Une semaine dans le PAF #2

Telle est leur vision

Affiche Network
Après la première partie de mercredi, suite et fin de nos aventures cathodiques.



JEUDI 9 AVRIL

Rien.





VENDREDI 10 AVRIL

Heure : 8H30
Canal : Direct 8
Nom : Tous Les Goûts Sont Dans La Culture
Concept : La culture.

Verdict : Le cinéma n'est apparemment pas de la culture. Ce magazine parle de tout sauf de ce qui nous intéresse ici. Un coup pour rien.

Equivalent papier : Télérama


Heure : 20H10
Canal : Ciné Cinéma Premier
Nom : La Semaine Cinéma
Concept : "Le rendez-vous hebdomadaire de Ciné Cinéma Premier, proposé par Hélène Verbois et Elvyn Murphy, sur toute l'actualité cinéma de la semaine dans les salles obscures."

Verdict : Pour débuter on nous amène à "l'avant-première évènement de Coco Avant Channel". Surprenant : nous ne sommes pas dans l'actualité des salles obscures, mais d'une seule, celle où se tassent happy few et accrédités satisfaits. Il faut bien faire rêver la masse en étalant ce genre de privilèges guindés qui ne devraient fondamentalement intéresser que les couturiers et bijoutiers. Quelque part conscients de cela, et pour se rassurer de leur propre importance, les médias se bornent à ajouter le suffixe "évènement" à tout ce qui en est déjà un par définition. Cette utilisation abusive de noms en lieu et place d'adjectifs (qui cumule la pauvreté vocabulaire au pléonasme) illustre la propension qu'ont les commentateurs à s'adresser au public dans un babillage régressif.
Et tout ce sublime évènement spectaculaire pour que Anne Fontaine nous apprenne, ô surprise, qu'Audrey Tautou était le personnage.

On redescend ensuite sur Terre avec les simples mortels pour leur informer de ce qu'eux peuvent voir dans les salles : Impy, resucée allemande de Denver Le Dernier Dinosaure, puis Ponyo Sur La Falaise, "du maître Hayao Miyazaki. Souvenez-vous, il avait signé Le Château Ambulant ou encore Le Voyage de Chihiro". Oui, souvenez-vous, c'est loin tout ça, c'était, pfiou, il y a au moins quatre ans. Lorsque la télé ne prend pas ses spectateurs pour des enfants, elle les croit amnésiques, et se garde alors d'évoquer des œuvres comme Nausicaa De La Vallée Du Vent, Laputa, Mon Voisin Totoro ou encore Princesse Monoké, qui dépassent les quinze ans d'âge (quatre fois l'éternité dans l'univers de la télé). En même temps cela date de l'ère où Télérama et Ségolène Royale décrétaient que l'animation nippone était réservée aux pédophiles et aux dégénérés.
"Cette fois-ci il nous raconte la fabuleuse histoire d'une mère et de son enfant". Et la voix off de nous conter l'ordinaire histoire du journaliste qui lit mal les synopsis, car une fabuleuse histoire avec un personnage absent la moitié du métrage est une curieuse façon de voir la chose.

Le produit déroule ensuite en présentant diligemment le docu-fiction Amour Sexe Et Mobylette, le docu-pas fiction Ne Me Libérez Pas Je M'en Charge, le "coup de cœur de la semaine" Villa Amalia, puis Wendy Et Lucy, Erreur De La Banque En Votre Faveur, Fast And Furious 4 (dont on apprend que "le réalisateur Justin Lin a décidé de mettre plus l'accent sur les personnages") et enfin Chéri.

Nous nous retrouvons finalement avec le Sorties Ciné du mardi soir de France 2 : des extraits de bandes-annonces, une voix off lit les dossiers de presse, et c'est marre.

Equivalent papier : Pariscope


Heure : 20H30
Canal :
Ciné Cinéma Frisson
Nom : Opération Frisson
Concept : Un toulousain cinéphile devant une caméra.

