Edito

      Deux mois d’activité ralentie nous ont-ils permis de recharger les accus ? Pas vraiment, non.
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Le Guerrier Silencieux + Dragons Suggérer par mail
Critique par nicco le 14 avril 2010

Vikings of the world

Affiche Le Guerrier Silencieux
Les p'tits gars du ch'nord sont à l'honneur dans les salles à travers deux films bien éloignés de la Epinal-way que Fleisher avait donnée en 58, chacun à leur manière bénéficiant des deux œuvres régénératrices que furent Le 13ème Guerrier et La Légende De Beowulf.

Commençons avec le nouveau Nicolas Wending Refn, Le Guerrier Silencieux, AKA Valhalla Rising, AKA "Le 2001 du film de Vikings", AKA "un bon petit film de Vikings" par des Cahiers dont on ne soulignera jamais assez le salvateur sens de la mesure qui les caractérise (ne viennent-ils pas de produire un dossier à peine opportuniste sur les "merveilles en 3D" de Tim Burton pour un film destiné tardivement à une exploitation 3D ?).

Entre
2001 et "bon petit film", il y a un monde, et c'est ce monde qu'entend explorer NWR. Comme à son habitude, l'auteur de Pusher prend nos attentes de spectateurs, les machouille pour calmer son ulcère et les crache par la fenêtre. Lui qui s'est fait connaître par un traitement ultra-naturaliste de la délinquance urbaine s'en va ainsi en pampa poser ses trépieds dans la gadoue pour proposer son œuvre la plus strictement composée, découpée et éclairée, prolongeant l'évolution plastique de Bronson, pour un résultat phénoménal de beauté et de ressenti. On apprécie d'autant plus ces virages qu'ils permettent à nos camarades en manque de cases à remplir de trahir leur vision assez trouble du cinéma : lorsque Vincent Ostria dans L'Humanité trouve Refn "convaincant lorsqu'il traduit le bruit et la fureur urbains (dans Pusher), mais pitoyable lorsqu'il se prend pour un auteur", doit-on comprendre que "traduite le bruit et la fureur" ne peut et ne sera jamais du travail d'auteur, contrairement à la contemplation ?

Le Guerrier Silencieux
Ouf, on a évité la crise d'hystérie à base de 'film de cul béni' à un oeil près. Pas d'bol Eli.

Refn s'en fout, lui il pioche dans l'un comme dans l'autre. Pour la fureur, il emprunte à Gaspard Noé le montage cut de sons et plans outranciers (massivement filtrés pour des séquences d'hallucinations incroyablement immersives – c'est pas la prise de LSD du
Péril Jeune quoi). Pour la contemplation, il vole à Claire Denis l'hypergonar dont elle n'a pas su quoi faire en Afrique à l'occasion de White Material : le Danois cadre les paysages en 2.35 comme un Malick, agençant les corps et visages tels des éléments naturels, excepté le muet héros dont la profusion de plans décentrant son visage illustrent son caractère d'exception en ce bas monde.

Car NWR n'a pas mis en place tout cet attirail artistique pour filmer des gus en casque trinquer à l'hydromel, mais pour magnifier une incarnation mutique du dieu scandinave Odin (il est borgne, surdoué au combat, impitoyable, a des visions et ressemble à Madds Mikelsen) mettant fin à son esclavagisme et suivant une bande de guerriers évangélisateurs chrétiens en partance pour Jérusalem, qui atterriront finalement sur des terres bien inhospitalières.


Le Guerrier Silencieux
Ami lecteur, devant ce plan retouché de toute part, devine quel critique a parlé de naturalisme.

