Edito

      "- Qu'est-ce que tu penses de la violence au cinéma toi ? - Je me mets toujours au premier rang, alors ce qu'il se passe dans la salle..."
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Instant critique par ZUG le 20 août 2008

Hé monsieur, filme moi un super-héros

Watchmen
Gros budget + réalisateur doué = bon film de super-héros ? Le grandiose The Dark Knight semble le confirmer. Cependant, avec un talent inversement proportionnel à un budget de trois brouzoufs, il est possible de faire de grandes choses.

Avant d'aller plus loin, une petite précision. Nous nous limiterons ici à quelques exemples et ne traiterons pas de la totalité des adaptations de comics. Pas d'exhaustivité, juste une approche succinte afin de parler de deux réalisateurs pour l'instant plus ou moins inconnus.

Les adaptations de comics ne datent pas d'hier. Superman fut le premier à connaître les joies ou plutôt les affres d'une adaptation mais c'est la version de Richard Donner en 1978 qui s'imposa comme un canon indépassable. Voir les séquelles qui s'ensuivirent. Même si le budget alloué à l'époque était important, ce qui lui valut un succès critique et public, au-delà de l'universalité d'une telle icône, c'est bien la compréhension du personnage de la part de Donner qui fit la différence. Même si le revoir aujourd'hui ne manquera pas de provoquer des sourires en coin (ah, le cabotinage de Gene Hackman....), il reste diablement efficace. En tous cas, bien plus que la version christique de Bryan Singer (Superman Returns, 2006).
Faire un bon comic book movie ne dépend pas seulement du personnage adapté, de sa connaissance et/ou sa reconnaissance. Certains excellents films de genre ne s'appuyant sur aucune base dessinée peuvent se réclamer de cet esprit comic book, comme par exemples Mad Max 2 ou RoboCop.
Il est même plus facile de transcender le matériau de base quand le personnage en question est quasi inconnu. Voir Blade premier du nom de Stephen Norrrington en 1997 et surtout sa suite, Blade II de l'immense Del Toro.
La difficulté majeure pour un cinéaste est bien de rendre hommage à l'esprit qui présida au comic adapté tout en livrant un film personnel. Le contre-exemple parfait étant représenté par Sin City de Roberto Rodriguez qui se contente de reproduire les cases du chef-d'oeuvre hardboiled de Franck Miller. En beaucoup moins bien, et, comble de l'ironie, en beaucoup moins "vivant".
Mais les difficultés paraissent vite insurmontables dès lors qu'il s'agit d'une oeuvre à succès aux personnages mondialement connu. Car avant le génie de Sam Raimi, Spider-Man aura connu son heure de honte avec un ahurissant téléfilm de 1977.

Spider-Man 1977
Spiderman version de 1977 : plus dure sera la chute

Et Captain America, en attendant les honneurs dû à son rang (verdict en 2011), aura lui fait les frais de trois adaptations en 1941, 1979 et surtout la version mémorable de 1990 de Albert Pyun. Sans parler du sort réservé à la première famille superhéroïque, Les 4 Fantastiques.

Dr. Doom
Doom chez Roger Corman a plus d'allure que chez Tim Story, non ?

Alors qu'un premier film de 1994, produit par Roger Corman et désormais pratiquement invisible (la Fox ayant tout fait pour racheter les copies et faire disparaître la moindre bobine), est un sommet de chtambouzerie (copyright Rafik Djoumi) non déclarée, ce n'est rien comparé aux deux navets signés Tim Story, pourtant plus récents, et qui donc devaient logiquement bénéficier d'un savoir-faire et d'une maîtrise supérieure. Seul exploit de ces purges infâmes, donner à posteriori un éclat poétique et attendrissant au film de Oley Sassone.
Non, pour voir la seule et unique adaptation digne de ce nom des Fantastic Four, il faut se tourner vers l'animation et plus précisément le film de Brad Bird, le sublime Les Indestructibles (à ce jour, LE chef-d'oeuvre incontesté des studios Pixar. Désolé Wall-E). La maîtrise narrative de Bird alliée à une sensibilité et une approche humble et sincère de cette mythologie moderne propulsant le film vers les sommets.
Nous passerons sous silence les Ghost Rider et autres Elektra, si vous le voulez bien.

Dépeindre un univers graphique aussi particuliers que peuvent l'être les comics n'est pas à la portée du premier venu, qu'il bénéficie ou non d'un budget conséquent. Le ridicule n'est jamais loin. La réussite dépend avant tout de la capacité du réalisateur à rendre acceptable les plus incroyables invraisemblances (un homme qui vole, s'agrippe au plafond ou se déguise en chauve-souris géante). Autrement dit, avoir le talent nécessaire pour atteindre une suspension d'incrédulité maximum, souvent au mépris des conventions ou de l'absence de capitaux.
Et c'est exactement ce que parviennent à faire à leur modeste niveau, Sandy Collora et David Sarrio. Deux fanboys proclamés qui mettent leur passion au service de leurs héros préférés.

