Avatar ta gueule à la récré En juillet 1997, la presse cinéma, en éternelle mutine, organise un ball trap. Courageuse, elle choisit une seule cible, un tournage ambitieux, compliqué et mal en point duquel parvient depuis un an une palanquée de rumeurs sur des catastrophes venues et à venir.
En décembre de la même année, le film en question sort aux USA avec six mois de retard. Surprise totale : c'est un carton immédiat. On prédit même une jolie récolte aux Oscars, et par "on", comprendre "les experts qui assuraient six mois plus tôt que ce projet coulerait la 20th Century Fox". Janvier 1998, un peu partout dans le monde se produit ce qui ne se produit plus depuis le video home system : les entrées croissent de semaine en semaine. On parle de phénomène. Le réalisateur préfère le terme "d’anomalie ". Février 1998 : tous les records de fréquentation explosent aux quatre coins de la planète. Les chiffres prouvent une et une seule chose : les spectateurs sortent abasourdis par ce film, et incitent vaillamment leur entourage à courir le voir. Mars 1998 : 11 Oscars. Plus grand succès de tous les temps. Juillet 1998 : Le torrent Titanic , puisque c'est de ce film qu'il s'agit, épuise les superlatifs et les cinéphiles enclins au contre-courant systématique. Il devient préférable dans les salons de biler contre James Cameron, son blockbuster "calculé pour un succès commercial", sa Céline Dion et son minet superstar DiCaprio. Bien évidemment ces spectateurs avertis, toujours prompts à défendre l’intégrité des auteurs, se gardent de se souvenir qu’un an auparavant les plus fins connaisseurs de la chose cinéphile raillaient Cameron et son film en costume de trois heures sans star dont on connaît déjà la fin. Commercial, donc. A quelques semaines de la sortie sur les écrans de Avatar , il est savoureux de constater une étonnante réserve dans les rédactions, qui s'observent en chiens de faïence jusqu'à ce que le fond de l'air décide pour elles de quel côté aboyer leurs manichéennes marottes. Faut dire qu'entre le précédent Titanic , l'aura de son auteur et les différents enjeux du projet Avatar (performance capture + projection 3D + SF old school ), imaginez ce qui peut se passer dans le crâne d'un chroniqueur pour qui un film en costumes est synonyme de mise en scène arthritique coupée du public. Mais si on ne peut lire les pensées, il reste toujours les petits off the record révélateurs de l'opportunisme d'une certaine presse : "le fond d'Avatar à l'air naze ", "Cameron est à la ramasse mais personne n'osera l'attaquer ", "les créatures bleues sont pourries ". Je sens d'ici votre frustration de ne pouvoir découvrir dans vos revues favorites un dossier argumenté développant cet épatant point de vue (d'ailleurs, définissez ce qu'est un réalisateur à la ramasse qui expérimente depuis dix ans dans les nouvelles technologies de prise de vue), mais voyez-vous, on ne peut pas à la fois aimer sincèrement un fleuron de la connerie tel que Ultimate Games et prendre le risque de rater une fois de plus une date dans l'évolution du cinéma. D'autant que pour se faire il faudrait savoir de quoi on parle. Tout ce que nous pouvons vous conseiller pour le moment, c'est de laisser de côté les juges experts en bande-annonce, les suiveurs de tendance, les spécialistes autoproclamés de la culture geek qui n'ont jamais croisé un alien bleu dans leurs lectures , et le 16 décembre, courrez vers une salle Imax. S'il s'avère que James Cameron retourne la tête des spectateurs, beaucoup retourneront leurs vestes. Mais de toutes façons, c'est évident : si ça marche, c'est que c'était commercial. 1 Posté par Christian le 30 novembre 2009 à 08:40 > et prendre le risque de rater une fois de plus une date dans l'évolution du cinéma. Speed Racer ? Bah, pour ce qui est d'Avatar, même si Cameron est un très grand réal, faut pas oublier certaines scories de ses scénars : la fin de la version longue de Abyss ("vous voilà chomeurs") , la fin de Terminator 2 ("je sais pourquoi vous pleurer maintenant"). Bref, il a parfois tendance à verbaliser et à surligner maladroitement, ce que tout le monde avait déjà bien compris. Bon, après moi je dis ça, je kiffe grave Abyss (mais dans sa version courte du coup), Terminator 1, Titanic... En tout cas j'ai vu la bande annonce d'Avatar en 3D ce WE, et il me tarde !
