Ça y est, on les a, on peut enfin les publier ! Non, pas les photos de Laure Manaudou, mais les nominations aux Esquimaux Euhouards 2007 !
20 catégories fois 5 films. 100 nominations produites à la force du poignet (et encore les gars n'avaient pas les photos…), résultats d'épiques débats contradictoires et de mauvais esprit de petits cons qui caractérise si bien cette rédaction.
C'est donc avec une émotion non feinte que nous vous présentons les heureux élus de cette première édition des Esquimaux Euhouards :
Esquimau de l'acteur ou de l'actrice qui fait tiep :
- Monica Belluci dans Le Deuxième Souffle Il s'est sacrément dissipé le charme depuis Dobermann…
- Philippe Caubère dans Truands A ce niveau-là ce n'est plus du cabotinage, c'est du pittbullage.
- Bernard Farcy dans Taxi 4 Il y a eu Le Grand Charles, mais l'Histoire retiendra les Taxi. Dur, mais au bout de quatre films faut le chercher aussi.
- Chiara Mastroianni dans Persepolis Chiara est la preuve vivante que le talent peut effectivement sauter une génération.
- Clément Thomas dans L'Heure Zéro Tu ne sais pas jouer, tu parles dans ta barbe et t'es frère de cinéaste ? Deviens acteur ! T'auras même ton nom sur l'affiche alors que t'es inconnu ! Elle est pas belle la vie ?
Esquimau du titre consternant :
- L'Age d'Homme… Maintenant ou Jamais de Raphael Fejtö Bon, c'est pas un peu fini ces titres à la con ? (ma vie sexuelle)(tout de suite maintenant)(ou pas).
- L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford de Andrew Dominik Bel exemple d'alliance fond/forme : le titre est aussi long et chiant que le film.
- Dialogue Avec Mon Jardinier de Jean Becker Les joies du cinéma subventionné, ou comment pondre un titre de film qui ne donne pas envie d'aller le voir.
- Et Toi, T'es Sur Qui ? de Lola Doillon Et là, la caissière du cinéma vous retourne une gifle.
- Jean de la Fontaine, Le Défi de Daniel Vigne Enfin une biographie sur le célèbre auteur de la fabledu Pingouin et la Femme Chatte. A quand Jean-Jacques Rousseau Beginsou Pierre de RonsardReturns ?
Esquimau de l'affichiste qui des fois oublie la relative nécessitée de trouver un public pour la carrière d'un film :
- 2 Days In Paris Fond hideux, détourage amateur, lettrage insipide. Défi ? Pari ? Pour voir si seule la bonne qualité du film suffirait ? Rassurez-nous, dites que c'était fait exprès quoi.
- 4 Mois, 3 Semaines et 2 Jours "On comprend pas pourquoi les gens ne sont pas venus voir le film malgré la Palme, on a pourtant passé douze bonnes minutes sur l'affiche, avec le logiciel du gosse et tout…"
- Les Deux Mondes Dans ce film, Benoît Poelvoorde évolue dans un autre univers : les années 80.
- Inland Empire Faut arrêter de laisser jouer les stagiaires avec Photoshop.
- Sa Majesté Minor Ou comment ruiner une des seules chances que le cinéma français avait de se distinguer cette année avec une campagne marketing minable.
Esquimau de la photo vraiment moche, que même "les goûts et les couleurs gnagnagna" ça peut pas marcher là :
-Die Hard 4de Len Wiseman Holalala, qu'ils étaient immondes ces filtres bleus…
-Chrisalysde Julien Leclercq Holalala, qu'ils étaient immondes ces filtres bleus comme les américains de Die Hard 4…
- Massacre à la Tronçonneuse: Le Commencement de Jonathan Liebesman Ou comment photographier un film d'horreur comme un clip de Kyo. Remarquez, Kyo c'est un peu l'horreur aussi.
- Pars Vite et Reviens Tard de Régis Wargnier On comprend tout de suite mieux le titre quand on voit ce que donne un Se7en tout gris sous Tranxen.
- Sempre Vivu de Robin Renucci On a retrouvé les voleurs de couleurs Kodak : ils étaient en Corse, planqués dans le maquis.
