BIFFF 2014 : Cheap Thrills

Et pour quelques dollars de plus...

Affiche Cheap Thrills

Que seriez-vous prêt à faire pour de l'argent ? Commençons notre plongée dans l'édition 2014 du Brussels International Fantastic Film Festival par quelques paris entre amis. A notre droite, un père touché par la crise. A notre gauche, un loser patenté.


Fier représentant de la nouvelle vague indépendante du cinéma d’horreur américain, E.L. Katz a collaboré avec Adam Wingard (You're Next) en tant que scénariste avant de se lancer dans la réalisation de ce premier film. Un coup d’essai bien transformé : Cheap Thrills suit Craig (Pat Healy), jeune papa touché par la crise qui reçoit la même journée un avis d’expulsion et de licenciement. Il préfère finir la journée dans un bar où il rencontre Vince (Ethan Embry) qu’il n’a pas vu depuis des années. Liant de nouveau connaissance, les compères vont croiser la route d’un couple pour qui l’argent est loin d’être un problème. Au fil de la discussion, Craig et Vince se voient entraînés dans des paris toujours plus hauts. Malgré les réticences de Craig, ils finiront dans l'appartement du couple pour une nuit où tous les coups seront permis.  

Cheap Thrills


Un contexte. Deux parieurs. Deux "chevaux". E.L. Katz tient presque son idée sur la longueur sans la parasiter par quelque intrigue annexe. Il y a matière à, ne serait-ce que par son couple de milliardaires blasés magnifiques (David The Office Koechner et l’affable Sara Paxton qui partageait déjà l’affiche avec Pat Healy dans The Innkeepers de Ti West) et la caractérisation par étapes de ses deux anti-héros. Les scénaristes David Chirchirillo et Trent Haaga font ingénieusement monter la pression, autant à l’aise dans des délires façon Jackass que pour ramener tout le monde brutalement les pieds sur terre. Cheap Thrills garde l’équilibre entre un environnement dont il ne s’éloigne jamais complètement et la subtile escalade vers un isolement des protagonistes du monde qui les entoure. Ainsi les retournements de situations et la progression des enchères ne sont jamais anarchiques et se posent comme révélateurs des psychoses des deux hommes. D’abord sur le terrain des problèmes financiers, plus prégnants chez Craig, puis de manière plus dangereuse sur leur égo.

Délicieusement amoral dans sa première heure, Cheap Thrills dévoile dans sa dernière partie la valeur de l’homme derrière les prétextes et les justifications sociales. Le film confronte alors les rejetons d’un capitalisme que plus rien ne satisfait à l’individualiste forcené qui se passe autant de morale, puisque condamné à se laisser manœuvrer à loisir pour prouver sa supériorité sur l’autre. Dérangeant et habile, mais tranchant jusqu’au dernier plan.

 


CHEAP THRILLS
Réalisateur : E.L Katz
Scénario : David Chrirchirillo, Trent Haaga
Production : Gabriel Cowan, Curtis Raines, Jonathan Schurgin, Travis Stevens, John Suits…
Bande originale : Mads Heltberg
Origine : USA
Durée : 1h28
Sortie française : 23 avril 2014 en DVD




   

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