Avant d'être réalisateur, Sandy Collora s’est avant tout distingué par ses talents de designer. Des dispositions que le grand et regretté Stan Winston l’aida à développer lorsque Collora travailla pour son studio de conception d’effets-spéciaux. Ses facultés de sculpteur, storyboarder ou concepteur de désign lui permirent de côtoyer les immenses Rick Baker et Rob Bottin, notamment, et de travailler entre autres sur, The Arrival (David Twohy), The Crow (Alex Proyas) ou Predator 2 (Stephen Hopkins).
Il tourna son premier court-métrage Solomon Bernstein’s bathroom en 1999, mais c’est définitivement son film de huit minutes datant de 2003 et intitulé Dead End qui fit sa renommée. Un court mettant en scène Batman, sa némésis le Joker et deux monstres désormais mythiques, un Alien et un Predator ! Certes, sa connaissance du milieu lui permis de bénéficier de quelques facilités notamment concernant les costumes des créatures, mais c’est véritablement son aisance et sa capacité à capter l’essence de ces icônes qui sont remarquables. Bien que DC Comics ait publié en 1991 et 1995 deux mini-séries opposant Batman et Predator et une datant de 1998 où cette fois-ci notre détective était confronté à l’Alien, on ne peut pas dire qu’elles furent une source d’inspiration. Au contraire du one-shot de Alan Moore The killing joke, contant l’ultime affrontement du Joker et de Batman.

Batman Dead End
Le Joker halluciné de Collora

Mais c’est bien sa passion du dark knight qui guida Collora pour signer un mini-film très travaillé. Cadres soignés, ambiance de fin de monde  où il se permet de synthétiqer en une confrontation la relation ambigue entre les deux anti-héros et pourquoi l’un ne peut exister sans l’autre. Osant introduire un bestiaire, le Predator et l’Alien donc, pour le moins étranger à l’univers urbain du justicier de Gotham, il parvient à faire cohabiter, ou plutôt se percuter, ces deux univers. Et si Batman Begins fut un succès qui permis de relancer la franchise, on peut supposer que le court de Collora fut une source d'inspiration pour Nolan (l'ambiance, l'iconisation, la voix sépulcrale...) Batman : Dead End aura a coup sûr attiré l’attention des financiers, leur prouvant que malgré les catastrophiques pantalonnades de Schumacher et avec un peu de talent et un amour indéfectible pour le genre et le personnage, tout n’était pas perdu.
En 2004, Collora récidiva mais cette fois-ci il orchestra la rencontre de Batman et Superman, dans le court intitulé World’s Finest, qui s’apparente plus à un trailer. Une bande-annonce fantasmant une fiction et qui ne cesse d’intriguer et de stimuler l’imagination. Un dernier travail qui se rapproche de ce que réalise, avec encore moins de moyens financiers, le français (cocorico), David Sarrio.

Passionné par la S.F, les films d’horreur et les comics, David Sarrio, comme bon nombre d’entre nous, a développé sa culture cinéphilique grâce à Mad Movies et Starfix. S’il n’est pas aussi implanté dans l’industrie cinématographique que Collora, il n’en démontre pas moins certaines qualités de réalisation.
La première sensation opère en 2001 où il réalise un teaser de Daredevil avec 3 500 euros en poche. Son film gagne un prix et se voit sélectionner dans divers festivals. Pour autant, cela ne lui ouvre pas plus de portes que ça.
Du coup, il enchaîne en 2003 avec un projet encore plus ambitieux, une sorte de prologue à une adaptation de l’Incroyable Hulk, Projet Gamma (partouane et parttou). Un court de douze minutes où Sarrio démontre également sa compréhension des personnages, de leur univers et parvient à contourner de belle manière des contraintes budgétaires quant à la modélisation du géant vert. S’il ne peut se targuer d’avoir inspiré le film sorti en 2004 et réalisé par Ang Lee, il se montre aussi inventif et expérimental.

Projet Gamma
Projet Gamma. Rien à voir avec une pub pour de la lessive, donc.

Rebelote, le film a du succès mais ne lui assure toujours pas une reconnaissance suffisante pour réaliser un premier long. Pas découragé, il tourne quelques pubs et des reportages ou des sujets qui serviront dans les bonus de DVD. Quand en France, personne n’est capable de déceler la moindre once de talent chez lui, les américains n’hésitent pas à le sélectionner avec une dizaine d’autres afin de choisir le réalisateur de la suite du Punisher de Hensleigh.

The Punisher
Franck Castle selon David Sarrio, tel que vous ne le verrez jamais au cinéma...

Jouant son va-tout, il réalise un teaser de deux minutes proprement bluffant. Suprême miracle, il arrive à nous faire oublier l’espace de ses deux minutes la purge sortie en 2004 avec Thomas Jane. Sombre, impitoyable, violent et effrayant, Franck Castle dans toute sa splendeur. Devinez quoi, il n’a pas été retenu. L’absence de long métrage sur son C.V aura été rédhibitoire. Mais cela ne l’empêche pas de développer d’autres projets.

Au-delà des frontières, ses deux hommes ont prouvé que l’alliance du talent et de l’amour sincère du genre pouvaient transcender l'absence de budgets pharaoniques. Certes, le fait qu’ils oeuvrent dans un format court ne permet pas de savoir si leur maîtrise narrative, esthétique et thématique s’accommodera d’un format plus long. Mais si personne ne leur donne leur chance de se confronter à leurs limites, on ne sera pas plus avancé. Leurs créations sont là pour l’attester, leur talent ne demande qu’à s’exprimer. Si le rat de Ratatouille nous persuadait que tout le monde peut cuisiner, Collora et Sarrio ont eux réussi l’exploit de nous convaincre que tout le monde peut filmer des super-héros. Aussi imparfaits soient-ils, ces courts-métrages en remontrent à certaines adaptations friquées.

