Edito

      "- Qu'est-ce que tu penses de la violence au cinéma toi ? - Je me mets toujours au premier rang, alors ce qu'il se passe dans la salle..."
Lire l'édito de mars...
 
Octobre 2009 Suggérer par mail
Editorial par nicco le 5 octobre 2009

A la carte

Frédéric Mitterrand
Nous pensions tous perdre au change avec le départ de Christine Albanel, la Rosy Varte des années 2000, et l'arrivée du sémillant Frédéric Mitterrand, mais finalement seul l'acteur principal a changé, l'équipe de scénaristes est restée en place, pour notre plus grand bonheur.

Canal + peut nous vendre l'imagination
de leurs auteurs maison, ne nous trompons pas : la série culte du moment se passe rue de Valois. Des retournements de situations époustouflants (le chapitre des socialistes ninjas restera dans les annales aux côtés de la fin du Prisonnier et de la mort de JR), des résurrections renversantes pour une République de prime time (présenter une loi déboutée par le Conseil Constitutionnel jusqu'à ce qu'elle soit votée, la prod de West Wing en est verte de jalousie) et de la guest star à foison, n'hésitant jamais à jouer de son image pour faire rire (pensez !, même les acteurs décédés sont de la partie).

Toutefois, cette saison 2 s'achève sur un goût d'inachevé, et laisse penser que les auteurs n'ont plus beaucoup d'idées en stock pour la prochaine salve d'épisodes : quel spectateur peut bien être excité par ce cliffhanger sur la commission Zelnick chargée de mettre d'accord tous les acteurs du milieu culturel à propos de la répartition des revenus provenant du Web, quand on sait que la commission Olivennes, qui débuta le show Hadopi, avait exactement le même but ?

Nous voici embarqués vers un Hadopi 3 aussi en retard sur son temps que visionnaire dans l'absurde. Il faut au passage saluer le courage d'une production sacrifiant des millions par amour de l'art : distribuer autant de budget pour savoir comment distribuer du chiffre d'affaire généré par Internet avant même de réfléchir à une politique cohérente d'offres légales afin de créer ce chiffre d'affaire, c'est définitivement la preuve que les maîtres de ce show ne pensent qu'aux intérêts du public et son accès à la culture, uniquement et exclusivement le public et la cultur€ (espérons qu'ils recrutent J.J. Abrams pour les sortir de cette boucle temporelle. Ou alors un psy).

S'il fallait un signe supplémentaire de l'intégrité de l'équipe Hadopi, le mini spin off "L'affaire Polanski" diffusé entre les saisons 2 et 3 devraient finir de convaincre les plus sceptiques.
Alors qu'artistes et ministre de la culture arguaient il y a quelques semaines l'urgente  nécessité d'une sévérité juridique sans faille à l'encontre des téléchargeurs illégaux, les voici s'élevant contre "cette Amérique qui fait peur", cette folle Amérique osant l'impensable : mettre un artiste sous le couperet de la loi ! Et là, tout d'un coup, finie la beauté de la répression, finie la tolérance zéro, finie l'application stricte de la loi :

Un internaute peut finir en prison ou endetté pour avoir téléchargé un film, mais un artiste n'a pas à répondre de ses actes sur mineur devant une cour de justice.

Cette égalité très relative exprimée par les esprits de ce siècle continue, je vous rassure, de laisser indifférente une bonne partie des protagonistes de la sphère cinéphile pour qui le sort de la plèbe et sa relation avec la culture ont toujours très peu importé (ha si, un grand amateur du Petit Soldat de Godard m'a rétorqué : "Je ne vois pas le rapport". Cherchez l'erreur…).
On savait déjà qu'il fallait réaliser des films et écrire des livres pour avoir le simple droit de s'exprimer sous peine de se voir rabroué à coup de "Et toua t'as fait quoi dans ta vie toua ? T'as fait des films toua ? Non ? Alors tais-toua, j'ai pas le temps de débattre avec un nain, je dois aller défendre la liberté d'expression chez Taddéi ce soir", la saison 2 de Hadopi nous révèle les pouvoirs obtenus lorsqu'on accède au divin rang d'artiste.

