Men In Black III

MimiK

Affiche Men In Black III

L’absence prolongée de la franchise (dix ans) était purement anecdotique et son retour n’engendrait aucune attente particulière. La vision de ce troisième opus n’en fut que plus agréable.


Voilà donc le plus célèbre duo d’agents de l’officine secrète gouvernementale chargée de réguler l’activité extra-terrestre sur Terre de retour et plutôt en forme. En soi, ce produit éminemment sympathique n’a jamais généré qu’un enthousiasme mesuré face à des films calibrés, rondement menés et bénéficiant d’effets-spéciaux très bien ouvragés. Du divertissement haut de gamme reposant d’abord sur la dynamique du duo formé par Tommy Lee Jones et Will Smith plutôt que sur une mise en scène recherchée et poussée. Très sage et très classique dans la forme certes, mais au moins c’est filmé avec plus d’ampleur que dans
Avengers pour citer un exemple récent (rhooo, le vilain Avengers bashing que voilà...).
Et pourtant, on se laisse délicieusement prendre au jeu, ne serait-ce que pour les retrouvailles avec cette équipe de choc. K et J n’ont pas changé et leur mode relationnel antagoniste fait toujours son petit effet (volubilité parfois irritante de l’un contre renfrognement perpétuel de l’autre). Cette fois-ci, ils vont devoir lutter contre la pire menace qu’ils aient eu à affronter jusqu’ici, à savoir l’alien Boris l’animal (beau spécimen de
bad guy
repoussant et violent à souhait) fraîchement évadé d’un pénitencier lunaire spécialement conçu à son attention et qui va remonter dans le temps, jusqu’au 16 juillet 1969 pour être précis, afin de remettre les pendules à l’heure de l’homme responsable de sa défaite (et incidemment de l’invasion de la Terre par ses congénères), et de la perte de son bras gauche : K.
Dans le processus d’élimination de l’agent, toutes traces présentes seront effacées des mémoires sauf de celle de son partenaire. J se met alors en quête d’un deuxième appareil pour remonter à son tour le temps et empêcher la double catastrophe, invasion et surtout mort de son ami. Ainsi, les relations entre les deux personnages n’assureront pas seulement l’animation de l’intrigue comme à l’accoutumée mais en sera également le coeur.

Men In Black III
 

Si les paradoxes temporels sont très loin d’être aussi poussés que dans Retour Vers Le Futur 2 de Robert Zemeckis, parangon du genre, le personnage de Griffin, l’E.T clairvoyant, permet d’introduire joliment la notion de futurs alternatifs superposables et donc de cours du destin fluctuant selon les actions.
Come souvent désormais, la 3D n’apporte pas de grande plus value et voit son intérêt limité à une scène vertigineuse en haut d’un building. On pourra regretter également la tendance du film à virer parfois au
one man show
Will Smith dont les effets sur les zygomatiques sont eux aussi sont limités mais si on navigue en terrain connu, jamais l’ennui ne vient poindre malgré quelques sautes de rythme. Par contre, il est dommage que le prétexte de l’escapade temporelle n’amène à explorer le contexte politique, social et culturel de manière moins superficielle.
En tous cas, le bestiaire est toujours aussi varié et superbement façonné par Rick Baker et son équipe. A noter, quelques renvois à des créatures passées (le bouledogue parlant, les vermisseaux caféinomanes) et surtout la riche idée d’adapter le foisonnement extra-terrestre du Q.G des men in black à l’époque visitée. Ainsi,, les créatures aperçues en 1969 correspondent visuellement à celles que l’on pouvait voir dans les productions cinématographiques de l’époque dans un style rétro-futuriste typique.

Men In Black III
 

De même, en termes d’inventivité visuelle, soulignons l’illustration littérale de saut dans le temps, expérimentée en 1994 par Jean-Claude Van Damme dans Timecop de Peter Hyams et ici plus développée. En effet, pour rejoindre sa destination passée, J doit se rendre en haut d’un building et se jeter dans le vide, histoire de prendre de la vitesse (88 miles à l’heure ?) pour activer son cadran temporel, comptant sur l’efficacité de l’engin pour ne pas s’exploser la gueule sur le bitume (soit un saut dans le temps couplé avec le saut de la foi…). La chute de J s’effectue alors en deux temps, une partie dans le présent en train d’être envahi par des vaisseaux belliqueux, et l’autre le voyant traverser les époques, de l’ère des dinosaures au krach boursier de 1929 et ses banquiers voltigeurs.
Mais la plus belle idée du film est d’avoir donné le rôle de K jeune à Josh Brolin dont la ressemblance physique avec Tommy Lee Jones n’est pas flagrante mais crédible (une prothèse de nez sera nécessaire pour parfaire l’illusion) et procède même de l’évidence tant l’acteur sait adopter à merveille les postures et mimiques de son aîné tout en les adaptant. Ainsi, à l’époque, il était beaucoup plus souriant, n’hésitant pas à quelques reprises à esquisser un sourire en coin…

Men In Black III
 

K dont on explore encore une fois le passé mais de façon plus frontale et approfondie que dans le deuxième épisode où seule une de ses anciennes missions était évoquée et entraînait quelques répercussions narratives. Mais plutôt que remonter aux origines pour éclairer un personnage fondamentalement énigmatique au risque de gommer l’aura mystérieuse qui le nimbe, il s’agit plutôt ici de retourner au point névralgique qui l’a amené à se renfermer encore plus afin de mieux comprendre et accepter entièrement le personnage tel qu’il est actuellement. C’est clairement cette volonté qui émane de J lorsqu’il se demande à plusieurs reprises pourquoi il a changé et comment cela est arrivé. Un enjeu personnel fermement lié à un enjeu plus large représenté par la menace d’extermination sans que l’un ne supplante l’autre, mieux chacun relançant l’autre pour former un récit solidement rythmé. Amenant ainsi au climax situé à Cap Canaveral, plutôt adroit dans la résolution globale. Parvenant même à générer au final une pointe d’émotion inattendue.
Si le génie ne transpire pas de la pellicule, le film renouvelle la franchise dans sa continuité avec une belle application. Ce qui comparé aux trop nombreux
blockbusters
faisandés ingurgités depuis plus d’un an est inespéré.

5/10
MEN IN BLACK 3
Réalisateur : Barry Sonnenfeld
Scénario : Lowell Cunningham & Etan Cohen
Production : Steven Spielberg, Walter F. Parkes, Laurie MacDonald, G. Mac Brown
Photo : Bill Pope
Montage : Wayne Wahrman & Don Zimmerman
Bande originale : Danny Elfman
Origine : Etats-Unis
Durée : 1h43

Sortie française : 23 mai 2012




   

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