2 Posté par Sonocle Ujedex le 30 novembre 2009 à 13:13 | En fait, il y a queScience et vie Junior qui s'est donner la peine d'expliquer en quoi Avatar va être un truc monumental. Je suis sérieux. Le seul qui s'est donné la peine de décrire et illustré le d"roulement d'un tournage, les méthodes et les technologies utilisés pour le tournage et qui a pris le temps de décrire le parcours de Cameron pendant ces 15 dernières années où il dut réunir les moyens nécessaires de concrétiser son film, avec en plus une frise chronologique des films qui marquait l'évolution du réalisme 3D et de la capture de mouvement (dont Final Fantasy, Les Deux Tours, le Pôle Express, etc.). Donc pour ceux qui comprennent toujours pourquoi et comment Avatar, qu'ils s'accompagnent d'un enfant pour aller chez le libraire ou la médiathèque/bibliothèque et qu'ils choppent le dernier numéro de S&V jr.
3 Posté par Macfly le 30 novembre 2009 à 14:34 | (Content d'apprendre que S&V jr est toujours aussi bien, j'ai des super souvenirs de ce mag...)
4 Posté par Kissoon le 30 novembre 2009 à 17:08 Je n'ai pas le même ressenti que toi, Nicco. L'année qui a précédé la sortie de "Titanic", tu as raison, on a assisté à un déluge de prévisions désastreuses sur le film à venir de Cameron, pas tant d'ailleurs sur sa qualité que sur son futur flop, sur de sur fallait croire les experts auto-proclamés ... Mais sur "Avatar", sorti de quelques discussions enflammées sur certains forums spécialisés (et j'y ai participé), je n'ai pas l'impression que la presse casse "Avatar" ou Cameron. Certes elle ne s'enflamme pas trop non plus, preuve qu'elle ne voit pas la possible "révolution", et qu'elle sera à nouveau stupéfaite du probable succès du film. Mais elle ne casse pas, à mon avis la plupart des critiques attend de voir ... comme nous, non ?
5 Posté par Oui le 30 novembre 2009 à 17:13 Je ne voudrais pas paraître inconvenant, mais je ne comprend rien à ce billet d'humeur. Quel est le problème exactement ? S'agit-il de reprocher aux rédactions (desquelles parle-t-on au juste, d'ailleurs ?) de ne pas se prononcer sur un film que personne n'a encore vu ? D'éviter de s'engager sur je ne sais quels pronostics à propos du box office à attendre ? Ou alors de leur reprocher de ne pas suffisamment faire écho à la teneur "révolutionnaire" de l'entreprise de James Cameron (ce qui serait un déni assez curieux des dossiers, hors séries & autres "couvertures spéciales" - !!! - qui fleurissent à ce sujet, soit dit en passant)?? De plus, les allusions (du style "mais voyez-vous, on ne peut pas à la fois aimer sincèrement un fleuron de la connerie tel que Ultimate Games et prendre le risque de rater une fois de plus une date dans l'évolution du cinéma. D'autant que pour se faire il faudrait savoir de quoi on parle." - ?) réservées au seuls initiés (dont je ne suis pas, visiblement) n'aide pas à la bonne compréhension générale de cette entrée du blog.
6 Posté par Le corrigiste le 30 novembre 2009 à 19:46 Deux heures et personne n'a reexpliqué la différence entre un site et un blog ? Z'avez marre ?
