Janvier 2008

Les relents du Net

Ouvrez-la !!

Et voici venu le temps de vous souhaiter une bonne année les poupettes ! Vous vous êtes bien régalés l'an dernier ? Vous avez vu de bons films ? Tant mieux. 


Rappelons qu'en 2007, nous avons été témoins de quelque chose d'assez hallucinant quand on y repense : les trois rares films français ambitieux dans le fond et la forme, s'inscrivant dans un courant populaire intègre et intelligent, se sont fait étriller par une presse pudibonde dépassée, et ignorer par ceux censés les défendre.

Bref, les stéréotypes n'ont jamais été autant à la fête, plébiscités et glorifiés, comme si la seule façon d'exprimer des opinions ne devait se faire que selon des schémas pré-établis, ce qui arrangent ceux qui n'apprécient pas trop qu'on fasse en-dehors des clous.

Mais qu'on se rassure, la presse subversive est là pour veiller au bien-être de la diversité et de l'émulation culturelle, toujours prête à défendre les rares espaces de liberté que sont les serveurs Web en traitant les internautes de "pinailleurs invétérés", d'"aigris de tout poil", de "critiqueurs agités", de "blogueurs psychanalysants et masturbatoires", de "bougres incapables de faire autre chose que de brailler des reproches à longueur de journée", de "malheureux qui n'existent qu'à travers leurs griefs, pensent donner un semblant d'importance à leur existence en vomissant des avis dépréciatifs…" ou encore de "relous du Net".

Oui, tout ça. Et non, ce n'était pas dans Télérama ou autre journal allergique à l'expression populaire.
C'étant en décembre, dans Mad Movies, une revue où dorénavant on préfère rester anonyme pour insulter son lectorat, dans laquelle "prôner le dialogue" consiste à ne publier dans son courrier des lecteurs seulement les lettres les plus navrantes pour mieux décrédibiliser l'ensemble de ses détracteurs, et ne jamais venir s'expliquer sur son propre forum. Donc fatalement, "les âmes de mauvaise foi" en viennent à "tailler bavette entre elles"…

En parlant de bavette et d'entre-soi, rendons hommage à notre Président dont la lettre de mission à la Ministre de la Culture Christine Albanel ne rassure pas énormément, et c'est peu de le dire. Ainsi donc la mission vise la "démocratisation culturelle"… Voilà que l'Etat désire orienter sa politique culturelle selon les seuls désirs du public. Un discours qui, il fallait s'en douter, permet d'esquiver le fond du problème, c'est-à-dire la place réelle de la diversité des genres et des formes, d'un projet éducatif concret (du genre apprendre à lire aux écoliers, et pourquoi pas leur faire connaître un langage auquel ils sont bien plus soumis : celui de l'image), le tout en réformant certaines institutions. Espérons alors que nos cinéastes, à l'image de Cédric Klapish, n'en resteront pas seulement aux mots et tenteront de passer aux actes malgré les injonctions morales (des journalistes) et matérielles (des décideurs).
Car c'est bien joli de filmer une galerie de stars dans Paris quand on est réalisateur, ou de prendre tellement à cœur son rôle de spectateur qu'on préfère corriger son prochain plutôt que d'affirmer une opinion, mais il serait peut-être temps de ressusciter un esprit aujourd'hui mal-en-point, redouté et  rabaissé : l'esprit militant.

Sera-ce pour 2008 ?
On va dire qu'on y croit…




   

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