitude est acceptable ou non ? L'article ici ne me fait pas vraiment comprendre en quoi un Bay serait mieux qu'un Boll. Y a juste une phrase qui parle du cadre et de la profondeur de champ maîtrisés par Bay, mais à part ça, le message me semble être que c'est con et (mais ?) jouissif. 
 
Sans vouloir faire de la provoc, je trouve même que Uwe Boll est plus cohérent. Chez lui _tout_ est beauf. Même si ce n'est pas fait exprès et qu'il ne s'en rend pas compte. Et j'avoue m'être bidonné sur un Blodrayne. Enfin... j'ai plus ri du film lui-même que de son contenu, mais j'ai passé un bon moment au final. 
 
Alors qu'à l'inverse, le sujet d'un film de Michael Bay étant également pourrave, le contenant, lui, est clinquant. C'est cette dichotomie qui m'embête (je ne pensais pas un jour utiliser ce mot sur L'ouvreuse) (ou ailleurs même). 
 
Allez (une fois), un exemple de ce qui m'horripile chez le bonhomme : Best Armageddon Scene (Youtube) (et c'est même pas du second degré, le gars qui a posté ça trouve vraiment que c'est la meilleure scène d'Armageddon. 
 
Tout y est : les violons, les trémolos, le discours patriotique et pseudo-dramatique d'un président américain qui dit parler au nom du monde entier (ie mon message est universel), le drapeau, et surtout ces scènes autour du monde où tout un tas de gens écoutent religieusement ce discours, genre si t'as pas compris je te le répète : mon film et son message sont universels, regarde, y a même des petits pakistanais et des petits chinois dedans. Hourra ! 
 
Michael Bay ne fait pas dans le subtil, OK, mais quand les ficelles font la taille de l'écran, y a comme un os non ? 
 
Pour ceux qui ont envie de rigoler quand même, je suis tombé sur un site : The 10 Douchiest Michael Bay Movie Scenes Of All Time. Je conseille particulièrement la #6 : The "For Some Strange Reason Michael Bay Is Obsessed With Helicopter Sunset Scenes" Montage. Du bon foutage de gueule en règle :grin
 16 Posté par nicco le 30 juin 2009 à 00:35

Oui mais Kate elle est quand même beaucoup plus bonne.
 17 Posté par Noonsa le 30 juin 2009 à 07:47

J'avais prévenu d'un faux débat, n'imaginant pas sa gestation accomplie... 
Le film est bourru et bourrin, beauf certes, parfois vulgaire, et oui, très cousu de scènes ridicules: patriotisme, bonnasses à gogo ou à Gaga, plans Playboy totalement irréalistes dans la vie des gens ordinaires, etc... on le sait. Ça n'en fait qu'un film d'action réservé aux salles ventilées aux odeurs de pop-corn et de chips sauces vertes! Lui demander plus c'est faire fausse-route. Vous n'auriez pas compris le postulat de départ. Ou alors vous témoigneriez d'une hypocrisie bien banale. 
Peut-être aurait-il pu être moins débile, preste moins les gens pour des cons... Je répondrai qu'il faut être bien naïf (hein j'n'ai pas dit con!) pour prendre Transformers pour un film drame réaliste, et que le but d'un cinéaste c'est davantage d'essayer de nous faire croire que son histoire est réelle que l'inverse... Vous voyez le bout du tunnel là..? 
Uwe Boll joue sur un autre tableau. Comme di précédemment, le cinéma de Bay ressemble plus à du cinéma. Les moyens financiers sont tout autres, y a pas à leur trouver des similitudes telles à les rapprocher, sinon ce qui a précédemment cité. L'un est pour s'en prendre plein les mirettes. L'autre, on sait qu'on veut rire avant de s'asseoir. 
 
Transformers 2 est meilleur que son prédécesseur. Tout simplement Même s'il reprend les couchers de soleil du catalogue Bay... couchers de soleil, qui au demeurant, ne sont pas une invention de Bay, le soleil est bel et bien un astre qui nous survole depuis un temps, et le cinéma exploite cet état de fait depuis... Les pin-up, les pub, l'idéologie outrancière ou juste politiquement correcte... Bay nous refourgue son catalogue, nous abreuve de son cahier FED charges... c'est peu cérébral et de mauvais goût, mais on signe pour ce genre. Réclamer plus de contenu c'est ça prendre les gens pour des cons. Transformers 2 c'n'est pas Terminator 2. 
 
