Gérardmer 2011 : I Saw The Devil

La brute et le taré

Affiche I Saw The Devil

Imaginez qu'à la fin de Se7en David Mills n'exécute pas John Doe et laisse celui-ci s'échapper pour privilégier une vengeance de longue haleine.


C'est le postulat que propose le nouveau métrage de Kim Jeewoon, déjà remarqué à Gérardmer pour Deux Sœurs, avec cet agent secret traquant, bastonnant puis relâchant le maniaque qui a décapité sa fiancée.

Sixième film de la sélection officielle, I Saw The Devil, même amputé de cinq minutes par rapport à son montage original, demeure une gigantesque baffe de vigilante movie pour l'ensemble de la rédaction. Surprenant dans sa construction dramatique et dans les rapports entre les deux protagonistes, ISTD est une descente aux Enfers qui s'inscrit en droite ligne des polars coréens de la décennie (on pense forcément à Old Boy et à The Chaser).

I Saw The Devil
 

Rêche, parfois dotée d'un humour très noir et particulièrement bien shootée (toutes les scènes d'actions sont jouissives), cette confrontation très western dans l'esprit aurait, selon les pisses-froids Mérovingien et Vendetta, gagné à avoir un montage plus resserré. Il est vrai que le principe même de la vengeance d'ordinaire expéditif se substitue ici à une véritable Passion (le héros traque le tueur, le bat, et le relâche, pour recommencer encore et encore).
Il n'est plus question de justice, mais de supplice Tantalien : le tueur a toujours l'occasion d'assouvir ses pulsions, mais il en est toujours empêché. Sadique. Et brillant.
I Saw The Devil
fait donc logiquement partie de nos favoris pour la compétition.

I Saw The Devil



   

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