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Critique par Simidor le 3 mars 2009

Le vieil homme et la mort

Affiche Gran Torino
Walt Kowalski vient de perdre sa femme et se terre dans son isolement comme un chien toujours prêt à mordre. Le vétéran de Corée se sent étranger à sa famille et peste contre les communautés Hmong qui s’installent progressivement dans son quartier.

Ses seuls réconforts dans cette époque qu’il ne connaît plus sont son chien et un modèle Gran Torino des 70’s qu’il passe son temps à bichonner. Le jour où Tao, son jeune voisin, décide de lui piquer sa voiture pour accomplir son initiation auprès du gang de son cousin, la vie du vieil homme va progressivement changer et lui ouvrir bon gré mal gré un chemin vers la rédemption.

C’est dans une salle presque comble et parmi toutes les générations que j’ai pu voir le dernier Clint Eastwood. Une façon de mesurer que le grand Clint met maintenant presque tout le monde d’accord. Cela tombe bien car Gran Torino parle de l’échec du melting pot, à la fois entre origines et entre générations, mais surtout de la difficulté de regarder au-delà de sa propre pelouse. Faudra t-il se réjouir de cette quasi-unanimité que fait le film dans nos contrées ou bien culpabiliser sur notre tendance à soutenir un vieux papy grincheux réac’ à l’idéologie douteuse ? C’est la question que nous pousse à poser notre point Godwin du mois, Jean-Baptiste Morain et son article dans les Inrocks, qui arrive à placer un Le Pen in extremis, analysant rétrospectivement la filmographie récente d’Eastwood sous un œil partisan et ethnocentré, occultant au passage tout un cheminement accompli depuis quelques dizaines d’années.

Gran Torino
«C'est moi Clint Eastwood dans ma fameuse imitation de mon pote Jean-Marie.»

C’est pourtant un tableau réaliste des Etats-Unis que décrit Gran Torino. Nous y voyons une Amérique moderne pour laquelle le melting pot n’est encore qu’un idéal. Walt Kowalski, personnage Eastwoodien typique coincé entre ses démons et ses idéaux d’un autre âge n’y est pas si différent des gangs qui peuplent sa ville, chacun se terrant dans un communautarisme de survie bourré de certitude (pour faire plaisir et rendre justice à l’interprétation de tous les acteurs, on dira que fréquenter des gangs permet d’affirmer son individualité). Il y’a pourtant deux personnages porteurs d’espoirs dans ce marasme, Sue et son frère Tao, qui se posent tous deux un peu en marge de leur monde. Deux personnages qui évitent judicieusement les clichés du genre en les dénonçant, soit par leur comportement, soit en les tournant en dérision par des réparties aiguisées. Celles de la jeune Sue sont d’ailleurs très fines et mettent souvent Walter en porte-à-faux. Ainsi ce serait confondre le réalisateur et le point de vue que d’assimiler Walter Kowalski au réalisateur de Gran Torino, encore que le point de vue de Kowalski n’est pas exclusif dans le film. Quel pourrait d’ailleurs être l’utilité d’une rédemption du personnage et de la confrontation avec l’extérieur si ces idées étaient défendues par le réalisateur ? Et pourquoi rapprocherait-il Walter de la vieille femme Hmong, elle-aussi engoncée dans ses préjugés s'il cherchait à montrer la suprématie du blanc Wasp sur les méchants jaunes ? Eastwood a beau aimer le cow boy / le vétéran, il ne se cache d'ailleurs pas que les dérives de la descendance viennent des ancêtres qui portaient déjà en eux les germes de la destruction. Le père bourru qu’il incarne n’a pas été un père aimant et ses conseils ne sont pas des plus avisés. On ne s'étonne donc guère du comportement de ses enfants. Les Hmong eux-même entrent dans le jeu des gangs en stigmatisant au sein des leurs ceux qui n’ont pas le comportement d’un chef. C’est finalement un Hmong qui deviendra l’héritier de Walt. Par ce legs, Eastwood montre qu'il voit la possibilité d'un futur meilleur dans ce lien crée entre Walt et Tao et peut-être la fin d'un cycle de destruction (il refuse que Tao ait du sang sur les mains).

