Edito

      "On dit souvent que Télérama dégomme systématiquement le cinéma populaire. Pas toujours. Télérama a aimé Amadeus, Trois Hommes Et Un Couffin ou Le Père Noël Est Une Ordure..."
Lire l'édito de l'été...
 
Iron Man Suggérer par mail
Critique par ZUG le 19 mai 2008

De grandes espérances

Affiche Iron Man
Alors qu’il y a à peine une décennie les adaptations de comics n’existaient qu’à l’état de fantasme de geek, depuis le succès de Blade et plus encore du premier X-Men, pas une année sans ses deux ou trois films de super-héros. Une invasion de masse qui, à quelques exceptions près, se sera surtout fait remarquer par un manque d’ampleur et surtout de respect des fans comme des cinéphiles.

Etant la firme de comics la plus populaire, c’est donc le catalogue Marvel qui se voit exploité via des films aussi puérils que lénifiants. Les 4 Fantastiques, Ghost Rider, Elektra, X-Men 3, autant de nanars friqués que n’aurait pas reniés Albert Pyun, auteur en 1989 d’une mythique (car désormais invisible) version cheap et ringarde de Captain América. Des films qui auront inexplicablement un certain succès, ouvrant la voie pour d’autres projets.
Enter Iron Man. S’il est loin d’être aussi maîtrisé et définitif que la saga Spider-Man, il rempli sans trop de problème un cahier des charges bien garni en termes d’effets-spéciaux. Livrant une adaptation grand public d’un personnage actuellement au cœur de la tourmente politique et idéologique secouant ses aventures papier, Jon Favreau se montre plutôt inspiré dans les scènes d’action et parvient à capter l’essence du personnage de Tony Stark, concepteur d’arme érotomane et imbu de lui-même.

The Campbell Way
Dans les années 60, Stan Lee et les Kirby, Ditko ou Romita ne s’embarrassaient pas de vraisemblance, de psychologie fouillée ou d’intrigues développées. Pour créer ses héros, Stan Lee livrait les grandes lignes du concept de départ à ses artistes qui devaient s’arranger pour illustrer une histoire un minimum cohérente en vingt pages. Ce que l’on appelle The Marvel way. Ici, l’histoire n’est pas plus compliquée mais il aura fallu pléthore de scénaristes pour l’écrire.
Riche, célèbre, intelligent et donc adulé par les femmes, Anthony Stark fabrique des armes pour l’armée américaine sans autre état d’âme. Jusqu’au jour où, alors qu’il effectue une démonstration en plein désert afghan de ses nouveaux missiles, il se fait enlever par une faction armée. Férus de nouvelles technologies, ils commandent à Stark de leur fabriquer les dits missiles s’il souhaite garder la vie sauve. Déjouant leur surveillance, il arrive tel un McGyver moderne à se fabriquer une armure qui lui permettra de s’échapper. Sorti transfiguré de cette expérience traumatisante, il n’aura de cesse de tenter de se racheter. Première mesure, stopper la manufacture d’armes pour le gouvernement. Deuxièmement, améliorer le prototype d’armure mise au point dans une grotte afin de neutraliser ses armes disséminées partout dans le monde.
Un script plutôt basique donc, qui respecte en tous points les préceptes de Joseph Campbell, auteur du Héros aux Mille Visages, ouvrage ayant fortement inspiré un certain George Lucas pour bâtir sa célébrissime saga. Un livre adapté par Christopher Volger qui en fera un mémo donnant les grandes lignes et la marche à suivre pour écrire un scénario quasiment assuré de succès. Et que l’on peut résumer à trois points essentiels :
- Le départ ou l’exil du héros
- L'Initiation, c'est-à-dire une épreuve et une confrontation avec la mort, au moins symbolique, du héros
- Le Retour du Héros qui le pousse à quitter la quiétude quotidienne, ses rancoeurs égoïstes et lutter au côté des autres dans un but commun, pour ressentir au plus profond de soi le sentiment fabuleux "d'être au monde".
Mais au-delà de ces considérations "philosophiques", Iron Man reste avant tout un pop-corn movie sympathique et pas prétentieux, parsemés de références comics assez discrètes et aux scènes d’action plutôt fun, n’ayons pas peur des mots.

