BIFFF 2014 : Willow Creek

Perdons-nous dans les bois

Affiche Willow Creek

Le réalisateur de God Bless America à la barre d'un film sur le Bigfoot avait de quoi créer une belle attente. On pouvait espérer une variation originale de found footage croisée avec un road trip américain bien corrosif. Le résultat est loin d'être à la hauteur.


Bobcat Goldthwait, qui n'a rien perdu de son talent comique (il était autrefois Zed dans les Police Academy), s'est présenté sur la scène de la salle 2, relevant le défi de divertir un public éreinté par les nanars The Outing et Lord Of Tears. Son imitation de Bono interprétant le YMCA des Village People emporta les applaudissements, ses quelques mots moqueurs sur les found footage qui suivirent Le Projet Blair Witch achevèrent de convaincre qu'il n'était pas là pour tomber dans les pièges de la bobine retrouvée, mais plutôt pour effectuer un retour aux sources.

La première partie de Willow Creek est conforme aux attentes, proposant de nous immerger dans le projet de documentaire d'un grand admirateur de Bigfoot parmi tant d'autres. Bien que non-croyante, sa copine accepte d'effectuer le voyage avec lui et de filmer les entrevues des habitants de Willow Creek, la ville qui s'est consacrée à Bigfoot depuis que les dénommés Patterson et Gimlin parvinrent à prendre une bobine floue de la bête en 1967. Voguant dans ce microcosme, les tourtereaux rencontrent ceux qui ont fait de la Bête un business, de pures croyants qui composent des chansons, des hommes et femmes qui seraient entrés en contact avec le Bigfoot (mais pas les Henderson) et les sceptiques. Emportés par le naturel des acteurs et des dialogues, on prend un grand plaisir à suivre cette première partie, si bien qu'on peut croire la cause acquise.

Willow Creek 


Puis vient l'arrivée en forêt sur les traces de l'animal. La dynamique d'interaction avec le village brisée, les héros sont face à eux-même en milieu hostile. Dès lors, Goldthwait cumule les écueils du
Projet Blair Witch dans lesquels ses successeurs avaient plongé à pieds joints. Le point de rupture du film se situe lors d'une scène de vingt minutes en plan fixe sous une tente, les deux héros sursautent et se demandent comment réagir à des bruits extérieurs... On pourrait excuser ce parti-pris en le mettant sur le compte d'une envie d'immersion paresseuse si la suite n'était pas à l'avenant : ainsi nos deux compères finissent-ils en tournant indéfiniment dans la forêt (n'avaient-ils rien prévu pour retrouver leur chemin ?) en récoltant des indices hasardeusement interprétés, en poussant des plaintes tandis que leur destin devient de plus en plus inéluctable. Pendant ce temps, la caméra qui était agréablement stable commence à bouger. 

La fin se révèle être aussi incompréhensible qu'inutile, terminant l'aventure sur un plan plus qu'improbable qui laissera le spectateur dans un état plus proche de l'incompréhension que de la terreur. Difficile de faire plus décevant lorsque l'affiche nous promettait une belle bête. On préférera revoir Troll Hunter et son chasseur charismatique ou même un Cloverfield de triste mémoire. C'est dire.


 

WILLOW CREEK
Réalisateurs : Bobcat Goldthwait
Scénario : Bobcat Goldtwaith
Production : Bryce Jonhson, Aaron Peak, Aimee Pierson, Jason Stewart…
Photo : Evan Phelan
Origine : USA
Durée : 1h20
Sortie Française : indéterminée




   

Commentaires   

 
0 #1 DieKennyDie le dimanche 31 janvier 2016 à 13:37
J'aurais dû lire les critiques avant de regarder ce film... quoique réussir à faire de l'incompréhensi ble en utilisant tout les clichés du genre tient de l'exploit.
Citer
 

Ajouter un commentaire

Ouvrez-la ! Avec pertinence et correction. Tout troll sera automatiquement supprimé.

RoboCom.


Informations supplémentaires