La Tour Montparnasse Infernale

Banana rising

Affiche La Tour Montparnasse Infernale

Remontons légèrement le temps. Gnourf, homme préhistorique ambitieux malgré lui, aux mimiques simiesques, se lève un jour de printemps, sort de sa hutte et s’en va préparer la bectance, sa prodigieuse massue à la main. Sur le chemin de la victoire, il rencontre Murf, un cousin éloigné.


Rien ne semblait présager l'événement historique qui va suivre. Alors qu'un échange de regards concentrés se produit activement entre les deux ancêtres, une idée dingue germe dans l'esprit de Gnourf. Ce dernier, contre toute attente, désigne de sa main frêle l'herbe sous ses pieds, insistant, à coups de "brouf" et de "mmmprf" pour que ledit Murf regarde lui aussi ce sol tout ce qu'il y a de plus banal. Profitant de ce moment d'inattention, Gnourf balance un coup de massue vif sur la fragile caboche de son compagnon tout égaré... avant d'émettre un son guttural très étonnant. Sans le savoir, Gnourf a inventé le running gag burlesque des Trois Stooges, et, bien plus que cela, Gnourf a inventé l'humour.

Des milliers d'années plus tard, un duo comique ose un retour aux sources. Après des années de vannes difficiles à la Almanach Vermot, d'humour noir à la Franquin, de comique référentiel, de jeux de mots desprogiens, de rires à base de tétés, de féfesses et autres miches, les bien-nommés Eric et Ramzy décident de rappeler les bases de ce que l'on appelle l'Umour (copyright Gotlib).
Effectivement, lors d'une séquence mémorable de leur premier film d'auteur, un pilote d'hélicoptère, future victime des ruses de deux laveurs de carreaux (interprétés par les artistes susnommés), se dirige avec assurance vers ces derniers, sans se douter qu'il va se confronter au b.a.-ba de la potacherie : le gag... DE LA PEAU DE BANANE.
Marcel Gotlib, dans une histoire de Gai Luron, transformait cette peau de banane en râteau dans la gueule ou en seau rempli d’eau sur la tête, soit les autres classiques du gag traditionnel, mais, içi, la peau de banane reste une peau de banane et ses effets sont les mêmes (peau de banane = chute), tout cela additionné à une autre facétie ultra connue d'humoriste : la tromperie du billet attaché à un fil (occupation favorite de Riri, Fifi, et Loulou).

Résumons. Billet attaché à un fil + laveurs de carreaux + peau de banane = trucs très rigolos. L'équation semble simple, presque simpliste. Pourtant, certains y restent insensibles. Ces malheureux ont-ils oublié la puissance des farces de Gnourf ?

La Tour Montparnasse Infernale
 


CACA + PETIT CHAUVE + GRAND MAIGRE = CE2
En vérité, tout cela est pardonnable. On peut aisément rester insensible à cette hénaurme comédie qu'est La Tour Montparnasse Infernale. Tout le monde n'a pas d'aussi bons yeux ou n'est pas aussi bon public que Jean-Luc Godard, l'un des piliers de la Nouvelle Vague, celui-là même qui s'extasiait devant Ace Ventura En Afrique en le désignant comme l'un des meilleurs films de l'ère 90's. Ce qui a pour conséquence, en toute objectivité critique, de réévaluer le film de Charles Nemes dont il est question : certes, dans ce film national d'art et d'essai il n'y a pas de singes. Au moins, l’œuvre de Steve Oedekerk avait comme petit plus de rappeler les vraies valeurs de l'humour visuel : animaux + douleur + homme qui sort des fesses d'un rhinocéros = Bien.
Non, malheureusement, dans La Tour Montparnasse Infernale (croisement entre Die Hard, La Tour Infernale pour le titre, et... Y A-T-Il Un Pilote Dans L'Avion ?) il n'y a pas de singe. Même pas un chien en pâte à modeler qui parle avec la voix de Jamel.
Par contre, on y contemple la poursuite - en armure - la plus courte du monde (deux secondes), le plus beau discours en chinois de l'univers (prémices d'une des expressions fondatrices de notre époque : "la racaille de Shangai") et surtout, une moralité que n'aurait pas renié La Fontaine, puisque trois points existentialistes fondateurs y sont établis comme principes premiers d'une humanité moderne en manque de repères.
Eric, Ramzy et tous leurs compagnons dressent un constat des plus directs sur la société contemporaine, par le biais, donc, d'un triptyque philosophique. Soit trois vérités générales qui comptent beaucoup dans la vie d'un homme :