Esquimau du film de droite : Prix de la presse indépendante :
- 300 de Zack Snyder Dommage que la scène où Léonidas lit la lettre de Guy Moquet fut coupée, Bernard Laporte l'aurait passée en boucle à ses joueurs et nous aurions gagné la Coupe du Monde. Damn you Hollywood.
- L'Auberge Rouge de Gérard Krawczyk Le poulain de Luc Besson propose un nouveau chef-d'œuvre avec le géniallissime Christian Clavier. Il est heureux que la crème du cinéma français modernise son patrimoine.
- Die Hard 4 de Len Wiseman Sus à tous ces gamins terroristes au comportement moyenâgeux sur leurs PC !
- Le Prix à Payer de Alexandra Leclère Travailler plus pour baiser plus : le film.
- Le Royaume de Peter Berg Il était temps de montrer à ces fanatiques sanguinaires comment on règle les conflits, nous, les civilisés : en allant se venger, tout faire péter comme des gros porcs. Diplomates quoi.
Esquimau de la suite ou de la préquel qui n'a pas été faite pour la thune mais par nécessité de creuser les thèmes plus profondément parce que tout n'avait pas été dit :
- Le Cœur des Hommes 2 de Marc Esposito Alors, Marc, ils iront tous au paradis des clichés qui se trompent comme des éléphants ou bien ?
- La Colline a des Yeux 2 de Martin Weisz Moi aussi j'ai des yeux, deux.
- Die Hard 4de Len Wiseman Presque aussi drôle que Les Simpsons, le film. Homer joue mieux quoi.
- Massacre à la Tronçonneuse : Le Commencement de Jonathan Liebesman Genèse, chapitre 1 : Au commencement il n'y avait rien. Mais alors rien du tout. Rien de rien. Nada.
- Taxi 4 de Gérard Krawczyk Nan mais ça marche comme ça le cinéma : il faut produire des merdes pas chères à la chaîne pour financer une autre merde en 3D qui coûte super cher.
- A La Croisée des Mondes - La Boussole d'Orde Chris Weitz "Je suis fan des livres depuis que j'ai deux ans et demi, j'ai respecté le matériau de base car je connais l'exigence des fans pointilleux, on a vraiment abordé l'univers en prenant soin de ce qui avait été fait auparavant dans le genre pour proposer au public quelque chose de nouveau et de qualité : pour preuve, voyezcomment j'ai sauvé la teen comedy avec les American Pie !"
- Die Hard 4 de Len Wiseman Le cul entre deux chaises : comment attirer le public geek tout en cherchant à protéger le monde occidental de ces fous dangereux qui font rien qu'à pas regarder sagement la télé ? Ben transformer une icône badass en mère la morale ! La preuve que ça marche : la presse est unanime.
- New Délire d'Eric Le Roch L'opportunisme à son plus haut niveau : le film de Bollywood pour la hype, le foutage de gueule à la Lily La Tigresse pour le cynisme et l'inspiration de La Classe Américaine pour aguicher le geek. C'est aussi ça l'exception culturelle française.
- Transformers de Michael Bay Venez les geeks, on va vous faire croire que vous pourrez vous taper Megan Fox alors que même la figurine ne voudrait pas de vous.
Esquimau du documentaire engagé qui indigne parce quand même hein :
- Jesus Camp de Heidi Ewing & Rachel Grady La religion c'est mal.
- Un Jour Sur Terre de Alastair Fothergill & Mark Linfield La pollution c'est mal.
- We Feed the World de Erwin Wagenhofer La nourriture c'est mal.
- Substitute de Vikash Dhorasoo Vikash Dhorasoo c'est mal.
Esquimau de la séquence qui ressemble à du cinéma et non à un téléfilm France 3 Picardie :
- L'ouverture de 99 Francs de Jan Kounen Plus beau, captivant et sémantiquement fort que les cinq dernières années du cinéma français. Deux minutes de poésie visuelle.
- L'arrivée dans la ville Inca et la montée du Temple, ainsi que la fuite à travers la jungle dans Apocalypto de Mel Gibson C'est fou ce que le cinéma nazi peut être immersif.
- La fonte des masques dans Electroma de Thomas Bangalter & Guy-Manuel De Homem-Christo Emouvoir en filmant du latex coulant sur des casques de métal dès son premier film, c'est fort.
