Les soirées TCM

President of what ?

Affiche W.

Gaudriole bless you my fellow Louvreusericans ! Alors que la campagne pour les élections présidentielles américaines bat son plein d’essence, que le dernier opus de la trilogie "Présidents" d’Oliver Stone s’apprête à surgir sur nos écrans...

... ou encore que le paysage politique hexagonal fait tout pour perdre de son austérité, il n’est pas inintéressant de s’attarder sur une partie des nombreux films américains qui ont depuis près d'un siècle participé à l’image que l’on se fait du président des Etats-Unis.

C’est ce à quoi s’atèle depuis le début du mois la chaîne cinéma TCM, entre autres via un documentaire inédit qui pose la question de l’intrigante intrication d’Hollywood avec la stature présidentielle.
Nonobstant, le mois d’octobre touche à ses deux tiers me direz vous ; mais TCM pense bien sûr à rediffuser régulièrement tout son matériel présidentiel et même une fois d’affilée, le premier novembre, pendant vingt-quatre heures. D’où l’expression "bouffer du président" d’ailleurs.
Cette chaîne sert aussi un excellent vin blanc pour aller avec et propose de vastes fauteuils qui permettent de participer confortablement et ce pendant des heures à de vigoureux débats enrichissants avec des gens courtois et cultivés, comme par exemple Christian Viviani de la revue Positif accompagné du producteur dudit documentaire.
Les remarques et apports ont fusé tout autant que les contradictions argumentées et parfois virulentes et je pourrai très bien les relater dans le détail s'il le fallait, mais à mon sens il manquait vraiment ce soir là quelqu’un, une personne réellement concernée par le poids du pouvoir et le sens des responsabilités, la satisfaction du peuple et les intérêts supérieurs de la Patrie, la tentation du cynisme et de la corruption. Et qui de mieux placée pour nous parler de charisme et de responsabilités incommensurables que notre Présidente à tous, L’ouvreuse.

Voici donc son interview exclusive en regard de ce débat.

DMX : Madame la Présidente, bonsoir.
L’OUVREUSE : Bonsoir Machin.

DMX : Madame la Présidente, une personne de l’assistance relatait le fait qu’on peut vraiment ressentir en arrivant aux USA l’impression de se trouver immédiatement dans un décor de cinéma. Comment appréciez-vous en ce qui vous concerne cette confusion entre réalité et fiction quand elle se ramène à la représentation du représentant de la nation ?
L'OUVREUSE : Baudrillard mon grand. J'peux pas te la faire plus simple, suffit de lire Baudrillard et sa théorie sur l'hyperréalité. En ce qui concerne el presidente, entre les films qui s’inspirent des présidents et les présidents qui font tout pour faire comme dans les films de présidents, aidés par des pros d’Hollywood (voir Les Coulisses Du Pouvoir de Sidney Lumet et Wag The Dog de Barry Levinson), ça peut en effet donner un beau merdier, comme un W. Bush élu, deux fois.

DMX : Hmmm, ha ouais okééééé. Et en France ?
L’OUVREUSE : Comme le dit le charmant Edouard Baer dans le documentaire, "il n'y a pas de plan large de L’Elysée". On retrouve ainsi un refus culturel, une certaine "peur" dans la représentation du pouvoir et tout ce qui y attrait, trouvant peut-être ses sources dans l'histoire de France de ces deux derniers siècles. Ça évolue un peu (on ose relater en images la vie de nos vedettes ! D'ici vingt ans, les personnalités et heures moins glorieuses de France ?). D’autre part, chais pas si t'as vu, mais le bureau du Président fait peine à voir par rapport au bureau ovale de la Maison Blanche. Ça manque d’emblème tout ça. A vouloir devenir une nation iconoclaste, on s'est coupé du principal mode de communication au sein de ce que les politiques appellent le "tissu social" : l'image. Tout ce qui a le plus d'importance d'un point de vue civique est, en France, bien trop abstrait. La devise des années 90 était "il faut renouer le dialogue". Ce fût un échec : maintenant siffler l'hymne est devenu un gag chez la nouvelle génération. Il faut donc renouer avec l'image. Sans en avoir peur. Donner des repères visuels pour déterminer cet ensemble informe qu'est un pays.

DMX : J’entends bien. Madame la Présidente, nous avons pu voir que l’évolution de l’évocation triviale de la stature d’un président des Etats-Unis a beaucoup changé depuis un siècle. Comment voyez-vous celle de ce début de troisième millénaire ?
L'OUVREUSE : Coco, avant le président était un personnage quasi mythique puisqu'on ne le voyait pas (pas de télé, pas de Web, juste des journaux : des images figées). Plus les moyens de communication ont évolué, plus on s'est rendu compte qu'un Président pouvait être un mec faible, voire un menteur. La fiction a suivi cette perte de candeur adoratrice chez le public, allant jusqu'à faire du Président un tueur (Les Pleins Pouvoirs d'Eastwood). Maintenant on voit les Présidents faire leur jogging, tout en s'étonnant qu'on ne les respecte plus. Mais coco, c'est quoi qui a le plus de gueule : un homme toujours représenté sapé avec classe dont on fait savoir qu'en plus c'est un sportif accompli, ou un mec en sueur dans un t-shirt moulant ses bourlets ? Bref, le Président du troisième millénaire, je le vois comme le Prez de L'Incal : un gros con narcissique qui passe son temps à aboyer dans des télé-3D.

DMX : Hé bien hé bien ! Merci Madame la Présidente pour cette synthèse éclairée d’un sujet supérieurement d’importance s’il en est. Une dernière question cependant : que répondez-vous aux personnes qui disent de vous que vous êtes un "blog influent" ?
L'OUVREUSE : Simplement qu'un fanzine n'a jamais été des miscellanées personnelles, mais puisque la puissance du oueb deupouinzéro transforme le sens des mots... Et surtout, nous ne sommes pas assez stupides pour nous croire influents.

DMX : Merci encore Madame la Présidente. Au revoir.
L'OUVREUSE : Adièou gari.




   

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