Le Guerrier Silencieux
prend à bras-le-corps le contexte évoqué dans La Légende De Beowulf du père Zemeckis pour en faire l'armature de son récit : que devient un peuple quand ses croyances ancestrales sont confrontées à une nouvelle religion ? Il devient violent, oui, et d'ailleurs c'est une réponse qui peut s'apposer à tous les films de Refn (de Bleeder à Bronson, tous ses protagonistes principaux expriment par la violence une perte quelconque).
Plus que cela, Refn filme la fin d'une Mythologie qui ne peut plus survivre à l'aube d'une époque où l'Homme percevra son environnement rationnellement (leçon 1 : il n'y a pas de bord au bout de la mer, déjà, pour commencer). Où l'inconnu ne pourra être comblé voire vaincu par des croyances, mais seulement en le confrontant. Ce que Refn prépare durant son métrage, c'est le sacrifice d'un surhomme pour sauver l'enfant qui l'accompagne, sauver l'innocence et laver la bêtise des hommes venus promouvoir la Sainte Parole à coups de haches et d'épées. Que ce surhomme ait guidé ses compagnons en dérive sur leur drakkar en faisant solennellement couler une écuelle d'eau sur son visage n'aurait donc a priori rien d'innocent.
Les nobles guerriers doivent rejoindre Odin au Valhalla et se soulever pour le Ragnarök, la guerre puis la fin du monde. Mais, semble dire Refn, Odin est bien seul.



Affiche Dragons Après la baffe attendue, la baffe inattendue. Rien en effet sur le papier ne prédestinait ce
Dragons à un quelconque intérêt : bande-annonce plate et commune, affiches et catch phrases niaises, Dreamworks Animation ! (bien qu'une sphère critique très pointue continue de vendre les références télévisuelles de Shrek comme une réussite intelligente du cinéma d'animation). Et ben voilà, ça vous apprendra à ne pas lire les affiches avec plus d'attention (oui, "vous", car vous aussi vous n'aviez qu'à faire gaffe). Car les deux réalisateurs derrière cette première très grande réussite de Dreamworks Animation, DeBlois & Sanders, avaient déjà livré il y a huit ans l'un des derniers Disney funs et touchants, Lilo & Stitch (et Mulan également, oui, mais bon…)

En adaptant pour la boîte à Katzenberg le livre de Cressida Cowell, DeBlois et Sanders appliquent la même structure (un ado en marge découvre une créature dont elle doit s'occuper), convoquent un lien culturel fort (la musique d'Elvis Presley pour l'hawaïenne et l'alien, le vol et le dessin pour le viking et le dragon) et n'hésitent pas à poser leurs pattes visuelles pour le design des dragons, signe que les compères ont eu les coudées franches.

Le plus étonnant avec
Dragons réside dans des choix de production intelligents, et ça, on n'y était pas vraiment habitué de la part de Dreamworks. Le casting vocal est en ce sens révélateur de l'intention de l'équipe : le héros possède la voix nasillarde de l'ado en pré-mue qui aurait pu être insupportable si elle n'était pas si bien interprétée, les Vikings ont un accent nordique gouleyant, une partie du cast de SuperGrave complète le reste des ados.

Dragons
Voilà, lui il est blanc, là ça va, il peut rider un dragon sans énerver la critique.

A des années-lumière en terme d'écriture et de mise en scène de notre
Chasseurs De Dragons national sorti il y a tout juste deux ans, Dragons est l'incarnation d'une sereine maturité du secteur de l'animation US. Si l'on y retrouve quelques inévitables tics et gimmicks, ils s'imbriquent ici parfaitement au récit et, loin d'alourdir le tout, participe si ce n'est à la richesse de l'ensemble, à décrire avec justesse les protagonistes (par exemple, le "Tu m'as désigné en entier" est largement moins lourd que tous les alibis sémantiques de la sorte que les executive imposent sur chaque bobine). Car derrière son look cartoon, le propos défendu par le jeune héros, donc le film, basé sur la science et l'investigation, est bien plus intéressant que ce que l'on croise en temps normal dans ce genre de produits. Pour mieux le souligner, les auteurs ont d'ailleurs mis en place d'amusants parallèles entre les humains et leurs compères dragons. Preuve de l'intégrité de l'œuvre, le héros ne sera pas exempté de cette règle, et subira in fine ce à quoi les spectateurs attentifs pouvaient s'attendre.
Portée par une composition magistrale de John Powell, la mise en scène est étonnamment ambitieuse : les auteurs prennent quand même le parti de présenter tout le background lors d'une scène d'exposition de nuit, sous la pluie, pendant une attaque de dragons ! Et la 3D s'avère ici, contrairement à
Alice, réellement pensée pour se mettre au service de la réalisation. Les scènes de vol en sont évidemment magnifiées, rappelant Avatar (ce qui peut s'avérer utile en cas de manque chez les Pandora-addict), tandis que des plans ouvertement iconiques évoquent carrément Le Seigneur Des Anneaux (l'entrée dans le nid des dragons et la boule de feu s'éloignant dans le néant joue sur la même idée que le dernier plan de la chute de Gandalf avec le Balrog).