Toute oeuvre littéraire ou dessinée ne peut s'affranchir d'un nécessaire travail d'adaptation et tant pis pour les puristes intégristes qui ne jurent que par le respect fanatique de la retranscription à la case près. Capter l'essence, la force, les résonances d'un personnage ou d'une histoire ne sera jamais l'apanage exclusif d'importants moyens financiers. Sam Raimi, Del Toro, Nolan, Collora et Sarrio l'ont admirablement illustré. Les comic book ont une âme et ces auteurs ont réussi avec plus ou moins de bonheur à partiellement l'imprimer sur pellicule.

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 1 Posté par Isokilla le 20 août 2008 à 12:18

Le problème avec ses courts c\'est qu\'ils ne font qu\'illustrer une ambiance, batman dead end a beau être jouissif, il ne dure que 8 min. 
 
Que feraient ces réalisateurs sur un format long ?
 2 Posté par Zug le 20 août 2008 à 12:54

Et oui. Ceci dit, ils démontrent tout de même un talent certain. Bien sûr, sur des prods plus importantes se sera une autre histoire mais s'ils sont bien guidés et encadrés, au vu de la puissance d'évocation de ces courts, ça devrait rouler. 
De toute manière, ça pourra pas être pire que les 4 fantastiques, Ghost Rider ou les batman version schumacher. Si ?
 3 Posté par Riddick le 20 août 2008 à 14:34

Le meilleur moyen de le savoir c'est de donner à notre David Sarrio national un tout petit peu de moyen pour faire ses preuves sur un long (pour se faire la main), et que celui soit un minimum rentable pour qu'il puisse nous offrir son film de super heros national basé sur notre histoire et notre litterature dont il parle m'a déjà parlé avec passion ! 
De toute façon ca peu pas etre pire qu'un film sur des quadra et trentenaire celibataire... et ça changerai un peu mais bon ya longtemps que David Sarrio (et bien d'autre !) doit arreter de rêver
 4 Posté par Isokilla le 20 août 2008 à 15:19

je reconnais qu'ils ont un fort potentiel, mais ça ne fait pas tout. 
 
Sinon t'as oublié de parler de catwoman et surtout des watchmen
 5 Posté par Goldfrapp le 20 août 2008 à 19:39

Perso l' utilisation trés cyber-punk de l' univrs de Hulk et le pitch de son Projet Gamma (minimaliste mais ambitieux) me stimulent milles fois plus les zigomatiques que les Hulk ciné, trops sages et surtout trop calibré pop corn . 
Ca, plus la réelle reussite visuelle du court (alliance propos plus mise en image inspiré? Fuck Yeah!)prometent beaucoup sur le talent du jeune homme. Plus , je trouve, que les clashs de monstres impropable... 
Bah vivement le long en tout cas et courage!
 6 Posté par Zug le 20 août 2008 à 22:48

Quoi ??!! Il y a eu un film sur Catwoman ?! :eek  
J'avais prévenu que je ne serai pas exhaustif... Et puis, j'avais assez "pollué" mon article en évoquant Ghost Rider et les 4 fantastiques ! 
 
Quant aux Watchmen de Snyder, j'attends de voir ce que ça donnera. Je suis un fan de la BD de Moore et Gibbons mais la bande-annonce m'a moyennement emballé. J'ai peur qu'il se soit attaché à trop respecter l'univers graphique (décors, costumes, postures, passages entiers reproduits,etc...). Wait and see...
 7 Posté par pau le 20 août 2008 à 23:31

Bon article (Zug est de perm sur l'ouvreuse pendant les vacances?). Par ailleurs, l'évocation du dark night me laisse présager un article dithyrambique, et unanime... Du débat en perspective, ayant personnellement été déçue par cet opus supérieur au premier mais qui traîne des faiblesses analogues, notamment au niveau du personnage même de Batman, et du découpage foireux des scènes d'action. To be continued...
 8 Posté par Isokilla le 21 août 2008 à 08:55

Pour Catwoman, c'était surtout de l'ironie, mais j'ai oublié d'attacher le smiley, ça aurait été plus clair. 
 
