L'ouvreuse, meneuse de revues

They Live, We Sleep

citizen kane
Jean-Luc Godard a un jour déclaré, dans un léger accès de lyrisme, qu'Alfred Hitchcock avait réussi là où Alexandre Le Grand, Jules César, Napoléon et Hitler avaient échoué.

Ce sacré Jean-Luc voulait probablement dire par là qu'Hitch était parvenu à détenir une sorte de pouvoir absolu : celui de susciter chez les spectateurs du monde entier les émotions qu'il souhaitait. Jean-Luc traçait aussi un lien aujourd'hui évident entre pouvoir politique et pouvoir des images.

Bien sûr, quand le gouvernement s'adresse à l'agence de pub Young & Rubicam pour nous concocter " target="_blank">un petit clip sur le pouvoir d'achat, il ne s'agit pas de nous manipuler. Meeuuh non, on ne dépense pas trois ou quatre millions pour vous laver le cerveau, mais juste pour vous "informer". Ce n'est qu'un petit clip innocent où on tapote nerveusement avec ses doigts en regardant l'heure dans des décors gris, mais où grâce à quelques réformes, on sourit, les coussins deviennent oranges fluos et on peut atteindre le bonheur et la sagesse éternelle : travailler plus, " target="_blank">marry, reproduce, obey et faire les courses à Carrouf. Notez que cette pub est financée par vous et moi, ce qui veut dire que nous sommes manipulés avec notre propre argent, pour nous faire croire qu'on va gagner plus d'argent ! Si c'est pas beau la démocratie.

Le travail de William Karel, manipulateur d'images d'un autre genre, consiste de temps en temps à mettre à nu les tromperies audiovisuelles visant autre chose que l'immersion dans la fiction. Dans Opération Lune par exemple, qui créait une théorie conspirationniste crédible à partir de rien d'autre que des images sorties de leur contexte, et surtout dans Poison d'Avril, téléfilm Arte moche et fauché mais d'utilité publique, qui décortiquait le traitement des images dans une chaîne de télévision pendant les élections de 2002. Pour son dernier film, Karel délaisse la politique, mais s'intéresse toujours à la manipulation, puisqu'il reprend des bouts de polars hollywoodien des années 30 et 40 pour les monter ensemble.

Cette semaine, on a ressorti les cartons de papi ! "Study the Past" comme ils disent dans JFK. Ainsi, le Times a mis en ligne ses archives de 1785 à 1985. Une initiative impressionnante, qui m'a permis notamment de trouver un article paru à la sortie de The Thing (le premier truc que j'ai cherché, c'est John Carpenter... On ne se refait pas.) Dépêchez vous, parce que la mauvaise nouvelle, c'est que ce sera bientôt payant.

Un autre qui montre qu'il sait aussi regarder son passé, c'est le cinéma français, puisque Bienvenue Chez Les Ch'tis va sortir... en VHS. Une belle manière de rendre hommage aux trente ans de retard du cinéma hexagonal !

Rob Zombie a quant à lui été fouiller dans sa collec de vieilles cassettes vidéos, au vu de l'affiche très rétro de son prochain film. En revanche, pour son premier film d'époque, Tarantino, fidèle a ses manies de confusion des périodes et de manipulation temporelles, se refuse à faire un film qui ait l'air d'un film d'époque. Bonne idée, parce que le passé sépia, c'est bien joli, on dirait les vieilles photos du grenier. Mais je ne suis pas certain qu'en 40, papi voyait mamie en sépia.

Et en vrac pour finir : Jean Delannoy est mort, mais personne n'en parle puisque la Nouvelle Vague a dit que c'était pas bien, Karim Dridi en a marre de l'expression "cinéma social" et malgré son ineptie kourtrajmesque, le clip de Justice aura au moins donné naissance à quelques bonnes parodies (ici et .)




   

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