L’homme de fer
Mais l’armure rouge et or ne serait qu’une boîte de conserve collector s’il n’y avait pas un interprète à la hauteur pour incarner le yuppie irresponsable Tony Stark. Et l’idée de génie est d’avoir donné le rôle à Robert Downey Junior, la starlette irresponsable. Ce mec s’est préparé à ce rôle toute sa vie ou presque. Imbuvable, capricieux sur un plateau, il aura poussé le professionnalisme jusqu’à anticiper une séquelle axée sur les problèmes d’alcool de Stark en se mettant en danger lui-même par sa consommation de drogue. Ironie mise à part, Downey Jr. est Tony Stark. Il lui donne une présence, voire une prestance assez incroyable et plus que nécessaire quand il s’agit de côtoyer l’immense Jeff Bridges, interprétant Obadiah Stane, père adoptif et rival carnassier du héros. Ajoutons à ce mirifique casting une Gwyneth Paltrow transfigurée (sans doute sa teinte rousse qui lui donne des faux airs de Kirsten Dunst en Mary-Jane) dans le rôle de l’assistante personnelle de notre milliardaire. Une sorte de Miss Moneypenny sexuée et qui n’hésite pas à braver le danger pour les beaux yeux de son patron chéri.

Mais la part du lion est bien évidemment taillée par des effets-spéciaux vraiment impressionnants et beaux. Des désigns des armures très proches des versions comics au complexe high-tech qui tient lieu de foyer à Stark, en passant par les séquences de vol de Iron Man, rien à redire. Favreau se permet même des séquences humoristiques pour une fois drôles (les essais infructueux de décollage). Certes, les scènes d’action proprement dite ne sont pas légion, le film s’échinant avant tout à poser les bases pour d’éventuelles suites. Et tout spectacle mainstream qu’il soit, Iron Man a tout de même pour héros un marchand d’armes. Certes, sur le chemin de la rédemption. Et l’air de rien propose un sous-texte plutôt intéressant sur une course à l’armement perpétuelle qui au final pourrait se retourner contre ses instigateurs. Stark ayant le douloureux honneur d’expérimenter son gilet en kevlar lors de l’explosion d’une de ses bombes à fragmentations.
Quant au combat final opposant Stark à Stane, s’il est un vibrant hommage à celui concluant Robocop 2, il lui est techniquement supérieur, les CGI s’avérant plus probant (et moins poétique certes) que l’animation en stop-motion.
Enfin, Favreau conclue son film plutôt inhabituellement. Alors que le moteur de chaque super-héros est de préserver son identité secrète, Tony Stark est tout heureux d’avouer devant un parterre de journalistes qu’il est effectivement Iron Man. Quoi qu’il advienne, ce type est une rock-star. Le personnage n’a pas changé, il a évolué.

Au final, Iron Man est un spectacle divertissant de grande qualité, ne prenant pas ses spectateurs pour des crétins. Ce qui, vous en conviendrez, est déjà pas si mal par les temps qui courent. Mais une seule petite séquence parvient à elle seule à rehausser l’intérêt de cette grosse machine. Une séquence intervenant après le générique et mettant en scène cet homme :

Iron Man

Nick Fury, directeur du S.H.I.E.L.D, agence de sécurité mondiale et totalement indépendante. Après avoir été dessiné avec la tête de Samuel L. Jackson, juste retour des choses, l’acteur l’incarne enfin. Surtout, il met le feu au poudre en deux phrases évoquant l’existence d’autres super-héros, les Vengeurs (sûrement la version Ultimate de Millar et Hitch) et le projet "l’initiative". Bon, pour s’enflammer faut être amateur de comics récents. Vous avez le temps de vous y mettre d’ici le prochain épisode !...
6/10
Iron Man
Réalisateur : Jon Favreau
Scénario : Mark Fergus, Matt Holloway, Art Marcum, Hawk Otsby basé sur des personnages créés par Stan Lee, Jack Kirby, Don Heck et Larry Lieber
Production : Victoria Alonso, Avi Arad, Kevin Feige...
Photo : Matthew Libatique
Montage : Dan Lebental
Bande originale : Ramin Djawadi
Origine : USA
Durée : 2h06
Sortie française : 30 avril 2008

OPEN THE NEXT
Google! Facebook! Live! Del.icio.us! MySpace! Technorati! Reddit! Mixx! Yahoo!



