Survival

...eye of the tiger !

Affiche Survival

Non, sur MySpace on ne trouve pas que des chanteurs ringards, des adeptes de la bogoss attitude ou des énervés de la tektonik. On peut tomber sur Guillaume Tauveron, réalisateur dont le court-métrage était inexplicablement absent de la sélection subie à Gérardmer.


Comme son titre ne l’indique pas Survival est loin d’être une incursion potacho-geek dans le genre très codifié du film de survie en milieu hostile façon Deliverance ou Wolf Creek, mais un court-métrage croisant habilement kickboxing et fantastique. L’histoire est simple, certains diront même basique, celle d’un champion de la discipline atteint d’un cancer et proche de renoncer à livrer son ultime (?) combat. Contre la maladie, contre la mort, contre Dieu…
Interprété par Damien Leconte, un authentique champion et acteur amateur, le film de Tauveron impressionne par sa maîtrise technique et narrative. Le postulat fantastique, plutôt casse-gueule sur le papier, est bien intégré et ne constitue pas un simple effet de manche. De telle sorte qu’au bout des vingt minutes, on en vient à se demander pourquoi il n’a pas été sélectionné au festival de Gérardmer. Sans remettre en question les qualités de Next Floor, Dix ou Tony Zoreil, il y avait incontestablement sa place. En plus, cela nous aurait permis de digérer plus facilement les purges Personna Non Grata et Redrum ou les délires potaches et peu aboutis de Paris By Night Of The Living Dead.

Survival
 

Tourné en HD, en dix jours et pour un budget de mille euros, entre l’écriture et la post-production, il aura fallu un an et demi pour avoir ce résultat. Habitué à tout faire lui-même (cadrage, lumière, montage, musique…) jusqu’à apporter les sandwiches sur le plateau, Tauveron s’est cette fois-ci entouré d’une équipe de qualité qui lui a permis de se concentrer uniquement et entièrement sur sa mise en scène.
Survival
bénéficie d’une photo magnifique, d’une réalisation fluide et recherchée sans être tapageuse et surtout le film parvient à transmettre des émotions et des humeurs en se passant quasiment de tout dialogue. Il n’est pourtant pas exempt de défauts, notamment dans le jeu des deux interprètes féminines, un scénario un peu léger mais en même temps cela reste un court de vingt minutes donc on va peut être pas trop en demander non plus. Plus gênants sont les trois cartons qui annonce chaque confrontation du héros avec les représentations de la maladie ou de la mort. Alors que par le biais de sa réalisation on avait très bien compris à qui ou plutôt à quoi on avait à faire, ces cartons introductifs sont totalement superflus. Peut être est-ce des réminiscences d’un manque de confiance en soi.
Toujours est-il que Survival mérite largement que l’on s’y intéresse et surtout qu’on le visionne. Trois possibilités pour cela : soit en allant fureter sur Dailymotion, sur le site de Guillaume Tauveron et bientôt en DVD dans le cadre d’une compilation (date d’édition non connue à ce jour).

Survival
 

Et si Survival s’avère un court-métrage vraiment étonnant, le parcours de Guillaume Tauveron l’est tout autant. En effet, il n’a pas suivi de formation traditionnelle (école de cinéma) mais a appris sur le tas, en autodidacte, mû par le désir de réaliser coûte que coûte. Depuis 2003, il a ainsi confectionné pas moins d’une vingtaine de court-métrages dont beaucoup ont tourné dans des festivals. Il a réalisé également une dizaine de clips et co-réalisé un long-métrage indépendant au Japon avec le réalisateur japonais Hiroshi Toda.
Une présentation vraiment succincte mais le parcours du bonhomme mérite vraiment de s’y pencher, car il faut en vouloir pour parvenir à tourner en huit mois huit contes, écrivant l’un pendant le tournage d’un autre tout en préparant déjà le suivant. Vous pourrez en avoir un aperçu au travers des questions/réponses sur le forum des vidéastes amateurs.
Hyper-actif, il travaille déjà sur d’autres projets, notamment un court-métrage, Cercles, avec Alysson Paradis, et deux projets de longs : une histoire de deux frères boxeurs, Le Sang Aux Poings, et un film fantastique se déroulant au Japon, Sur Tes Ailes.

Perfectible, Guillaume Tauveron n’en demeure pas moins un réalisateur à suivre.

Guillaume Tauveron
Guillaume Tauveron, c'est lui !


SURVIVAL
Réalisateur : Guillaume Tauveron
Scénario : Guillaume Tauveron
Production : Tauveron Films, Paf eEntreprise
Photo : Benjamin Tauveron, Fabien Chabanne
Cadrage : Benoit Campagne, Matthieu Bourcheix, Guillaume Tauveron
Montage : Guillaume Tauveron
Etalonnage : Benoit Campagne
Musique : Digital Orchestra, Daschön, Dalton Crew
Montage son : Matthieu Bourcheix & Benoit Campagne
Effets-spéciaux : Steven Stoy Liszka, Pascal Thiebaux, PAFENTERPRISE
Origine : France
Durée : 20 min
Sortie française : Visible sur Dailymotion et bientôt en DVD




   

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