Gran Torino
«Me voilà avec un jeune Laotien que je vais abandonner dans ce magasin.»

Il est vrai que le vieux Walt est un personnage attachant et drôle dans son désarroi, sans doute un des meilleurs personnages de vieil homme vu ces dernières années au cinéma (peut-être même depuis Tatie Danielle). Et s’il s’accorde un beau rôle, Clint l’acteur est au-delà de toutes les espérances. Sa prestance et son jeu prouvent qu’il est encore un géant malgré son âge et n’aurait même pas volé une nomination à l’Oscar. Rendre Walt attachant et présent n’a pourtant rien à voir avec une démonstration idéologique. C’est un procédé cinématographique banal. Invitant le spectateur à connaître un personnage détestable, Eastwood lui réserve ce soin particulier et ce charisme pour qu'on veuille le suivre. Le réalisateur s’amuse de son personnage et il se sert de son franc parler pour moquer les stéréotypes, détournant un comportement détestable pour le rendre humain.
Une des principales questions qu’on pouvait se poser à l’aune d’une bande-annonce jouant du potentiel "Clint la gachette" était la relation de ce film avec les dernières oeuvres d’Eastwood. On sent le film de vigilante pointer petit à petit le bout de son nez, et il en a l’apparence, noyé derrière la réalisation fluide, posée et le récit parfaitement maîtrisé du chef. Il en le goût lorsque la famille est attaquée et que l’irréparable est commis (le potentiel de cette scène étant multipliée par l’attachement que l’on porte à la jeune Sue, finalement pas si interchangeable que ça). On revit un cheminement semblable au personnage de William Munny dans Impitoyable : un homme fatigué par le poids des morts qu’il a laissés est contraint, accompagné d'une figure filiale, de reprendre les armes pour venger l’honneur d’une personne plus faible. Mais si l’issue est la même, la manière change… C’est en se présentant dans un final qui va à l’encontre des attentes du spectateur que Eastwood brise une nouvelle fois les règles, celles que l’on connaît et celles de systèmes rigides dans lesquels toutes ces populations vivent. Le réalisateur poursuit avec maestria son cheminement intérieur pour se dévoiler une énième fois à la face du monde et enterrer une dernière fois sa légende, celle qui ne connaît que la mort qu’il a donné autrefois et qui ne peut plus vivre. Mais cette fois-ci, l'enterrement n'a plus lieu en enfer et la rédemption semble achevée. Le tout étant bercé par la très belle musique composé par Kyle Eastwood et Michael Stevens qui souligne très bien l’humanité que dégage le film et son absence de grandiloquence.

Gran Torino
«Et quelques jours plus tard avec un membre du parti, on a molesté le petit con.»

Gran Torino demeure un film qui procède par touches successives. Même si il y’a un goût d’optimisme dans la relation qui lit le vieil homme à Tao, il n’y a pas de grande transformation au contact de l’autre, ni de happy end ou de cathartie par la violence. Juste des instants magnifiques et un lien qui se crée petit à petit au gré des concessions de chacun. On retiendra le moment où le vieil homme se rend compte qu’il partage plus avec la communauté Hmong qu’avec ses propres enfants ou bien ces scènes chez le coiffeur. Eastwood se place encore et toujours à hauteur d’homme, magnifiant les relations humaines comme il sait le faire, acceptant les différences de chacun et montrant que les petits pas, les seuls qui puissent être faits à cette échelle en Amérique comme ailleurs, sont en fait de grands pas à l’échelle de l’homme. Un grand pas qu’est ce final d’apparence anecdotique et antispectaculaire au possible, mais dont l’impact est d’une puissance incroyable. Comme il l'a fait pour L’Echange, le réalisateur nous offre cette histoire comme un espoir, aussi humble fut-il, une sorte de délégation à la loi de ce qui était au cycle ininterrompu de la vengeance, un programme visant à refaire confiance aux hommes et à redéfinir l’Amérique en abattant encore un peu les prisons générationnelles et culturelles. C’est ainsi une histoire simple et touchante qui sonne le glas de la carrière de Clint acteur. Une sortie qui prend le ton amer de Impitoyable pour mieux le retourner et regarder à l’horizon. Une sortie qui nous met face à l’acceptation du réalisateur pour aborder en paix les dernières années de sa vie, mais aussi l’idée qu’il y’aura forcément une fin même si la légende continuera d’officier heureusement derrière la caméra. Une sortie magistrale.
note
GRAN TORINO