1 – "Humm, le caca c'est délicieux."

2 – "T'es payyyydayyy !"

3 – "Oh, regarde, t'as une tâche... pis-cine !"

En seulement cinq minutes, le duo incompris démontre dès l'ouverture qu’il a tout capté en terme d’efficacité cocasse, la cocasserie allant du primaire (deux couillons crachant du haut de leur poste sur des passants) à l’expérimentation d’une blague qui va JUSQU’AU BOUT (la vitre salie, propre, salie, propre, salie, propre, ainsi de suite). Spectateurs indignés, constatez-donc par vous-même, et reniez vos préjugés.
Quel film français s’aventure autant, avec une telle audace radicale, dans la galaxie infinie des machins qui font "lol" ?
Quelle autre œuvre a comme ligne directrice une combinaison universelle de toutes les sortes d’humour possibles et imaginables ?

En une heure et trente minutes, Eric Judor et Ramzy Bedia ont mixé tout ceci d’une manière infernale (ptdr).

La Tour Montparnasse Infernale
 


"CHINOIS + ZAZ + PIZZA = 4" (George Orwell)
Primo : l’humour basique zazien. C'est-à-dire : un chauve qui s’assomme en se pétant le crane à une vitre de la tour Montparnasse, ou encore un chauve qui se crame la main, ou encore un chauve qui rate un saut à la Tarzan et atterrit dans une piscine, déguisé en chevalier.

Deuzio : l’humour tendance de la jeune génération, du type humour de collège qui marque à vie : le caca, le paydayyyy, le (démodé, depuis) "Ferme ta bouche pour voir… Ah oui, c’est mieux" sans oublier le typique jeu du "Je répète ce que tu dis et pis en plus mieux vaut être un p'tit Breton qu’un grand tu l’auras".

Tertio : l’humour de référence, du genre qui te fait rire deux fois, une fois par le biais des vocalises burlesques de nos deux protagonistes, et la deuxième fois puisque t’as pigé l’allusion culturelle. Exemple : "Vous me faites penser à Sammy dans Scooby-Doo". (1) Ou encore, plus frappant, l’hilarant "Tu m’auras pas comme ça San Ku Kai !" balancé à un vaillant chinois lors d’une scène qui est elle-même une allusion directe à un film d’arts martiaux, Le Jeu De La Mort. (2)

Quatro : Suzi ? Ah ah ah. Non.
Quatro, donc : le jeu de mots. Exercice périlleux qui nécessite une grande connaissance linguistique, une bonne inventivité littéraire, et, surtout, SURTOUT, le besoin d’oublier tout bon goût, toute attente à la bonne morale, toute notion de dignité. Ce qui donne la mythique "Pizza quatre chaussures" (3), "La tête à la main", "Cupide – que péd’ ", "Mes bras, c’est du bacon… euh… du bétone… du bitume…" ou encore le joli "Dieu soit en location".
En fait, La Tour Montparnasse Infernale devient progressivement une poupée russe de la débilité, accumulant les prouesses verbales à la manière d’un Woody Allen qui aurait révisé son manuel du parfait Frank Drebin, ou d’un Cube aux multiples dimensions humoristiques, le quiproquo laissant place à un déluge biblique de vannes Carambar. L’humour est bigger than life : aucune police du bon goût et des bonnes consciences pour arrêter ces deux zigotos ne reculant devant AUCUNE bassesse drolatique, partant du principe très stand up comedian qu’un jeu de mots doit en suivre un autre, et cela jusqu’à la fin du métrage, pour s’assurer que sur deux-mille numéros de pitres, cinq-cent au moins seront réussis !