- La première séquence de Exilé de Johnny To Pas aussi impressionnante d'un point de vue technique que celle de Breaking News, mais nom de dieu ce que c'est bon un réa qui sait parler avec un découpage et un montage sans avoir besoin de tout expliquer cinq fois par des dialogues inutiles. Merci To. Merci.
- La naissance de Sandman dans Spider-Man 3 de Sam Raimi N'en déplaise aux intégristes du deux pièces/cuisine "d'hôteur", des grains de sable en image de synthèse sont à l'origine d'une des scènes les plus émouvantes de l'année. Rappelons que c'est ce genre de paradoxes haïs et proscrits par nos décideurs qui nourrissent pourtant le cinéma depuis maintenant 110 ans.
Esquimau de la séquence qui ressemble à un téléfilm France 3 Picardie :
- Les transitions fantasmes/réalités de L'Age des Ténèbres de Denys Arcand La finesse, le talent, le sens de l'image : il n'a aucune de ces qualités, et depuis vingt ans la presse défend ses bouses réac.
- La course poursuite finale de American Gangster de Ridley Scott Sept plans sombres qui gigotent dans un couloir et on t'invoque tout le cinéma des seventies allié à une allégorie schizophrénique…
- Le voyage à Venise d'Il A Suffit Que Maman s'en Aille de René Feret Ou comment transformer une des plus belle ville d'Italie en un quelconque petit bled paumé du Nord par une photo cracra et des partis pris audacieux ("Ouais, on va juste filmer nos acteurs à l'arrache devant un mur de la ville et le reste on le fait dans une chambre d'hôtel vide"). Exotique quoi.
- Le quiproquo lolesque du restaurant dans Si C'était Lui de Anne-Marie Etienne Outre le fait que c'est filmé en dépit du bon sens, monté au petit bonheur la chance et mal joué, cette scène ridicule de cinq minutes en début de métrage est donc prioritaire au reste du récit et à son développement, l'auteur n'ayant probablement pas voulu se débarrasser de son idée, aussi éculée soit-elle. Quitte à devoir résumer trente pages en voix off à la fin. Il faut le voir pour le croire.
- La séquence de la salle de jeu dans Une Vieille Maîtresse de Catherine Breillat Explosion de la règle des 180, sous exposition, aucune mise en scène, jeu des acteurs lamentables, métaphore à deux sous : tout Breillat résumé en quelques plans.
Esquimau du scénario écrit par mon cousin Baptiste, 12 ans :
- Chris Weitz pour A La Croisée des Mondes : La Boussole d'Orde Chris Weitz Un exemple parmi des milliers d'autres : Peter Jackson et son équipe avaient réussi dans La Communauté à nous éviter les nombreux va et vient de Gandalf. Ici, Weitz prend le parti inverse : le Roi des Ours devient donc pendant dix minutes un véritable tramway, une version sur pattes du Pôle Express. Et après y en a qui pensent que les bons films ça s'improvise…
- Anne Fassio pour Je Déteste Les Enfants des Autres d'Anne Fassio En effet, pour raconter l'extrême banalité de ses vacances sans prendre la peine de travailler une structure quelconque, on n'est jamais aussi mieux servi que par soi-même. En espérant toutefois que ça ait plu à la famille.
- Gary Goldman, Jonathan Hensleigh et Paul Bernbaum pour Next de Lee Tamahori Trois scénaristes pour nous convaincre que "en fait, c'était un rêve". Ha non non, j'ai vraiment vu un film de merde, je confirme.
- Anthony Minghella pour Par Infraction d'Anthony Minghella Certainement un des scriptes les plus cons de l'année. On a beaucoup cherché, mais non, "con" est bien le mot qui caractérise le mieux cette pochade de film de festival.
- Lee Anthony Smith et Gregory J. Bradley pour Rogue de Philip G. Atwell Le twist que personne n'avait osé faire, ils l'ont fait. Et finalement si personne n'avait osé c'est qu'il y avait une raison.