7 Posté par Kenny Nodens le 30 novembre 2009 à 23:14 | Avatar est le film qui va certainement faire le lien entre deux médias qui se rejoignaient sans jamais réussir à fusionner : le cinéma et les jeux-vidéos... Rien que l'esthétique du film, ça pète comme une cinématique de jeu d'aventure. Le scénario, aussi, où le héros incarne une créature extra-terrestre, et le terme avatar du titre qui est clairement connoté (un avatar est le personnage que l'on incarne dans un jeu vidéo)... Et là, je crois que le petit père Cameron, il va se faire cartonner à cause de cette démonstration d'amour pour les jeux vidéos... A l'heure où tous les connards bien-pensants décrètent que la "violence" dans les jeux vidéos et le cinéma sont responsables des pétages de plomb d'adolescents dépressifs, Cameron risque d'être la victime expiatoire de tous ces refoulés incultes... Et je pense qu'il y en a plus qu'on ne le croie chez les critiques cinéma... Enfin, bon, j'ai pas vu le film, mais c'est sûr, je paierais ma place pour le voir...
8 Posté par Goldy le 02 décembre 2009 à 01:19 Cameron n'y connais rien en jeux video bicauze il ne joue pas (c'est pas moi le dit c'est lui qui )
9 Posté par Robino le 03 décembre 2009 à 21:57 | J'avoue ne riend comprendre à cet édito et me poser les même questions que Oui à 17h13. Et puis j'ai l'impression que vous prenez une posture "les ayathollas de la critique nous font chier" assez absurde sachant que "la critique" n'a rien d'homogène... J'adore lire vos critiques malgré tout.
10 Posté par nicco le 04 décembre 2009 à 00:33 On va la faire courte alors : les ayatollah de la critique qui nous font chier se contrecarrent d'Avatar (ils attendent le Sherlock Holmes de Guy Ritchie, le vrai visionnaire), mais comme ils ont déjà eu l'air bien neuneu y a 11 ans, ils préfèrent attendre, non pas de voir le film (ils savent déjà que "Cameron est à la ramasse"), mais de voir la réaction d'un certain public pour décider si oui ou non ils peuvent se lâcher dans le schtroumpf-de-l'espace-bashing. J'adore lire vos commentaires malgré tout.
11 Posté par El diabolo le 04 décembre 2009 à 01:19 Par "critique", il faut, je pense, entendre "courant de pensée", "consensus", qui lui est, par définition, homogène.
12 Posté par nicco le 04 décembre 2009 à 01:47 "Trois heures et demi de conférence sur cinéma en relief, et pas une seule fois les noms de Cameron ou Zemeckis n'auront été prononcés. Trois heures sur les balbutiements des français et d'auto-congratulations sur comment, cocorico, on emploie déjà la 3D de manière tellement plus subtile et intelligente que les attractions foraines américaine, qui en plus donnent mal à la tête au public. Et regardez le très touchant court de la Fémis en 3D, il est trop beau mon plan sur le pot de confiture en relief, ouah c'est trop intense quand elle fait du vélo énervée. Il faut le voir pour réaliser... Entendre dire du bien d'un film réalisé par quelqu'un qui a une vision archaïque de la grammaire cinématographique, et aucun sens du scénario bien sûr. Se servir de ce film comme exemple de la supériorité de la France par rapport aux "américains" (terme générique sans sens réel) qui font rien qu'à rendre les gens cons et à vouloir gagner de l'argent avec leurs films pleins d'images qui bougent (les salauds !), ça change ta vision du monde. " Témoignage d'un camarade qui sort tout juste, vous l'aurez compris, d'une conférence sur la projection 3D, tenue par d'autres spécialistes que ceux amalgamés dans cet édito. C'est fou comme les professionnels de la profession, qui n'ont rien "d'homogène" donc, se plaisent à homogénéiser tous ceux qui pourraient faire de l'ombre à leur génie.
