Edito

   "En mai fait ce qu'il te plaît" dit l'adage. Or une mise à jour semble plus que nécessaire...
Lire l'édito de mai...
 
The Matrix Reloaded Suggérer par mail
Analyse par nicco le 9 décembre 2007

Machines qui rave

Affiche The Matrix Reloaded
Tandis que le superbe trailer de Speed Racer brûle les yeux des internautes depuis vendredi, revenons un instant sur une des innombrables sources de railleries et de critiques chez les détracteurs de la trilogie verte.

Les Wachowski ont abondamment garni leurs films de symboles appartenant à la contre-culture, tant graphiques que sonores (les rasta de Reloaded, les danseurs SM du Club Hell de Revolutions, les chansons Wake Up et Calm Like a Bomb du groupe Rage Against The Machine des génériques de fin), quand ce n'est pas tout simplement de puissantes allégories subversives : comment ne pas voir une allusion à la drogue dans cette pilule magique que prend Neo pour "rester aux pays des merveilles" (dixit Morpheus), pays dans lequel il est possible de voir ses membres se dédoubler, de voler, de planer ? Allusion renforcée dans Reloaded par la fameuse scène de la rave, que beaucoup avaient trouvée sans intérêt alors qu'elle s'inscrit complètement dans la note d'intention des auteurs, et fait de plus partie intégrante du mouvement cyberpunk (le dub de Sion dans Neuromancer), représentant un havre de liberté pour la jeunesse indocile contemporaine voulant se divertir sans les contraintes du système (jeunesse qui apparemment se retrouve pleinement dans ces films puisque de nombreux extraits de la trilogie, ainsi que des Animatrix, sont samplés par les video-jockeys des free parties).
Les tambours qui résonnent sous terre lors de cette rave rappellent thématiquement celui du petit héros du film éponyme (Le Tambour, Volker Schlöndorff, 1979), lequel sabotait une cérémonie nazie en jouant caché sous scène. La réunion propagandiste pour le Troisième Reich devenait grâce au tambourin d'Oskar, grâce au rythme, grâce au "dub", une valse géante à laquelle prenait part le public, au grand dam des officiels nazis. Le héros du Tambour, né d'une Trinité, expliquait, tandis que nous le découvrions dans le ventre de sa mère (donc dans la matrice), qu'il s'ancrait "entre le prodige et le simulacre" (la bande-annonce du premier Matrix, sa "naissance", était illustrée par la musique des Prodigy, "prodige" en anglais). Oskar ne naît d'ailleurs pas à l'état de bébé, mais en étant déjà un enfant dont le moyen de défense face aux adultes est de… briser le verre avec ses cordes vocales. Nouveau parallèle amusant : dans l'univers de Matrix, briser du verre ou des vitres symbolise le piratage informatique et donc la rébellion, interprétation cinématographique de la Glace du Neuromancer de William Gibson.
(Notons d'ailleurs que Neo et Trinity font l'amour durant cette rave, prolongement cohérent de la scène de leur rencontre lors du premier opus, qui se passait dans un club techno).

The Matrix Reloaded

The Matrix Reloaded

The Matrix Reloaded

The Matrix Reloaded
Des rastas et des asiatiques en transe, des noirs s'élevant au-dessus de la foule, des filles à moitié nues qui se frottent : une pauvre pub Tahiti Douche selon les plus pertinents des spectateurs… Ou quand une génération élevée par la télé et le conformisme est incapable de s'émanciper de la perception hyperréelle.