Ne connaissant pas La BD de Moore, j'irai surement voir le film pour Snyder, mais après une longue discussion avec un fan, je crois que je vais tout de même acheter cette ouvrage que ladite personne a qualifié de définitive sur la thèmatique
 9 Posté par L'ouvreuse le 21 août 2008 à 13:02

Pau > Oui, on a attaché Zug à un bureau, mais on lui a laissé une télé avec les JO (on reste humain)
 10 Posté par oliviou le 23 août 2008 à 12:48

Vous voulez savoir pourquoi David Sarrio n'est pas encore passé au long? Parce que ses courts sont filmés comme des films amateurs. Je ne parle pas du budget effets spéciaux, mais simplement de cinéma. 
Ses cadrages sont cheap, sa lumière est souvent moche, ses décors sont mal mis en valeur (ou mal cachés, s'il n'a pas pu trouver mieux). Et sa direction d'acteurs (ou ses acteurs) sont réellement un problème. 
Le moins pire est le "punisher" (malgré une voix off piteuse - encore un problème de direction d'acteurs), mais un mec qui a 30 millions de dollars à dépenser ne va pas les confier à un réalisateur juste parce qu'il a mis en scène une douzaine de flics en train de courir avec de la fumée. 
Même si on se limite uniquement à la place de la caméra, n'importe quel plan de Collora est plus "pro" que ceux de David Sarrio. Je suis désolé de le dire, mais si Sarrio connait ses personnages, il semble ne pas avoir une idée très claire de ce qu'est le cinoche. 
Aucun de vous ne s'en rend compte?
 11 Posté par Baker le 23 août 2008 à 14:19 | website

Loin de moi l'idée de te contredire sur ce point là, c'est vrai, ces courts sont loin, très loin de là perfection d'un point de vue cinématographique, MAIS pour moi ils sont mille fois plus réussis que, pour ne citer qu'eux, les Spider Man, par exemple. 
Là où Raimi joue la surenchère, et lâche complètement le spectateur tellement c'est fade ( mon ressenti, en tout cas ), là j'ai été accroché par le film, impliqué. Et je ne suis pas particulièrement fan de comics. Alors, oui ya des erreurs, mais un court ça sert à se faire la main, à repérer ses erreurs pour ne pas les refaire. 
 
"mais un mec qui a 30 millions de dollars à dépenser ne va pas les confier à un réalisateur juste parce qu'il a mis en scène une douzaine de flics en train de courir avec de la fumée. " 
 
Non, c'est vrai que Michael Bay ou Roland Emmerich ( des gens éminement talentueux, pas vrai :roll ) font pas de films à gros budgets, par exemple. Si le talent suffisait à avoir des moyen,s ça se saurait.  
Moi à ce Sarrio, j'lui souhaite que de bonnes choses.
 12 Posté par Goldfrapp le 24 août 2008 à 13:28

Chére Obliviou.... 
Déja il y a un probleme de vocabulaire  
 
Quote:
ses courts sont filmés comme des films amateurs. Je ne parle pas du budget effets spéciaux, mais simplement de cinéma.  

 
 
On tien un fin connaisseur là, ne confonds tu pas ton ressentit sur le rendu DV avec le manque de moyen de ces productions? 
Parce que pour se qui est de l' utiliation du cadre et de donner un sens a se cadre (voir l' utilisation des ombres sur son Dardevil...ou comment pallier son manque de moyen tout en restant visuel et cohérant). 
Je ne parle meme pas des ambitions thématiques de son Projet Gamma qui il est vrai sent moin le cinéma (le vrai celui que tu aimes) qu' une bande demo sur des clash de monstres....C' est sure que "cinématographiquement" la thématique est riche ("c est kiki qui bat batman? et l' alien il est fort contre batman?"), relayer il est vrai par une forme chiader, mais vaine...vu qu' elle ne fait echo a rien d' autre que le plaisir regresifs de faire de belles images avec des monstres mythique en france. 
 
 
Quote:
Ses cadrages sont cheap, sa lumière est souvent moche, ses décors sont mal mis en valeur (ou mal cachés, s'il n'a pas pu trouver mieux). Et sa direction d'acteurs (ou ses acteurs) sont réellement un problème.  

 
 
On va dire que David Sarrio utilise ces acteurs de facon physique, et que c' est assez rare chez nous...et là effectivement cela se voit que David Sarrio n' est pas trés a l' aise avec la direction d' acteur (enfin moi son Feedback avec Joe Prestia, je l' attendait grave). 
Pour se qui est du cade et de la lumiere je te renvois aux budgets derisoire, et au rendu finale qui meme si "les gouts et les couleurs sont dans la nature" dénote d' une telle envie d' utliser son media a son maximum (exprimer QULEQUECHOSE de facon visuel)et d' une tel générosité que bah merde les quelques scories visuels passent... 
Pour se qui est du reste c' est du tout bon et je ne vois pas du tout ou tu veus en venir en disant que le Dardevil a 3000 euros fais cheap? Tu t' attendais a quoi? a Ben Affleck en mode "corey yen" qui debarque devant ca glace le matin avec cs nunchaks pour nous montrer que ca bite est grosse? 
 
Je prefer l' economie du hors champs et de l' ombre, baucoups plus à propos comme code visuel. 
 
 
Quote:
Même si on se limite uniquement à la place de la caméra, n'importe quel plan de Collora est plus "pro" que ceux de David Sarrio. Je suis désolé de le dire, mais si Sarrio connait ses personnages, il semble ne pas avoir une idée très claire de ce qu'est le cinoche.  
Aucun de vous ne s'en rend compte?

 
 
Le troll me tend la joue.... 
Alors je me limite uniquement a la place de la camera (la mise en scene quoi, image, montage et son égale sens) et me rend compte a quel point les films de Collora son "pauvre" et ne raconte rien d' autre qu' un plaisir regressif. 
 