Verdict : De loin, de très loin, d'immensément loin la meilleure émission cinéma du PAF. Présentée par Yannick Dahan, ancien de Mad Movies (période pré-régression) et de Positif, Opération Frisson est un énorme soulagement pour les vrais fans de cinéma qui enfin entendent un autre son de cloche que les minauderies de vendeurs de lessive et fadaises de chroniqueurs ampoulés. Souvent pertinent, révolté, drôle et sachant de quoi il parle, Dahan est l'antithèse de la norme du PAF.

Prenons l'exemple que nous offrent les diverses éditions de cette semaine : plus haut on apprenait à propos de Fast And Furious 4 que "le réalisateur Justin Lin a décidé de mettre plus l'accent sur les personnages". Jolie phrase promo sortie du dossier de presse, c'est facile, gratuit, ça remplit l'antenne et fait vendre. Mais chez Dahan on apprend que cet "accent sur les personnage et la psychologie" provient surtout de l'égo des stars has been, Vin Diesel en tête, peuplant cette bouse, revenant dans la franchise qui a fait leur notoriété avec des chevilles ayant triplé de volume. Ça ne mange pas de pain, ce n'est pas d'une importance capitale mais ce traitement est le minimum qu'on puisse attendre d'un journaliste de cinéma.

De plus le montage est souvent inventif et participe grandement à mettre en avant le discours du présentateur. Seul petit reproche : les divagations de ce dernier qui tendent à prendre autant de temps dans l'émission que ses chroniques.

Equivalent papier : Video Watchdog

Opération Frisson
Et maintenant vous comprenez pourquoi il ne fait plus partie de l'émission qui suit.


Heure : 22H15
Canal : Canal +
Nom : Le Cercle
Concept : Autour de Frédéric Beigbeder, une demi-douzaine de critiques officiant dans diverses revues débattent sur les sorties de la semaine.

Verdict : Dans l'idée, c'est l'émission rêvée pour tout cinéphile qui se respecte, pourtant ce cercle laisse bien souvent un sentiment de frustration mâtiné d'inintérêt poli. Peut-être parce que les acteurs ont conscience du caractère quasi unique de ce show, et se sentent alors obligés de forcer le trait, qui par des analyses sommaires dans lesquelles on lance quelques évidences qu'on n'a évidemment pas le temps de développer (Xavier Leherpeur sur Ponyo, de "Hayako Miyazaki" selon Beigbeder), qui par des chroniques si préparées à l'avance qu'elles ne permettent aucune improvisation (en lançant Jean-Marc Lalanne sur Villa Amalia, Frédéric Beigbeder fait enfin une allusion à The Lady Vanishes d'Alfred Hitchcock, même pas relevée par le journaliste des Inrockuptibles).
En résulte alors la sensation d'une émission sans âme, trop absorbée par la place vacante qu'elle est censée remplir à elle seule dans le PAF pour penser à être un tant soit peu vivante.

Même les débats ont l'air désincarnés : lorsque Christine Haas de Paris Match, s'appuyant sur l'épure de la forme, assure que Ponyo Sur La Falaise est trop simple pour les adultes, qui peut croire qu'elle le pense réellement ? Nous préférons y voir du grain à moudre gratuit pour permettre à ses collègues d'avancer dans leurs argumentaires (et nous passerons sous silence la propension des critiques français à voir du sexe absolument partout).