Spectaculaire et sentimental,
Dragons est une petite merveille qui arrive à point nommé pour les millions de spectateurs rêvant de vivre la fameuse scène de dressage du Toruk Macto.
8/10
VALHALLA RISING
Réalisateur : Nicolas Wending Refn
Scénario : Nicolas Wending Refn & Roy Jacobsen
Production : Johnny Andersen, Henrik Danstrup, Bo Ehrhardt…
Photo : Morten Soborg
Montage : Matthew Newman
Bande originale : Peter Kyed & Peter Peter
Origine : Danemark / GB

Durée : 1H40
Sortie française : 10 mars 2010

 

 

 

 

 

  

7/10
HOW TO TRAIN YOUR DRAGON

Réalisateurs : Dean DeBlois & Chris Sanders
Scénario : Dean DeBlois, Chris Sanders & Cressida Cowell
Production : Bonnie Arnold, Karen Foster, Tim Johnson…
Photo : Roger Deakins
Montage : Maryann Brandon & Darren T. Holmes
Bande originale : John Powell
Origine : USA
Durée : 1H38
Sortie française : 31 mars 2010

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 1 Posté par Ted le 14 avril 2010 à 15:20

Très bonnes critiques pour les deux films. Mais bon je dois dire que j'ai préféré Dragons au Guerrier silencieux. C'était quand même plus accessible. Les deux films sont quand même très bons.
 2 Posté par the dude le 14 avril 2010 à 21:12

alors là non ! 
 
le Guerrier silencieux, j'ai pas pu ! 
a la fin de la séance je tourne la tête vers mon frère, on se regarde et tous deux on dit en meme temps " what the fuck ?!" 
 
j'ai peut être pas perçut les subtilités. 
mais le brouillage narratif ( s'il y avait une narration) m'a juste bloqué !! 
 
j'ai senti les objectifs du réal, mais sans histoire, le minimum, le projet reste vain. 
 
pourtant j'ai voulu l'aimer ce film ! mais non je ne suis pas rentré dedans ...
 3 Posté par Nanoghost le 15 avril 2010 à 07:51

Tout pareil que The Dude ! Je crois que le moment de rupture a été consommé lorsque Mikkelsen passe dix minutes à poser ses pierres et à pleurer quand elles se cassent la gueule. Je comprend le sens qu'à voulu donner Refn à son film... mais ce n'est pas parce qu'une idée est intéressante qu'on l'exprime bien pour autant.
 4 Posté par Ulysse le 15 avril 2010 à 12:03

D'la confiture à des cochons ! Valhalla Rising n'est pas là pour donner du sens, c'est de la poésie visuelle et sensorielle, une expérience qui se passe d'interprétations oiseuses (genre Mikkelsen=Odin, who cares ?). Il faut juste se prendre ça dans la gueule et admirer la beauté animale. Merde.
 5 Posté par Esther le 15 avril 2010 à 13:56

Très déçue aussi par Valhalla Rising même si je n'en garde pas un mauvais souvenir.  
Pourtant il y avait tout pour me plaire : Refn + Viking + découverte du Vinland + Mikkelsen. J'attendais ce film avec impatience (que je suis allée voir à 30 km de chez moi parce qu'il n'est même pas sorti à Marseille!). 
 
J'ai également trouvé ça vain et vide, un brin prétentieux, du style "c'est lent et c'est beau donc j'ai un truc super profond à dire". En en fait pas grand chose. 
 
Certes, il y a de belles images (quoique trop de filtres tuent le filtre :roll ), mais ça n'a jamais suffi pour faire un bon film.
 6 Posté par Anonymous le 15 avril 2010 à 17:28

J'avais été agréablement surpris par Chasseurs de Dragons. 
Pas le film de l'année, mais visuellement très réussi.
 7 Posté par Ulysse le 15 avril 2010 à 22:17

"Certes, il y a de belles images (quoique trop de filtres tuent le filtre :roll ), mais ça n'a jamais suffi pour faire un bon film. 
 
J'ai également trouvé ça vain et vide, un brin prétentieux, du style "c'est lent et c'est beau donc j'ai un truc super profond à dire". En en fait pas grand chose." 
 