Esquimau du critique œuvrant avec talent pour la reconnaissance et le respect de son métier :
- Cédrix Delelée de Mad Movies, et son invitation généreuse à la découverte : "Postman est un chef-d'œuvre. S'il y en a que ça fait rire, qu'ils aillent crever." Mad Movies n° 200 – Septembre 2007
- Guillaume Loison de Chronic'art, grâce àses jeux de mot absolument pas racistes en plus d'être hautement constructifs : "Exilé est si ouvertement superficiel qu'il n'impose aucune conclusion [...] Du To quoi, à deux doigts du TOC, voire du toc. Voire du tic." On applaudit. Foule en délire.
- Isabelle Motrot de France 2, même si ici plus personne n'écoute ses avis, elle a bien dû balancer quelques conneries cette année encore. On va dire que c'est pour l'ensemble de sa carrière : conseiller depuis aussi longtemps les téléspectateurs d'aller voir des films chiants plus proches de la fiction France 3 Picardie que du film de cinéma tout en conchiant les bons, afficher à des heures de grande écoute une approche si sclérosée, stéréotypée et snobe du 7ème Art, c'est une gageure critique qui se doit d'être soutenue et félicitée.
- Cécile Mury de Télérama, pour son papier apocalyptique sur Apocalypto cumulant les classiques figures de style de son hebdomadaire. Tout d'abord, en réaffirmant qu'on n'est pas dupe et qu'on a bien vu que ce réa est un gros facho : "Vraie boucherie de Pâques aux relents antisémites, la Passion selon Gibson avait alors fait flamber la polémique." Oui, polémique animée par des distributeurs français et intégristes religieux US qui n'avaient pas vu le film. Tout comme ils n'ont sûrement pas vu entre autres le Golgotha de Duvivier, autre grand nazi bien connu… On continue avec le très classique "je me contredis d'un paragraphe à l'autre" : "Depuis Braveheart, Mel a une Mission : l'Authenticité. Pour son épopée précolombienne, il s'est entouré des meilleurs spécialistes." Quelques lignes plus bas : "Mel Gibson nous plonge dans une représentation de carton-pâte." Ensuite, la même figure, mais beaucoup plus rare et acrobatique puisque la contradiction s'effectue dans la même phrase : "[…] du son et lumière pour touristes : en gros, on ne verra que l'arrachage rituel des coeurs par le grand prêtre de service." Très touristique en effet, les arrachages de cœur. Enfin, s'inscrivant dans la très Téléramesque ligne Catho de la lutte pour la sauvegarde des bonnes mœurs dans ce monde de brutes, le couplet anti-violence : "Pour bien montrer qu'Ah Puch, le dieu de la mort, guide son bras vengeur, le réalisateur nous inflige des scènes gore à la limite (ou au-delà) du ridicule, comme ce cerveau qui gicle en faisant « pssht, pssht »." Madame Mury doit s'y connaître en cerveau qui gicle, c'est sûr…
- Thomas Sotinel du Monde, qui ne tombe pas dans le piège de l'amalgame inculte, évitant de tout interpréter de travers par un point de vue lénifiant si avide de politiquement correct gnangnan qu'il pourrait en arriver à demander à ce qu'on révise les textes d'histoire pour contenter tout le monde : "300 met en oeuvre des effets spéciaux numériques qui font ressembler les images à la conflagration d'un tableau de Jean-Léon Gérôme et d'une couverture du Monde du muscle. Ces héros gonflés (de partout) mettent à mort les nouveau-nés difformes. Ils sont blancs, ce qui les distingue des méchants noirs, ou jaunes, déguisés en ninjas ou en fedayins. Ceux-ci sont emmenés par un fourbe chef, maquillé et couvert de bijoux, qui a tout l'air de ne pas être hétérosexuel. La bêtise de ce mélange d'anabolisants et de clichés nazifiants ne garantit pas son innocuité."
Esquimau du succès public qu'on n'a toujours pas compris pourquoi :
- Die Hard 4de Len Wiseman "Ha mais les voitures volent, c'est réalisé par un aveugle et MacLane n'est qu'une barrique chanceuse mais c'est normal ce n'est qu'un film et je n'ai pas d'amour propre." – Le public, devenu momentanément fou, été 2007.