13 Posté par Merovingien le 04 décembre 2009 à 02:10 null S'agit-il de reprocher aux rédactions de ne pas se prononcer sur un film que personne n'a encore vu ? Plus qu'un jugement critique, la majorité des rédactions de cinéma a montré, jusqu'aout 2009 un inintéret absolu vis à vis du film de Cameron. Quasiment pas un mot, pas une ligne. Plutôt étrange car, quand bien même aucune image officielle n'avait été mise en ligne, des dessins préparatifs, des informations techniques et des éléments du script étaient, eux, disponibles et laissaient deviner quelque chose de relativement énorme. Plutôt étrange compte tenu d'un film annonçant de très nombreuses révolutions et, surtout, de la part d'un réalisateur absent depuis 10 ans des écrans et qui,à chaque films , a prouvé que ses expérimentations visuelles (nombreuses, multiples, toutes ayant eu un impact sur la façon de concevoir le Cinéma dans le futur) trouvaient systématiquement échos dans un récit à forte raisonnances mythologiques (échos perçu visiblement par un panel très très large de spectateurs vu le triomphe systmétique en salle). Du coup, quand un projet comme Avatar s'annonce, on avoue à louvreuse ne pas bien saisir pourquoi presque aucune revue censée parler Cinéma, ne s'est fait l'échos de ce qui se préparait. Ce type de fait n'a, hélas, rien de nouveau. La même indifférence vis à vis de la performance capture et des derniers Zemeckis ne cessait déjà de nous énerver. S'il fallait rapprocher la réception d'Avatar par les magasines cinéma, ce serait sans doute le Seigneur des Anneaux, autre projet plein de promesses, porté par un réalisateur de génie expérimentant comme un fou les outils numériques et qui, plusieurs mois avant la sortie de la Communauté de l'Anneau, ne semblait susciter aucun intéret de la part des médias à part "ça a couté cher et ça sort à Noel". (fallait se rappeler les réactions à la sortie de projo de quelques minutes à Cannes où 90% des journalistes semblaient se demander qui était Peter Jackson) Dans le dernier Studio Cine Live par exemple, on s'autocongratule carrément en se vantant d'avoir été "les premiers à à offrir les images du film et du tournage et les interviews de Cameron". (quiconque a lu ledit dossier ne pourra que rire vu sa pauvreté, son absence totale d'esprit d'analyse ou de recherches approfondis sur les technologies mises en oeuvres. Le rapprochement que fait nicco avec Titanic est on ne peut plus judicieux puisqu'il prouve que l'histoire se répète inlassablement. Les annonces sur l'échec du film, sans atteindre celle de Titanic, peuvent s'entendre un peu partout. Dans le cinéma où je travaille par exemple ("qui peut s'identifier à des aliens bleus ?", "ça marchera une semaine, peut être 2 mais après les vacances de Noel c'est fini"), sur les forums ciné (ou, face à des fans de Cameron s'opposent les "on dirait les schtroumpfs" "le trailer ressemble à un jeu vidéo"), dans certaines rédactions de cinéma (le magasine Geek entre autre) ou dans la rue (les citations de nicco viennent d'une seule personne mais elles synthétisent nombre de remarques absurdes glanées un peu partout) D'éviter de s'engager sur je ne sais quels pronostics à propos du box office à attendre ? Un bon journaliste, me semble-t-il, doit être capable d'étudier un cinéaste en profondeur pour en comprendre la clef du succès (dans le cas de Cameron, ça a toujours été la puissance de ses histoires doublé d'un défi techniques et technologique qui laisse toujours pantois). Bien plus qu'un simple pronostics sur le box-office (qui sera sans doute moins important que Titanic mais devrait créer un vrai bouleversement si les espoirs sont comblés), on pourrait s'attendre à une étude de ces corrélations entre le film et le public, entre ce qui fait que Cameron sait toucher universellement le spectateur. La quasi totalité des magasines semble vendre Avatar uniquement comme un gros film qui va en mettre plein la vue avec sa 3D. Ce qui est finalement, très basique alors qu'il y aurait nombre de chose à dire sur ses influences esthétiques (l'esprit old school, la bd de SF), sur les recherches d'immersion cherchées par Cameron (plusieurs éléments dans les images et la conception du film, évoquent Abyss), sur les 10 années de recherches sur la mise au point d'une 3D différente de celle proposées généralement, etc... Au lieu de ça, quasiment rien, comme si les multiples notes d'intentions