Edito

   "En mai fait ce qu'il te plaît" dit l'adage. Or une mise à jour semble plus que nécessaire...
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Breillat dans tous ses états Suggérer par mail
Instant critique par nicco le 16 septembre 2007

Fous ta cagoule

Catherine Breillat
En d'autres lieux et d'autres temps, j'ai moult fois regretté le dénigrement régressif dont est victime aujourd'hui l'exercice critique, ne ramenant toute activité culturelle qu'à un délicat et méthodique choix de label certifié et superficiel sensé identifier sans effort les moutons au sein du cheptel. Que dire donc lorsque la plus représentative des bergères donnent une démonstration magistrale un samedi soir sur France 2 ?

Invitée chez Laurent Ruquier pour la promotion de son dernier livre, la cinéaste fût, et c'était prévisible, assez sèchement descendue par la paire Zemmour/Naulleau. Que l'on partage ou pas l'avis des deux chroniqueurs est une chose. Mais que l'on refuse à ce point le débat et les points de vue divergents comme l'a fait Breillat hier soir est assez désolant, mais pas très surprenant non plus.


[Voir la première partie de la vidéo]
[Voir la deuxième partie de la vidéo]

Pas surprenant car Breillat est l'exemple même de la fausse subversion contemporaine, pensant par exemple qu'il suffit de montrer une actrice confirmée faire des pipes en full frontal pour bousculer l'Establishment. Un Establishment à ce point peu choqué et dérangé qu'il encense mécaniquement toutes ses œuvres, ces dernières fournissant à un public converti d'office sa dose d'excitation artistique. Engoncée dans la flatterie et le conformisme, Breillat ne sait pas répondre à la critique, ne sait pas construire un discours, n'a aucun propos à part une volonté vaine de provoquer les spectateurs avec leur accord, ces derniers refusant paradoxalement les mêmes démarches lorsque le label "ciné français auteur intello" n'est pas placardé sur l'affiche.

Et cela ne date pas d'hier. Généralement, lorsqu'on lui demande son avis sur les critiques négatives vis-à-vis de son travail, Breillat répond en substance la formule consacrée : "c'est exactement ce que je recherche". Nous voilà beau. Que l'on aime ou que l'on déteste, Breillat prend tout, expurgeant d'un revers de main méprisant les tentatives de critiques divergentes, objectives ou pas, et se les approprie en plus comme des bons points. A travers cette logique de pensée tautologique et vertigineuse, on se demande comment le débat d'idées peut en sortir grandi.

Donc, Breillat, toute intellectuelle auto-proclamée qu'elle est, a hier soir démontré sa façon de concevoir l'échange culturel : vous êtes "crétins", je n'ai pas à me rabaisser pour vous répondre, je n'ai pas à considérer vos arguments, je n'ai pas à vous écouter, et c'est limite si je vous laisse parler.
Ben oui, ne laissons aucun avis contraire s'exprimer, des fois qu'il tape juste...

Evidemment, une de ses rares défenses est d'arguer que ses détracteurs ne voient pas ses films. Ben si, ils les voient. Moi en tous cas je les ai vus. Et même si je ne représente rien dans l'univers Breillat, je m'autorise à penser que ses films sont moches, mal joués, mal tournés, ne disent rien, ne montrent rien, à part des fois une fille marchant à quatre pattes avec une plume dans le cul ou du sexe chic ni bandant ni dérangeant, juste chiant. Car peut-être bien que son fan club est très coulant niveau fond et forme, autant moi j'attends d'une cinéaste qu'elle sache mettre en scène en respectant les règles élémentaires de la grammaire du cinéma (ha mais oui, c'est une rebelle, donc les atrocités d'axes dès que ses personnages font autre chose que copuler en plan serré, c'est intentionnel…), qu'elle se serve de l'image pour illustrer son propos, et que le tout ressemble à autre chose qu'à une vidéo Marc Dorcel. Enfin, elle pourra se réclamer tant qu'elle voudra de Pasolini, ce n'est pas pour autant qu'elle comprendra un jour le sens du mot "subversion".

