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Les Quatre Fantastiques et le Surfer d'Argent Suggérer par mail
Critique par Mérovingien le 18 septembre 2007

4 Minables, 1 Enterrement

Affiche Les 4 Fantastiques et le Surfer d'Argent
Ca coûte cher de faire un téléfilm de nos jours. Avec l’inflation (mais surtout avec un petit technicien médiocre aux commandes), on a vite fait de se retrouver avec un produit comme Les Quatre Fantastiques et le Surfer d’Argent qui a coûté 130 millions de dollars mais qui semble avoir été produit pour 10 fois moins.
Tous les spectateurs frustrés par le premier épisode avare en action peuvent donc passer leur chemin : aux affrontements homériques tant attendus et promis par l’introduction de deux des plus grands méchants de la galaxie Marvel, Tim Story préfère appliquer la formule du parfait divertissement insipide en rabaissant la richesse du comics d’origine au niveau d’une très mauvaise sitcom.   

Débarrassé de la lourde étape de l’introduction, la seconde aventure des Quatre Fantastiques avait absolument tous les atouts en mains pour s’imposer comme une des plus intenses adaptations de bande dessinée. L’origine du pouvoir des héros et de leur Némésis était établie, la dynamique du groupe fonctionnait à peu près même si elle trahissait parfois le matériaux de base, leur rapport à la célébrité et les quelques questionnements individuels ne demandaient plus qu’à être correctement développé dans les suites futures… Certes, ce premier épisode était d’une incroyable nullité et visait trop clairement la marmaille en prenant la création de Stan Lee de haut. Néanmoins, on pouvait espérer que le réalisateur prendrait note des critiques des fans et tenterait de rectifier le tir en proposant un spectacle d’une plus grande ambition et avec de vrais enjeux narratifs. Aussi, l’annonce du Surfer d’Argent en tant que vedette d’un nouveau volet avait de quoi rassurer puisqu’il s’agit d’un des personnages les plus profonds du catalogue Marvel, avec un potentiel émotionnel et iconique énorme. Plus excitant encore : sa présence impliquait logiquement celle de son maître Galactus, le redoutable Dévoreur de Planètes. Du coup, l’intrigue devait logiquement gagner en ampleur vu qu’il est tout même question ici de la destruction de la Terre et donc de la fin de l’Humanité.C’était sans compter sur l’indigence d’un script préférant accorder 45 minutes (sur les 90 totales, générique de fin compris !) à la préparation d’un mariage – finalement avorté -entre Reed Richards et Sue Storm plutôt que de plonger dans les tourments de l’extraterrestre en métal condamné à servir une puissance cosmique à l’appétit insatiable. Encore une fois, les personnages ne sont abordés que sous l’angle de la comédie, leurs pouvoirs phénoménaux ne servant qu’à alimenter des gags totalement foireux. Vous rêviez de voir Mr Fantastic danser avec des pouffes, la Femme Invisible faire disparaître un bouton d'acné ou d’entendre la Chose roter ? Tim Story a exaucé vos prières ! Par contre, n’espérez pas voir la famille hors norme se battre et unir ses forces dans le but de secourir l’Humanité puisqu’à l’exception du sauvetage d’une grande roue (aussi intense qu’une visite à l’hospice) et d’une brève séquence d’à peine deux minutes en guise de climax foireux, elle ne fera strictement rien, se retrouvant même impuissante face à l’immense cumulonimbus venu engloutir la planète bleue.  