La Tour Montparnasse Infernale
 


Quinto : Fueeego !… Quinto, en deux mots : le comique de situation.
Ici, quelle situation ! Deux trouducs dans une machine bien thunée qui, devenant les héros d’un vrai blockbuster (avec bad guys, explosions, mise en scène bien chiadée, coups de flingues, fusillades, plans de défense à base de nouvelles technologies, etc.) en profitent pour… battre le records de fausses impros, de boutades absolument régressives, allant du tire-sur-mon-doigt au "Jacques a dit", prenant beaucoup de plaisir à gaspiller les billets verts à coups de duels potaches sans fin. Tout le film est résumé là-dedans. Tant que le spectateur accroche à ce concept cinématographique, il accrochera à l’ensemble de l’œuvre. A l’idée qu’on puisse confondre réveil et bombe, qu’une main puisse être PD, ou encore qu’un Eric sur le point de se faire flinguer en vienne à imiter Neo et sa technique du développé-couché façon bullet time.

Sexto : l’humour complice.
Si le tout marche aussi bien c’est parce que le trouage de cervelet est assumé de bout en bout (comme dans Zoolander, Ron Burgundy, Un Shérif En Prison, Naked Gun). Parce qu’en somme, le fait de caler son angle en toute intégrité sur un duo de lycéens attardés amène la complicité, et forcément l’attachement du spectateur à ces moins-que-rien foutant tout en l’air. Le film, dans sa posture d’héritier explicite d’une farce bien fat et louder à l’américaine, fait ainsi un joli pied-de-nez à cette sempiternelle lignée de comédies françaises calquées sur L’Emmerdeur. Pas de sous-buddy movie à la Francis Veber ici, puisque aucun personnage ne peut sauver de l’imbécillité ces deux zéros : c’est ce que l’on appelle une ode funà la crétinerie. Un petit peu comme Les 11 Commandements, mais avec un scénario.


BURGER + MME MARCADET + PETER MAC CALLOWAY = FILM GÉNÉRATIONNEL
Dès le départ, ce fier descendant de La Cité De La Peur (devenu aussi précieux que les facéties des Nuls en terme de dumb comedy), cette version frenchie de l’immortel Dumb & Dumber (deux nazes confrontés à des maychans), n’est pourtant pas un bouzin improvisé et alimenté sur le tas, mais l’œuvre-somme d’un brainstorming de talents divers.
Eric et Ramzy, très doués pour pousser le vide jusqu’aux plus hautes jouissances (osant toujours aller plus loin, même dans la mauvaise pitrerie, l’école de la radio en somme), sont épaulés dans cette première expérience cinématographique par Charles Nemes (H), l’illustre Pierre-François Martin Laval (dit PEF) et les gagmen Kader Announ et Xavier Matthieu. D’où cette fusion scénaristique magique en fin de compte : les trips des cancres de fond de classe épousant l’absurdo-con des Robin Des Bois et l’imagination  de deux capteurs de blagues fidèles (car ayant tout deux bossé sur H), le premier ayant spécifiquement taffé comme co-créateur sur le Burger Quiz de Chabat (best of de toute une culture) et l’émission Tout Le Monde En Parle (générateur des torpilles de Laurent Baffie) avant de vriller sur le Jamel Comedy Club (dont il est également l’initiateur), tandis que le second s’est plus récemment activé sur la série du frère Astier, Hero Corp.

