Edito

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28 Semaines Plus Tard Suggérer par mail
Critique par nicco le 20 septembre 2007

Jour de colère

Affiche 28 Semaines Plus Tard
Les spectateurs pointilleux du premier film se demandaient si les infectés pouvaient être assimilés à des zombies (si, c'est important). Ils ont maintenant la réponse : Non. En effet, 28 semaines après le début de la contagion, les contaminés énervés sont tous morts de faim (comprendre "plus de gens à manger", et non "plus de filles à…"). C'est sur ce postulat étonnant, conséquence logique et bien vue de ce "détail", que commence le second opus de la franchise.

Tout comme dans Land of The Dead, les rescapés reconstruisent un semblant de société dans un ensemble de hauts buildings entourés d'eau. Sauf qu'ici, la menace étant dissoute, les choses se passent de manière plus civilisée. Jusqu'à ce qu'une expédition malheureuse de deux ados en quête de souvenirs ramène une porteuse du virus qui n'en présente pourtant pas les symptômes.

A partir de cette dizaine de minutes d'exposition, précédée d'une séquence d'intro composée de plans à couper le souffle (Carlyle courrant à perdre haleine et des dizaines d'infectés apparaissant en crête de colline au lointain, mazette, c'est beau), les choses sérieuses commencent et n'iront qu'en empirant sans temps mort pour les pauvres protagonistes. Un flot de rage et de violence se déverse sur la petite communauté, conséquence directe d'un acte motivé par l'amour et la culpabilité. Flot intensifié par une mise en image brutale (superbes inserts en vue subjective de l'infecté) et le sens aigu de l'ellipse de Fresnadillo. Les séquences d'horreur et de panique se succèdent dans un chaos pas toujours lisible mais parsemés d'idées et d'images très marquantes d'où transpire une férocité à glacer le sang (Robert Carlyle est génial, comme d'hab).

Ce qui donne matière à s'étonner, c'est avant tout l'apparente facilité qu'a Fresnadillo pour changer de style et s'adapter à un genre. Du thriller calme et académique qu'était
Intacto, il passe ici au style vif et hystérique, avec caméra portée, image granulée dont la tinte varie selon la scène et le drame qui se joue, montage haché, etc. Il est de plus aidé par un script malin, qui transforme les contraintes du scénario  en idées de mise en scène : le déroulement logique du récit implique des héros lâchés en pleine ville, de jour, et que les infectés aient quasiment tous mangé du napalm au petit matin. Difficile dans ce cas d'engendrer de la tension. Fresnadillo fait donc en sorte de réduire dès qu'il peut le champ de vision de ses personnages : en les coinçant dans une impasse en prise avec un tireur embusqué, en les engouffrant dans des nuages massifs de gaz lacrymogène, ou en les faisant atterrir dans un sous-sol totalement obscur, scène bien flippante dont le procédé rappelle malgré tout bien des films (Le Projet Blair Witch par exemple).

28 Semaines Plus Tard
Il nous faut un plus gros bateau.

Si la charge anti-militaire de
28 Jours Plus Tard ralentissait beaucoup trop le dernier acte du métrage, elle est ici le moteur du récit, à travers une armée US venue évidemment donner sa propre idée de l'ordre, mais dont les lacunes ont des conséquences directes sur la dramaturgie : les enfants échappent à la vigilance de gardes peu concernés et découvriront l'infectée, leur grand "Plan Rouge" d'urgence consiste juste à parquer la population dans une salle polyvalente sans blindage ni moyens de défenses, et lorsqu'ils se trouvent débordés, ils n'ont d'autres alternatives que d'abattre tout le monde, y compris les personnes saines (le film de Fresnadillo rejoint sur ce point The Crazies de Romero). Pour les héros, cette armée se révélera finalement être un ennemi au même titre que les infectés, voir plus. En effet, durant les dernières séquences, à part une scène "hélico cinq lames pour un rasage plus propre", les survivants ne font qu'essayer d'échapper aux snipers, au largage de napalm et aux soldats équipés de lances flamme.

Il faudra un dernier face à face symbolique pour rappeler la menace du virus (et lancer un hypothétique
28 Mois Plus Tard). Face à face hélas expédié beaucoup trop vite, mais quelque part, cela résulte du regrettable traitement du conflit qui aurait pu donner vraiment plus d'impact émotionnel au métrage : la culpabilité qui ronge le père suite à l'abandon de sa femme. Sur l'instant les voies choisies par les scénaristes impressionnent, mais sur la durée du film elles amoindrissent la puissance dramatique, le spectateur n'ayant plus que quelques personnages assez fades à suivre. L'effet de surprise n'étant plus là, les nombreux plans d'hélico sur un Londres désert ne suffisent pas à combler ce déficit de frissons et d'empathie.
6/10
28 Weeks Later