 1 Posté par isokilla le 20 mai 2008 à 12:58

Un film qui fout la pêche et qui fonctionne surtout grâce à la performance de son acteur principal. 
 
Même note 
 
P.S; t'es bien le seul qui a affirmé que la bataille finale était supérieur au modèle dont elle s'est inspiré, en tous cas de tout ce que j'ai pu lire.
 2 Posté par Bleuten le 20 mai 2008 à 13:27

C'est vrai que le parallele IronMan/RoboCop 2 pour le combat final est d'autant plus flagrant que l'apparence respective des protagonistes est similaire. 
 
IronMan/RoboCop etant un chevalier en armure "près du corps" et IronMonger un monstre mecanique bardé de verins et cables apparents. 
 
Très bonne analyse au passage.
 3 Posté par isokilla le 20 mai 2008 à 14:43

Ben surtout que les scènes se terminent presque de la même manière...
 4 Posté par geouf le 20 mai 2008 à 16:01 | website

Je suis aussi plutot d'accord avec cette analyse, meme si j'emettrais quelques reserves sur Gwyneth Paltrow, un peu trop potiche a mon gout. Bon, au moins elle n'est pas hysterique et insupportable comme dans le nullissime Shakespeare in Love... 
Par contre, j'ai malheureusement loupe le cameo de Samuel Jackson a la fin, snif !
 5 Posté par isokilla le 20 mai 2008 à 16:19

t'ibnquiète Geof, t'as rien raté de spécial à part l'image au dessus. 
 
par contre, pour le rôle de paltrow, je pense que le rôle voulais un peu ça non? Une femme discrète et dévouée qui sort sa petite phrase assassine dès qu'elle en a l'occasion, donc du coup, ça passait bien je trouve.
 6 Posté par 2minutes2roboteries le 20 mai 2008 à 16:31 | website

Excellent moment effectivement... Pour nuancer tout de même l'introduction de l'article, il conviendrait tout de même de mentionner certaines adaptation de comics, bien antérieures à Blade, que sont Superman ou Batman(films qui ont connu un petit succès à l'époque, ce me semble)... Ce n'est pas parce qu'on a affaire à du super héros DC qu'il faut passer la chose sous silence, mossieu ^^
 7 Posté par geouf le 20 mai 2008 à 16:35 | website

ouais, mais ca fait toujours raler un peu de pas pouvoir se la peter en disant "ouais, moi j'ai vu la scene cachee de 30s a la fin du film, nananereuh!" 
Pour Paltrow, je sais pas, le personnage avait l'air interessant, mais justement elle est un peu sous-exploitee, on ne sait pas trop ce qui la rattache a Stark, mis a part qu'elle est amoureuse de lui. J'espere qu'il developperont plus leur relation dans la suite a venir...
 8 Posté par King Kunu le 20 mai 2008 à 16:57

Paltrow n'apparait justement pas comme une potiche. Au contraire. Elle est loin de se faire bouffer par Tony et elle garde ses (courtes) distances. 
 
Et puis elle sort 2-3 vannes sympas : 
- "Je fais le repassage et je sors les poubelles de temps en temps"
 9 Posté par Vaecordia le 20 mai 2008 à 17:45 | website

Bon divertissement en effet ; sans grande prétention et efficace. Ca ne vaut pas un Batman dans la matière (ceux de Tim Burton ou de Christophe Nolan), mais une bonne adaptation du comic (même si je connais pas xD)... et donc, bonne critique aussi ! 
 
C'est vrai que la fin est trippante !
 10 Posté par isokilla le 20 mai 2008 à 19:52

Quote:
Pour Paltrow, je sais pas, le personnage avait l'air interessant, mais justement elle est un peu sous-exploitee, on ne sait pas trop ce qui la rattache a Stark, mis a part qu'elle est amoureuse de lui. J'espere qu'il developperont plus leur relation dans la suite a venir...

 
 
ben elle fait un peu gouvernante, je pense que ça demandais de la discrétion, mais comme il a été dis plus haut, ces répliques sont plutôt croustillantes (si je puis me permettre), surtout la dernière servant à briser la petite ambiance romantique que Stark essai d'installer, ça détourne les codes, c'est simple et efficace. 
 