 
 
Là ou l' un va vers l' abstraction dramaturgique, l' autre tente de raconter des histoires avec ls moyens du bors sans oublier le potentiel magique de son media (c' est avant tout un fanboy). 
Alors je me demande mon chere qu' est ce que le cinoche pour toi? 
Parce que dire ca pour le comparer a du Collora je me dis qu' il y a un soucis? 
Des plans chiader et hop! tu fais du cinéma? Tous les plans de CSI sont chiader et "fais film" (regression quand tu nous tien), donc la serie contien plus de cinéma que le projet Gamma de Sarrio? 
Tu pronnes une esthetique vide d sens?  
 
En fait mon amis eclaire ma vision "obscure" du cinéma, je n' ai pas fais d' école, je ne connais personne, je suis aveugle....Pays ta vision sonar a 5000 euos les 10 secondes 
:grin  
 
Le cinéma je sais pas se que c' est mais ca a l' aire lol. 
 
Tomber sur un message pareil au reveil..... :(
 13 Posté par Oliviou le 24 août 2008 à 19:36

Il y a une raison pour faire un gros plan, ou un plan large. Il y a une raison pour utiliser un grand angle. Il y a une raison pour être en plongée ou en contre-plongée, pour un plan fixe ou un travelling. Ce sont des choses qui se réfléchissent. Il s'agit de placer sa caméra pour renforcer le sens du récit, et si un plan a un sens, une succession de plans a aussi un sens. Et le plus beau, c'est que quand c'est bien fait, on ne remarque pas les plans, on ne remarque pas le montage, on ne se pose pas de question: on suit juste l'histoire. ça travaille à un niveau presque subconscient. Le problème de David Sarrio (en dehors du fait qu'il devrait faire des films muets s'il ne sait pas diriger les dialogues), c'est que tous les 2 ou 3 plans, je tique. Je sors du récit. Je me dis "mais qu'est-ce que c'est que ce cadrage bizarre? Mais qu'est-ce que c'est que ce raccord raté? Qu'est-ce que c'est que ce ralenti?". Et voilà. 
Et même si je suis très respectueux des gens qui "essayent" je veux simplement redire ce que j'ai dit au début de ma première intervention: ça ne fait pas assez pro pour qu'un studio lui fasse confiance. 
Et ce n'est pas une question de classicisme. Les premiers courts de Caro et Jeunet étaient très bizarres, avec des cadrages très inattendus. Mais ça fonctionnait. Parce qu'il y avait une cohérence. Un sens. C'était pro. 
Mais tout n'est pas perdu. j'ai vu les premiers essais de Tarantino pour Reservoir Dogs. C'était une catastrophe, vraiment. il cherchait des angles tordus, des trucs qui ne fonctionnaient pas. Mais il s'est rendu compte que c'était mauvais. Il a appris, il a évolué, et on voit ce qu'il est devenu. 
Ce qui m'inquiète avec Sarrio, c'est que je ne le vois pas vraiment évoluer, pour l'instant. 
Et donc, pour l'instant, il reste ce que tu appelles un "fanboy". Pas un cinéaste. 
 
(et si tu veux des précisions sur Daredevil, en voici quelques-unes. Première séquence, dans la ruelle: apparition de Daredevil sur le toit. Pourquoi le plan est-il de travers? Il est illisible, et ça ne signifie rien. 
La poursuite. Le mec qui court à petites foulées dans la lumière verte et Daredevil qui fait des galipettes au premier plan, c'est non seulement cheap, mais c'est drôle. 
Deuxièe séquence. 
Arrivée du gros méchant. Pourquoi ce plan au ralenti sur la poignée de la portière? Pourquoi le plan sur les pied est-il filmé d'en haut, les rendant ridicules? 
Puis, sortie de la voiture. Là, il aurait pu reprendre la fin de son joli plan d'arrivée, avec la voiture légèrement en amorce sur le côté droit. Mais non. Il fait le même plan, mais avec la voiture qui prend presque la moitié de l'image. Du coup, c'est moche, ça bouche la vue, ça casse la dynamique du plan. Et pourquoi fait-il ça? Pour être sûr que le spectateur voie la voiture bouger quand Daredevil arrivera. C'est ne pas comprendre le cinéma que de croire qu'on ne l'aurait pas vue autrement, surtout avec le bruitage qu'il a rajouté. 
L'atterrissage de Daredevil après son salto: on voit qu'il perd son équilibre et se rattrape. Erreur de montage, il aurait fallu couper plus tôt, ça fait amateur. 
De plus, il atterrit face aux bandits, mais quand il se lève il est obligé de se retourner vers eux. Oh le beau travelling avant sur son visage signifiant la menace. Mais oh quel raccord pourri. 
L'avancée des méchants après que Daredevil se soit tourné vers eux: le premier plan est tout de traviole, il y a beaucoup trop d'espace au dessus des têtes, ça fait amateur (ou alors il y a un sens caché?). 
Le plan au ralenti avec la cane au premier plan: Pourquoi est-il au ralenti? 
Le plan suivant est une rupture de la règle des 180 degrés. Ce n'est pas interdit, mais quelle est sa signification? 
Le combat lui-même voit les plans sauter d'un côté à l'autre de l'axe des 180 degrés, sans autre effet que de rendre le combat illisible (et je ne parle même pas de la composition des cadres, et des raccords approximatifs). 
Je m'arrête ici.)
 14 Posté par Zug le 24 août 2008 à 21:53