Puis si ça se trouve, même ses adorateurs ne regardent pas ses films.

Mais que l'on aime ou que l'on n'aime pas disais-je plus haut…
Donc revenons sur l'échange d'hier, hautement pertinent, durant lequel nous avons vu un grand esprit contemporain répondre à l'argumentaire de Zemmour et Naulleau par des remarques vestimentaires, par des sarcasmes sur le physique, par un déni de la critique, etc.
Puis par le mensonge, comme lorsqu'elle avance : "sur les films je suis très stoïque". Ha bon ? Etonnant, elle qui demande à ses techniciens de porter des cagoules afin d'éviter qu'ils voient les réactions émotionnelles de l'artiste pendant le tournage d'une séquence.

Bien entendu, il est interdit de remettre l'artiste roi en question. Ici, c'est forcément Naulleau qui "ne sait pas [la] lire" (sic). C'est toujours la faute des autres.
Surtout quand ces autres lui disent que ses films et livres sont lourds. Il est même émouvant le "C'est toujours ce qu'on me dit !" qu'elle lâche comme si un adynaton allait suffire pour argumenter. Ce n'est pas parce qu'on vous le dit toujours, Madame Breillat, que cela n'est pas vrai. Tout comme ce n'est pas forcément vrai non plus d'ailleurs. Donc arrêtez les bottes en touche et affronter le dialogue, ça changera.

Si vous avez vu les vidéos, vous me direz que c'est salop de tirer sur une bête à terre. Certes. Vous pouvez donc réagir comme les adorateurs de la grande Catherine, c'est-à-dire :

1. Invoquer son incident cérébral d'il y a trois ans. En leur temps, certains critiques navrants s'étaient bien servis du cancer fatal de Tarkovski pour argumenter la soi-disante faible qualité de ses derniers films. Donc pourquoi pas. Sauf que les défenseurs de la cause Breillat trouvent toujours ses films aussi bons. Ainsi que ses livres et ses articles. Donc en quoi cet incident gênerait une quelconque réflexion à l'orale si il ne la gêne pas autrement ? Peut-être qu'il ne l'indispose seulement lorsque la prêtresse de la subversion n'est plus dans son petit confort intellectuel où personne ne la remet jamais en question ?

2. Ou alors on peut expliquer son attitude par une forte absorption d'alcool et de gandja, ce qui lui aurait coupé toutes ses facultés réthoriques, sauf celles de penser plus tard dans l'émission à vendre son coffret DVD, ce que Ruquier avait oublié de faire. Ha ben oui, dans le coltard pour répondre à la critique, mais sur le qui-vive quand il faut vendre. C'est très anti-conformiste tout ça.

3. Enfin, à la manière des plus extrémistes, tenter de nous faire croire que c'était un haut acte de rébellion, qu'elle montrait, agissant ainsi, que le train de la critique roule sur les rails de son égo. Etant donné qu'elle agit comme cela un peu partout, même lorsqu'on la flatte, on serait tenté de dire qu'il faut pas pousser mamie dans les orties non plus.

Ce qui est surtout très révélateur de l'hypocrisie de Breillat et de ses ouailles, c'est Madame Scandale demandant à ce que l'on "choisisse les termes" pour la critiquer, ce sont ses défenseurs trouvant horrible, honteux et maychan qu'elle se fasse mettre au pilori de la sorte par de vilains messieurs qui font rien que dire ce qu'ils pensent sans l'insulter personnellement (on est à la maternelle ou quoi ?). Là, j'ai envie de leur dire : Mes petits, quand on se veut arrogant et intransigeant avec le politiquement correct, on assume et on sait ce qu'il nous attend lorsque l'on fait face aux désaccords. C'est facile de jouer au coq dans une basse-cour de poussins.