clairement affichées entraient par une oreille et sortaient par l'autre. Ou alors de leur reprocher de ne pas suffisamment faire écho à la teneur "révolutionnaire" de l'entreprise de James Cameron (ce qui serait un déni assez curieux des dossiers, hors séries & autres "couvertures spéciales" - !!! - qui fleurissent à ce sujet, soit dit en passant Pour le moment, à part Science et Vie Jr (au dossier vraiment intéressant) et l'Ecran Fantastique (pas encore lu leur Hors Série mais vu leur créneau, c'est rassurant de les voir s'intéresser), je n'ai guère lu d'article vraiment constructifs non pas sur le simple défi technique mais, encore une fois, sur les spécificités du cinéma de Cameron. Avant d'être un tour de force technologique, Avatar sera d'abord une histoire racontée par un des plus grand conteur de notre époque. Les effets visuels, eux, ne seront pas juste là pour en mettre plein la vue, mais pour soutenir le propos de Cameron (quiconque a vu la séquence de vol en 3D ou la végétations nocturnes de Pandora en relief comme s'il s'agissait de fond marins comprendra sans doute mieux) On ne pourra donc que regretter que certaines personnes censées faire tout simplement un travail de fond sur le Cinéma s'égare dans des jugement attif de geek en carton (je ne citerai pas de nom mais un de ces critiques professionnel a carrément eu droit à un reportage sur lui à la télé) ou soit tout bonnement incapable d'expliquer en quoi la technologie d'Avatar est révolutionnaire (je te renvoie à l'interview de Kounen sur Mad Movies à la sortie des 20 minutes présentées en août où le journaliste confirme que les acteurs "ont été filmé sur fond vert et redessiné numériquement") Désolé pour la longueur de ce post sans doute décousu mais il semblait important d'apporter des précisions à cet édito qui, apparemment, n'était pas clair pour tous. A louvreuse, on attend Avatar avec impatience non pas parce que le film coute cher ou parce qu'il sera en 3D. On l'attend d'abord parce qu'il y a Cameron aux manettes. Et qu'avec lui, on a jamais été déçu du voyage.
14 Posté par Chef_Tyrell le 04 décembre 2009 à 11:48 De toute façon, y'a un gros problème face à l'argent, dans notre pays... Sur chaque JT qui traitait la sortie du faux phénomène "Paranormal Activity", l'accroche est toujours la même : le film à rien couté. J'ai surtout l'impression que le plus grand tort de Cameron aux yeux de la presse, c'est le budget record de son film. (Bien sûr, on omet toujours quelques petits détails, comme par exemple le budget minuscule du premier Terminator, qui confirme que chez Cameron, le moindre centime est à l'écran. Pour Titanic, il a même renoncé à son salaire pour compenser les dépassements budgétaires.) Nan, le vrai phénomène, c'est Paranormal Activity… Comme pour Titanic, ça va être un beau bordel vers le 16 décembre…
15 Posté par Kissoon le 06 décembre 2009 à 20:59 Quote: J'ai surtout l'impression que le plus grand tort de Cameron aux yeux de la presse, c'est le budget record de son film. Sachant que nos pays occidentaux sont en plein dans la pire crise économique depuis 30 ans, cela peut se comprendre, non ? La question n'est pas de savoir si Cameron a gaspillé du pognon ou pas (la réponse est "non", puisque les producteurs le suivent). La question est simplement morale : alors que des millions de personnes se retrouvent au chômage, on investit des sommes jamais vues dans un unique film de cinéma. Perso ça ne me choque pas, ça va être rentable, et je suis prêt à parier qu'après coup on va tous glorifier ce pari insensé. Mais je comprend que ça choque certains.
16 Posté par Chef_Tyrell le 07 décembre 2009 à 11:11 "La question est simplement morale : alors que des millions de personnes se retrouvent au chômage, on investit des sommes jamais vues dans un unique film de cinéma." Ben justement, sur France 2, le père Cameron a rappelé qu'il à créé un paquet d'emploi avec son film !
17 Posté par Sonocle Ujedex le 13 décembre 2009 à 20:02 | Suite à un débat que j'ai eu avec un bloggeur sur les colonnes commentaires d'un autre blog, l'article internet français le plus virulent envers Avatar que j'ai trouvé est né. http://puceau.corti.over-blog.com/article-un-article-bordelique-a-cause-d-avatar--41036702.html Je suppose que je devrais lui répondre dans la foulée. Mais je vous invite à lire son point aussi intéressant que contestable. Et je le trouve très contestable.
