Edito

      "- Qu'est-ce que tu penses de la violence au cinéma toi ? - Je me mets toujours au premier rang, alors ce qu'il se passe dans la salle..."
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Clichérama #1 : coupés du monde Suggérer par mail
Instant critique par nicco le 28 janvier 2008

Nouveau : le réel près de chez toi pour 9 € !

Imaginationland
Vendredi ont été révélées les nominations aux Césars 2008. Pas de surprise, la diversité franco-française s'illustre pleinement dans la catégorie reine du meilleur film de l'année : quatre métrages sur cinq sont des drames biographiques, complétés par une comédie dramatique à consonance sociale.

Exclusivement des films ancrés dans le réel, donc, ce qui quelque part correspond à la place accordée aux genres liés à l'imaginaire dans la production hexagonale ainsi que dans les milieux cinéphiles. Et bien que l'année 2007 fut plus riche qu'à l'accoutumée dans le domaine, cela ne change rien pour ces derniers, car comme le souligne Macfly (pas celui de Hill Valley, le nôtre, celui de Ile-Valet en Bretagne) : "Un film où Vincent Cassel encule un arbre, ça fait désordre...".
Ne nous attendons pas à une révolution ou ne serait-ce qu'à un frémissement de remise en question de nos élites : le seul cinéma respectable est toujours celui de l'école Lumière (le réel à fond les ballons), l'école Méliès (l'imaginaire dans tous ses états) restant gentiment confinée dans un coin, réservée aux ados attardés coupés de la réalité.

Et il faut remercier pour cela le travail de sape des médias. Ho, loin de nous l'idée de rejouer le thème classique des critiques diaboliques pourfendeurs de tout ce qui sort des sentiers battus, mais il faut bien reconnaître leur incroyable faculté à répéter invariablement et obstinément les mêmes poncifs basés la plupart du temps sur une inculture assez gênante et la nécessité de stigmatiser une portion de la population (histoire de rassurer le gros du lectorat dans sa normalité pré-mâchée), assénant contrevérités et fantasmes sociaux avec l'aplomb dont seuls font preuve les imbéciles.
Les méthodes sont diverses : il y a ceux qui prennent systématiquement le genre de haut car "ce n'est que pour les vieux gamins", réclamant de l'humour quelque soit le sujet abordé ou le traitement choisi par le cinéaste, car la catharsis c'est Coluche qui l'a inventée, c'est bien connu. Il y a ceux qui n'y comprennent rien mais ne voient pas pourquoi ils se priveraient de dénigrer ou railler ironiquement pour avoir l'impression de maîtriser le sujet (car admettre être tout bonnement à côté de la plaque est un suicide social). Ou encore ceux qui pensent sincèrement que l'Humanité est née quelques jours avant eux, et qu'en conséquence les histoire de dragons et de chevaliers ont été inventés uniquement par la Fox et McDonald pour vendre des jouets et des burgers : ainsi il est de salut public selon ces esprits ouverts de brûler sur les places publiques tout objet lié à ces cultes païens, ne ratant jamais une occasion grotesque d'appuyer leurs endoctrinement par des amalgames avec des faits divers glauques ou des mœurs sociétales sans aucun rapport (il va sans dire que ce sont nos préférés).

Ainsi, par le truchement du rouleau compresseur médiatique, on admet que la Science-Fiction, le fantastique, l'Heroic-Fantasy et autres genres assimilés sont réservés à des ados attardés coupés du monde.
Si ce battage régulier a permis de transformer les délires snobs de rédactions intolérantes en évidences que personne ne discute, il ne faut pas oublier son autre principale conséquence : pendant que l'on pointe du doigt les geeks dégénérés et leurs films violents mettant en scène des elfes satanistes pédophiles, personne ne relève la propension nombriliste et déconnecté des réalités de ce qui compose 85% des productions françaises, à savoir des drames qui n'ont d'autre but que de satisfaire l'ego de leurs propres auteurs et des 9000 spectateurs auxquels ils s'adressent. Car tandis que la moindre tentative de projet à but fantastique doit se justifier en long, en large et en travers, les Damien Odoul et consort continuent d'enquiller les métrages voués à ne jamais être rentables au mépris de toute considération économique, et surtout à n'être quasiment pas vus, au mépris de la définition même du cinéma (art et divertissement de masse, rappelons-le). Si ça ce n'est pas vivre dans son petit monde…