Rebelote lorsque Marie Sauvion du Parisien donne un avis négatif sur Erreur De La Banque En Votre Faveur : Christine Haas affirme que tout n'est pas à jeter, elle a entendu des répliques mordantes dans ce film dit-elle. Sauvion n'est pas d'accord : de la part des auteurs de La Vérité Si Je Mens 2, c'est scandaleux de voir une écriture si pauvre, car si , selon elle, on se souvient "quinze ans après de "Je vais te casser tes petites pattes arrière", ici pas une réplique ne fait mouche". Je me souviens quinze ans après que ce film est sorti en 2001, et que cette réplique n'est justement pas des auteurs, mais d'un des acteurs l'ayant improvisé après l'avoir entendu sur un autre tournage (là j'avoue avoir la mémoire qui flanche, mais d'après mes souvenirs Lorant Deutsch en serait à l'origine ; si des lecteurs peuvent apporter leur savoir sur cette question essentielle).

D'une manière générale la discussion est comme souvent hélas axée sur les impressions personnelles sans tentatives réelles de comprendre comment naissent ces impressions, si ce n'est en blablatant sur les acteurs, les actrices, ces chimères du monde des Idées. Seul Xavier Leherpeur tente de parler de cinéma avec des mots barbares tels que "cadrage" ou "montage", sans doute sous influence Rouyère.

D'ailleurs, pour finir, Philippe Rouyer de Positif déclare à propos de Cheri : "Christopher Hampton c'était déjà le scénariste des Liaisons Dangereuses, et y avait déjà Michelle Pfeiffer. Avec cette même idée de prendre un grand roman de la littérature française et de faire jouer les rôles par des américains, ce qui peut paraître complètement dément, mais qui finalement est une très bonne idée."
A part à nous autres français complètement hystériques dès qu'on touche à nôtre exception culturelle à nous qu'on a, à qui ça peut bien paraître dément qu'un auteur adapte dans son pays un classique venu de l'étranger ? Quel réflexe dingue peut associer la démence au fait que des américains jouent des personnages français ?

Equivalent papier : Positif, parfois.

Le Cercle
Ponyo fist-fuckée à la télé française : Télérama ne dit rien.


SAMEDI 11 AVRIL

Heure : 11H45
Canal : Canal +
Nom : L'Hebdo Cinéma
Concept : "Daphné Roulier est aux commandes de L'Hebdo Cinéma, le grand rendez-vous dédié au cinéma sur Canal +."

Verdict : Le but de L'Hebdo Cinéma est apparemment d'enquiller reportages, modules et interview dans l'espoir de voir émerger parmi tout ce fatras de chiffres, de news, de people et de vanités quelques bribes de cinéma qui auraient pu échapper à la vigilance des rédacteurs.

L'émission commence par le podium de la presse : 3 – Adoration, 2 – OSS 117, 1 – Dans La Brume Electrique. Et enchaîne avec les aussi indispensables que faciles "chiffres de la semaine" : le trailer de Brüno cartonne, Erreur De La Banque En Votre Faveur non (pourtant mercredi on apprenait dans le JT de 13H00 sur France 2 que le contexte de crise financière devait faire en sorte que…, mais non), Fast And Furious 4 cartonne aussi, le dernier nombre, -17 %, est le taux de fréquentation des salles par rapport à 2008 ; par on ne sait quel miracle le journaliste ne nous persuade pas que c'est à cause du piratage (parce qu'au fond de lui il sait que l'origine vient de la crise financière, mais allez dire ça aux exploitants…). D'ailleurs suit un sujet sur les annonceurs qui boudent les salles de cinéma.

Etape d'après : le film de la semaine, soit une succession de news plutôt intéressantes pour qui veut savoir ce qui va se passer dans le futur, mais on préférerait tout de même que la télé informe ses spectateurs sur ce qui se passe dans le présent.
Vœu exaucé : Alain Corneau, déambulant dans le jardin de sa villa, explique combien l'attitude des députés UMP est mauvaise car "tout le monde s'en fout du droit d'auteur". Oui, on parlait d'Hadopi, donc on a évidemment donné la parole à l'un des collaborateurs du site lobbyiste J'Aime Les Artistes. Sauf que l'on ne s'en "fout" pas du droit d'auteur, la preuve Alain : avant il servait à protéger les auteurs des producteurs qui pouvaient faire commerce illégalement du travail d'autrui, maintenant il protège les auteurs du public. Chouette évolution n'est-ce pas ?
Avec la présentation en exclusivité des premières images du nouveau Minimoys, nous restons encore un peu dans cette agréable atmosphère émulatrice franco-française, ces extraits inédits montrant à quel point les défenseurs de la loi Création et Internet sont à l'heure actuelle les parangons de l'innovation et de la prise de risques.