Oui, arrête toi ici gringo ! 8)  
Daredevil fait amateur ? Normal, lorsqu'il la tourné c'était un amateur ! Ok, c'est pas super sophistiqué, la direction d'acteur et gnegnagna mais il n'empêche que son teaser met l'eau à la bouche. Ce en quoi il remplit parfaitement sa note d'intention : titiller la curiosité tout en rendant hommage à ses héros préférés. 
Le comparer à Collora est assez déplacé, les deux bonhommes n'ayant pas les même moyens et la même liberté d'action. 
Quant à la pertinence de lui confier un projet de 30 millions, apparemment les ricains étaient prêts à le faire, vu qu'ils l'ont mis en compétition avec d'autres. Preuve que le potentiel est là. Et sa B.A du Punisher est clairement plus excitante que le film de Heinsleigh. 
Il a des progrès à faire sur les cadrages, la direction d'acteur et le reste ? Qui peut se targuer d'arriver à un résultat parfait du premier coup ? 
Risqué de lui confier un projet de long ? C'est pas un putain de risque voire carrément de l'inconscience de donner à Tim Story les clés de la franchise des 4 fantastiques ? 
Mais toutes ces légitimes interrogations, trouveront un jour leurs réponses...
 15 Posté par Goldfrapp le 25 août 2008 à 00:38

Nan mais pour en arrivé a donner des lecons a un jeune rea (c' etait son premier court) partit de rien de facon aussi méprisante et autosatisfaite je suppose que tu dois etre un grand cinéaste connaissant l' alchimie ultime qui mene un film au succée et a la reconnaissance. 
 
Mai oui d'abord, t' es qui?
 16 Posté par Bayeur le 25 août 2008 à 01:07

J'ai pas tout lu l'analyse plan par plan de la filmo de Sarrio, mais faudrait juste voir une chose : on file 2 ou 3 fois 30 millions à des gars qui n'ont fait que des pubs ou des clips, soit des successions d'images rarement "cinématographiques" de 30 à 180 secondes, donc bon... 
 
Pire : on file même de la thune à des gens qui n'ont à leur actif que quelques courts-métrages de 2 à 5 minutes composés de 8 plans que ma grand-mère pourrait faire. 
 
Alors question : pourquoi saigner du nez dès que des bandes démo peuvent potentiellement ouvrir des portes à un réa ?  
 
Peut-être parce que dans ce cas précis les bandes démo sont connues du geek moyen, ce qui est loin d'être le cas des milliers d'autres qui pullulent sur les bureaux des producteurs, et du coup en amène certains à dire que franchement le milieu du cinéma c'est pas toujours comme dans un tycoon :(  
 
Aucun de vous ne s'en rend compte?
 17 Posté par Janto le 27 août 2008 à 08:44

Le teaser de Daredevil me fait bien envie, j'avoue que je suis curieux de voir ce que le bonhomme serait capable de faire avec plus de budget et une équipe "pro" derrière lui (le costume, les décors, les acteurs, la lumière, etc.). 
 
Par contre pas du tout convaincu par Projet Gamma, je suis jamais rentré dedans, les acteurs sont assez mauvais et y a rien qui retenait mon attention. C'était plat, on sent que Sarrio avait de bonnes intentions mais ça va pas plus loin, ducoup y a des moments "chocs" supposément assez fort qui sont juste inintéressant. Dommage (y avait du budget en plus...). Et assez étonmment ça fait très amateur (alors que Daredevil réussissait à faire un peu illusion). 
 
The Punisher 2 est très bien aussi (à croire que Sarrio est plus à l'aise quand c'est plus "petit"), mais tout ça c'est de la mise en bouche, de la préparation, et les quelques passages "action" des trois courts/teaser sont pas très réussis (en tout cas pas à la hauteur de ce qui précède). 
 
Sinon j'avas trouvé le blog du scénariste qui bosse avec Sarrio (il parlait d'un projet de film de vampires pendant la peste noire à Marseilles) mais je l'ai perdu, quelqu'un le connaît ?
 18 Posté par Blunt le 29 août 2008 à 13:42

Celui-là ? 
 
http://denyscorel.over-blog.com
 19 Posté par Janto le 31 août 2008 à 12:11

Yeap, c'est bien lui, merci :)
 20 Posté par SARRIO le 06 décembre 2008 à 15:16

Salut a tous, 
 
Je viens de découvrir vos échanges de post. C’est la première fois que je lis de tels posts de la part d’un internaute. J’entends avec un « ton » si professorale, ayant la certitude de détenir tout le « savoir » pour analyser et pointer les défauts, selon lui, de mes courts. Certes il y en a, mais il ne les voit pas. 
D’une part, cela révèle surtout d’une méconnaissance des mécanismes en jeux lors de la fabrication d’un court, et que, d’autre part, cela révèle essentiellement SA vision de la réalisation, sans chercher à comprendre le sens de mes choix de réalisation, de MA vision. 
Je me suis alors senti obligé d’y répondre (en partie). Si le temps et l’envie me le permettent encore je répondrais, pour en finir, à son analyse des défauts de mon court DD que soulignaient Oliviou. D’ailleurs, mon monteur, ma chef op, mon steadycameur, se sont bien marrés. Ils ont promis de rendre tous les salaires touchés depuis des années et de retourner à l’école. Si tu donnes des cours, préviens-les. 
…Ensuite, je me ferais à l’idée qu’après tout même les plus grands sont critiqués…Alors moi, je risque souvent d’y avoir droit. Voilà, on essaye de faire plaisir et on se fait taper sur les doigts :-) 
 