La Tour Montparnasse Infernale
 


Le symbole d’une contre-culture de l’humour, d’une transmission générationnelle, des gags pipi-prout de Chabat et sa bande (début de la quatrième chaîne) aux débats infantiles d’un duo jusqu’au-boutiste dans le domaine de la digression drôle (comique de la fin des 90’s, début 2000) qui prouve aussi que la tarte à la crème n’est pas toujours l’exercice le plus populaire. Le rire a ses raisons que la raison ignore.
Car, tout ce qui est écrit plus haut (et restera forcément dans l’Histoire) est autant gage de qualités pour certains que de défauts indéniables pour d’autres, de crises de fous rires incessantes pour les conquis que de vomis inexplicables pour les détracteurs. Mais, quoi qu’on en dise, cette ode à l’humour crasse est unique dans le paysage artistique français, tant elle fait partie de ce peu de poilades bien de chez nous aptes à déclencher un rire immédiat qui jamais ne s’arrêtera.

Déclaration d’amour à son public, façon Canal + (ou plutôt façon Comédie !), le film est fascinant dans sa vocation conceptuelle qui est le dénuement de toute limite morale ou d’"excuse à la bêtise", puisque jamais la vanne ne s’arrête ou n’est pardonnée dans ses excessives gamineries, jamais l’histoire n’est encombrée d’enjeux inutiles ou d’histoires parallèles, mais, dans un chemin tracé de gags en vrac, l’ensemble diffuse incontestablement un doux parfum de générosité de par sa connerie hallucinante, digne version-camembert des plus débilos comédies de Will Ferell, des Farelly ou de Sacha Baron Cohen, où c’est le spécimen humain le plus abruti qui tient le devant de l’affiche.
Les années 2000 ont, pour votre gouvernante, peu d’étalons du genre, de masterpieces burlesques, si ce n’est les satires façon Pilote d’un Michel Hazanavicius, le délire d’un James Huth (Hellphone), la compil’ private jokes d’un Chabat (Astérix Et Obelix : Mission Cléopâtre), les pitreries de Kad & O (Mais Qui A Tué Pamela Rose ? et Un Ticket Pour L’espace), cette inondation de Robin-des-boiseries qu’est RRRrrr (réalisé par… Alain Chabat) ou encore la photocopieuse franchement rigolote d’un Michael Youn (Fatal). Pour toutes les raisons citées plus haut et plein d’autres bidules, cette association de dingos s’esclaffant sur Peter Mac Calloway fait partie du meilleur de la comédie de ces temps-là. Un temps que les plus de vingt ans ne peuvent pas connaître.

La Tour Montparnasse Infernale
 


En combinant une musique héroïquecomme il faut (score de Vannier, compositeur chez… Philippe Garrel !), des vraies têtes de malfaiteurs (Serge Riaboukine, who else?) et un cadre de gros actionner movie, La Tour Montparnasse Infernale marchait sur les pas d’une autre énorme machine cocasse totalement dézinguée du bulbe, sortie seulement quelques temps auparavant : le grandiose Little Nicky, équivalent dumbass d’Autant En Emporte Le Vent, où régnait pareillement cette envie de tout foutre en l’air au service de l’hilarité, de dépenser sérieusement (presque dix millions d’euros ici) pour concrétiser ses rêves de sale gosse puni par la maîtresse à force de balancer des conneries !

Conclusion : "Un fil invisible, c’est comme un homme invisible, mais en forme de fil."

Convaincre le peuple sceptique du brio d’une telle gaudriole équivaut, par les temps qui courent, à insister sur le caractère magistral d’un Cloclo alors que chacun vous rétorque "Non mais ça va pas, oh ?!".
Pourtant, La Tour Montparnasse Infernale est au plaisir régressif de l’Umour ce que Papy Fait De La Résistance est à la truculence gotlibienne (4) : un grand, grand moment de cinéma.
Défendre un tel film, c’est un peu comme dire au spectateur fan hardcore d’Antonioni : "Mais si, mais si, tu vas voir, Talladega Nights c’est aussi bien que Blow Up, en un peu différent, certes…". Tout est là.

En fait, La Tour Montparnasse Infernale, c’est au moins aussi transcendant que Pierrot Le Fou ou que La Grande Illusion.

En un peu différent.
C’est tout.

