Edito

      "- Qu'est-ce que tu penses de la violence au cinéma toi ? - Je me mets toujours au premier rang, alors ce qu'il se passe dans la salle..."
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Mai 2008 Suggérer par mail
Editorial par nicco le 5 mai 2008

Les atterrés du milieu

Le milieu n'est plus un pont mais une faille
"En mai fait ce qu'il te plaît" dit l'adage. Or une mise à jour semble plus que nécessaire, du genre "…hormis révéler à tes interlocuteurs l'existence d'autres groupes sociaux que le leur, on sait jamais, ça pourrait donner des vertiges".

Car en effet, j'ai pu, suite à l'édito du mois dernier, me rendre compte auprès de divers cercles plus ou moins cinéphiles qu'une pâtissière inculquant chaque semaine à plus de six millions d'individus une vision incroyablement simpliste du cinéma, "ce n'est pas grave" (sic), "on s'en fout lol" (re-siiiic). C'est presque mignon cette foi naïve envers l'absence d'influence des médias de masse, mais assez révélatrice de la logique de pensée de plus en plus égoïste qui affecte nos contemporains, se retranchant invariablement dans leur confort personnel par une des phrases les plus insupportables au monde : "Mais toi si tu sais qu'il ne faut pas l'écouter, tu t'en fous du reste, roooooh !!".

Et oui, les donneurs de leçons se font maintenant le chantre de l'ethnocentrisme et vous engueulent car vous vous intéressez à la façon dont on introduit le septième art (ainsi que les autres), la culture et toutes sortes de choses à ses concitoyens, voire même parce que vous vous révoltez quand une "critique professionnelle" évacue un film se voulant une réflexion sur la perception de la violence (Funny Games US) (seul remake de la vague actuelle réellement subversif, d'ailleurs) sous prétexte que "c'est violent" (sans dec ?), tout en incitant vivement d'aller voir Ca$h, le Ocean's 27 arthritique français de l'année (je pense qu'ils sont un peu plus que 27 mais j'ai eu la flemme de tous les compter sur la fin… mais à vue de nez y en a autant qu'il y a d'incohérences dans le scénar, voyez).
En gros, il nous est intimé d'adhérer à la philosophie du "tant que moi ça va, ça va".
Or non justement, ça ne va pas. Cela va d'autant moins bien que les filmovores, cinéphiles et assimilés sont parallèlement les premiers à se plaindre des goûts de chiotte du public, engendrant des sorties de plus en plus confinées des vrais bons films, des productions chaque année plus prévisibles, des multiplexes quasiment infréquentables, etc. Allez leur dire qu'il y a peut-être bien un lien de cause à effet quelque part, et c'est l'hystérie. Car tout arrive par hasard, par magie ou par fatalité, c'est bien connu, et si ceux qui ont le rôle (le devoir ?) d'éduquer l'approche sensitive et réflexive du grand public le font de la plus pathétique des manières, ce n'est au fond pas très grave puisque "MOI je ne les regarde pas, donc ils n'existent pas !".

Restons un instant dans le déni de réalité, l'auteur de ces lignes ayant une histoire à vous conter : Jadis, lorsque le jeune et fougueux nicco usait ses fonds de culottes sur les bancs d'une école de cinéma, il expliquait régulièrement à ses petits camarades qui vantaient inlassablement l'exception culturelle d'un cinéma national qu'ils, paradoxalement, connaissaient très mal, comment le système de production français, couplé à la politique culturelle du pays et de ses institutions, menait et mènera la cinématographie hexagonale dans le mur, le tout par le biais d'exemples, de chiffres, d'analogies, de faits précis et concrets, de démonstrations de toutes sortes. En vain, ses condisciples préférant soit en rire ("Mouahahaha, pas nous voyons, nous sommes la Fraaaance"), soit refouler plus violemment ("Pfff t'es parano, t'es bête, t'es con"), rappelant à nicco une certaine histoire de troglodyte platonicien.