Bon, elle parle quand de cinéma, cette émission ?, finit-on par se demander lorsqu'on voit débarquer sur le plateau Anne Parillaud et Sophie Fontanel, interviewées à l'occasion de la séance photo de six actrices qui ont posé pour Elle sans retouche ni maquillage. Sans commentaire.

Il faut attendre le "zapping DVD de la semaine" pour enfin aborder le sujet qui nous tient à cœur : nous avons ainsi droit à quelques mots sur Pirate de Polanski et son tournage dispendieux, sur Versailles avec Guillaume Depardieu et sur le documentaire Ennemis Intimes de Werner Herzog à propos de son meilleur copain, le très calin Klaus Kinski.
C'est à la fin du "grand rendez-vous dédié au cinéma sur Canal +" que l'on daigne nous informer sur les films à l'affiche, enfin sur un film à l'affiche, Dans La Brume Electrique, par le biais d'un sujet abordant la très compliquée production de ce projet : le producteur américain explique la légère nuance qu'en France le réalisateur est dieu, alors qu'aux States il n'est qu'un membre de l'équipe qui doit faire ses preuves. "Faire ses preuves", "ne plus être considérés comme des dieux", voilà des phrases qui doivent donner des sueurs froides à Catherine Breillat et Bruno Dumont.

La chose se conclut avec une interview en plateau de Gérard Darmon pour Celle Que J'Aime d'Eli "j'essaie souvent de faire mes preuves à l'étranger mais je reviens rapidos me requinquer en France avec Les Marmottes" Chouraqui, interview qui serait presque anecdotique si Darmon ne cassait pas au passage les programmateurs de radio de trente balais qui envoient paître tout le monde mais qui ne connaissent rien à la musique. On n'est pas dans le cinéma, mais au moins on est dans du propos. C'est toujours ça de pris.

Equivalent papier : Télé 7 Jours


Heure : 20H00
Canal : Ciné Cinéma Premier
Nom : Tête A Claps
Concept : "Chaque semaine, Franck Vallières dévoile les coulisses de tournage d'un film, le samedi à 20H sur Ciné Cinéma Premier."

Verdict : "Coulisses de tournage" est donc synonyme de promotion et béatification d'acteurs. Cette semaine-là sur le "tournage" de Coco Avant Channel, nous apprenons que lors de la production d'un film on parle d'avantage de "vérité du personnage" que de découpage, de direction artistique et tous ces détails qui ne méritent pas qu'on s'en préoccupe. "Est-ce que Audrey Tautou a des points communs avec Coco Channel ?" demande-t-on à la réalisatrice Anne Fontaine, qui profite de la question pour adresser quelques petits coups de pied fourbes au projet de Jan Kounen sur la même Channel, à base de "Audrey est gracile, menue, tout comme l'était Coco Channel, et prendre une actrice plus grande, plus en chair aurait été une aberration", allusion au choix d'Anna Mouglalis qui tient le rôle titre chez la concurrence.
D'un autre côté c'est aussi ça, les coulisses du cinéma.

Equivalent papier : Paris Match


Heure :
20H30
Canal : Ciné Cinéma Premier
Nom : Hollywood Live
Concept : "Emission hebdomadaire présentée par Ramzi Malouki - le correspondant à Los Angeles de Ciné Cinéma - en direct des tapis rouges, avec les sorties de films américains mais aussi des reportages sur toutes les tendances du cinéma US."