"Hin-hin-hin, très marrant ! On ne doit pas avoir le même sens de l’humour !"


Ce papier est dédié de tout coeur à monsieur Beat Kiyoshi.



(1
) Attention ! Cet humour référentiel est aussi, à lui seul, un autre type de drôlerie ultra usitée dans la vie de tous les jours. Cela s’appelle un SARCASME. L’idée, c’est que Sammy = mec pas très perspicace. Donc, la réplique "Vous êtes très perspicace, machin… vous savez quoi ? Vous me faites penser à Sammy, dans Scooby Doo !" ne signifie pas : "Vous êtes VRAIMENT perspicace" mais "Vous n’êtes pas perspicace, un peu comme Sammy dans Scooby-Doo". S’il y en a qui sont perdus, Cf. la ligne plus haut à "Sammy".
En bref, cela esquisse une frontière entre le PREMIER et le SECOND degré (ironie). Et si vous me dites, par exemple : "Tu ne gênes personne avec tes majuscules, c’est super, continue comme ça, en plus ton papier est bien écrit", ben là c’est du SECOND degré, donc un SARCASME, donc de l’IRONIE. Voilà.

(2
) Attention ! Il est ESSENTIEL de préciser que cette allusion ne fait rire que par son caractère saugrenu (il faut être sacrément teubé pour balancer une telle sentence à un adversaire qui n’a qu’une envie : vous massacrer). Mais elle renvoie dans ce cadre précis au sous-genre de la PARODIE.
Exemple : dans Ring : découverte de la cassette tueuse + pénétration dans le magnéto (Serge) = bidule qui faut pas rire du tout du tout. Dans Scary Movie 3 de Zucker : même schéma + gags se référant à la pilosité et aux gogues = trucs qui, là, font rire de chez rire. Il s’agit de tourner en ridicule quelque chose de super sérieux à la base. La Tour Montparnasse Infernale (deux laveurs de carreaux très très très très cons qui sans le vouloir butent un par un des terroristes) = parodie de Piège De Cristal (un flic en repos et bien malin qui bute un par un des terroristes) et ce jusque dans sa baseline ("Dis Hard") et son titre québécois (Don’t Die Too Hard).
Autre exemple : Charlie Sheen dans Hot Shot 2 = sérieux mais drôle. Une parodie exacte du Charlie Sheen de Haute Trahison = sérieux mais… drôle. Oups. Passons.

(3
) Attention ! Dit comme ça, cette "pizza quatre chaussures" peut renvoyer à une autre marque de fabrique de l’Umour drôle, une marque british : le nonsense.
Si l’ironie est par définition du second degré, le non-sens serait du 36ème. Pourquoi "une pizza quatre chaussures" ? Pourquoi ? Quelle absurdité ! Et bien oui, car NON-SENS = ABSURDE.
Exemple : le gag des chaussures (encore !) susceptibles d’exploser si "vous passez sous la barre des trente kilomètres/heure". En plus d’être une parodie explicite de Speed (Cf. "Parodie"), ce… gag est parfaitement absurde. Pourquoi ? Pourquoi des baskets exploseraient-elles ? Pourquoi deux gogos croiraient-ils à de telles fadaises ? Non-sens. Absurde. Hop.

(4
) D’autant plus que la filiation est évidente, le film de Nemes étant pour les années 2000 ce que certaines satires du Splendid non dénuées de verve sont aux années 80 : du cinéma comique générationnel, monsieur.


LA TOUR MONTPARNASSE INFERNALE
Réalisateur : Charles Nemes
Scénario : Eric Judor, Ramzy Bedia, Pierre-François Martin Laval, Kader Anoun, Xavier Matthieu & Charles Nemes
Montage : Marcia Lucas… Bon, d’accord : Dominique Galliéni
Production : Christian Fechner
Photographie : Etienne Fauduet
Bande originale : Jean-Claude Vannier
Origine : France
Durée : 1H32
Sortie française : 28 mars 2001




   

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