Je vous vois venir, et non, on ne demandera pas quels sont les risques encourus pour ceux qui téléchargent illégalement des films pornos avec mineurs, c'est un coup à faire bugger la république 2.0.
Par contre on peut s'amuser à imaginer le discours gorgé d'émotion de Frédéric Mitterrand dans un monde normal, défendant une internaute lambda endettée à vie pour avoir téléchargé 24 chansons.

Si quelqu'un réussit cette épreuve de politique-fiction, il remporte la carte de Roman Polanski.


"Il y a un petit comité, un jury clandestin, une coupole mafieuse composée de gens influents des médias, du Monde, de Télérama, de Libération et deux ou trois outsiders, qui distribuent des cartes, dorées ou pas, assurant aux porteurs que quoi qu'ils fassent, pour leur plus petit pet, il y aurait de l'écho. Le coup de projecteur sera là.

BHL a la carte. Il fait même partie de la coupole. Ah, son film a été assassiné... Peut-être qu'il ne l'a plus. Godard a la carte et Luchini aussi. Elle n'est pas synonyme de talent ou d'absence de talent. Il n'y a pas de référence autre que la décision de cette coupole. Moi, je n'ai pas la carte. Pas assez pensant, pas assez partie prenante. Mon comportement professionnel est trop erratique. Je n'ai pas d'étiquette. Tavernier n'a pas la carte. Dès qu'il fait un truc, Libé lui tombe dessus. Bertrand Blier a eu la carte du temps de Buffet Froid, et depuis il l'a perdue. On peut hériter de la carte d'un autre. Par exemple, Jeanne Moreau a hérité de la carte de Simone Signoret. Elle est la tête pensante du métier, elle est la mémoire, elle a la distinction, le côté international. Dès qu'on a joué une fois à savoir qui a la carte, on ne s'arrête plus."


Philippe Noiret.
OPEN THE NEXT
Google! Facebook! Live! Del.icio.us! MySpace! Technorati! Reddit! Mixx! Yahoo!



 1 Posté par merzboy le 06 octobre 2009 à 20:23

une bise pour Noiret. 
elle est tirée d'où cette citation ?
 2 Posté par merzboy le 13 octobre 2009 à 10:24

personne pour dire d'où est tirée la citation de Noiret ??
 3 Posté par McManus le 15 octobre 2009 à 15:51

"Nous voici embarqués vers un Hadopi 3 aussi en retard sur son temps que visionnaire dans l'absurde. Il faut au passage saluer le courage d'une production sacrifiant des millions par amour de l'art : distribuer autant de budget pour savoir comment distribuer du chiffre d'affaire généré par Internet avant même de réfléchir à une politique cohérente d'offres légales afin de créer ce chiffre d'affaire, c'est définitivement la preuve que les maîtres de ce show ne pensent qu'aux intérêts du public et son accès à la culture, uniquement et exclusivement le public et la cultur€ " 
 
bonjour tout le monde,  
je vous lis depuis plusieurs mois maintenant, et c'est toujours un plaisir. bien que vos avis cinématographiques soient souvent passionnants, ce n'est pas le cinéma en lui-même qui m’a attiré au départ sur votre site mais bien votre opinion au sujet de l'affaire hadopi.  
 
Bref, ce qui m’amène, c’est que je suis tombé sur un article du Monde d’aujourd’hui, enfin un article… la une du journal carrément!!! Celle-ci s’intitule « Comment internet a bouleversé les choix culturels des français » 
Le journal publie en fait une enquête sur les pratiques culturelles des français, enquête qui n’avait pas été réalisée depuis 1997., soit 12 ans… 
Je ne m’étendrai pas plus que ça sur le sujet et je me contenterai de vous citer quelques passages. Je me doute bien par ailleurs que la majorité des lecteurs de ce site auront déjà lu l’article bien évidemment, mais pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, je leur conjure de se se jeter dessus, parce que le constat est sans appel et je n’ai pas pu m’empêcher de partager ça avec vous. :) 
 
« une nouvelle culture de l’écran est apparue […]. Les internautes qui vont le plus sur la toile sont ceux qui vont le plus au théâtre, au cinéma, lisent plusieurs livres » :zzz 
 
