Les Rois Du Patin

What would Brian Boitano do?

Affiche Les Rois du Patin

Tu aimes toiser des ukrainiennes de 15 ans courtes vêtues ? Quand on te dit "homme en collant" tu penses à Evgeni Plushenko plutôt qu'à Superman ? La formule "dimanche après-midi + France 3 + costumes immondes" te rend jouasse ? Ok, tu es Nelson Monfort.


Et en tant que Nelson de ton état tu devrais assez apprécier la nouvelle comédie sportive de Will Ferrell, qui, après les sports mécaniques et avant le basket-ball, enfile les frusques d'un patineur artistique accroc au sexe, exclu de toute compétition après s'être battu sur un podium avec son pire rival (Jon Heder). Pour pouvoir concourir aux mondiaux d'hiver, les deux ennemis s'associent, formant ainsi le premier couple 100% masculin du patinage (et là Nelson il fait la gueule : "Où est Tatiana ?").

La sortie des
Rois du Patin est l'occasion de souligner une nouvelle fois la politique incohérente des distributeurs. Nous avons droit en salle à cette comédie sportive sans surprise tandis que les précédents cartons critiques et publics des deux têtes d'affiche, le dantesque Talladega Nights pour Ferrell et l'indépendant Napoleon Dynamite pour la révélation Jon Heder, restent étonnamment invisibles de par chez nous (le Ferrell eut le grand honneur d'une sortie directe en DVD pour cause de susceptibilité française). 

Les Rois du Patin
Le héros d'Un Jour Sur Terre ne passe pas son temps dans la flotte glacée, il partouze aussi dans des hôtels


Toujours est-il qu'une fois de plus, c'est de la mécanique comique de bas niveau qui échoit dans nos salles obscures. Là où Wil Ferrell mettait à profit le schéma ultra balisé de la comédie sportive pour mieux asséner un discours critique sur le consumérisme du public américain et l'exploitation à outrance de la compétition et des sportifs par les marques dans
Talladega Nights, les auteurs de ces Blades Of Glory ne réussissent jamais à élever le niveau au-delà de la simple caricature. Certes, sont évoqués les sujets tabous et fantasmes du milieu (les coups bas entre patineurs, les frères et sœurs incestueux), les sujets de moquerie du patinage sont joyeusement exagérés (les tenues absolument impossibles, le narcissisme des athlètes) et le postulat du métrage permet de bons gags lors des figures de patinage. Le minimum syndical. Hélas alourdi par les figures imposées du genre traitées sans aucune originalité, du coach qui cherche un rachat à la botte secrète ultime en passant par l'associée ennemie rejoignant le clan des gentils, rien n'est oublié, et rien n'est sublimé. Sans la personnalité des deux acteurs, c'est tout juste si des fois on n'a pas l'impression de revoir Le Feu Sur La Glace.

Restent de beaux numéros de patinage câblé, joliment mis en image, et une course poursuite absurde qui résume l'esprit de ce film : de bonnes idées sur le papier, de la bonne volonté dans l'exécution, mais tout cela handicapé par un manque de dynamique ou de folie.
Il manquait sûrement Nelson.

5/10

BLADES OF GLORY

Réalisateur : Josh Gordon & Will Speck
Scénario : Craig & Jeff Cox, Busy Philipps…
Production : Ben Stiller, Stuart Cornfeld, John Jacobs…
Photo : Stefan Czapsky
Montage : Richard Pearson
Bande originale : Theodore Shapiro
Origine : USA
Durée : 1h33
Sortie française : 3 octobre 2007

 




   

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