Mais peut-être que les apôtres de Breillat étaient eux aussi tous fins cuits hier soir, ce qui expliquerait tout d'un coup que ces grands rebelles n'aient pu supporter tant d'effronterie. 
Et oui, c'est compliqué l'intransigeance et la remise en question de nos jours : on veut tous la faire à autrui, mais ne jamais la subir.

Le plus inquiétant dans l'affaire, c'est que le numéro de Breillat est totalement dans la mouvance actuelle, et va sûrement persuader le public, du pseudo intello au djeun's illettré, que "critiker c nul lol, sa cère à rien ptdr". Pour sûr que c'est à travers des phrases telles que "vous donnez un avis qu'on ne vous demande pas" que l'exemple est donné aux gens, qu'on les motive à se construire une opinion et surtout à écouter celles des autres pour affiner la leur.

C'est ce qu'on appelle un échange intellectuel.
C'est ce qu'une "artiste" a dénigré pendant toute une émission parce qu'elle n'était simplement pas dorlotée.
L'ironie que cela se soit passé justement avec celle qui se pose en parangon de l'outrance est juste le petit plus qui parfait la démonstration.

Enfin, s'il était nécessaire d'en rajouter une couche, rappelons que la dernière partie de l'émission était consacrée à l'affaire d'Outreau. Lorsque Ruquier demanda à Breillat son avis sur la chose, son égo la mena à se comparer aux célèbres acquittés, amalgamant critique négative de son livre par ses deux "procureurs" du soir et erreurs judiciaires effroyables et dramatiques ayant entraîné suicide et dislocations de dizaines de familles.
Le tout en présence d'une des mamans injustement inculpées.
C'est ce qu'on appelle la classe, la grandeur, le respect, la modestie.
Ou plus simplement, comme l'a dit Naulleau :

"C'est pathétique".














 1 Posté par Manna Marie Weasley le 17 septembre 2007 à 23:38

Je connais Breillat seulement de nom et je dois que cette vidéo me donne absolument pas envie de connaitre d'avantage sur le personnage.
 2 Posté par paulo le 18 septembre 2007 à 11:57

Cher nicco. 
J\'apprécie Breillat et l\'ai adoré chez Ruquier. Elle a descendu ces 2 \"critiques\" que l\'on ne citera pas et qui ne comprennent pas et n'aiment pas Breillat comme toi, j\'ai l\'impression, et les français (ce qui m\'étonne moins). 
Breillat ne met pas du \"cul\" dans ses films juste pour être rebelle ou pour faire anticonformiste; ces films sont bien mis en scène et je n\'hésiterai pas a dire que Breillat est l\'une des meilleurs cinéastes en activité. 
Le fait est que tu n\'as pas été touché par son cinéma, ce qui est heureusement ton droit, mais ne t\'autorises pas à la descendre en flêche. Peu comprennent et savent apprécier le cinéma de Breillat, je trouve tout naturel qu\'elle n\'ait pas envie de comprendre et écouter les \"critiques\". 
Quand au fait qu\'elle n\'oublie pas de vendre son DVD, je trouve ça normal; c\'est son seul moyen de vendre et faire connaitre son cinéma quand ses films restent en moyenne deux semaines à l\'affiche (kan ils sortent...). 
Pour moi, Breillat était ivre ou défoncée car l\'ayant vu dans d\'autres interview, elle m\'a l\'air ici un peu à l\'ouest. 
Elle continuera à garder son triste anonymat...Grande incomprise...
 3 Posté par nicco le 18 septembre 2007 à 13:04

Cher paulo, je crois qu'une grande histoire d'amour va naître : 
 
"Elle a descendu ces 2 "critiques"
 
Descendre, pour toi, c'est faire des sarcasmes sur le physique ? Ça vole haut. 
On peut ne pas aimer Naulleau, mais lui au moins critiquait le propos, non la personne.  
 
Quand on n'a pas les bonnes intentions dès l'origine, on a rarement les bons résultats à l'arrivée. 
 