Réalisateur : Clint Eastwood
Scénario : Nick Schenk, Dave Johannson
Production : Rob Lorenz, Billy Gerber, Clint Eastwood
Photo : Tom Stern
Montage : Joel Cox, Gary Roach
Bande originale : Kyle Eastwood, Michael Stevens
Origine : USA
Durée : 1h55
Sortie française : 25 février 2009

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 1 Posté par geouf le 03 mars 2009 à 14:06 | website

Voila une bien belle critique qui fait plaisir, surtout a cote du torchon des Inrocks (comment peut-on passer a ce point a cote du sujet du film?). 
Dans toute sa carriere, Eastwood a ete passionne par l'idee que liens dans une famille "fabriquee" etait plus forts que les liens du sang. Que ce soit dans Million Dollar Baby, Josey Wales, Bronco Billy ou ce Gran Torino, il pousse a l'ouverture aux autres, a l'acceptation des differences, ce qui est bien loin du discours raciste et reac que certains idiots lui attribuent...
 2 Posté par the dude le 03 mars 2009 à 17:27

une autre référence d'un critique lamentable ? 
Besson, sur paris première, traitant le film de "raciste", tout simplement. je ne me souviens pas des propos exacts hormis celui-ci, qui m'a évidemment choqué. 
je suis partis juste après, parait que les " critiques " suivantes étaient dans le même ton .....
 3 Posté par Manna Marie Weasley le 03 mars 2009 à 20:18

Quote:
Besson, sur paris première, traitant le film de "raciste", tout simplement. je ne me souviens pas des propos exacts hormis celui-ci, qui m'a évidemment choqué.

 
 
Gné ? 
 
Taxi 2 est certainement un film respectueux des mœurs asiatiques...
 4 Posté par Sonocle Ujedex le 03 mars 2009 à 21:48 | website

Quote:
Un vieux entraîne une jeunette pour redevenir à sa façon une star de la boxe. Mais quand la fille est détruite par la boxe, qu'elle est paralysée, que fait-il ? Il la tue, il l'achève. Ce qu'on pourrait prendre pour une marque de pitié (une euthanasie pour abréger les souffrances de celle qu’il aime) n’est au fond que l’accomplissement de sa haine refoulée des générations qui lui succèdent.

 
 
C'est dingue, j'ai toujours cru que c'était la fille qui avait lourdement insisté pour faire de la boxe et que c'était elle qui avait supplié à son coach de ne pas la laisser continuer de vivre ainsi.  
 
Merci les Inrocks. Je me suis rendus compte que je me suis trompé de film. 
 
 
Et puis son délire sur Clint qui maltraite les descendent des héros de ses films, quelle marade. Les conflits familiaux et inter-génération sont simplement des sujets qui tiennent à cœur Eastwood, vu ce qui se passe à notre époque, les idéaux empreints de valeurs typiquement américaines auquel croit sincèrement Eastwood (ce qui n'empêche pas de les heurter). 
 
Enfin bref, osef des Inrocks. Très beau film, une vrai profession de foi, rappelant le traitement de Stallone envers ces deux figures emblématiques qui ont fait sa gloire (Rocky et Rambo, of course). Clint ne renie pas Harry, et lui offre son final rédempteur et salutaire. 
 