Plus qu'illustrer la motivation ouvertement contestataire des protagonistes, la présence de cette séquence de rave au milieu d'une œuvre ouvertement post-moderne souligne une des particularités de ce mouvement. Lors d'une scène du film 24 Hour Party People (Michael Winterbottom, 2002) se passant en 1985, le narrateur, Tony Wilson, célèbre producteur de musique anglais (New Order), se promène au milieu de la piste de danse du mythique club Hacienda sur laquelle sautent au ralenti des centaines de jeunes gens au rythme des sons électroniques. Wilson brise le quatrième mur fictionnel et explique directement au spectateur que ce public n'acclame pas la musique, ni le musicien ou le compositeur, mais le DJ, c'est-à-dire l'intermédiaire, le medium. Pour Wilson (et Winterbottom), ceci est "the birth of the rave culture" (la naissance de la culture rave), et par extension la naissance d'une contre-culture post-moderne qui sait ce qu'elle doit à ses artistes, à ses diffuseurs et à ses défenseurs (on retrouvera cet esprit à partir des années 90 par le biais de cinéastes rendant régulièrement hommage à leurs artistes favoris à travers leur propre œuvre, tels que Quentin Tarantino ou Alex de la Iglesia).

Intéressant donc de constater qu'une séquence illustrant parfaitement l'esprit frondeur du genre auquel le film appartient (de la SF cyberpunk, ne l'oublions pas), s'appuyant sur l'imagerie forte d'une culture contestataire qui a compris qu'au sein d'un système tentaculaire et liberticide, le meilleur moyen de s'exprimer est de glorifier le medium (celui qui fait passer un autre message), que cette séquence donc, soit si décriée, voire quasiment jugée "inutile" par une bonne partie du public, apparemment incapable de se défaire de ses codes, de ses préjugés télévisuels, de ses attentes commercialisées ("On est venu voir un blockbuster qui pète partout, pas des lesbiennes qui s'enlacent !") .

"Si dépendants du système qu'ils seraient prêts à…" Etc, etc, etc.

The Matrix Reloaded
Réalisateur : Andy & Larry Wachowski
Scénario : Andy & Larry Wachowski
Production : Joel Silver, Andy & Larry Wachowski...
Photo : Bill Pope
Montage : Zach Staenberg
Bande originale : Don Davis
Origine : USA
Durée : 2h18
Sortie française : 16 mai 2003














 1 Posté par Fals le 09 décembre 2007 à 23:10

"Ou quand une génération élevée par la télé et le conformisme est incapable de s'émanciper de la perception hyperréelle." 
 
Hm, je crois que j'ai besoin d'une explication de texte là-dessus. Et je crois aussi que cette séquence est décriée principalement pour sa maladresse : c'est présenté comme une "célébration du vivant" et c'est filmé comme un clip anonyme (certes, un clip anonyme avec des t-shirts mouillés). Le truc, c'est qu'on ne ressent pas du tout la chair là-dedans, l'animalité, la chaleur... voilà, c'est sensé être chaud, et c'est froid : le travelling est froid, le ralenti est froid, les gusses qui se tortillent ont l'air désincarnés. La fille qui se lave dans la pub Tahiti douche m'excite plus (mais peut-être est-ce parce que je suis "incapable de m'émanciper de la perception hyperréelle" ?) Pour donner une analogie, j'ai envie de dire que cette scène est à l'érotisme ce que les scènes d'action de 300 sont à la violence. 
 
D'ailleurs, pour être franc, je me suis parfois demandé si ce n'était pas tout simplement volontaire. Je m'explique : au final, le sens de Matrix revient un peu à faire le deuil de l'humanité "pure" par le dépassement de l'opposition humains/machines. Or, le sens de cette rave telle que décrite par Morpheus (si je me souviens bien) est de "montrer" aux machines à quel point les habitants de Sion sont humains. C'est un manifeste. Du coup, le fait que la mise en scène décrédibilise cette ambition prendrait du sens dans cette optique. Mais ce serait franchement tiré par les rastas.
 2 Posté par nicco le 10 décembre 2007 à 01:24

"Ou quand une génération élevée par la télé et le conformisme est incapable de s'émanciper de la perception hyperréelle." 
 