« Le cinéma roi 
Tous les français ou presque sont allés au cinéma une fois dans leur vie, et 57% y sont allés au moins une fois en 2008, contre 49% en 1997. Cette progression est remarquable unique dans les arts « classiques », d’autant qu’elle touche toutes les classes d’âge et classes sociales. Mieux, à une époque où les plus modestes se coupent de plus en plus de la culture, 59% des ouvriers (46% il y a 11 ans) sont allés voir au moins un film en 2008. Près d’un français sur cinq a regardé un film téléchargé sur son ordinateur, sans compter les DVD loués ou achetés (un acte en léger recul). Ceux qui téléchargent sont aussi de gros consommateurs en salles. » 
Je sais pas pourquoi mais je m’arrête sur cette phrase... :grin 
 
« Quelle influence du piratage? 
Le piratage des films et des musiques fait partie de cette nouvelle culture de l’écran. Parce que l’acte est illégal, la question a dû être évacuée du sondage et donc de cette étude. Les chiffres montrent que le téléchargement illégal des films n’altère pas pour l’instant la fréquentation des cinémas. Selon olivier Donnat, l’acte d’achat (ou de piratage) d’un film ou d’une musique n’a pas d’effet sur l’acte de sortie - aller au cinéma ou au concert. En revanche, la location et l’achat de DVD souffrent. Et les ventes de CD, comme on le sait, sont sinistrées. » 
 
« Echec pour le ministère de la culture 
Le principe de cette enquête a été imaginé il y a plus de 30 ans pour donner des idées au ministère de la culture. Les résultats, constants comme nouveaux, traduisent, il faut bien le dire, l’échec de l’institution. Concentrés sur les « beaux-arts », le ministère s’est, de fait, replié sur une culture rétrécie. Les politiques culturelles ne sont parvenues ni à élargir les publics, ni à répondre aux évolutions technologiques. Tout juste le ministère peut-il se dire que sans lui, la situation aurait sans doute été pire… » 
 
Et pour finir, voici la conclusion de l’éditorial (page 2) intitulé « échec culturel » 
«[…] l’Etat aurait dû s’emparer, très vite, du problème du piratage des musiques, en poussant les majors du disque à offrir une riche offre légale sur le Net. Il ne l’a pas fait. Mais, hors de la défense du droit d’auteur, peu de responsables du ministère de la culture semblent s’occuper des nouveaux médias."
 4 Posté par merzboy le 15 octobre 2009 à 22:27

je veux pas passer pour un petit universitaire aigri au balai bien enfoncé dans le fion, mais ça fait pas très sérieux lorsqu\'une citation n\'est pas accompagnée d\'une indication de sa source... je vais finir par croire que vous les inventez vos citation :)
 5 Posté par nicco le 15 octobre 2009 à 23:09

Oui oui, ça vient. 
 
Cet extrait provient d'un article du Monde, qui n'est plus accessible sur leur site, mais tu peux le retrouver ici.

Ouvrez-la ! Avec pertinence et correction. Tout troll sera automatiquement supprimé.
Nom :
E-mail :
Site web :
BBCode :Insérer un lienInsérer une adresse e-mailInsérer une imageTexte en grasTexte en italiqueTexte soulignéCitationCodeOuvrir une listeAjouter une ligne à la listeFermer la liste
Commentaire :



Code de vérification :* Code
Je désire être prévenu par mail des commentaires qui suivront.

 
+ Article précédent   + Article suivant
Le bulletin de notes
 

Derniers commentaires

11/03 | ticklish | Interview ...
10/03 | Bob | Lovely Bon...
10/03 | William | Le Vilain
09/03 | nicco | Mars 2010
09/03 | Sloop Clem B | Mars 2010
09/03 | Anonymous | Mars 2010
09/03 | Bénédicte | Le Vilain
08/03 | nicco | L'affaire ...
08/03 | Marinette | L'affaire ...
08/03 | Simidor | Démineurs

Le strip de Macfly

 

 

Aeon Flux RSS

Ecrire pour L'ouvreuse - Pointer vers L'ouvreuse - FAQ - Mentions légales - Nous contacter
© 2010 Créateurs d'Univers - Tous droits réservés