Quote:
il conviendrait tout de même de mentionner certaines adaptation de comics, bien antérieures à Blade, que sont Superman ou Batman(films qui ont connu un petit succès à l'époque, ce me semble)... Ce n'est pas parce qu'on a affaire à du super héros DC qu'il faut passer la chose sous silence, mossieu ^^

 
 
je pense que Nicolas parlait de la dernière vague qui n'est pas encore terminée, a l'époque de superman, il y a eu très d'engouement par la suite (année 80) et pour batman idem (année 90). Maintenant pour chipoter un peu plus, on peut aussi aussi parler de darkman, spawn, the shadow, rocketeer, puniher version lungren, et pourquoi pas les maitres de l'univers (quoi c'est pas un super héros ??? merde alors !) mais ces dernières années, il faut avouer que c'est presque de l'overdose
 11 Posté par Nicolas Zugasti le 21 mai 2008 à 22:03

Isokilla : Je trouve le combat final d'Iron Man plus réussi techniquement. Je garde un souvenir d'un combat plus intense dans Robocop 2 
 
2minutes2roboteries : Effectivement, j'aurais pu (dû) aborder les adaptations de comics DC, mais vu que c'est le catalogue Marvel qui est le plus exploité actuellement, je m'en suis tenu là. 
Superman version Richard Donner est sympatoche. La version Returns de SInger est insipide. 
Quant aux Batman de Burton, seul Le Défi est franchement bon. Par contre la version Begins de Nolan est excellente et j'attends avec impatiente la suite, The Dark Knignt avec feu Heath Ledger ! Ah, ben tiens je pourrai m'occuper de la critique non ? 
 
Concernant le perso de Paltrow : Isokilla, je ne l'aurai pas mieux écris !
 12 Posté par L'ouvreuse le 22 mai 2008 à 00:46

Quote:
Ah, ben tiens je pourrai m'occuper de la critique non ?

 
 
Chiche. 
(même si ça modifie nos règles de dispatch papiers à la courte courge...)
 13 Posté par isokilla le 22 mai 2008 à 07:58

il sort d'ou ce quote ?
 14 Posté par Bayeur le 22 mai 2008 à 13:49

de ton cul ? ;)
 15 Posté par isokilla le 22 mai 2008 à 15:41

Ah ben va falloir que le calme un peu, il n'a pas le droit d'écrire sans ma permission...
 16 Posté par Nicolas Zugasti le 23 mai 2008 à 10:32

Isokilla, si tu tiens vraiment à faire la critique de The Dark Knight, no problemo. 
 
Mais comme on dit, "il ne peut en rester qu'un" ! 
Ready ? Fight !!!!
 17 Posté par Isokilla le 23 mai 2008 à 11:46

Non non Nicolas, j'ai une longue liste donc je te le laisse, d'ailleur j'ai jamais dis que je voulais faire une critique du dark night (même si j'adooooore Nolan et son Bat Beg)D'ailleurs je sais pas d'ou il sort ce quote (à part de mon postérieur).
 18 Posté par playmO le 07 juin 2008 à 04:29

Un pur film, trop calqué pour le coup mais vraiment fûté (dans les limites du genre). Mais j'aime pas Sam Jackson.

Ouvrez-la ! Avec pertinence et correction. Tout troll sera automatiquement supprimé.
Nom :
E-mail :
Site web :
BBCode :Insérer un lienInsérer une adresse e-mailInsérer une imageTexte en grasTexte en italiqueTexte soulignéCitationCodeOuvrir une listeAjouter une ligne à la listeFermer la liste
Commentaire :



Code de vérification :* Code
Je désire être prévenu par mail des commentaires qui suivront.

 
+ Article précédent   + Article suivant
Le bulletin de notes
 

Derniers commentaires

30/07 | Herta | Eté 2010
29/07 | Pieronimo | Dementia
25/07 | Mlik-FM | Eté 2010
21/07 | Caïus | Le Diction...
20/07 | Grotesque | Summer War...
20/07 | Thibault_V | Eté 2010
20/07 | King Kunu | Eté 2010
20/07 | Idubessy | Terminator...
19/07 | Ayuno | Eté 2010
19/07 | Ash59 | Shutter Is...

Le strip de Macfly

 

 

Aeon Flux RSS

Ecrire pour L'ouvreuse - Pointer vers L'ouvreuse - FAQ - Mentions légales - Nous contacter
© 2010 Créateurs d'Univers - Tous droits réservés