 
Tout d’abord, la question de savoir ce qu’un réal ferait sur un format long EST la question que l’on se pose tous et qui n’a de réponse que lorsque le passage au long à lieu. Une évidence qu’il est bon de rappeler. 
Cette question n’a donc qu’une pertinence relative. Il faut bien commencer par s’exercer sur des courts, que cela soit des mini récits, des exercices de style, une séquence… (On n’a généralement pas le choix d’ailleurs). Ensuite, à chacun de savoir s’il souhaite passer au format supérieur (le moyen ou/et le long)...et de développer un récit se déployant sur 90mn. 
Je rappelle que ce sont des courts de super héros, ce qui sous-tend un challenge bien difficile à relever (comme chaque film me diriez-vous) : Rendre crédible, en raison de la réunion de professionnels adéquats que requièrent ce genre de films, (et ce pour des raisons évidentes de budget) sur 3mn un mec en spandex dans des décors plutôt « franchouillards ». 
Ce qui signifie qu’il ne faut pas espérer que cela excède 8mn avec une certaine réussite…si l’on n’a pas les millions nécessaires et un script travaillé pdt 2/3 ans. 
…Et si ISOKILLA, et d’autres, les trouvent au minimum « jouissifs », ben, je crois que le réal peut estimer avoir réussit son pari ! 
Avoir du potentiel, ne fait pas tout ? Étrange réflexion ! Avant de faire un long, nous en sommes tous à l’état de real ayant du potentiel, non ? 
 
Pour ceux qui se demandent pourquoi je ne suis pas encore passer au long. La réponse est simple, j’ai un profil atypique pour un réal français, et mes premiers projets étaient chers et pas adaptés au marché français.  
Faites une comédie avec Dussolier et Catherine Frost et les chaînes télé et les distributeurs vous financerons. Ben, oui, « Seuls les américains savent faire ce genre de films…Les français ne veulent voir que des comédies ou des films d’auteurs, les chiffres le prouvent, blablabla »… 
De plus, en règle générale, cela prend dix ans pour faire son premier film lorsque que l’on commence dans cette profession…Il me reste 2/3 ans :-).  
N’oubliez pas que l’on vous confie en tant que réal au minimum 1M euros. Les investisseurs veulent juste revoir leur blé en produisant un film (un produit ?!) qui corresponde au marché…et le marché de la production française est ce qu’il est. 
 
Donc, n’en déplaise à OLIVIOU, ce ne sont pas mes capacités professionnelles qui sont en cause, mais la nécessité de budgets conséquents pour concrétiser l’équivalent qualitative, au minimum car l’objectif c’est de faire mieux, de mes courts dans une économie de long.  
La réalité m’a rattrapé (Ainsi que tous mes potes réal d’ailleurs) : filer des millions à un mec qui n’a pas encore fait ses preuves sur AU MOINS un premier long au budget modeste…Quel businessman sain d’esprit le ferait ?! Ben, ouais, dans cette profession nous sommes tjs rappelés à la réalité par les businessmans qui dirigent ce secteur. 
C’est pour cela que mes projets de longs en cours sont des petits budgets aux ambitions artistiques bien plus modestes. 
Bien sûr, je te laisse tout seul avec tes propos concernant mon incompétence totale en tant que réalisateur. Et je me dis que pour faire autant illusion depuis quelques années (c\'est-à-dire me faire payer pour filmer ainsi que développer des projets de long que les prods espèrent me faire réaliser ou attendent de lire pour me les faire réaliser ( 3 prods en ce moment, Pathé, et d’autres qui me tournent autour) je dois avoir des capacités de marabout assez prononcées. Ou alors, tous ces soit-disant pros ne seraient-ils que des incompétents aveugles ? 
 
Au demeurant, tu as le droit de t’exprimer négativement à l’égard de mon travail. Cela dit, je vais déjà globalement recontextualiser mes réalisations pour mieux répondre à certaines remarques. 
 
Daredevil, a été tourné en 2000 et c’est mon premier court auto-produit. A cette époque, peu de films de Super heros, et encore moins de courts. J’en connais les faiblesses artistiques. Des costumes cheaps (300 € pour DD et Caid) et le maquillage du Caid raté.  
… Lorsqu’au moment de tourner, tu sais que le faux crâne ne fonctionnera pas à l’image et qu’il est hors de question que le comédien se rase...Ben, tu filmes quant même au lieu d’abandonner. Même sans expérience, on imagine les risques de ces genres de films faits sans moyens, ou bcp de choses se « finissent » sur le tournage même, en espérant qu’on limitera les dégâts car pas de marche arrière possible sans tout perdre ! 
Cela dit étant dit, les cadres, la lumière, les décors le montage, la musique, on fait la réputation de ce court ; ceux-ci ne sont qu’une utilisation judicieuse de décors parisiens dont le seul reproche est d’avoir une fois été traité de « production friquée » qui avait du être tourné au canada pour avoir de la « production value ». Alors est-ce que la compression sur you tube ne rend pas justice à mes intentions de lumières concrétisées, et mieux encore, par ma chef op ? Quoi qu’il en soit cet aspect m’a valu tant de félicitations (que je partage avec la professionnelle qu’est ma chef op et les amateurs éclairés qu’étaient le reste de l’équipe) que ton avis…ne reste que ton avis… tous ce qu’il y a de plus subjectif. 
 