18 Posté par Antoine Mougin le 13 décembre 2009 à 20:22 | Un commentaire certes un peu mal fabriqué, et des choses dont je ne suis pas d'accord (pas touche au Seigneur des Anneaux) Mais il y a des choses intéréssantes à retenir, sur Hollywood et sur la légitimité de cette technique révolutionnaire, qu'est ce que la 3D va apporter en fin de compte ? Pour moi, ce serait plus du décorum, mais si les schémas narratifs restent les mêmes, alors... D'autant plus que les premières critiques ne font pas vraiment d'éloges sur le scénario de Avatar, avant d'ailleurs, j'étais sceptique, ce que je craignais serait t'il finalement arrivé ? Cameron aurait t'il mis de l'eau dans son vin ? Pour les amateurs, lire la critique de Benoit Smith sur le nouveau film de Zemeckis, je vous indique l'adresse: Critikat, ensuite aller sur Critiques. Elle est très intéressante, je vous le jure Bien à vous, bonsoir...
19 Posté par Antoine Mougin le 13 décembre 2009 à 20:24 | Excusez-moi pour la faute: " ET si les schémas narratifs restent les mêmes, alors..."
20 Posté par McLovin le 13 décembre 2009 à 23:22 "null des images de synthèse pas plus jolies que dans d'autres films et une sensation lisse et policée qui suinte de ce monde alors que 2012 nous offre un monde qui suinte la destruction et l'anéantissement juste à côté, ça me fait dire que Avatar est juste un blockbuster moyen sans grand intérêt comme Pearl Harbor " Ca donne une bonne idée du niveau du bonhomme.
21 Posté par Sonocle Ujedex le 13 décembre 2009 à 23:24 | En plus, il aime pas vraiment 2012.
22 Posté par Antoine Mougin le 13 décembre 2009 à 23:45 | "nulldes images de synthèse pas plus jolies que dans d'autres films et une sensation lisse et policée qui suinte de ce monde alors que 2012 nous offre un monde qui suinte la destruction et l'anéantissement juste à côté, ça me fait dire que Avatar est juste un blockbuster moyen sans grand intérêt comme Pearl Harbor" C'est un peu ce que j'ai peur, justement avec Avatar, une succession de très belles images, de très beaux combats, de scènes peut-être magnifiques, mais qui tourneront à vide à cause d'un scénario léger (d'après les 1ers échos). Dans ce sens, j'ai peur malheureusement que la forme prenne le pas sur le fond, les autres chef s d'oeuvres de James Cameron, tel T2 : Judgment Day, et Abyss, reposaient sur des scénarios solides, ainsi si on prend un autre exemple de "grande fresque d'aventure", la trilogie phare de Jackson, ou le Kingdom of Heaven Director's Cut de Sir Ridley, ils arrivaient parfaitement à remplir les 2 conditions: densité scénaristique rigoureuse et maestra visuelle. Un exemple qui serait intéréssant de suivre: Spielberg qui à dit qu'Indiana Jones serait fait " à l'ancienne", resultat: Des marmottes numériques, des singes numériques, des fourmis rouges numériques pompées sur les scarabés du Retour de la Momie. Et justement, c'est ce que j'aimais chez Cameron, un équilibre parfait entre révolution visuelle et ce " fait à l'ancienne" (Terminator, Terminator 2), c'est de même pour le Seigneur des Anneaux et King Kong. Espérons que Cameron n'ait pas perdu sa mise en scène viscéral qu'on lui connaît. Dites moi si je n'ai pas fait de monologue, DITES MOI P.S: Je le redis, ce qu'a dit Benoit Smith sur la 3D à propos du Drôle de Noel de Mr Scrooge est très pertinent à mon avis, vous devriez jeter un coup d'oeil sur Critikat, mais je ne vous oblige pas.