Ne comprenant strictement rien à ce qu’il raconte, le faux fan faisant office de réalisateur a trouvé le moyen de foirer le traitement de TOUS les personnages, qu’ils soient bons ou mauvais. Le Surfer d’Argent voit sa psychologie réduite au strict minimum (une simple soumission au Dévoreur avant que sa rencontre avec une grosse connasse ne pensant qu’à se marier ne le conduise à se rebeller), Fatalis est toujours considéré comme un bouffon sorti de Power Rangers, la Chose se contre-fiche de sa condition (Ben Grimm retrouve par deux fois son apparence humaine et ne ressent aucun déchirement en retournant à son look en plastique)… Aucune émotion ne se dégage donc de ce long-métrage déconseillé aux plus de six ans, pas même lorsque la Fin du Monde approche dans l’indifférence générale (c’est tellement mieux de se concentrer sur les sous-intrigues qui n’intéressent personne). Parvenir à livrer un blockbuster aussi pingre en morceaux de bravoure quand le générique affiche Fatalis, le Surfer d’Argent et Galactus relève de l’exploit ou de l’incompétence la plus crasse. On aimerait pouvoir se consoler avec les deux ou trois bonnes idées reprises de la BD (les pouvoirs échangeables, le jet des Fantastiques) ou bien l’approche originale de Galactus dont le design s’éloigne du géant en costume kitsch pour devenir une force cosmique tentaculaire et réellement effrayante. Malheureusement, la pauvreté visuelle de l’ensemble ramène constamment le métrage vers une dimension télévisuelle en retard de vingt ans sur la concurrence. Outre des effets spéciaux franchement bâclés (à l’exception du Surfer d’Argent, confié aux bons soins de Weta) et un score absolument transparent de John Ottman dont il est impossible de retenir une seule note, rarement une histoire nous baladant sur l’ensemble du globe n’aura paru si peu dépaysante. Les décors de Londres, de Manhattan ou de Chine paraissent bien ternes tant les choix de cadrages basiques n’ont d’égal que la non composition de chaque plan. De plus, chaque environnement manque dramatiquement de vie, Tim Story ayant apparemment jugé bon de n’employer qu’une poignée de figurants pour chaque scène de foule : le gouvernement qui appelle Reed Richards en aide se résume à trois pauvres militaires (dont une blondasse risible), l’effondrement d’une grande roue ne mettra en danger qu’un père de famille prisonnier d’une cabine, l’Apocalypse finale se fera sous le regard de deux citoyens vaguement affolés…   

Confondant légèreté enfantine et abrutissement infantile, Les Quatre Fantastiques et le Surfer d’Argent soulève trois questions essentielles à l’issue de la projection. Tout d’abord : où sont passés les millions investis dans ce nanar ni spectaculaire ni drôle au douzième degré ? Deuxièmement :  comment diable Stan Lee peut-il encore cautionner ce genre de trahison vis-à-vis d’une de ses créations ? (il n’est pas interdit de voir son caméo dans le film comme un élément de réponse). Enfin, et beaucoup plus important : quel farceur s'est occupé de ravager la gueule de Jessica Alba ?

1/10
Fantastic Four: Rise Of The Silver Surfer
"Réalisateur" : Tim Story
Scénario : Don Payne, Mark Frost, John Turman
Production : Avi Arad, Bernd Eichinger, Ralph Winter
Photo : Larry Blanford
Montage : Peter S. Elliot, Wiliam Hoy, Michael McCusker
Bande Originale : John Ottman
Origine : USA
Durée : 1h32
Sortie France : 8 août 2007














 1 Posté par macfly le 18 septembre 2007 à 16:39 | website

:( Jessica Alba ? La gueule ravagée ? 
 
Je ne peux pas le croire, ça va contre les lois de la nature.
 2 Posté par Tom Robin le 18 septembre 2007 à 17:15

Le fait qu'une Sue Storm au tein mate soit la soeur d'un Johnny Storm tout ce qu'il y a de plus visage pale, ça, ça va contre les lois de la nature.
 3 Posté par belou le 19 septembre 2007 à 08:00 | website

Le traitement du surfer d'argent est quand meme un crime contre l'humanité. 
 
Ce personnage me semblait déjà à douze ans plus profond que n'importe lequel (juste après il y avait Serval parce que merde il se coupe le dos de la main des qu'il sort ses griffes le gars). 
 
Heureusement l'industrie du cinéma a un sacré humour cynique et vient de remettre Tim Story à sa place : il va réaliser Losers.
 4 Posté par Did le 19 septembre 2007 à 20:55

Non justement je ne pense pas que ce soit un nanar, car dans ce cas il aurait au moins fait rire(pensez Chuck Norris).  
 
Plutôt un navet abominable. 
Oui je joue sur les mots mais je pense que ça compte :p
 5 Posté par Winst le 21 septembre 2007 à 08:37

Moi j'ai pas vu ce film et je le verrai probablement pas parce que le premier 4 Fantastiques j'ai déjà donné et que revoir Vic MacKey se lopétiser à ce point-là ça me fait trop comme une sorte de fussoir.
 6 Posté par Udéka le 11 novembre 2007 à 22:24

"Non justement je ne pense pas que ce soit un nanar, car dans ce cas il aurait au moins fait rire [...]Plutôt un navet abominable.  
Oui je joue sur les mots mais je pense que ça compte". 
 
Tu ne joue pas sur les mots, c'est l'exacte définition. 
 
Le premier était un navet rare, déjà. Il faudra m'expliquer comment les bras cassés en chef parviennent à foirer des sujets aussi riches.

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