 
"ces films sont bien mis en scène
 
Objectivement, non.  
Je me permets de dire objectivement, car et d'une, un minimum de connaissance du cinéma permet à quiconque de voir les limites de Breillat dans cet exercice, et de deux, cela ne m'empêche pas d'apprécier pour autant un cinéaste, comme par exemple John Waters, piètre metteur en scène de cinéma, mais dont j'apprécie l'oeuvre. 
 
 
"Peu comprennent et savent apprécier le cinéma de Breillat
 
Et je pense sincèrement que c'est la seul qualité intrasèque de cette cinéaste : donner l'illusion d'élite à ses admirateurs. 
 
Admirateurs qui ne peuvent ABSOLUMENT PAS admettre que l'on puisse comprendre Breillat, et ne pas aimer. 
 
Si on n'aime pas, c'est qu'on ne comprend pas. 
 
Ce qui révèle la haute estime qu'ils ont d'eux-mêmes et de leur chouchoute. 
 
 
"Elle continuera à garder son triste anonymat...
 
Anonymat ? 
 
Ok, on n'a pas la même définition de l'objectivité.  
 
Discussion close. 
 
(à moins que tu nous expliques le cinéma de Catherine Breillat, à nous autres pauvres béotiens incapables de comprendre). 
 
 
PS : C'est quand même dingue que même avec le passage totalement révélateur de l'amalgame Outreau, on continue d'en penser du bien. 
 
Enfin, "on peut pas comprendre"...
 4 Posté par Le Duc le 18 septembre 2007 à 14:57

En tout cas, elle fait bien les sandwichs
 5 Posté par F. le 19 septembre 2007 à 00:01

Si vous ne l'aimez pas c'est parce que vous avez perdu votre âme d'incompris ! 
 
(bon ceci dit, les chroniqueurs à Ruquier sont nuls aussi)
 6 Posté par nicco le 19 septembre 2007 à 01:13

Je l'aime pas surtout parce que j'ai perdu du temps devant ses films :p (hop un smiley ridicule) 
 
 
(Yo F ! ça fait bien 17 ans qu'on t'avait pas vu didon)
 7 Posté par Fals le 19 septembre 2007 à 01:23

Tu dois me prendre pour un autre F. en fait. (du coup je rajoute des lettres, tiens) 
 
Sinon, je n'ai jamais vu de film d'elle, et à vrai dire je n'ai aucune envie de commencer (sauf si elle fait un truc structuré façon Parrain 2 qui met en parallèle sa vie avec celle d'une acquittée d'Outreau...)
 8 Posté par nicco le 19 septembre 2007 à 01:32

Ha oué ? Ben c'est fou, parce qu'en plus du même nom, y avait aussi une private joke. 
 
Incroyable la vie.
 9 Posté par Pupu le 19 septembre 2007 à 10:43

J'aime bien le critique qui dit qu'un roman digne de ce nom ne doit pas comporter d'expressions toutes faites. Si Breillat avait lu Ecriture de King, elle l'aurait su tavu. Sinon, de la dame, j'ai vu " A ma soeur " et du coup, je trouve qu'évoquer le procès d'Outreau est fortement déplacée de sa part.
 10 Posté par binnie le 20 septembre 2007 à 00:50 | website

encore une brillante analyse, de mieux en mieux. je savais pas que l'ouvreuse faisait "arret sur image" en plus!
 11 Posté par Winst le 20 septembre 2007 à 01:24

Je suis pas fan de Breillat alors je vais pas la défendre, mais comme ça fait des années que je regarde plus la télé j'ai quand même une question (que je m'étonne d'être le seul à poser) : c'est quoi l'intérêt au juste d'inviter quelqu'un pour lui dire qu'il fait de la merde ? Parce que j'ai pas bien compris là. 
 
Ruquier est un ane, je supporte désespérément pas sa tronche et maintenant je sais qu'en plus c'est un pauvre minable qui invite des gens pour que ses potes les descendent en se foutant de leur gueule. Sérieux là c'est "salut, tes films c'est de la merde, tes livres c'est de la merde aussi, et puis toi t'es conne hahah trop marrant j'fais d'la télé tavu, merci d'être venu quand même hein". 
 