Verdict : Lorsque Ramzi Malouki nous propose de nous rendre au Salon Showest, on se dit que cette émission sur le cinéma américain part sur des bases intéressantes. Hélas le sujet, traitant de l'évolution des salles et du public, fait l'impasse sur l'émergence de la 3D et du numérique pour principalement évoquer les habitudes de consommation de pop corn et de bonbons.

Nos espoirs s'envolent lorsqu'on constate que le reste de cet Hollywood Live est consacrée à Hanna Montana ("Ce film est aventure […] Rires, larmes, amourettes de vacances"), à La Montagne Ensorcelée avec The Rock (encore un produit Disney), et à Zac Efron pour 17 Ans Encore.
Cerise sur le Big Mac, on apprend que Michael Bay est élu "visionnaire de l'année" par les exploitants de salles.

Ravi de voir que le cinéma américain se limite à ça.

Equivalent papier : Film(s)


Heure :
20H40
Canal : M6
Nom : Cinésix
Concept : Rapide revue des sorties cinéma sur la chaîne de la musique et de la famille Ingalls.

Verdict : On n'ose y croire, on enregistre et repasse la scène au ralenti : à propos de OSS 117 : Rio Ne Répond Plus, que tout ce que la France compte de journalistes cinéma a traité en long en large et de travers, enfin quelqu'un fait le rapprochement avec La Classe Américaine et le cite dans un magazine à grand écoute.
Après ce petit miracle suivent les chroniques du dernier Tavernier, Dans La Brume Electrique, d'un documentaire colombien, Témoin Indésirable et d'un drame indépendant US en vidéo, Rachel Se Marie.
Au final, l'émission dont en attendait le pire s'avère fort honnête.

Equivalent papier : Un fanzine près de chez toi.


Heure : 22H30
Canal : Ciné Cinéma Premier
Nom : Bord Cadre
Concept : "Bord Cadre, c'est une demi-heure d'écoute et de conversation intime entre Pierre Zéni et une personnalité du cinéma, à partir de témoignages exclusifs."

Verdict : Zéni reçoit cette semaine Jeanne Balibar pour L'Idiot. C'est très convenu, feutré, doucereux, ce qui n'empêche pas l'actrice de balancer quelques tacles :

"- Qu'est-ce qui vous met en colère aujourd'hui dans le cinéma ?
- Le peu de culture de ceux qui le font."

"J'ai refusé de faire Jet Set parce que Amalric avec qui je vivais à l'époque m'a dit "ne fais pas ça". Moi j'étais prête à le faire, et comme une conne j'écoutais trop les hommes."

Si sa franchise permet de confirmer l'aversion du fameux Matthieu Amalric pour le cinéma populaire, elle ne la met pas à l'abri de l'obséquiosité de son hôte :

"- Vous êtes un peu une star Jeanne Balibar.
- Vous croyez ? (long silence) Culte, peut-être. Star, je sais pas."

Oui, culte, pourquoi pas. Si quelqu'un sait où, comment, pourquoi : mailez-nous.

Notons qu'en fin d'émission Sliimy, qui a pour films cultes Little Miss Sunshine, L'Echange et Le Pianiste (aucun avec Balibar ? Stupéfiant) nous apprend que le cinéma lui "permet de réfléchir au niveau de la réflexion personnelle". Et toute cette réflexive réflexion réfléchie lui permet de conclure que "c'est un peu comme des livres mais en images".
Merci Sliimy, va vite sauver la musique française avant qu'elle se mette elle aussi à réfléchir.

Equivalent papier : Psychologies Magazine


DIMANCHE 12 AVRIL

Heure : 14H40
Canal : TPS Star
Nom : L'Hebd'Hollywood
Concept : "Chaque dimanche, à 14H40 sur TPS Star, passez donc un quart d'heure à Hollywood en compagnie de Didier Allouch."