Bien.
Cinq ans plus tard, qu'avons-nous ? Une bande de treize professionnels du cinéma français connus et reconnus livrant un rapport de 200 pages expliquant de manière très précise comment et pourquoi le système de production hexagonal est devenu une industrie risible, déconsidérée sur le plan international, prise au piège "des produits formatés et de l’élitisme abscons".
Vous m'direz, vaut mieux tard que jamais. Certes…
Nous reviendrons bien évidemment beaucoup plus longuement sur Le milieu n’est plus un pont mais une faille (nom de l'ouvrage) par le biais d'un dossier à paraître d'ici la fin du mois (si tu veux savoir exactement quand, t'as qu'à t'inscrire au flux RSS épicétou), même si nous pouvons déjà regretter une étude s'axant principalement sur les questions de budgets, d'aides, de chiffres, de taxes et de quotients, alors que nous aurions apprécié quelques chapitres sur l'éducation propre à l'audiovisuel et la formation des "talents" prétendument existants au sein de notre industrie, qui n'auraient pas les moyens nécessaires à la réalisation de leurs œuvres : doubler les avances sur recettes, c'est bien, mais à quoi bon si les bénéficiaires ne se remettent pas en question de leur côté ?, s'ils restent ces présupposés artistes frondeurs qui, il y a cinq ans, ne se serait pas gênés par exemple de traiter les auteurs de ce rapport de gros paranoïaques stupides et sûrement frustrés (car dévier d'un discours consensuel et prêt-à-penser est un symptôme infaillible de parano et de frustration selon une partie de nos futurs réalisateurs et critiques).

Enfin, vous le savez déjà, le mois prochain sort Speed Racer, le nouveau film des frères Wachowski, qui, après avoir tout pompé sur Dark City et Ghost In The Shell avec Matrix, ont cette fois plagié les Spy Kids de Robert Rodriguez.
Ce n'est pas moi qui le dit, c'est partout sur Internet, et prochainement dans vos revues de cinéma ; ceux qui brocardaient le duo il y a cinq ans pour avoir proposé de la "philosophie de comptoir" ne se forceront pas à voir ce qu'ils ont déjà décidé de voir (déni toujours, refoulement encore ?), mais il est tout de même amusant de remarquer que parmi cette "philo de comptoir" figuraient de longs discours sur le principe de causalité. Et je sais pas vous, mais je trouve cocasse que les mêmes qui dénigraient avec un sourire satisfait ces concepts "de niveau de collège" viennent à peine de comprendre (ou d'accepter) qu'il existe une relation de cause à effets entre les politiques culturelles et la qualité/diversité des films et des genres produits.
Quand des chroniqueurs, professeurs, auteurs et responsables dénigrent une œuvre sur le seul fait de son appartenance à un genre ou un pays sans prendre un instant la peine de la comprendre, peut-on dire qu'ils représentent une cinématographie saine, riche et sûre d'elle ?

Donc, la faille du milieu : mensonge, fatalité ou causalité ?
Z'avez deux heures.

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 1 Posté par the dude le 05 mai 2008 à 06:38

pffff! t'es parano toi ! 
vas faire un tour à saint-anne ( hôpital psychiatrique )
 2 Posté par isokilla le 05 mai 2008 à 12:01

C'est vraiment un grand coup de gueule la mais tu verras speed Racer ça va être au moin bien... 
 
 
(Tout ça pour ça quand j'y pense...)
 3 Posté par Weta le 05 mai 2008 à 13:49

Comme je l'ai déjà dit. 
T'en fait pas nicco moi aussi j'attends Speed Racer et Phénomènes. 
En revanche il est vrai qu'i est de plus en plus dur de résister à l'effet de masse quand il s'agit des avis sur les films. genre: Speed Racer c'est du Spy Kids, jackson est un réal raciste. 
 
Comment faire pour défendre ces idées face à une horde de geeks intégristes. Qui refusent de véritablement comprendre ce qu'il voyent , et se fond qur les apprioris. 
 
Comment faire ?
 4 Posté par the dude le 05 mai 2008 à 20:16

un gros coup de tatane dans la gueule ! 
y'a qu'ca d'vrai !
 5 Posté par Bleuten le 05 mai 2008 à 21:13

Ca m'évoque les différentes critiques sur Dobermann de Kounen (en gros le film est speed, crétin et violent) mises en parallèle avec celle de Blueberry du même Kounen (en gros le film est lent, intello et poseur) pour conclure sur celles de 99F, toujours de Kounen (en gros, c'est un drogué) fait par certains "critiques" de profession (parfois les mêmes pour les trois films) 
 
Pour un "l'enemi intime", combien de Bessoneries bas de gamme (péonasme)? 
Combien de comédies romantiques sur un trentenaire (avec Clovis Cornillac)? 
Combien de film d'ôteur tourné dans un 2 pièces cuisine complètement vide de sens (mais c'est du cinéma, du vrai parait il)? 
 