J'irais encore le regarder, tient.
 5 Posté par brotch le 04 mars 2009 à 11:51 | website

Belle critique ! Clint est un des mieux placé pour nous parler de cette philosophie anarchiste américaine qui n'est pas que de la merde d'aigri réac', comme il nous le montre dans le film. Pour ma part, je me suis pris une grosse mandale avec ce film, et je dois être un peu maso parce que j'en redemandes. 
 
Mais c'est connu que je suis un putain de fasciste nazi en puissance, la preuve : j'aime bien les films gores et j'adhère au message anti-moderne d'Eastwood. Les inrocks m'ont démasqué, encore une fois !
 6 Posté par isokilla le 04 mars 2009 à 16:18

Il parait évident que traiter ce film de réac est presque diffamatoire tellement le scénario parle carrément d'autre chose.
 7 Posté par Looping le 04 mars 2009 à 20:03

Meme si j'ai pris du plaisir à regardé la marche funèbre du vieux clint, je trouve que le film presente beaucoup trop de faiblesses pour parler de "sortie magistrale". 
Le plus gros défaut du film est pour moi le manque total de subtilité, TOUTES les scène tourne autour du meme thème a savoir le racisme, et c'est touhour traiter pareil , il n'y a que l'etnie qui change (Hmong, afro, italo, irish), j'ai vraiment eu l'impression amère que le spectacteur était prit pour un imbécile. 
Ensuite les acteur à commencer par eastwood lui meme qui en fait des tonnes pour jouer le vieux réac (putain on diré du court florent), les gang Hmong à la limite du risible dans leur honda civic tunning, et le jeune Tao il n\'y a pas deux scènes ou il joue pareil (en roue libre complet). 
Quand au final depourvue de la moindre émotion puisqu'on a tous compris ce qui allait lui arrivé au bout d'un quart d'heures de film , dés l'instant ou il se met a cracher du sang. Une fois de plus un film qui ne nous offres pas grand chose de plus (en therme de dramaturgie) que sa bande annonce.
 8 Posté par ZUG le 04 mars 2009 à 21:13

Looping : TOutes les scènes tournent autour du racisme ? C'est sacrément réducteur. Ce n'est pas tant la confrontation avec l'Autre qui importe ici Eastwood mais comme souvent, comme toujours, de parler de l'Amérique. Et ici de questionner et remettre en cause frontalement une intégration raciale contrariée voire fantasmée. 40 ans après, on en est pratiquement au même point, sauf qu'ici les Hmong prennent la place d'autres ethnies vivant en communauté. Par le truchement de ce misanthrope, ce réac raciste, Eastwood nous parle d'intégration, de la prépondérance des liens que l'on peut tisser sur ceux du sang et surtout nous assène avec une intelligence et une subtilité confondante que ses personnages stigmatisés par la critique et la bienpensance sont pétris de valeurs humanistes qu'ils ne demandent qu'à transmettre. Sans parler que Eastwood, avec ce personnage d'ouvrier d'origine polonaise se liant d'amitié avec des réfugiés d'Asie du Sud, interroge les fondements de l'appartenance nationale. Qu'est-ce qu'être américain aujourd'hui ? Soit une véritable quête de sens au sein d'un vigilante movie aussi comique que poignant. Et encore, on est loin d'avoir épuisé les résonances de cette oeuvre généreuse.  
On a peut être compris comment cela allait finir mais au fond ce qui importe le plus est le chemin pour y parvenir. Et c'est cette progression, cette évolution qui rend la conclusion si touchante.
 9 Posté par isokilla le 05 mars 2009 à 09:28

Quote:
Quand au final depourvue de la moindre émotion puisqu'on a tous compris ce qui allait lui arrivé au bout d'un quart d'heures de film

 
 
T'as du bien t'ennuyer pendant Titanic toi !
 10 Posté par Lopping le 05 mars 2009 à 18:44

Zug je suis d’accord avec toi sur tous les questionnements que soulèvent Gran Torino (dont tu parle très bien dans ton article), mais je pense qu’ils sont plus propres au sujet abordé plutôt qu’au film en lui-même. 
 