Quelque part c'était très humiliant, Breillat ou pas Breillat, et j'ai vraiment eu du mal à regarder les deux séquences jusqu'au bout tellement je trouvait ça minable, petit, affligeant. Et pas une once de répartie en plus, d'aucun côté. Ruquier est une tache, ses chroniqueurs sont des taches, et (bien entendu) Breillat est une tache. Mais franchement je sais pas qui était le plus pathétique là.
 12 Posté par Tom robin le 20 septembre 2007 à 10:27

à mon avis, ils l'invitent moins pour la descendre que pour qu'elle flatte la beaufitude du téléspectateur élevé aux "les critiques c'est tous des pourris" et au "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil". 
Après, j'ose espérer que les téléspectateurs ne sont pas tous assez bête pour donner raison à Breillat, mais vu que la télé mise la plupart du temps sur la connerie du spectateur...
 13 Posté par macfly le 20 septembre 2007 à 14:21 | website

Comment elle s'la pète, celle qui fait la voix de Marge Simpson.
 14 Posté par nicco le 20 septembre 2007 à 14:35

Winst > L'intérêt est de voir autre chose que du "on aime on adore" dans une émission grand public.  
Le cassage n'est pas systématique là-bas, ce n'est pas le but, c'est juste qu'ils disent ce qu'ils pensent, ce ne sont pas des chroniqueurs qui sortent d'école de comm quoi.  
 
Après forcément, face à Breillat, dont l'oeuvre n'impressionne que les diplomés d'école de comm, ça fait chboum. 
 
 
Ce que je relève surtout, c'est qu'à chaque fois qu'un artiste s'y est fait sévérement jugé, il a crié au procès, au scandale, à la frustration, a essayé de monter le public contre les critiques à coup de "houhou", mais n'a JAMAIS tenté de répondre ou de se défendre avec des armes moins démago. 
 
Et ça, c'est assez révélateur de l'attitude aristocratique de l'artiste aujourd'hui : il est au-dessus des autres, personne n'a le droit de le discuter ou le remettre en question. 
 
Soit l'antithèse absolue de l'art.
 15 Posté par macfly le 20 septembre 2007 à 14:57 | website

L'attitude aristocratique de l'artiste n'est pas nouvelle, Nicco... 
 
"Après les politiques, je m'adressai aux poètes tant à ceux qui font des tragédies, qu'aux poètes dithyrambiques et autres, ne doutant point que je ne prisse là sur le fait mon ignorance et leur supériorité. Prenant ceux de leurs ouvrages qui me paraissaient travaillés avec le plus de soin, je leur demandai ce qu'ils avaient voulu dire, désirant m'instruire dans leur entretien. J'ai honte, Athéniens, de vous dire la vérité; mais il faut pourtant vous la dire. De tous ceux qui étaient là présents, il n'y en avait presque pas un qui ne fut capable de rendre compte de ces poèmes mieux que ceux qui les avaient faits. Je reconnus donc bientôt que ce n'est pas la raison qui, dirige le poète, mais une sorte d'inspiration naturelle, un enthousiasme semblable à celui qui transporte le prophète et le devin, qui disent tous de fort belles choses, mais sans rien comprendre, à ce qu'ils disent. Les poètes me parurent dans le même cas, et je m'aperçus en même temps qu'à cause de leur talent pour la poésie, ils se croyaient sur tout le reste les plus sages des hommes; ce qu'ils n'étaient en aucune manière. Je les quittai donc, persuadé que j'étais au-dessus d'eux, par le même endroit qui m'avait mis au-dessus des politiques. 
 