Verdict : Le Hollywood Live de TPS, mais avec le fameux Didier Allouch aux commandes. Ce qui, reconnaissons-le, ne change pas grand-chose : nous y retrouvons Zac Efron et sa mèche pour 17 Ans Encore, ainsi que Hannah Montana et sa clique, dont le père, producteur de la chose, nous apprend que "oui, ça fait cliché, mais ce qui l'intéresse avant tout c'est l'art."
Quelques brèves sur le remake de Fame, Brüno et States Of Play, et on remballe. Car ce qui intéresse TSP Star avant tout, c'est l'art.

Equivalent papier : Climax


Heure : 19H35
Canal : TPS Star
Nom : L'Autre Emoi
Concept : Un acteur joue un personnage, ce personnage interview l'acteur.

Verdict : Par chance cette semaine-là c'est l'excellent Thierry Frémont qui se colle à l'exercice de l'auto-protrait schizophrène. On a ainsi évité Sara Forestier, Stéphane Rousseau et Hafsia Herzi, soit trois des pires acteurs du moment. Parce que les séances d'adoration d'acteurs c'est déjà difficilement supportable, alors on doit se fader des cabotins…
Quant à Frémont, nous en apprenons plus sur son perfectionnisme, comme lorsqu'il perd seize kilos ou s'entraîne un an au kickboxing. Hélas pour lui c'est rarement dans le cadre de projets qui restent dans les mémoires.

Equivalent papier : Leur journal intime.


Heure : 20H20
Canal : Ciné Cinéma Classic
Nom : Boulevard du Classic
Concept : "Emission hebdomadaire de Jean-Jacques Bernard qui, avec ses invités, revisitent les joyaux en noir et blanc et en Technicolor, depuis le début du siècle jusqu'aux tourbillons de la Nouvelle Vague."

Verdict : L'invité est Antoine de Caunes, qui fait parler sa cinéphilie sans révélation spectaculaire (Chaplin, Kirk Douglas, La Comtesse Aux Pieds Nus avec Ava Gardner comme scène la plus érotique). On est dans le classique en somme. Toutefois le commentaire précise sur de Caunes : "Ses sketchs avec José Garcia sur le plateau de Nulle Part Ailleurs restent légendaires d'un mauvais goût farceur et assumé, d'ailleurs il présente régulièrement les Césars", qu'il faut comprendre comme une pique envers l'illustre cérémonie.

Même si une fois de plus il faut passer par le prisme de la vedette, ne boudons pas notre plaisir, les émissions évoquant le cinéma d'il y a plus de trente vingt dix ans sont si rares…

Equivalent papier : Les fiches de Monsieur Cinéma


Heure : 00H00
Canal : France 3
Nom : Cinéma de Minuit
Concept : Patrick Brion présente un film en VO qui a plus de vingt ans. De la folie furieuse quoi.

Verdict : Merci monsieur Brion. Il était temps, la semaine touchait à sa fin.

Equivalent papier : Les livres de Patrick Brion.


CONCLUSION

Discussions autour des formes et de la grammaire de l'image : 0
Référence à un cinéma d'avant les années 80 : 2 (dont une par un invité)
Analyse d'un plan ou d'une séquence en mouvement, ce qui paraît tomber sous le sens à la télévison : 1

Voilà un bilan aussi triste que prévisible, conséquence des politiques éditoriales des grands groupes d'une part (pour des raisons économiques) et d'une certaine forme de laisser-aller de l'autre, une paraisse intellectuelle aisément acceptée au sein des rédactions car depuis longtemps l'obscurantisme en matière d'art et de culture prévaut dans les milieux autorisés, où de toutes manières on se persuade que l'existence seule de labels et de lois permet au public de s'éduquer et d'analyser ce qu'il perçoit.

Pour notre part nous attendons toujours l'émission idéale, qui pourrait s'approcher d'une version cinéma de Dans Le Texte du site Arrêt Sur Image.
Rêvons.


   

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