Nous voulons bien que les fans de SF soient targués d'asociabilité et autres tares si ça peut en soulager certains, mais à ce moment-là pourquoi ne pas faire de même pour les réalisateurs qui s'amusent avec les financements publics comme si c'était leur argent de poche ? Ne sont-ils pas plus coupés des réalités du monde ? Et ceux qui décident de faire du cinéma en s'adressant exclusivement à deux arrondissements parisiens, ils ne vivent pas dans un autre univers ? Un univers où les films n'ont pas besoin de public pour vivre et dans lequel le nombril de l'auteur passe avant le dialogue avec le spectateur.
Pourquoi toujours stigmatiser ceux qui oeuvrent dans le "rêve artificiel" de Morin, assumant le rôle anthropo-cosmomorphique du cinéma, et jamais les défenseurs d'un septième art du "réel", qui ne parle en fait à personne tant ce réel est justement une abstraction du monde par des cinéastes si déconnectés de tout qu'ils ne peuvent parler que de sexe ou de leurs relations ?
Nietzsche disait : "Dans le rêve, nous refaisons, encore une fois, la tâche de l'humanité antérieure". Il est assez troublant de constater qu'à notre époque seuls les spectateurs assumant leur prime humanité à travers le cinéma fantastique soient brocardés, bien que les émotions qu'ils ressentent devant ces histoires pour gamins stupides aient un impact concret sur eux et leur environnement, tandis que l'on encense œuvres désincarnées et conceptions égoïstes du monde. Et bien souvent, là où il y a une volonté d'universalité dans un métrage, le critique ne pourra s'empêcher d'y voir du "commercial" ou de la "facilité", tant s'adresser à ce qui fait de nous des humains est devenu suspect.

Ce qui est surtout inquiétant, au-delà de la ténacité avec laquelle les médias ghettoïsent l'imaginaire, c'est l'indulgence dont ces mêmes médias font preuve vis-à-vis des vaches à lait avachies dans leur canapé, la télécommande vissée au sabot. Il ne faudrait pas non plus couper la mamelle qui nous nourrit. Et quoi de mieux pour conforter l'apathie comme seul mode de vie à suivre que de condamner les passions de l'imaginaire ?
Mais peut-être bien que les fans de films d'horreur, de Star Wars ou du Seigneur des Anneaux, les geeks et les fantasticophiles en tout genre sont vraiment coupés du réel. Ou plutôt, coupés d'un réel. Ce faux réel dénué de sens et d'échappatoire que l'on tente d'imposer à grands coups de mascarades intellectuelles et de clichés pathétiques.

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 1 Posté par Isokilla le 29 janvier 2008 à 12:23

L'homme a peur de voir dans un miroir autre chose que le reflet qu'il espère y trouver et le fantastique ne propose que cette option. 
 
Par contre, une chose que je comprend pas, le policier est aussi du cinéma de genre dans l'absolu, un genre bien exploité ces derniers temps en France non (en bien ou en mal...) ?? 
 
BOn sinon, sans vouloir un peu briser l'intention, je ne comprends pas trop pourquoi on devrait pester sur l'absence de films de genre, cette cérémonie comme tant d'autres ne parait pas être à mon gout une consécration artistique mais bien commerciale. Ce parti pris étant presque assumé, on se rend compte tout de suite que les oeuvres et artistes nominés sont le plus souvent les films populaires ou en besoin de l'être (je me souviens de l'excécrable Vénus beauté). 
 
La preuve, La môme fait parti des favoris et on ne s'en étonne même pas. 
 
Cette sélection est à mille lieux d'un festival comme Geerardmer par exemple. Aussi, je pense que le mieux est d'ignorer ce genre d'évènement, personnellement, cela m'a jamais vraiment ethousiasmer les oscars et les césars, c'est vraiment la soirée exhibant la suffisanse de chacun, du tape à l'oeil pour vaniteux dont la notoriété a besoin d'être remémorée, quand je les vois assis comme une grande famille se délectant de dépenser une grosse quantité d'euros juste pour se remettre des statuettes suivit de remerciements laborieux, sachant que bien entendu tout cela est mis en scène, je me dis honnêtement que je préfère les ambiances plus simples et surtout plus passionnées. Non honnêtement, les Césars c'est pas pour moi... ça manque d'authenticité.
 2 Posté par playmO le 09 février 2008 à 17:16

Final fantasy ou final cut? Choisis ton camp camarade!
 3 Posté par playmO le 09 février 2008 à 18:15 | website

Tiens, en parlant d'autre monde, clique voir sur ça : http://neurospheremovie.com/ 
A visiter en écoutant ça, bien sùr : http://www.youtube.com/watch?v=A2zKARkpDW4

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