Des poètes, je passai aux artistes. J'avais la conscience de n'entendre rien aux arts, et j'étais bien persuadé que les artistes possédaient mille secrets admirables, en quoi je ne me trompais point. Ils savaient bien des choses que j'ignorais ; et en cela ils étaient beaucoup plus habiles que moi.. Mais, Athéniens, les plus habiles me parurent tomber dans les mêmes défauts que les poètes; il n'y en avait pas un qui, parce qu'il excellait, dans son art, ne crut très-bien savoir les choses les plus importantes, et cette folle présomption gâtait leur habileté; de sorte que, me mettant à la place de l'oracle, et me demandant à moi-même lequel j'aimerais mieux ou d'être tel que je suis, sans leur habileté et aussi sans leur ignorance; ou d'avoir leurs avantages avec leurs défauts; je me répondis à moi-même et à l'oracle : J'aime mieux être comme je suis.

Apologie de Socrate, par Platon. 
(comment j'me la pète)
 16 Posté par Winst le 21 septembre 2007 à 04:21

Nicco > ouais mais attends là. Le mec il dit "ce que tu fais c'est de la merde", j'appelle pas ça une critique constructive moi. T'aurais fait quoi à sa place sérieux ? Relever les lieux communs c'est bien joli mais ça démontre pas grand chose non plus : c'est la norme d'aujourd'hui ça. Et dire "si t'avais pas été célèbre aucun éditeur n'aurait publié ce bouquin" sans doute que c'est vrai mais les abrutis qui se font publier alors qu'ils le devraient pas sont légion (Ruquier a sorti un recueil des bons mots issus de rien à cirer, par exemple : je me fais du fric facile quoi). 
 
Sans compter que niveau soupe à deux balles Ruquier et sa bande ils se font pas chier non plus pour vendre leur merde hein (une pièce de théatre merdique par exemple, aussi poilante et ingénieuses qu'un one-man show d'Arthur). Feraient mieux de balayer devant leur porte un peu oué. 
 
Et puis ils avaient qu'à pas l'inviter. Elle est en promo et on l'aime pas ? On l'invite pas et puis c'est tout. Les gens qu'on aime pas on les ignore, on les fait pas venir pour les humilier non plus. Mais peut être que c'est pas eux qui décident hein. Enfin j'espère.
 17 Posté par nicco le 21 septembre 2007 à 09:34

Winst > J'ai envie de te répondre : Et ça sert à quoi d'inviter des gens pour dire automatiquement que c'est génial sans jamais argumenter, surtout quand c'est pourri ? 
 
Breillat savait très bien où elle mettait les pieds, elle aurait enfin pu élever le niveau, s'expliquer, défendre ses travaux, mais elle a préféré jouer à l'artiste incompris hystérique, donnant le bâton pour se faire battre. 
 
Se faire passer pour une victime est une technique comme une autre, mais venant de la "reine de la subversion", j'ai pas pu m'empêcher de trouver ça délicieux.
 18 Posté par Benoît le 21 septembre 2007 à 20:47 | website

J\'ai vu l\'émission samedi dernier. J\'ai trouvé l\'attitude de Breillat assez choquante.  
Totu d\'abord par les attaques répétées sur le physique ou sur les facçons de parler de Naulleau et de Zemmour.  
Ensuite, sur le procès d\'Outreau. Je comprends pas comment on n\'a pas pu lui mettre de baffes. Je viens de Belgique mais je suis assez au courant de l\'histoire.  
Winst, comment veux-tu que Naulleau et Zemmour fassent une critique constructive, quand une femme qui me paraissait totalement bourrée, droguée, leur coupait totalement la parole?  
Maintenant, je ne connais absolument rien de la dame, d\'un point de vue cinématographique ou littéraire. Je constate juste quelle type de personne elle a été sur le plateau de Ruquier (que j\'aime pas trop, je regarde l\'émission pour Lemoine et les interventions Zemmour (dont Ruquier aime parfois se moquer pour ses convictions...) et Naulleau) assez hautaine, grossière, manquant totalement d\'éducation, arrogante et au final totalement pathétique.
 19 Posté par Winst le 22 septembre 2007 à 01:48

Nicco & Benoît > oké oké, pourquoi pas hein. Je comprends vraiment pas qu'on puisse défendre ces "chroniqueurs", pas plus que Breillat d'ailleurs, mais oké. 
 