Question subsidiaire propice à relancer l'débat (humblement, je pense): citez le dernier film blockbuster (bim, bam, boum, grand public) qui a aussi un réel contenu... Subversion, provocation, satire, etc...
 18 Posté par Noonsa le 30 juin 2009 à 07:58

Navré pour les diverses fautes et néologismes extra-terrestres, je suis sur un iPhone et celui corrige parfois à sa guise. 
Merci pour la page des Best videos de M. Bay, bien marrant, et longue vie aux scènes à la Armageddon, c'est colossal. Justement, Armageddon est nettement plus orienté et néfaste pour l'esprit d'indépendance. Pauvre ricains qui y croient, pauvre nous par ricochet.
 19 Posté par Merovingien le 30 juin 2009 à 15:30

Noonsa : "pas besoin de s'excuser d'apprécier un film pour ce qu'il est". J'ai envie de dire que tu fais un peu la même chose à la fin de ton poste : pas besoin d'expliquer que tu vois pleins de films autrement plus intelligent pour légitimer un plaisir coupable Bayien de temps en temps.  
 
 
Christian : je pense qu'au delà de ça, la fascination pour Bay vient du fait que le bonhomme sait indéniablement tenir une caméra. Quand il te filme un hélico sur fond de coucher de Soleil par exemple, le fait est qu'il sait utiliser la focale adéquate pour créer un astre surdimensionné et forcer la persective pour que l'ombre de son hélico se découpe en contre-jour. L'image a beau être vulgaire en soit, le fait est que Bay en connait certainement un rayon sur le cinéma pour optimiser au maximum ses effets. Il possède un savoir faire indéniable que ne possèderont jamais, au hasard, un Brett Ratner ou un Len Wiseman. 
 
 
 
nobody smith : "Le fait est que le bonhomme semble avoir voulu utiliser les transformers comme un moyen d’accès à un peu plus de respectabilité" : je ne vois rien de respectable à filmer un robot qui pisse, des couilles de robot ou un autre insultant une meuf de salope. 
Par contre, là où tu vois une mise en scène quelconque, j'y vois plutôt l'influence de Spielberg et une volonté de Bay, loin de l'écurie Bruckeimer, à tenter de poser ses plans et à soigner d'avantage son cadre (même si, Bay oblige, ça reste quand même nawak en terme de découpage).  
 
 
lord-of-babylon : "Donc en fait ce film est génial parce que c'est de la merde ?" 
Non, il est génial parce qu'il dépasse les bornes et qu'au final, il fait tâche dans le petit monde du blockbuster formaté. Son extrêmisme en tout le place dans une catégorie "autre" qui rend l'expérience du visionnage unique (et insupportable pour certains).  
 
 
 
Colar : la différence entre Bay et Boll (ou n'importe quel analphabète de la caméra) vient probablement du fait que Bay sait tenir une caméra et composer ses plans.  
Quand il te fait Armageddon, il débute sur une voix-off de Charlton Heston et t'offre un plan d'ouverture réellement biblique. Même chose quand il filme la destruction de Paris observée par des gargouilles. Pour le coup, Bay ne me semble pas si bête que ça et sait souvent coller une vraie vision épique à son sujet (ce qui ne l'empeche pas de faire le plan d'après du patriotisme pouet pouet involontairement drôle).  
On lui reproche souvent de faire des scènes d'action incompréhensible. S'il est vrai que ce n'est pas toujours lisible ou découpé de façon anarchique, j'ai toujours été surpris par ces attaques tant le bonhomme me semble à mille lieu des montages speed qui semblent polluer les blockbuster récents(au hasard : les scènes d'action du dernier Bond, réellement incompréhensibles pour le coup). L'attaque de Pearl Harbor par exemple me semble être un modèle de clareté vu la multiplicité des actions qui s'y déroulent, des personnages qui y évoluent ou des lieux de bataille. Et elle regorge de visions absolument dantesques que je ne crois pas avoir vu dans un autre film. Quand bien même on trouverai la romance risible (ce qui n'empêche pas encore une fois Bay de composer chacun de ses plans romantiques avec un soin maniaque), quand tu te prend sa bataille dans la tronche, tu te dis que t'as pas payer ta place pour rien.  
Il en va de même pour Transformers qui, aussi longuet à en venir à l'essentiel et aussi crétin dans son script, n'en regorge pas moins de plans hallucinants (Starscream sautant d'avion de chasse en avion de chasse, Optimus courant vers Sam avec un hélico s'écrasant en arrière-plan...) Des types de plan construit avec soin et dynamisme qu'on ne verra jamais chez un Bollnull 
 