Réalisateur : Juan Carlos Fresnadillo
Scénario : Juan Carlos Fresnadillo, Rowan Joffe, Jesus Olmo & Enrique Lôpez Lavigne
Production : Danny Boyle, Alex Garland, Enrique Lôpez Lavigne…
Photo : Enrique Chediak
Montage : Chris Gill
Bande originale : John Murphy
Origine : GB / Espagne
Durée : 1h41
Sortie française : 19 septembre 2007

 














 1 Posté par Dorian Dorchester le 20 septembre 2007 à 15:41

Juste une toute petite remarque sur cette critique plutôt juste à mon gout : l\'importance de la scene d\'ouverture qui, a mon avis, donne un ton pas forcement juste au reste du film. En effet j\'ai trouvé la scene globale pré-generique particulierement splendide, soutenue par une musique impeccable et laissant le spectateur a bout de souffle, a l\'image du \"hero\" glissant sur les eaux dans son canot. Or le reste du film est beaucoup plus mou, la menace principale est en effet l\'armée et non plus les infectés, ce qui donne tout de suite une dimension plus \"guerre conventionelle\"... Les infectés ne sont guerre presents. La scene finale du metro plongé dans le noir est sous exploité. La toute fin m\'a quand meme fait rire.
 2 Posté par Winst le 21 septembre 2007 à 08:30

J'ai moins aimé celui-là que le premier quand même (et encore le premier, y a des moments sur la fin, c'est chiant). La scène d'intro est terrible oué. Le reste j'ai envie dire bof la plupart du temps, sauf deux ou trois scènes (et là j'adore lire Nicco en parler, ça m'aide à comprendre pourquoi je les ai bien aimées). Le coup de l'hélico à la fin j'ai trouvé ça chouette. 
 
Ceci dit, moi si je retrouvais ma gonzesse comme ça sur un lit d'hôpital alors que la dernière fois que je l'ai vue elle était au milieu des zombies, j'irais pas forcément lui rouler une grosse pelle avec la langue d'entrée de jeu. Un petit bisou sur la joue eut été de fort meilleur aloi. Mais c'est mon avis hein. 
 
Sinon c'est mal de dire que les infectés c'est pas des zombies pour de vrai. C'est du pinaillage ça. Les infectés, c'est des zombies qui courent. C'est pour ça, après ils se fatiguent, pis ils meurent. Les pauvres.
 3 Posté par Winst le 21 septembre 2007 à 08:48

Oh, et puis "il nous faut un plus gros bateau" : c'est Randal qui s'occupe des légendes pour les photos ou bien ?
 4 Posté par nicco le 21 septembre 2007 à 09:46

On a une dizaine d'auteurs pour les légendes, une quinzaine pour les sous-titres. 
 
Et des lamantins pour les articles.
 5 Posté par Dorian Dorchester le 21 septembre 2007 à 09:57

Zombies ou rageux la difference n'est pas evidente. Le Zombie c'est la force tranquille d'habitude. Le seul avantage quon a vis a vis d'un zombie c'est la vitesse de deplacement. Mainteant si on se met a les faire courir, c'est pas zuste. :o 
 
Par ailleurs je n'ai pas le souvenir d'un film zombiesque (autre que ces deux là) ou l'on a la preuve qu'ils peuvent mourir de faim. :p  
 
Tres bon site sinon. :)
 6 Posté par nicco le 21 septembre 2007 à 10:15

Par définition, s'ils meurent de faim, c'est que ce ne sont pas des morts-vivants. 
 
Ce ne sont pas des zombies, donc. 
 
Ce point de détail sert quand même de postulat de départ au film, donc les auteurs ne doivent pas trouver la différence si peu importante. 
 
28 s'inspire en fait plus de Rabbid de Cronemberg et de The Crazies que de la saga de Romero.
 7 Posté par zOmbie fûté le 21 septembre 2007 à 21:40

Avertissement du webmaster 
 
[Et toi, tu passes directement au deuxième avertissement] 
[Gros Troll certifié ISO 9001] 
 
 
 
Conneries. PrimO le black infecé dans le premier film crache 15 fois plus de boyaux qu'humainement possible, symbole d'un dégoût? A voir. 
Secundo, tu ne parles même pas de la scène du theater du premier, donc tu es un grosse pédale. CQFD. 
 
[Gros Troll certifié ISO 9001] 
 
Avertissement du webmaster
 8 Posté par bibi le 30 septembre 2007 à 13:27

ce film est super ! j'adore la scene avec lhelico qui rase les zombis ^^ lol 
8)  
le truc ce ke la musik pete ! mai est ce ke kelkun connait le nom de cette musik ?
 9 Posté par nicco le 30 septembre 2007 à 14:25

Une bande originale. 
 
(le nom du compositeur est écrit quelque part dans cet article. Sauras-tu le retrouver ?)

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