- Pirates des Caraïbes 3 – Jusqu'au Bout du Monde de Gore Verbinski C'est long, incroyablement long, chiant, le scénario est incompréhensible (même les scénaristes ne savaient pas comment finir l'histoire), il ne se passe rien, et on ne peut pas dire que le public fût pris par surprise puisque c'est le troisième film, et malgré tout ça cartonne… Qu'on m'explique, parce qu'alors là…
- Taxi 4 de Gérard Krawczyk C'est quand même beau ce sens du sacrifice chez le public, conscient qu'il doit subventionner Mr Besson afin que ce dernier leur offre la suite des aventures des Minipouss.
- Transformers de Michael Bay Quelle influence il a ce Macfly…
- Shrek Le Troisième de Chris Miller & Raman Hui On dirait que ça ne vous gêne pas de marcher dans la boue. Ni d'y péter d'ailleurs. Rassurez-vous, ô public exigeant, TF1 diffusera le moyen-métrage Shrek de Noël. Le nouveau Star Wars Holiday Special ?
Esquimau du meilleur film boudé par le public :
Pour comprendre les échecs plus ou moins relatifs de ces réussites filmiques, nous avons contacté un psychologue, mais pas n'importe lequel : il a entre autre participé à la commission Kriegel sur la violence à la télé. Souvenez-vous, c'est ce rapport qui expliquait en 2002 comment la violence de la société était bien évidemment due aux fictions télé. Une pointure donc.
- Black Snake Moam de Craig Brewer "Trop franc et honnête. Les gens, ils aiment bien les films d'exploitation, mais faut que ça soit cynique quand même."
- L'Ennemi Intimede Florient Siri "Trop bien filmé. Les gens, ils sont pas habitués à voir des films français bien filmés. "
- Halloweende Rob Zombie "Trop pessimiste. Les gens, ils aiment bien les happy ends."
- Hot Fuzz d'Edgar Wright "Trop référentiel. Les gens, ils peuvent pas comprendre toutes ces blagues."
- Mise à Prix de Joe Carnahan "Bande-annonce trop mensongère. Les gens, ils savent très bien que Coup de Foudre à Nothing Hill et Love Actually ce n'était pas comme ça."
Esquimau du film adulé par la presse, déjà oublié :
- Les Amours d'Astrée et de Céladon d'Eric Rohmer En même temps les Rohmer sont toujours un peu oubliés…
- Les Chansons d'Amour de Christophe Honoré Honoré invente la comédie musicale pas populaire, pour la génération Vincent Delerm : des chansons à texte qui n'ont rien à dire, des personnages qui intéressent trois arrondissements parisiens, un sujet qui se veut tendance mais multi-exploité depuis quinze ans.
- La Cité Interdite de Zhang Yimou Les images piquent tellement les yeux que la douleur vous fait oublier à quel point c'était chiant. Fatalement on finit par oublier ce chef-d'œuvre de festival…
- Je Crois Que Je L'Aime de Pierre Jolivet Non mais Pierre, elles étaient bien tes comédies sociales. Pourquoi tu nous fais ça ? T'as rejoint le projet Chaos toi aussi ?
- Le cinquième on l'a oublié, du coup. Mais il devait franchement être bien.
Esquimau du meilleur film détesté par la critique :
- 99 Francsde Jan Kounen Ils se droguent, ils crachent dans la soupe, et en plus ils veulent s'adresser à une autre paroisse que celle des citadins pubards métrosexuels : le public. Ahurissant.
- Apocalyptode Mel Gibson En bon vieil antisémite, Gibson clame que les Juifs ont massacré les Incas et dévasté l'Amérique latine. Non ? C'est pas ça ? Ha zut. Alors il réalise à chaque fois des charges violentes contre les fanatismes religieux et on n'a rien compris, obnubilés que nous sommes par l'émoi et le scandale faciles de critiques à l'ouest ? Hum…
- A Vif de Neil Jordan La presse n'est pas dupe, elle a bien remarqué qu'un virus transforme tous les réas en réacs. Oui oui, même celui de La Fin d'une Liaison et de Michael Collins. Ha ben la dichotomie sensationnaliste de la pensée n'est pas compatible avec la mémoire, hein !
- La Légende de Beowulfde Robert Zemeckis L'animation c'est pour les gamins, essayer de faire autre chose avec, c'est une hérésie et le cinéma a été inventé en 1986.