Enfin, ce qui ren, selon moi, Transformers 2 si attachant, c'est que Bay semble conscient de ses ficelles et semble y injecter une dose de second degré qui rend l'ensemble plus honnête qu'un the Island. Le personnage de Megan Fox est assez évocateur : là où les femmes ont toujours été des potiches chez Bay (Liv Tyler, Beckinsale ou encore Johanson), elle devient ici clairement une femme objet. Ce n'est plus seulement une bimbo filmée comme dans un clip de rap, ça devient carrément le fantasme d'un petit robot qui l'insulte et se caresse sur sa jambe. On dépasse selon moi le simple rôle de bimbo pour y aller franchement dans la vulgarité second degré qui désamorce l'effet premier (en cela, on est clairement dans une autre galaxie qu'avec les bimbos d'un Fast & Furious) 
 
Je concluerai en disant que même si Bay fait du cinéma vulgaire, je ne le trouve ni cynique ni calibré selon un cahier des charges aseptisé. Bien qu'ils se soit tjs fait attaquer sur procédés de mise en scène grossiers, Bay a toujours envoyer bouler les critiques en assumant ce qui le fait tripper. En dès qu'il s'est essayé à la respectabilité, le public n'a jamais suivi, comme s'il sentait le bonhomme pas à l'aise (Pearl Harbor fut une semi-deception au box-office et the Island un plantage). Donc même si c'est beau au possible et pro-militaire ou pro-Nasa, force est d'admettre que c'est fait avec un savoir-faire indéniable et que ça peut même parfois fonctionner voir émouvoir (je pense en autre à la présentation des héros d'Armageddon filmés sur leurs motos ou chevauchant un cheval façon western Budweiser) 
 
 
 
Florent : ce type de débat sur nos chères têtes blondes et ce qu'elles regardent n'est pas un peu dépassé ? (qu'est-ce que ça va être avec GI Joe) 
 
 
 
Noonsa : ben y avait Speed Racer l'an passé (mais les gens en ont pas voulu). Pour le coup, c'est un vrai pour enfant, bien écris, visuellement novateur et profond. Dark Knight proposait un discours intéressant (même si amené de façon ultra didactique), la Guerre des Mondes de Spielberg est un des films les plus politique qui soit, je pense qu'on peut caser Wall-E aussi (ok ça fait pas boum mais c'est grand public) et que l'humour Apatow comporte son lot de sous-textes subversif tout en recevant un triomphe chez les ricains...
 20 Posté par Macfly le 30 juin 2009 à 18:38 | website

"un film X fait par bay sur canal + ça doit déchirer.." 
 
Pas loin.
 21 Posté par Bob le 30 juin 2009 à 19:05

merci macfy je vais attendre que colar le regarde ;)  
 
@colar et nico : oxy me manque !!!
 22 Posté par Extension du domaine de la put le 02 juillet 2009 à 01:37

Une telle critique pour une telle note... Y'a comme un blème! :eek
 23 Posté par raphaelB le 09 juillet 2009 à 17:12 | website

Je m'étrangle d'indignation. 
 
Que quelqu'un m'explique, soyez sympa...Transformers c'est : un film d'action avec des scènes illisibles. Une comédie avec des blagues pas drôles.  
 
Et il faut applaudir? Parce que c'est raté en tout point? Parce que bay est fier d'être un gros beauf ?  
 
Mais transformers n'est même pas jouissif ! Ce n'est même pas un film défouloir, tellement il n'y a pas de rythme, tellement on a envie d'hurler sa rage à chaque raccord foiré, de vomir sa bile sur une megan fox ahurissante de vulgarité et de bétise (pas plus maligne en interview d'ailleurs la cocotte), de jeter des bombes à chaque réplique d'humour pas drôle, de pleurer enfin, de pleurer parce que c'est mauvais, mauvais, mauvais et que l'ouvreuse met un putain de 7/10... 
 
Transformers 2 cumule en un film tout ce que je conchie : mépris du scénario, casting aberrant, pas de musique (score copié collé du premier), des nanas standards star du X (jeu d'actrice zero, et désolé je bande devant des vraies nanas, pas devant ce genre de truc sans âme), placement de produit outrancier, discours militariste, et je peux continuer comme ça toute la nuit....  
 
Ce film aurait du être génial. C'est une merde. Je mets 3 sur 10 car la scène d'ouverture est quand même magistrale, la baston dans la foret aussi (bravo les types des sfx, franchement ça assure), que la photographie est canon, la pyrotechnie au top et les bruitages sonores excellents. 
 
Que michael bay brûle en enfer.
 24 Posté par Colar le 22 juillet 2009 à 22:45 | website

En plus d'aimer les BD de raphaelB, j'aime ses commentaires :) 
 
Cela étant, je reviens dans ceux-ci pour remettre de l'huile sur le feu. Enfin... de l'essence : voilà l'influence qu'ont les films de Bay sur la jeunesse
 
Que michael bay brûle en enfer bis :p

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