23 Posté par Sonocle Ujedex le 14 décembre 2009 à 00:09 | Oui, savoir si la technologie finalement ne limiterait pas les panels d'expressions et n'amènerait pas plus d'artificialité plutôt que de possibilité artistique est légitime. Mais moi même, je me surprends à rêver de tas de choses merveilleuses qu'on pourrait faire avec cette technologie. Des choses qu'aucun film d'animation 2D, 3D ou live en eux seul ne pourraient faire. Comme faire jouer plusieurs acteurs très différents dans le modèle 3D, mélanger le jeu d'un acteur dramatique sensible avec les chorégraphies d'un maitre en art martial ou faire des films d'acteurs véritables qui seront tous obliger de jouer des être complètement non-humain, organique ou même très peu humanoïde, ou faire un film d'acteur avec des personnages en 3d qui ressemble à des dessins fait avec de la peinture ou des stylos. Peut-être même que la "Simone", comme celle d'Andrew Niccol, deviendra même réelle, et qu'il faudra la collaboration de 100 des splendides actrices pour lui donner vie et forme. C'est la performance capture de mes rêves qui changera le cinéma.
24 Posté par Antoine Mougin le 14 décembre 2009 à 00:25 | Et je voudrais rajouter quelquechose, Sonocle, de très important. Il y a quelquechose que la 3D ne remplacera jamais à mon goût: c'est tout simplement l'interprétation d'un acteur, et donc beaucoup dépend parfois de l'IMPROVISATION, une forme de jeu qui ne sera jamais possible dans le virtuel. Il y a des innombrables chef d'oeuvres, dans des prestations sont devenus légendaires grâce à ce petit truc qui dépasse, qu'est l'improvisation. Quid du " You're talkin' to me " de Robert de Niro dans Taxi Driver, du " Fuck my wife" dans Raging Bull, de Cassel-Belluci-Dupontel dans Irréversible, et d'autres. Crois-tu vraiment que les regards exprimant la folie des personnages, leurs yeux exorbités, ces expressions extrêmes, leurs visages déformés, tel les personnages de Scorsese, Ferrara, Zulawski, Kubrick, ça se remplace par la capture motion, je dis NON. Un acteur, pour moi, doit transpirer, la chair, le sperme et le sang, et non être remplacé par une soi-disante " technologie révolutionnaire", c'est trahir même le cinéma. Terminator était un film glauque, sombre, crasseux, qui était fait avec les moyens du bord, et si je vais me faire engueuler, mais Avatr à l'air d'être l'antithèse de tout cela. Je ne porte pas de jugement envers Avatar, mais juste que j'aurai autre chose à dire que: " Oh, les belles images, Oh ! les splendides batailles épiques, Oh ! La 3D, c'est trop bien! Ce n'est pas ce que j'attends d'un film. Le Seigneur des Anneaux avait uen grande histoire, des personnages complexes, solides, magnifiquement interprétés, une maestra visuelle combinant, effets visuels et décors réels (voir les remarquables Edition Exclusives édités chez Métropolitain)
25 Posté par Antoine Mougin le 14 décembre 2009 à 00:35 | Bon allez les amis, qui à vu Canine parmi les rédacteurs et les cinéphiles, puisqu'on est bien dans le topic Décembre après tout, il y a personne qui à vu et peut discuter de ce petit bijou surréaliste ?
26 Posté par Sonocle Ujedex le 14 décembre 2009 à 00:54 | Bah en fait, même si la technologie a pas atteint son plein potentiel, cette technologie devait justement aider les acteurs à être plus libre et spontanée, attitudes et expressions compris, tout à laissant le réalisateur s'imprégner de leurs jeux en rajoutant des détails en plus sur les personnages qu'ils incarnent. Ça devrait permettre les acteurs et les réalisateurs d'avoir chacun plus de liberté et être très lié entre eux, de façon légèrement différente qu'avec du pur live action. Il y aura même plus à (vraiment) se soucier des marquages et des décors. C'est ça que je j'espère le pus avec technologie. Autant viscéral que du live action et créatif que de l'animation. Et bien sur, les autres genres de films continueront d'exister. En fait, tout le monde fermera bien sa gueule quand quelqu'un fera un biopic avec cette technologie. Genre un biopic bien chiant à faire sans cette technique. Et avec un acteur dramatique et sensible primé à l'Academy Award. Ou alors l'adaptation d'un roman historique philosophique et romantique,, qui fut un best-seller, écrit par un grand auteur qui aura eut le prix Pullitzer ou un truc comme ça. Là, plus personne aura quelquechose à redire.