Simple : pour reprendre Baudrillard, la société post-industrielle de la 2ème moitié du 20ème siècle a engendré une réalité améliorée, qui s'est superposée à la nôtre car beaucoup plus puissante, mettant en exergue la force et l'universalité du signe, de l'image, du simulacre. 
 
Conséquence ? Au lieu de voir la consonnance tribale de cette séquence de rave, au lieu de voir la possibilité concrète que ce genre de festivité existe réellement pour de vrai !, ou même au lieu de voir le message évident et premier degré qui y est proposé, le public y voit avant tout une pub ! Pour les spectateurs, seule une pub vendant du Tahiti Douche peut leur offrir ce genre d'expérience, combien même chaque élément présent dans cette scène est totalement proscrit dans une pub...  
Flippant, je trouve. 
 
Et sincèrement, j'ai du mal à croire qu'on la décrie pour sa maladresse quand les mêmes spectateurs s'étonnent qu'on trouve Die Hard 4 à chier.  
 
D'autant plus qu'en ce qui concerne la mise en scène, tout est évidemment distancié, mais pas seulement dans cette séquence : dans les trois films.  
C'est d'ailleurs cette sensation de distance, de froideur, d'immobilisme (les personnages sont réellement filmés comme des monolithes) qui donnent toute la valeur d'iconicité à ce qu'on voit. 
 
Mais sinon je suis d'accord, c'est bien le but volontaire des Wacho sur cette trilogie : montrer la grille d'interprétation hyperréelle (la Matrice ?) dont est prisonnier le spectateur. 
Or cela mériterait un bien plus long papier... 
 
Hyperréalité
 3 Posté par Fals le 10 décembre 2007 à 03:26

"Le simulacre n'est pas ce qui cache la vérité, c'est la vérité qui cache qu'il n'y en pas pas. Le simulacre est vrai" dixit Baudrillard en faisant semblant de citer la Bible.  
Si on suit cette logique, on ne peut plus opposer le simulacre à la réalité, puisqu'il la remplace. "Ce genre de festivité qui existe pour de vrai" fait alors partie de l'hyperréalité, s'est construit d'après elle, parle son langage : "tribal", c'est un signe, à moins d'être né au sein d'une tribu, ou tout du moins d'en avoir dans son voisinage. La contre-culture fait partie du truc, "je veux retrouver mes racines tribales et animales et faire du t-shirt mouillé en communauté au son du tambour" étant "un moment du faux".  
Je veux dire, l'hyperréalité, par principe, il n'y a pas d'émancipation possible ; de même qu'il ne suffit pas d'éteindre la télé pour se retrouver dans un monde qui n'est plus façonné par elle. 
 
Pour revenir plus précisément à cette séquence, en bref, disons que c'est le fantasme ridicule de parodies d'humains. Ce qui reste à déterminer, c'est si les réalisateurs l'ont mise en scène dans le but de donner au spectateur une alternative aux humains isolés branchés à la Matrice (et dans ce cas-là, c'est risible), ou s'il s'agissait pour la première fois dans la trilogie de montrer Sion comme faisant partie du simulacre (sans même avoir besoin d'être intégrée dans la Matrice). Dès lors, la réaction en général constatée chez le spectateur ("ça sonne faux comme une pub tahiti douche") ne pouvait pas ne pas être voulue. Ca devient la première séquence d'une longue série qui vise à abolir la frontière entre réel et virtuel (ensuite Smith se télécharge dans un cerveau, une sentinelle traverse Neo, c'est la fête). Et même dans cette optique-là, ça reste à mon sens maladroit, parce qu'il faut vraiment avoir aimé le film pour revenir sur cette scène et lui trouver un sens.
 4 Posté par nicco le 10 décembre 2007 à 09:43

"parce qu'il faut vraiment avoir aimé le film pour revenir sur cette scène et lui trouver un sens." 
 
Ou alors il faut vraiment ne pas avoir aimé le film pour revenir encore une fois à une simple et inconstructive sensation subjective, et s'y accrocher fermement, après avoir exposé des éléments concrets de son réel intérêt à différents niveaux. 
 