Le cinéma français va droit dans le mur et ceux qui pourraient rectifier le tir ne sont pas encouragé, bien au contraire.
 6 Posté par Isokilla le 06 mai 2008 à 00:34

En ce moment c'est surtout Dujardin qui a la côtes !
 7 Posté par nicco le 06 mai 2008 à 01:12

Puisque la foule veut du moche d'inspiration Rodriguez, qu'elle se régale...
 8 Posté par Manna Marie Weasley le 06 mai 2008 à 01:45

Le cinéma Neo Zelandais n'existe pas 
 
Quote:
Peter Jackson s'amuse ici à nous faire gober qu'un cinéaste né-zélandais ait inventé le cinéma moderne plus de 30 ans avant les pionniers du cinéma. L'ensemble du faux documentaire ressemble à une énième featurette du SdA, on est donc pas dépaysée. Mais par moment, les types en font un peu trop pour que cela soit crédible, le coup du : "il utilisait une machine à vapeur pour remplacer la manivelle de la caméra"!!! Le pire vient du fait que tout le monde y a cru en Nouvelle-Zélande! Ces détracteurs pourront toujours dire qu'il s'agit d'un excès de chauvinisme nombriliste néo-zélandais, dans un pays étant, à l'exception du père Jackson, inexistant sur le plan cinématographique.

 
 
http://www.allocine.fr/film/critiquepublic_gen_cfilm=16147&note=1.html
 9 Posté par Weta le 06 mai 2008 à 12:06

ça me fait bien rire c'est avis. Alors que dire de Jane Campion, Andrew Niccol, Peter Weir, Geoff Murphy ...
 10 Posté par geouf le 06 mai 2008 à 16:27 | website

ouf ! Je suis rassure, il n'y a pas que moi a trouver le teaser de The Spirit moche et ridicule. 
Par contre pour Speed Racer, j'avoue que je ne sais pas trop quoi en penser pour le moment. J'irai le voir par curiosite, mais bon, j'avoue ne pas etre fan des deux suites de Matrix (cela n'a rien a voir avec la "philosophie de comptoir" mais plus avec le reel manque d'implication emotionnelle dans le sort des personnages) mais le trailer de Speed Racer a l'air tout de meme de presenter 2-3 elements pas si rose bonbon qu'il ne veut le faire croire de prime abord. 
Wait and see ce week-end pour la sortie en Ecosse...
 11 Posté par DreamProphet le 07 mai 2008 à 20:43

Très bon article, cher nicco ! C'est tellement rare ce genre de texte que je ne peux que plussoyer ! (Même si "Juno", c'est énorme, par Crom ! :) )
 12 Posté par isokilla le 08 mai 2008 à 17:34

Peter Jackson s'amuse ici à nous faire gober qu'un cinéaste né-zélandais ait inventé le cinéma moderne plus de 30 ans avant les pionniers du cinéma. L'ensemble du faux documentaire ressemble à une énième featurette du SdA, on est donc pas dépaysée. Mais par moment, les types en font un peu trop pour que cela soit crédible, le coup du : "il utilisait une machine à vapeur pour remplacer la manivelle de la caméra"!!! Le pire vient du fait que tout le monde y a cru en Nouvelle-Zélande! Ces détracteurs pourront toujours dire qu'il s'agit d'un excès de chauvinisme nombriliste néo-zélandais, dans un pays étant, à l'exception du père Jackson, inexistant sur le plan cinématographique. 
 
Ben faut lire toute les critiques de ce gars pour comprendre ou il veut en venir, j'ai eu du mal à comprendre l a première fois que j'ai lu ces avis et surtout ses notes, mais en fait il va juste à contre courant, il joue le marginal de service quoi... donc son argumentation n'a pas de véritable valeur je pense tellement par moment c'est bourré de mauvaise fois, pas la peine de chercher un exemple type, tout est du même acabit. 
 
