Gérardmer 2010 #1

Apocalypse snow

Affiche Gérardmer 2010

Comme l’an dernier, Vendetta est arrivé en éclaireur dans la cité vosgienne. A moins qu’il ne l’ait pas quittée comme tendrait à le confirmer l’absence en ce site de son talentueux coup de clavier. Sûrement pour mettre la touche finale au septième tome de l’analyse de Morse écrit entre son adaptation pour le remake américain et la préquelle du roman original.

De mauvaises langues avanceraient que l’on a échappé à des textes aux trois-quarts composés de citations littéraires, mais ce sont des langues qui n'auraient pas goûté à ses mets micro-ondés avec amour.

Assez tergiversé et entrons dans le vif du sujet, à savoir le 17ème festival international du film fantastique de Gérardmer. La présence de John McTiernan en tant que président du jury nous a presque autant stimulé que la perspective de bouffer du munster. On rigole, on rigole, or nos deux envoyés spéciaux présents à la soirée d’ouverture, Vendetta et Zug, se sont effectivement demandés si ce n’était pas la réelle motivation des festivaliers présents dans la salle tant l’accueil de McT était si peu enthousiaste. Cependant, l’arrivée sur scène du génial réalisateur méritait le détour, celui-ci s’approchant tranquillement, les mains dans les poches tout en détaillant le décor avoisinant. Ou peut être cherchait-il à déterminer si des sbires de Karl Rowe ne s’y dissimulaient pas…

Affiche Dans Ton Sommeil Et puis les lumières se sont éteintes pour la première projection du festival, un film de Caroline et Eric Du Potet présenté hors-compétition, Dans Ton Sommeil. Un thriller fantastique, ou bien un mélange de slasher et de film de siège… Comme le duo de réalisateurs, le spectateur ne sait pas vraiment dans quel genre le métrage va s’orienter. Ce qui est sûr c’est qu’il n’aura pas failli à nos attentes puisque on en attendait rien. Vendie et Zug ont pourtant fait des efforts et tenté de s’intéresser au destin de cette infirmière traumatisée par la mort accidentelle (?) de son fils de 18 ans, qui trouvera un ado de substitution en la personne d’Arthur qu’elle manque d’écraser sous les roues de sa voiture. Ce dernier est poursuivi par un homme mystérieux cherchant à le tuer… Oui, ils ont tout tenté, même de fermer les yeux (au figuré) devant un scénario convenu, des cascades et une photo de l'école Julie Lescaut, des interprétations approximatives ou des prises de décisions intradiégétiques complètement farfelues. Mais en désespoir de cause, ils ont fini par vraiment fermer les yeux et définitivement décrocher après la séquence révélant que tout ceci n’était qu’un rêve. Sûrement une scène coupée rajoutée en dernière minute pour donner au film une durée plus respectable. On aurait dû se méfier dès le départ d’un film français dont le titre est plus signifiant en anglais (In Their Sleep). Une réaction de McTiernan à la sortie de l’espace Lac ? "Well, how does it means ? In your a.. ?!" C’est cela même McT, on peut dire que nos deux amis se sont bien fait enfilés.

Dans Ton Sommeil
Dans Ton Sommeil


Qu’à cela ne tienne, nos envoyés spéciaux reviennent dès le lendemain pour le vrai début du marathon. Au programme, Possessed de Lee Yong-Ju. Depuis l’inégal Deux Sœurs de Kim Jee-Woon, grand prix contestable de 2004, chaque édition ou presque donne sa chance à un représentant du Matin Calme. Hansel Et Gretel de Yim Pil-Sung avait agréablement étonné l’année dernière même si un peu long et par moments trop explicatif. Et des explications, le réalisateur de Possessed a tenté de nous en donner lors de son passage sur scène pour présenter le film. Si la traductrice a plutôt bien assuré au départ, un élan de sympathie traversa l’assistance lorsque Lee Yong-Ju s’élança dans une logorrhée interminable tandis que la pauvre masquait impassiblement son désarroi. Et suscita un éclat de rire général par la concision de son interprétation.

