Gérardmer 2015 : At The Devil's Door

La belle hait la bête

Affiche At The Devil's Door

Deux ans après l'oubliable The Pact, Nicholas McCarthy récidive dans l'épouvante et plonge les festivaliers dans une atmosphère lugubre pour préparer la venue de la Bête...


Présenté hors compétition de cette édition 2015, At The Devil's Door est une bande d'horreur humble mais tendue qui prouve que minimalisme à Gérardmer ne rime pas forcément avec ennui. On y suit une jeune femme lors d'une transaction diabolique qui la condamnera peu après le générique. Puis la caméra se porte sur Leigh, agent immobilier, la trentaine solitaire, qui décroche la vente de la demeure d'un couple aux abois. Leur fille a disparu, Leigh est persuadée de l'avoir croisée. C'est en fait l'ombre du mal qui rôde dans cette maison en la personne de la première défunte, une ombre qui ne tardera pas à mettre en danger l'héroïne.
Décors épurés, urbains, parfois crasseux, photo naturaliste et quotidien déprimant sorti d'un documentaire social, le film de McCarthy pose une atmosphère de déliquescence dès ses premières images, portée par une bande son l'enveloppant d'une aura maléfique. La force de At The Devil's Door est de faire perdurer cette ambiance, la lenteur du récit et la banalité de son contexte contrastant avec l'importance des événements et les conséquences d'un mal qu'aucun des personnages ne peut maîtriser. Quelle que soit leur détermination, les femmes brutalement attaquées n'ont que des réactions de défense souvent désespérées, pareilles à celles de victimes de viol.

At The Devil's Door

Bien qu'il n'échappe pas à de rares longueurs, McCarthy accélère pied au plancher lors des trente dernières minutes via des ellipses bienvenues accentuant les enjeux et le calvaire d'une héroïne envers qui on reste compatissant en dépit des nombreuses resucées du script. Calvaire qui la conduira à un face-à-face avec une gamine littéralement glaçante, climax du thème développé en filigrane sur l'enfantement non désiré.
At The Devil's Door ne sera pas le film le plus mémorable de ce festival ni le plus original, mais a le mérite de tenir ses promesses en offrant une heure trente de tension agréablement dispensée.



At The Devil's Door de Nicholas McCarthy, sortie française : en VOD le 25 février 2015




   

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