The Last Days On Mars

Le cercueil rouge

Affiche The Last Days On Mars Toujours à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes, un film de SF horrifique se déroulant sur Mars nous révèle pourquoi dans l’espace plus il y a de la vie, moins il y a d’espoir…


Ruairi Robinson a beau être installé aux Etats-Unis, il n’en demeure pas moins irlandais, ce qui tend à devenir ces temps-ci un gage de qualité pour un réalisateur de films de genre. Nominé à l’Oscar du meilleur court animé en 2001 pour 50 Percent Grey, Robinson poursuit sur différents courts fantastiques et horrifiques, dont The Silent City, qui nous transporte dans une atmosphère de guerre post-apocalyptique avec Cilian Murphy. L’impressionnant travail visuel sur ces courts lui voit confier par Warner Bros en 2008 pas moins que l’adaptation live de Akira en deux films. Mais Robinson abandonne le projet, depuis au point mort.
Il signe donc son passage au long avec ce The Last Days On Mars, récit des dernières heures d’une expédition martienne de deuxième main partie effectuer quelques recherches, confrontée à l’existence d’une bactérie virulente extrêmement dangereuse.

The Last Days On Mars
The Last Days On Mars puise sa force dans sa simplicité, se refusant de dévier d'un postulat peu original pour des rebondissements artificiels. Ce qui intéresse Ruairi Robinson est de nous faire ressentir le quotidien de ces astronautes en territoire hostile, qui de mornes répétitions se transformera en cauchemar. L’immersion est plus que réussie, pour peu qu’on soit sensible à l'espace et aux gadgets d'astronautes, et l'on est vite happé par l’authenticité des rapports entre les personnages. L'aspect low-tech des instruments utilisés favorise une prise de contact réelle avec le sujet, un peu comme l’avait fait Alien, Le Huitième Passager. The Last Days On Mars est au film de Ridley Scott ce que 28 Jours Plus Tard était au film de zombies : l’abandon d’une créature fantastique pour un mal plus crédible scientifiquement (si une forme de vie existe dans l'espace, elle serait vraisemblablement bactériologique) mais insaisissable, dont l’inéluctabilité du drame est exacerbée par l’isolement spatial de ses hôtes.

The Last Days On Mars
Confrontés à leur mortalité dans ce monde étranger, les personnages s’isolent et se referment, gonflant leurs réflexes de survie mais révélant aussi leur humanité. Et ils sont servis par une belle brochette d’acteur : Olivia Williams et Elias Koteas marquent en peu temps leur autorité, tandis que le duo d’astronautes campé par Liev Schreiber et la charmante Romola Garai (la journaliste de la série anglaise The Hour) parvient à arracher de beaux moments d’émotion. Ils ne sont guère les seuls, car lorsque The Last Days On Mars abandonne son ambiance atmosphérique en apesanteur et les beaux plans d’ensemble sur les tempêtes martiennes, les sentiments ne décollent pas des personnages, validant encore et toujours cette volonté d'adhérer à une réalité probable et oppressante que ressentiraient de vrais astronautes (le score efficace et familier de Max Richter continue même de transporter le spectateur lors du générique de fin). Robinson dépasse ainsi le simple slasher ou zombies-flick dans l’espace.
The Last Days On Mars ne révolutionnera rien dans le genre, mais confirme le bien-fondé de la confiance des studios en cet honnête artisan.

The Last Days On Mars sera projeté dans le cadre de la reprise de la Quinzaine au forum des images le samedi 8 juin.


THE LAST DAYS ON MARS7/10
Réalisation : Ruairi Robinson
Scénario : Clive Dawson, d'après l'oeuvre de Sydney J. Bounds
Production : Michael Kuhn, Andrea Cornwell
Photo : Robbie Ryan
Montage : Peter Lambert
Origine : USA / Royaume-Uni
Durée : 1h31
Sortie française : Indéterminée




   

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