 
Pour l’anecdote : Mes images sont cheaps ? C’est drôle car ma première barrière dans ce milieu a été de les rassurer quant au fait de ne pas seulement avoir une approche graphique, de « pubard, ou style BD, savoir faire autres choses que des belle images quoi?) 
Sur PGamma, mon deuxième court, je me suis aussi rendu compte que certains de mes choix de comédiens n’était pas les bons (Car le « bon choix » c’est 90 % de la direction de comédiens…Parce qu’un « acteur », on te dira que cela ne se dirige pas :-). Plusieurs raisons : mon manque d’expérience, le manque de moyen (entre autres un directeur de casting), l’extrême difficulté de trouver un comédien français qui ne ressemble pas…à un comédien français pour incarner un personnage aux traits ricains. 
Ce court était trop ambitieux au regard de mon expérience et de nos moyens malgré la bonne volonté de chacun. Il a ses défauts et ses qualités, mais il a surtout une approche personnelle du personnage de Hulk qui a été souligné par bcp, ainsi que ses qualités filmiques. Notamment, mail perso, par Del Toro. J’avoue que cela n’est pas très fair play de ma part de jouer la dessus, mais face son avis, celui d’Oliviou ne pèse pas lourd à mes yeux.  
Aujourd’hui, je ferais moins d’erreurs sur ce court…et j’en ferais d’autre comme dit Del Toro. 
Concernant Punisher, je ne vais pas te faire l’affront de t’expliquer le choix minutieux de chaque plan et du sens qu’ils prennent. Mais sache que là où tu ne vois que des images à effets (pour info, il n’y avait pas de fumé sur le plateau pour faire de « jouuulis » plans), la plupart y voit sans trop de mal une caractérisation du personnage par l’utilisation du découpage. C‘est une narration par l’image que bcp ont ressenti, et certains ont même analysé les procédés narratifs que j’ai utilisé, lors de discussions ou d’échanges de mails. De fait, rares sont ceux qui n’y ont vu que des plans esbroufes ou clipesques, voulant dire « des beaux plans à l‘américaine »(Cela dit, y a pire comme réflexion, non ?), sur un ton péjoratif, je me souviens surtout d’un prod, celui des films avec Mickael Youn et… de toi maintenant.  
La « voix off piteuse » du Punisher liée à ma direction d’acteur ?! Sache que lorsque sur deux comédiens ricains de voix off que je dégote, seul un accepte de bosser pour 150 €. Ben t’es content, même si il a 50 ans, et n’a pas tout à fait la voix que tu espérais. C\'est-à-dire la voix du comédien américain que j’aurais aimé avoir…zut, c’est vrai, je suis en France sur un court/teaser sans thunes ! 
Alors, j’ai une approche différente de cette voix off. Je l’ai considèré comme la voix d’un Punisher ayant vieilli. Un punisher s’exprimant sur son destin, comme un chant funeste et prémonitoire…En rapport avec le texte ! C’est quelque chose que les ricains ont souligné (À ta décharge, peut-être que tu ne connais pas assez l’anglais et le personnage). Au final, j’estime m’en sortir pas trop mal. 
Cela ne te plaît pas ? Et bien, tu sauras au moins que tourner ou doubler en anglais c’est extrêmement casse gueule. Pour ceux qui ont vu la scène des businessmans US (comédiens français en fait) dans le Transporter 3, vous comprendrez ce dont je parle. D’ailleurs, j’ai rencontré les mêmes difficultés sur « Feedback » 2004, mon troisième film (un demo reel d’un long qui était en écriture/filmé en HD). J’ai d’ailleurs reconnu les voix utilisées par Besson, déjà utilisées par moi et par un pote sur un court dans le même esprit que les miens. J’aurais aimé finir de le tourner en français, mais la prod voulant toucher des investisseurs étrangers, tourner en labial anglais, et doubler tout cela en studio en deux heures, c’est imposé… en cours de tournage !( A raison, étant donné ce que devait être le film, un série B direct to vidéo). 
Au final, si le doublage peut amener une certaine distanciation et un côté « jeu cliché » de série B, ben, difficile de faire autrement, en ce qui me concerne. 
Mais, jusqu\'à Oliviou, personne n’était particulièrement gêné par ces voix. En tout les cas, ils ne remettaient jamais en cause ma direction d’acteurs (qui plus est, était orientée polar US année 80). Cela dit, c’est un travail facile lorsque l’on a Féodor Atkine et Jo Prestia, et je trouve bonne leurs interprétations. 
Voila ! Mon dieu que c’est long :-)
 21 Posté par Zug le 06 décembre 2008 à 16:57

Je vous avais dit que l'on aurait les réponses à nos interrogations... :)

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