Affiche Possessed Mais revenons à notre film : petit indice, vu le titre vous vous doutez bien qu’il va s’agir d’un cas de possession. Heureusement, on est très loin d’une relecture coréenne du chef-d’œuvre de Friedkin puisque le récit met en jeu diverses croyances (chamanisme, catholicisme) partagées par les locataires de l’immeuble où la sœur de Hee-Jin a disparu et dont les pratiquants s’avèrent réellement fanatiques. De sorte que l’on s’oriente plutôt vers un cas de persécution. Prévenue par sa mère (une version moins autoritaire de celle de Carrie mais pas moins dérangée et inquiétante), Hee-Jin accourt et fait appel à un représentant de l’ordre pour ramener un peu de raison parmi cette vague d’obscurantisme. Comme souvent avec les Coréens, les évènements les plus graves sont soumis à un humour déstabilisant. Des ruptures de ton et un mélange des genres (thriller, whodunit, apparitions spectrales, symbolisme, drame familial et critique sociale…) qui créent une ambiance délétère où se côtoient mysticisme, mystères et petits arrangements entre voisins. Tous les personnages étant en quête de réponses, de signes pouvant les aider à résoudre leur mal-être et leurs angoisses. Une bonne surprise souffrant malgré tout de quelques longueurs mais qui a le mérite de ne pas apporter d’explications définitives, laissant le loisir au spectateur de répondre aux diverses interrogations suivant son appréciation ou ses propres croyances.

Possessed
Possessed


Affiche Le Baltringue Petit détour vers le centre de la ville pour se restaurer et remarquer au passage que cette année les géromois ont fait un effort particulier pour susciter l'effroi en placardant dans les rues la tronche de Lagaf' avec l'affiche de son chef-d'oeuvre.

Passé cet intermède, les festivités se poursuivent avec un des six films sélectionnés dans la catégorie reine, la rétrospective consacrée à McTiernan, Predator ! Malgré la piètre qualité de la copie présentée, c’est toujours un bonheur de revoir sur grand écran ce sommet du film d’action faussement bourrin. On va pas réécrire ce qu’avait si bien rédigé en son temps Vendetta et on se contentera de retranscrire ce que les gros bras tatoués du site on retenu du film :
Vendetta : "Les excuses, c’est comme le trou du cul, tout le monde en a !"
Macfly : "S’il peut saigner, on peut le tuer."
Zug : "T’as pas une gueule de porte-bonheur !"

On ne mollit pas et on enchaîne avec un film présenté hors compétition, Cargo, du suisse Ivan Engler. Un film de SF très, très lent qui développe une histoire archi-rebattue où le dernier espoir de l’homme, après la désertion d’une Terre devenue inhabitable, est de se réfugier sur une autre planète, Rhéa. Pêle-mêle, on reconnaîtra des emprunts à tous les classiques, de Alien à Solaris en passant par Silent Running, 2001, Matrix ou Mission To Mars, qui formeront un patchwork sans génie et sans rythme mais qui se laisse suivre sans ennui. Sans grande originalité, Cargo bénéficie par contre de décors splendides et impressionnants pour les intérieurs du vaisseau.

Cargo
Cargo


Affiche La Horde Un gentil amuse-bouche pour nous préparer à la projection du très attendu La Horde de Yannick Dahan et Benjamin Rocher qui fut présenté dans sa version remontée. Un film de zombie co-réalisé par la grande gueule cinéphilique du PAF précédé par des bandes fantastiques françaises pas très convaincantes, on peut dire qu’il était attendu au tournant. Et finalement, il le négocie plutôt bien. Les coupes pratiquées dans la première bobine permettent d’aller droit à l’essentiel et si les réalisateurs ne font pas vraiment preuve d’inventivité dans la configuration des scènes d’action (défourraillage frontal des zombies courant vers eux), si certaines interprétations ont du mal à convaincre, toutes les réserves explosent face à l’énergie, la générosité et la gouaille dont fait preuve le film. Mention spéciale à René (génial Yves Pignot) aussi inquiétant lors de sa rencontre qu’hilarant par la suite. Rires, applaudissements, le public a vraiment participé de bon cœur lors de la séance.

La soirée se terminera par deux documentaires, Viande D’Origine Française, des auteurs de Suck My Geek!, et Nightmares In Red, White And Blue, proposant un état des lieux du film d’horreur en France et aux Etats-Unis.


A suivre dans la seconde partie de notre dossier : films lents, persécution, boules de neige et drague : Gérardmer, c’est aussi la fête à Macfly.

La Horde
La Horde


Gérardmer 2010 - Partie #2
Gérardmer 2010 - Partie #3




   

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