The Jane Doe Identity

Living dead girl

Affiche The Jane Doe Identity

Figure incontournable de la série télé policière, le médecin légiste est étrangement peu représenté dans les salles obscures alors qu'on pourrait croire son métier et son lieu de travail comme terreau idéal pour le cinéma d’horreur.

De mémoire récente on compte seulement l’anthologie Body Bags (1993) avec John Carpenter en maître de cérémonie, Pathology en 2008 ou le moyen-métrage de Nacho Cerda Aftermath (1994). Le petit succès de The Autopsy Of Jane Doe (titre original) va-t-il inverser la tendance ?

Brentham, Virginie. Alors que la police investit une scène de crime où tout semble indiquer un cambriolage ayant mal tourné, on découvre le cadavre d’une femme (Olwen Kelly) à l’identité inconnue (une "Jane Doe"), sans lien avec les propriétaires de la maison où s’est déroulée la fusillade. Le shérif Sheldon Burke (Michael McElhatton) confie l’autopsie à Tom Tilden (Brian Cox) et son fils Austin (Emile Hirsch). A peine commencent-ils à étudier le corps que des phénomènes étranges se produisent…

The Jane Doe Identity

L’un des atouts du troisième long-métrage d'André Øvredal (The Troll Hunter) réside dans sa façon de dépeindre cette famille de légistes loin des clichés présentant les métiers mortuaires peuplés d’excentriques adeptes d'humour noir les mains plongées dans un cadavre. Au contraire, afin de renforcer l’empathie avec les personnages les scénaristes ont opté pour une relation père/ fils dénuée de problème majeur (même si ce dernier a des velléités de départ de la morgue familiale), et le seul trait d’humour que se permettent les auteurs est là pour cadrer le contexte à travers le personnage d’Emma (Ophelia Lovibond), la fiancée d’Austin, qui pense que la vision d'un cadavre reste anodine. Car l’autre force de The Jane Doe Identity repose sur la mise en scène de l’autopsie. Si l’on pouvait craindre une certaine complaisance, Øvredal décide de ne montrer que le nécessaire, refusant de traiter le cadavre tel un jouet pour public avide de barbaque afin d'accentuer le malaise de sa présence. Des choix qui toutefois n'empêchent pas sa bande de s’avérer ludique dans l'accumulation de mystères autour de cette Jane Doe… Mais si cette première partie fonctionne, la seconde peine à convaincre à mesure que les phénomènes se font plus prégnants. D’abord la faute à des manifestations trop sages, donc plus ou moins prévisibles, sur lesquelles s'alignent écriture et mise en scène. Malgré quelques idées (la chanson, la morgue plongée sous une épaisse fumée), Øvredal n’utilise pas davantage la topographie du lieu pour créer des visions réellement cauchemardesques, se contentant de plonger ses personnages dans l’obscurité.
Et si la révélation pourra s’avérer un poil décevante – mais pouvait-il en être autrement avec de tels prémisses ? – elle se permet néanmoins une incartade légèrement subversive évoquant un moment peu glorieux de l’histoire US, sans pour autant jouer dans la même catégorie que le récent Get Out. Qui a dit que les cadavres ne racontaient pas d’histoires ?




THE AUTOPSY OF JANE DOE
Réalisation : André Øvredal
Scénario : Ian Goldberg & Richard Naing
Production : Rory Aitken, Fred Berger,…
Photo : Roman Osin
Montage : Peter Gvozdas & Patrick Larsgaard
Bande originale : Danny Bensi & Saunder Jurriaans           
Origine : USA
Durée : 1h26
Sortie française : 31 mai 2017




   

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