- Sa Majesté Minor de Jean-Jacques Annaud Pour une fois qu'un film français totalement gonzo et assumé comme tel sort massivement sur nos écrans, mettant en scène des vedettes et tout le toutim, pourquoi a-t-il fallu que la presse saccage tout ? Annaud, la prochaine fois, filme un gars qui baise des meufs tout un été dans Paris. Apparemment c'est ça le vrai défi artistique qui mérite d'être soutenu…
Esquimau de la prise de risque artistique alliée à un parti pris visuel fort : Prix spécial Unifrance pour la diversité du cinéma français et sa promotion :
- 24 Mesures de Jalil Lespert Impressionnant drame dans lequel les destins de quatre citadins trentenaires vont se croiser au cours de la nuit de Noël, et verront leur existence bouleversée ; existences qui, n'en doutons pas, vous préoccuperont fortement.
- L'Histoire de Richard O. de Damien Odoul Incroyable film dramatique dans laquelle un parisien trentenaire aisé couche avec une dizaine de femmes pour questionner et comprendre son désir envers celles-ci parce que c'est important et que surtout ça n'avait jamais été fait.
- J'attends Quelqu'un de Jérôme Bonnell Fantastique comédie dramatique dans laquelle nous suivons les émois secrets d'un patron de café quadragénaire divorcé, et ses relations complexes avec son entourage. Du jamais vu.
- J'veux pas que tu t'en ailles de Bernard Jeanjean Epoustouflante comédie dramatique dans laquelle un psy quadragénaire apprend que sa femme le trompe avec un de ses clients. Vous aviez vu ça cent fois à la télé ? Venez le découvrir sur grand écran par le biais d'une mise en scène d'une audace folle.
- Ma Place Au Soleil de Eric de Montalier Fascinante comédie dramatique dans laquelle des trentenaires, quadragénaires et quinquagénaires aisés ont leur lot de problèmes amoureux, ce qui n'avait jamais été abordé au cinéma auparavant. Ja-mais.
Esquimau de la prise de risque pas payée : Prix spécial du public ingrat (oui vous n'êtes que des ingrats !) :
- 24 Mesures de Jalil Lespert Une promo conséquente, des stars, des papiers dithyrambiques, et à peine 13 000 spectateurs… Vous, public, vous êtes entrain de tuer le cinéma ! Oui, le tuer ! Je vous méprise.
- L'Histoire de Richard O. de Damien Odoul 14 000 spectateurs, ce n'est pas si mal sur 35 copies, cela ne fait qu'un film de plus ne rentrant pas dans ses frais pour le réalisateur, bien qu'on s'attendait à mieux en mettant beaucoup plus de cul que d'habitude. Mais tant que ça rend 14 000 personnes heureuses… (ce sont toujours les mêmes ? Non c'est pour savoir, parce que si vous pouvez tous emménager dans le même village, ça faciliterait la distribution. Merci).
- Un Homme Perdu de Danielle Arbid Partir en Syrie filmer du sexe pour ne ramener que 9 000 spectateurs, c'est à se demander pourquoi on s'échine à faire du racoleur auteurisant.
- J'attends Quelqu'un de Jérôme Bonnell 112 000 spectateurs seulement pour découvrir les affres émotionnels de Jean-Pierre Darroussin et Emmanuelle Devos. Franchement, je ne sais pas ce qu'il vous faut pour aller au cinéma…
- Ma Place Au Soleil de Eric de Montalier 78 346 spectateurs pour une affiche composée de Jacques Dutronc, François Cluzet, Elodie Bouchez, André Dussolier, Nicole Garcia… Ça s'appelle un four, non ? Ça ne vous intéresse pas les troubles relationnels chez les CSP+ ? Non mais dites-le tout de suite si on vous emmerde hein !
L'exigeante sélection parallèle Un Certain Regard Sur Ton Cul :
- Le plan cul facile de Christina Ricci dans Black Snake Moan de Craig Brewer
Et voilà ! C'est tout pour cette année ! En espérant que vous n'êtes absolument pas d'accord sur tout. Rendez-vous le 17 février pour la remise des prix. Bonnes vacances et bonnes fêtes.