Mai 2008

Les atterrés du milieu

Le milieu n'est plus un pont mais une faille

Un club de treize professionnels du cinéma français connus et reconnus livre un rapport de 200 pages détaillant très précisément, prosaïquement, comment et pourquoi le système de production hexagonal est devenu une industrie risible, déconsidérée sur le plan international, prise au piège "des produits formatés et de l’élitisme abscons".


Vaut mieux tard que jamais, certes.
Nous reviendrons évidemment plus longuement sur Le milieu n’est plus un pont mais une faille (nom de l'ouvrage) par le biais d'un dossier à paraître d'ici la fin du mois, même si nous pouvons déjà regretter une étude s'axant principalement sur les questions de budgets, d'aides, de chiffres, de taxes et de quotients, alors que nous aurions apprécié quelques chapitres sur l'éducation propre à l'audiovisuel et la formation des "talents" prétendument existants au sein de notre industrie, qui n'auraient pas les moyens nécessaires à la réalisation de leurs œuvres : doubler les avances sur recettes, bonne idée, mais à quoi bon si les bénéficiaires ne se remettent pas en question de leur côté ?

Niveau remise en question, attendons-nous à du lourd le mois prochain avec Speed Racer, le nouveau film des frères Wachowski, qui, après avoir tout pompé sur Dark City et Ghost In The Shell avec Matrix, ont cette fois plagié les Spy Kids de Robert Rodriguez. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est partout sur Internet, et prochainement dans vos revues de cinéma favorites. Ceux qui brocardaient le duo il y a cinq ans pour avoir proposé de la "philosophie de comptoir" ne se forceront pas à voir ce qu'ils ont déjà décidé de voir, mais il est tout de même amusant de remarquer que parmi cette "philo de comptoir" figuraient de longs discours sur le principe de causalité. Et il est cocasse que les mêmes qui dénigraient ces concepts "de niveau de collège" viennent à peine de comprendre (ou d'accepter) qu'il existe une relation de cause à effets entre les politiques culturelles et la qualité/diversité des films et des genres produits.
Que des chroniqueurs, professeurs, auteurs dénigrent une œuvre sur le seul fait de son appartenance à un genre ou un pays sans prendre un instant la peine de la comprendre, peut-on dire qu'ils représentent une cinématographie saine, riche et sûre d'elle ?




   

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