Gérardmer 2011 : Rare Exports : Un Conte De Noël

Santa Claus combat

Rare Exports : Un Conte De Noël

Au milieu d'une compétition maniérée n'assumant pas la dimension fantastique que le festival de Gérardmer est censé représenter, LA révélation de cette cuvée 2011 nous vient du Grand Nord, comme c'était déjà le cas en 2009 avec Morse.


Hélas relégué en dehors de la Compètofficielle, le surprenant Rare Exports aura mis d'accord toute la rédaction, assistant le sourire aux lèvres à l'émergence du futur Peter Jackson, en la personne du finlandais Jalmari Helander.

Rarement aura-t-on assisté à une œuvre si maîtrisée dès le premier essai (car oui, ça paraît incroyable mais il s'agit d'un premier film). S'inscrivant dans le même mouvement créatif qu'un Del Toro, le récit nous propose de renouer avec les origines du mythe du Père Noël, le débarrassant de l'imagerie consumériste pour en extraire la sève des terreurs enfantines. Une sorte de croisement entre le Jusqu'En Enfer de Sam Raimi et l'esprit eighties des Gremlins. Vécu à travers le point de vue d'un enfant de huit ans, Rare Exports accompli l'exploit de rendre tangible la moindre de ses idées casse-gueule sur le papier. La prise de risque permanente est payante, l'horreur de l'introduction (un champ de rênes morts) côtoyant l'humour débridé (une situation périlleuse résolue à base de biscuits à la cannelle) sans négliger la dimension épique qu'une telle figure universelle est censée véhiculer.

Rare Exports : Un Conte De Noël
 

Ne cédant à aucune mode, baigné dans des décors neigeux intemporels, ce bijou d'aventure fantastique a la particularité d'exclure toutes femmes du récit, la mise en scène de Jalmari Helander se chargeant de questionner toute l'imagerie masculine de l'ogre. Le père du héros nous est ainsi présenté comme un boucher sanguinaire, donnant les ordres à son fils à moitié nu. Ce dernier subira tout au long des péripéties une mutation le conduisant à combattre ses démons en revêtant une armure et en ouvrant enfin la fameuse porte de ses terreurs (le fameux "24" du calendrier, scellé puis réapparaissant de façon démesurée).

Un pur divertissement familial de Noël, fédérateur et badass, iconique en diable, généreux et redistribuant de manière subtile les codes du genre. Le véritable cadeau de ce début d'année.




   

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