M'apprendra à regarder un truc de la télé tiens.
 20 Posté par CROC le 29 octobre 2007 à 20:00

Breillat ou pas Breillat : il y a quelque chose d'immonde dans cette idée d'inviter quelqu'un dans le seul objectif de le traiter comme un déchet devant des millions de spectateurs.  
 
 
 
La question du talent ou de l'absence de talent n'a rien à voir. 
 
 
 
Le modèle de l'émission est fondée sur la préméditation calculée et préscénarisée de l'agression contre un bouc émissaire : cela me paraît humainement et civilisationnellement TRÈS choquant.  
 
 
 
Il y a une différence entre ÉCRIRE une critique sévère à un public informé et averti, et transformer la critique en harcèlement stupide d'un bouc-émissaire sélectionné préalablement.  
 
 
 
 
 
Franchement hideux.
 21 Posté par Infâme Cancrelat le 01 novembre 2007 à 11:35

Croc, 
 
Nous sommes dans un état de droit, ce qui veut dire que les producteurs d'une émission n'ont pas le droit de vous obliger à y participer. Breillat avait quelque chose à vendre, elle est allé chez Ruquier parce que c'est là que se trouve l'audimat et bang. Mais elle était prévenue - que pouvait-elle attendre d'autre, elle la féministe "radicale", d'une émission où officie Eric Zemmour? Faut souffrir pour vendre. Ou alors on se contente de passer chez Ferney - audience zéro, mais il est si gentil Ferney...
 22 Posté par Bleuten le 03 novembre 2007 à 11:08

C'est clair, elle y allait en connaissance de cause (ou alors elle est vraiment conne). 
C'est comme quand Mickael Youn avait quitté furieux le plateau de Fogiel. Il etait ensuite passé chez Ardisson et y avait avoué qu'il n'aurait jamais dut aller faire sa promo chez la Hyenne en disant un truc du genre : quand on veut pas se faire pisser dessus, on ne va pas dans un urinoir. 
 
Breillat a non seulement fait une erreur d'aller chez Ruquier, sachant que Zeymour et Naulleau allaient la descendre en flamme mais elle ne s'est visiblement pas préparée à la confrontation ou alors sa technique de defense n'etait pas, mais alors pas du tout au point.
 23 Posté par Udéka le 11 novembre 2007 à 18:20 | website

"Comme au cinéma pas français, où on met pas de cut" 
"Guy Roux, qu'est ce qu'on fait dans ces cas-là ?" 
 
Un grand moment de mal à l'aise télévisuel. Franchement, je déteste les films de Breillat, et je ne suis pas suspect d’avoir de la sympathie pour elle, mais là, tout était salement gênant. 
Il y a matière à en discourir des heures.  
Faudrait que les aristos arty dégonflent le ballon. Alors, étriller un bouquin c'est nécessairement haïr l'auteur ?  
Si tu crois en ton oeuvre et bien défends-la et argumente. À l’attaque, c’est un match de boxe verbal. Du ventre, de la chique et du mollard, de la classe belliqueuse, nom de nom. Le système de défense façon mon ego est égratigné alors je te défonce sur ta cravate, c’est au niveau des pâquerettes. C’est-celui-qui-dit-le-dernier-mot-qui-a-raison. 
Qu’est ce qu’il en pense hein, Guy Roux ?  
Avec un air concentré qui signifiait fortement « mais pourquoi tu me poses à moi ce genre de questions, gars ? » il en pense que la critique, ce n’est pas son travail. Notez greffier, il a admit que c’est un métier. Comme de quoi, il y avait au moins deux, trois individus qui réagissaient avec bon sens sur le plateau, c’est déjà ça. 
 
Comme disait Winst : tout ça est petit.

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