(en allant jusqu'à écarter la possibilité qu'on puisse trouver cette scène en elle-même très bonne au premier regard, et qu'il faut nécessairement y "revenir" pour lui trouver des qualités, tout en avouant à demi-mots ne pas avoir apprécié le film dans son ensemble... A partir de là, en effet, à quoi bon...?  
Je trouve cette scène esthétiquement très belle, très bien montée, et comme je l'ai montré, elle a, selon moi, complètement sa place dans ce film pour pas mal d'autres raisons)
 5 Posté par Jaded le 10 décembre 2007 à 10:15

Aucun lien (ou peu), mais le dernier Gibson (enfin, dernier, 6mois/1an à vue de nez) était bien sympathique. 
Beaucoup moins Cyberpunk que les classiques, ou plutôt Youtubo-Geekesque. ;)
 6 Posté par Fals le 10 décembre 2007 à 10:40

Je t'arrête tout de suite, j'ai beaucoup aimé Matrix Reloaded. Pourtant, je classe cette scène du côté des maladresses, à égalité avec le gros cul de Laurence Fishburne, des scènes de dialogues mises en scène sans génie et les doublures numériques perfectibles (autant pour le burly brawl c'est justifié, autant juste pour voir Neo voler, ils auraient pu s'en passer). 
 
Quant à trouver cette scène très bonne dès le premier regard, c'est bien ce qui nous sépare. J'affirme donc via ces commentaires qu'il est possible de ne pas la trouver bonne sans pour autant être un imbécile conformiste qui aime Die Hard 4 (que j'ai pas vu d'ailleurs, mais j'ai subi Underworld, donc j'imagine très bien l'ampleur du désastre).
 7 Posté par macfly le 10 décembre 2007 à 11:52 | website

"Ou alors il faut vraiment ne pas avoir aimé le film pour revenir encore une fois à une simple et inconstructive sensation subjective" 
 
En ce qui me concerne, en voyant cette scène j'ai pensé "coca-cola" et "Britney Spears" et pas "tambour" ni "cyberpunk" ni "rave" (parce que comme beaucoup, je ne connais pas tout ça). Ca fait longtemps que j'ai vu ce film, mais je me rappelle avoir pensé à tout ça à cause de la lumière, du traitement de l'image, du montage et des ralentis, qui font penser à certains clips ou pubs. Après tout, quand on a la sensation que De Palma refait du Hitchcock, est-ce qu'on parle de sensation subjective ? 
 
Pourquoi y aurait-il plus d'objectivité à voir un renvoi au Tambour qu'à voir un renvoi à Tahiti Douche ? 
 
Et pourquoi une telle remarque ne serait-elle pas constructive, alors que tu fais toi-même le lien entre Matrix et hyperréalité (quoi de plus hyperréel qu'une pub Tahiti-Douche) ?
 8 Posté par nicco le 10 décembre 2007 à 12:08

"Pourquoi y aurait-il plus d'objectivité à voir un renvoi au Tambour qu'à voir un renvoi à Tahiti Douche ?" 
 
Car comme je l'ai dit, je n'ai jamais vu de pub Tahiti Douche ou Coca Cola mettant en vedettes des blacks et des lesbiennes fouttant le dawa pour montrer aux "dirigistes blancs d'en haut" qu'ils existent.  
 
Par contre dans le Tambour je vois un freak le faire.  
 
Après, si la forme ramène malgré tout et invariablement vers Tahiti Douche, on parle donc bien de perception hyperréelle, amha.
 9 Posté par Jollyroger le 10 décembre 2007 à 23:07

"Car comme je l'ai dit, je n'ai jamais vu de pub Tahiti Douche ou Coca Cola mettant en vedettes des blacks et des lesbiennes fouttant le dawa pour montrer aux "dirigistes blancs d'en haut" qu'ils existent.  
 