27 Posté par Antoine Mougin le 14 décembre 2009 à 01:07 | Espérons que tu dises vrai. Mais je suis même rattaché à une tradition plus naturaliste des choses (même si j'aime beaucoup l'esthétique, mais j'aimerais la combiner avec le naturalisme) De toutes manières, les films d'actions US sont relativement médiocres actuellement (à part The Dark Knight), Hancock était un mauvais souvenir, malgré une bonne idée de base.. De toute manière, je suis plus intéressé par un cinéma " atmosphérique", trouble et poétique, des critères qui ne demandent pas vraiment des technologies dont tu parle. Et puis, de toutes façon, on ne fera jamais de ça en France (trop cher), Avatar ne sera certainement pas le film qui va inspirer des générations de cinéastes français, juste un bon rêve de cinéphile. On verra comment l'Histoire jugera, rendez-vous dans quelques jours pour le débat Avatar. Bonsoir et bonne nuit
28 Posté par Kzo le 14 décembre 2009 à 14:35 La 3D est un outil. Après tout dépend de qui l'utilise et comment.
29 Posté par elZecchio le 14 décembre 2009 à 14:46 Sur le tournage de Scrooge, la performance capture a permis à Jim Carrey d'improviser comme un malade, de tester tout ce qui lui passait par la tête, d'interrompre une scène parce qu'il venait d'avoir une idée concernant une autre, Zemeckis se retrouvant à la fin avec une performance d'acteur de malade. Donc quand tu dis : "Il y a quelquechose que la 3D ne remplacera jamais à mon goût: c'est tout simplement l'interprétation d'un acteur, et donc beaucoup dépend parfois de l'IMPROVISATION, une forme de jeu qui ne sera jamais possible dans le virtuel." ...tu as tort. Mais pour esquiver ce qui est non pas une opinion mais un fait incontestable, tu vas surement parler de trucs comme la pureté de l'art et la noirceur de l'être humain.
30 Posté par Thibault le 14 décembre 2009 à 17:14 J'ai vu le film de Zemeckis hier et il est incroyable. Les acteurs sont d'une crédibilité et d'une vérité éclatante. Donc +1. On connaissait les capacités de Jim Carrey, mais son jeu ne cesse de se peaufiner avec le temps.
31 Posté par Benny le 15 décembre 2009 à 03:08 "Il y a quelquechose que la 3D ne remplacera jamais à mon goût: c'est tout simplement l'interprétation d'un acteur, et donc beaucoup dépend parfois de l'IMPROVISATION, une forme de jeu qui ne sera jamais possible dans le virtuel." Faut voir, mais perso, j'y mettrais pas ma main à couper vu les dérives possibles de cette technique... Maintenant, ce qui est certain (et là je mets ma main en jeu, mais la gauche on ne sait jamais), c'est que la 3D ne remplacera JAMAIS l'authenticité. Par ce que la 3D, c'est super pour imiter tout un tas de trucs. Ouais. Mais ça reste de l'imitation. Le porno sauvera-t-il le cinema à l'ancienne, avec de vrais acteurs ? Peut être...
32 Posté par Jamais ça s'arrête à combien ? le 15 décembre 2009 à 04:09 "L'homme ne volera jamais" - Des gens, jadis.
33 Posté par Sonocle Ujedex le 15 décembre 2009 à 14:02 | La 3D pour le réalisme, c'est bien. La 3d pour créer quelquechose d'encore jamais vraiment vu dans la réalité ou pour expérimenter de sophistiquées ou nouvelles chartes graphiques, c'est plus intéressant encore;
34 Posté par Benny le 15 décembre 2009 à 23:21 Je vois pas comment la version 3D de cette video pourrait prétendre à remplacer l'original: http://www.youtube.com/watch?v=cq_ko5jVMBo Maintenant, c'est sur, ce n'est pas du cinema. Mais bon, ya bien des documentaires qui passent au cinema, py on regarde bien le JT sur des home cinema maintenant, alors bon. "La 3d pour créer quelquechose d'encore jamais vraiment vu dans la réalité ou pour expérimenter de sophistiquées ou nouvelles chartes graphiques, c'est plus intéressant encore". Oui effectivement.