Isokilla, si tu prends un film comme Serpico qui nous montre dés la scène d’ouverture Al Pacino avec une balle dans la tête et qui pourtant arrive à nous tenir en haleine jusqu'à la scène finale, je me dis que Lumet lui n’oubli ni son sujet ni le spectateur en nous montrant qu’au cinéma la démarche du héro est souvent plus intéressante que le résultat en sois. Même si le dénouement est connu de tous peu importe, l’intrigue elle repose sur l’issu a priori impossible de Serpico face à cet engrenage.
 11 Posté par ZUG le 05 mars 2009 à 21:07

"Zug je suis d’accord avec toi sur tous les questionnements que soulèvent Gran Torino (dont tu parle très bien dans ton article)" 
 
Rendons à César ce qui appartient à Simidor qui est l'auteur de l'excellente critique de Gran Torino !  
Moi, je me suis contenté d'un petit commentaire :)
 12 Posté par Flo le 06 mars 2009 à 01:55 | website

Bon, la critique est chouette etc. 
Pourtant je me range un peu du côté de Lopping sur ce coup.  
Pour moi Gran Torino n'est pas le chef d'oeuvre qu'on m'avait annoncé... Juste un bon film ! La faute à un jeu d'acteur quelquefois un peu lourd: Clint cabotine de temps en temps très fort et je suis aussi d’accord pour dire que Tao n'est pas toujours super juste (contrairement à la meuf qui joue Sue). 
De plus le scénario est globalement très prévisible (il suit la courbe narrative type de ce genre de métrage, avec –cerise sur le gâteau- la rédemption par la mort pour le héros) et s’attache parfois sur des symboliques un peu lourdes (la silver star, Clint en mode « Jésus style » abattu sur la pelouse…). De plus j’ai entendu parler plusieurs fois « d’audace formelle » . Ah bon ? Où ça ? C’est certes très bien branlé mais cela reste très académique (et ce n’est pas une critique !).  
Pour finir, et je crois que c'est ce qui m’a le plus dérangé, c’est que le film est trop « lié » à son auteur, à sa filmographie… Cette espèce de mise en abîme perpétuelle me gêne car elle m’a forcé pendant le film à remettre en perspective inconsciemment ou non ce que je voyais à l’écran avec la carrière et les rôles précédents d’Eastwood. En clair, le film vaut-il pour ce qu’il est en tant qu’objet filmique seul ? Si cela avait été un inconnu qui l’avait réalisé et interprété (en gardant les mêmes qualités intrinsèques au film) aurait-il eut le même impact ? 
Je trouve que tout le monde se pignolle trop sur le côté « il a tordu le cou à sa propre légende, il sait avoir un regard pertinent sur sa propre filmo et blablabla ». Tout ça sort du cadre du film et l'empêche d'exister pour lui même. Et en plus il avait déjà fait le coup avec Impitoyable. En mieux. 
Bref moi j’aurai mis 7,5.
 13 Posté par Zug le 06 mars 2009 à 13:04