Par contre dans le Tambour je vois un freak le faire. " 
 
Mouais, en revoyant la scène récemment je n'y vois vraiment pas le coté subversif que tu y trouves. On ne devine rien de très sexué et de très choquant dans les mouvements de foule, tout parait millimétré. Par ailleurs les rares gros plans mettent plus en valeur des hommes et femmes jeunes et bien foutus plus aptes à figurer dans un clip de r'n'b que dans un film de freak amha. Comment alors percevoir le message au premier degré si la représentation ne dépasse pas le cadre du cliché?
 10 Posté par playmO le 14 décembre 2007 à 12:40

J'oubliais : en parlant d'hyperréalité, un clip à revoir et à rembobiner (humour) : Out of control, des Chemical brothers. 
Encore des bros, mais pas chez Warner.
 11 Posté par raphaelB le 14 décembre 2007 à 14:23 | website

Mmmh...Le problème c'est qu'on reste dans le cyberpunk propret, la rave clean, l'esthétisme de clips de rnb. On est complètement dans le cliché, sorry. Matrix c'est bien, mais ça aurait pu être tellement mieux!(mais c'est bien quand même)
 12 Posté par belou le 17 décembre 2007 à 23:10 | website

Rasta babylon sion nichon! 
 
Perso c'est à partir de cette scéne que j'ai complètement décroché du film. Et cela pour plusieurs raisons: 
- je me suis senti immédiatement exclus de cette orgie bacchanale 
- la musique m'a fait chier. 
 
Donc on peut en conclure en suivant ma réaction c'est que vlan en excluant les spectateurs de la seule scène "vivante" du film les Wachos soulignent une fois de plus que leur propos est bien de nous faire comprendre que nous "sommes" dans la matrice (on raccourci hein) et que les seuls être vivants sont hors de notre atteinte. 
 
Enfin voila. 
 
Apres je me susi fait chier et je m'a endormi.  
 
Je crois que j'ai ronflé.
 13 Posté par bob le 25 février 2008 à 02:10

C'est pas cette scene qui est inutile, c'est le film...
 14 Posté par nicco le 25 février 2008 à 12:40

Oui. Certes. lol.
 15 Posté par MrBlondeDVE le 26 février 2008 à 15:27

lol ouai mdr ptdr lol C toi ki é debil mdr wtf .... 
 
 
 
bon
 16 Posté par Bleuten le 26 février 2008 à 23:07

+1
 17 Posté par MrBlondeDVE le 27 février 2008 à 21:18

je tiens a dire que je ne voulais pas marquer "debil mdr" mais "inutil lol", les puristes auront rectifier d'eux même ... 
 
 
et faudrais pouvoir éditer ses commentaires, ça fait chier de faire des phottes sans pouvoir les corriger ...

Ouvrez-la !
Nom :
E-mail :
Site web :
BBCode :Insérer un lienInsérer une adresse e-mailInsérer une imageTexte en grasTexte en italiqueTexte soulignéCitationCodeOuvrir une listeAjouter une ligne à la listeFermer la liste
Commentaire :



Code de vérification : Code
Je désire être prévenu par mail des commentaires qui suivront.

 
+ Article précédent   + Article suivant

A l'affiche

jeuxdedupes_aff.jpg

Derniers commentaires

17/05 | Isokilla | Rome
17/05 | L'ouvreuse | L'ouvreuse...
17/05 | Lord-of-babylon | L'ouvreuse...
17/05 | Lord-of-babylon | Rome
17/05 | Celtik | Rome
17/05 | the dude | L'ouvreuse...
17/05 | Isokilla | L'ouvreuse...
17/05 | Isokilla | The Matrix...
17/05 | Isokilla | L'ouvreuse...
16/05 | the dude | The Matrix...

Le strip de Macfly

strip3case1
 

Le partenaire de l'ouvreuse

Melting Actu
 

Aeon Flux RSS