Ici l'avis sur un classique dont je vou laisse deviner le titre et qui est vraiment incroyable (note: 0 étoile): 
 
Le film porte bien son nom : en effet, il s'agit-là d'une véritable virée en enfer pour le cinéphile qui croyait trouver un bon film sur le Vietnam. Un film interminable (plus de 3h), inutile, ennuyeux, du remplissage de pellicule pendant la quasi-totalité du film, dénué de tout intérêt. On passe 1h30 de film avant la Guerre : on voit ces ouvriers de la sidérurgie au boulot, puis au bar, puis ils fêtent le mariage d'un des types et puis ils vont à la chasse. Sans la moindre transition, on retrouve les types en plein Vietnam, prisonniers d'infâmes Viêt-Cong qui les torturent et s'amuser à jouer à la roulette russe avec eux (une énorme contre-vérité en passant). Puis ils s'échappent et ils s'entre-aperçoivent à Saigon et se perdent. Puis retour au bercail. Le gros dur (De Niro) se demande où sont passés les autres et les retrouve : l'un est mutilé de guerre, et l'autre est devenu cinglé et s'est tué en jouant à la roulette russe. Finalement, ils chantent l'hymne à la gloire de la nation américaine. Et ça se finit aussi soudainement. Donc, pour résumer : le vide pendant 3 heures tout en faisant du patriotisme totalement déplacé au vu du sujet (ils l'ont perdu cette guerre, mais comme le reste, on reste de marbre). Le seul intérêt (et encore) serait de voir des acteurs aujourd'hui connus quand ils étaient jeune : Walken jeune avec des cheveux, De Niro et Meryl Streep translucide et inattachant à souhait (mais ce n'est plus une découverte), et John Savage déjà habitué aux seconds rôles... Un film à ranger dans la catégorie des plus grandes catastrophes cinématographiques avec Dune et Il était une fois en Amérique : films ratés et d'une longueur tuante, dont le budget à été dépassé et le tournage s'est allongé incroyablement, et ayant fait un bide (plus que mérité) au box-office.
 13 Posté par geouf le 12 mai 2008 à 16:40 | website

Bon ben ca y est, j'ai vu Speed Racer au cine, et en haute definition en plus ! Et la je dois avouer que moi qui etais plus que sceptique, je me suis pris une enorme claque ! 
C'est visuellement dantesque et totalement inedit (et non, ca ne ressemble pas du tout a Spy Kids). 
Mais c'est tellement special que logiquement le film fait un bide partout... 
 
Ma critique: 
 
http://www.cinegeouf.com/2008/05/12/speed-racer-des-wachowski-brothers/
 14 Posté par nicco le 12 mai 2008 à 18:02

8)
 15 Posté par the dude le 13 mai 2008 à 08:42

je sais pas pourquoi, peut etre par méchanceté, mais en vous voyant trépigner d\'impatience pour ce film, j\'ai envie qu\'il soit une grosse bouzasse bien chiasseuse ...
 16 Posté par geouf le 13 mai 2008 à 10:41 | website

Bah perso je trepignais absolument pas d'impatience devant ce film, je m'attendais meme a une "grosse bousasse bien chiasseuse". J'y suis alle plus par curiosite qu'autre chose et j'ai vraiment ete tres agreablement surpris (et c'est un euphemisme). 
Mais nul doute qu'il ne va pas plaire a tout le monde, vu son cote jusquauboutiste et experimental.
 17 Posté par belou le 13 mai 2008 à 11:40 | website

N'ayant aucun a priori sur le film j'irai le voir bientôt et vous ferai part de mon avis. 
 
Sinon effectivement How I Met Your Mother ça déchire tout.
 18 Posté par Weta le 13 mai 2008 à 17:32

Au vu du premier teaser j'étais vraiment pas motivé. 
Puis au fur et a mesure que les extraits, les visuels, et les bandes annonces s'enchainait j'ai commencé à radicalement changé d'avis. 
 
Je vais aller le voir. 
 
En revanche la profession de foi des Waschowski sur ce film me rappelle celle de Tsui Hark sur La Légende de Zu (Vu il y a pas longtemps, une vraie claque. Notament son final de 20 minutes de pur manga cinématographique).  
 
A savoir repousser les limites entre les différents arts, pour arriver à une révolution artistique qui permettent d'abolir les barrières de la narration. 
 
Il serait intérressant de poursuivre cette réflexion, via des dossiers, d'autant que cette pensée semble s'inscrire de plus en plus sur des projets cinématographiques ayant recours aux nouvelles technologies comme la performance capture (bien que Speed Racer d'après ce que j'ai compris est utilisé partiellement cette technique) :  
 
La Trilogie TINTIN de Steven Spielberg et Peter Jackson, Alice aux pays des merveilles de Tim Burton, A christmas Carol de Robert Zemeckis, et bien sur AVATAR de James Cameron.

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