Flo : 
Plus qu'une réalisation académique, on peut parler d'une réalisation classique (prenant le temps de la mise en place des différents personnages, construction des plans,etc). 
"Clint en mode « Jésus style » abattu sur la pelouse…"  
Une posture christique empreinte d'une ironie mordante. Comme toujours, Clint développe une certaine méfiance, défiance même, par rapport à l'église. Il a beau trouver le jeune pasteur sympathique, ce n'est pas à lui qu'il se confesse (il lui balance de menus larcins) mais à Tao. 
"la rédemption par la mort pour le héros" 
Plus qu'une rédemption, j'y vois plutôt une sorte d'accomplissement. Une conclusion logique que Walt finira par accepter (rechercher ?) progressivement. 
"le film est trop « lié » à son auteur, à sa filmographie…" 
il ne peut en être autrement vu la carrière du bonhomme parsemée de sacrés morceaux de pellicule tout de même ! Mais je ne trouve pas qu'il s'apesantit outrageusement sur cette filmo, laissant ce film exister par lui-même. Bien sûr que non le film n'aurait pas eu le même impact s'il avait été réalisé par un inconnu. C'est justement sa force et une de ses richesses, évoquer le background de son auteur pour donner encore plus de résonance au métrage. 
Perso, je n'ai appris qu'après visionnage que ce serait son dernier en tant qu'acteur. Et bine que j'ai été durablement impressionné et ému par le film, cette information en a décuplé l'impact. 
 
Bon , j'ai fini mon pinaillage. D'autant que malgré toutes tes réserves, tu lui mets tout de même 7,5. Du coup, je me demande si je ne vais pas rehausser ma note et mon jugement dès que je serai retourné le voir ! :)
 14 Posté par Flo le 06 mars 2009 à 13:04 | website

Je viens de lire l'article de Morain des Inrocks, j'étais à mis chemin entre fou rire hystérique et consternation constipé...
 15 Posté par Weta le 06 mars 2009 à 14:04

Ben moi j'ai préféré allez voir Gran Torino (que j'ai trouvé excellent). 
Plutôt que d'aller à une avant première avec Isabelle Huppert et Benoit Jacquot. Ai je bien fais ? :?
 16 Posté par Simidor le 06 mars 2009 à 20:16

Oui. 
Je mets les choses au clair. Au delà de la légende de Clint et de toutes les interprétations qu'on peut en faire, le film en lui-même mérite cette note. Pour dire, c'est le film qui m'a le plus touché depuis près de deux ans alors ç'aurait pas été très honnête de descendre à 8. 
Impitoyable est mieux, je suis d'accord mais impitoyable est juste parfait.
 17 Posté par Looping le 06 mars 2009 à 20:46

Toutes mes escuses à Simidor, et merci de nous faire partager tes critiques pasionnées et passionnantes. 
et Flo completement d'accord avec toi sur la symbolique lourdingue de la "silver star" au cas on avait pas compris le message assainé a grand coup de crosse de fusil dans la geule... 
...Moi j'aurai mis un 6/10
 18 Posté par pau le 08 mars 2009 à 03:56

Je débarque en milieu de débat, mais je me range du côté des supporters du grand Clint : bien sûr que tout cela n'est pas très subtil et qu'on sait avant ce crétin de Thao qu'il se fera enfermer dans la cave pour que le héros seul puisse affronter ses démons. Mais quelle puissance dans l'épure ! comme toujours chez Eastwood, le scénar en lui même n'est pas renversant, mais la dramaturgie est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît, et les thématiques font systématiquement écho à des mythes fondateurs. Ici le héros Walt, délicieusement réac, se définit lui-même comme l'"homme qui finit". Expert en bricolage, il répare un frigo, il met un terme à l'escalade de haine des gangs, et Clint clôture sa filmo et son propre personnage. Questionner avec ironie ET profondeur à la fois sa propre légende, eh ben ce n'est pas donné à tout le monde, surtout avec une classe pareille.
 19 Posté par Morain le 19 août 2009 à 16:27

Je suis ravi de constater que vous êtes tous d'accord les uns avec les autres. Quand vous reproduisez-vous ?
 20 Posté par Bayeur le 19 août 2009 à 16:51

Pour la fin du monde, Larrieu (c). 
 
Sinon, sur le fond ? Non ? 
 
Ha oui, Inrocks.
 21 Posté par Reda le 20 août 2009 à 01:17

Putain il a de la repartie le Morin !  
Sérieux y'a un moment faut arrêter de jouer avec ses crottes de nez.

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