Faisons le test : transposition en littérature. 
 
"Certes, Madame Bovary c'est bien écrit, mais ça n'a jamais suffit à faire un bon livre". 
 
"J'ai également trouvé La Recherche de Proust vain et vide, un brin prétentieux, du style "c'est lent et c'est beau donc j'ai un truc super profond à dire". En en fait pas grand chose." 
 
Vous voyez c'que j'veux dire maintenant quand je vous dis que c'est des réactions de con ? 
Le cinéma n'est pas là pour dire quelque chose, pour délivrer un message, pour ça, y a la pub et les meetings politiques. Le cinéma ça se prend dans la gueule.
 8 Posté par the dude le 16 avril 2010 à 08:28

le fait est que la note d'intention du réal n'est pas juste d'envoyer "dans la gueule" du spectateur. 
 
il se prévalait d'un message, d'un sujet metaphysique. 
 
or il ne fait que brasser du vent ! 
qui est d'ailleurs la seule chose qu'on entend durant tout le film !!!(ca en devenait très irritant)  
tous le film n'est que du vent. ce message subliminal est le seul a avoir fonctionné...
 9 Posté par Halv le 16 avril 2010 à 09:58

"Certes, Madame Bovary c'est bien écrit, mais ça n'a jamais suffit à faire un bon livre".  
 
Ouais enfin sauf que Madame Bovary et la recherche du temps perdu, c'est peut-être lent et contemplatif, mais absolument pas vain ou vide de sens.
 10 Posté par Ulysse le 17 avril 2010 à 09:32

Halv, relis bien, tu vas finir par comprendre. 
 
Et pour the dude, quand tu feras un peu de philo tu apprendras d'une part à prendre tes distances avec l'expression galvaudée "message métaphysique" et aussi à effectivement voir quelque chose de très profond dans Valhalla Rising. Mais peu importe. parce que le cinéma n'est pas là pour dire, pour délivrer un message, ça c'est une conception de l'art de CM1, plus ou moins.  
 
Et moi je préfère un vent magnifique qu'un texte de Lévinas.
 11 Posté par elZecchio le 17 avril 2010 à 11:27

@Ulysse 
 
Tu n'as pas tellement de raison de prendre tes interlocuteurs de haut. Ta "transposition en littérature" n'est pas plus pertinente que ça, puisqu'elle se contente de dire "Valhalla Rising c'est comme Madame Bovary : c'est une grande oeuvre, et si vous trouvez ces grandes oeuvres vaines et vides de sens, c'est bien la preuve que vous êtes nazes". 
 
Y a pas grand-chose de plus à comprendre dans ton propos que "Valhalla Rising = chef d'oeuvre point barre". 
 
Pas très philosophe tout ça.
 12 Posté par the dude le 17 avril 2010 à 12:55

laisse tomber elZecchio ! 
pour Ulysse on a tous "des réactions de con" ! 
 
il ne comprend pas la nuance lorsque tu lui dis qu'en bon spectateur, tu essaye de repérer les messages que le réal A DIT VOULOIR TRANSMETTRE ! 
 
de même il ne sait pas que metaphysique qui étymologiquement veut dire "étude de la nature" et par la suite "étude de ce qu'il y a au delà" 
en clair c'est l'étude de la nature ultime de l'être, du monde et de l'univers. 
ce qui était le but du réalisateur, à travers la mythologie scandinave... 
 
mais je me tais ! après tout, je ne suis qu'un ancien lycéen littéraire et étudiant en droit ( qui en a bouffer de la matière "histoire des idées politique et philosophie du droit)...
 13 Posté par Macfly le 18 avril 2010 à 14:31 | website

"Valhalla Rising n'est pas là pour donner du sens, c'est de la poésie visuelle et sensorielle, une expérience qui se passe d'interprétations oiseuses (genre Mikkelsen=Odin, who cares ?). Il faut juste se prendre ça dans la gueule et admirer la beauté animale. Merde." 
 
Je pense exactement la même chose de Transformers 2. Je vais peut-être aller voir Valhalla Rising, en fait.
 14 Posté par Ulysse le 18 avril 2010 à 14:35

ElZecchio, t'as pas compris le sens de la transposition littéraire. 
 
Ce que j'essaie de montrer, c'est que vous considérez pas le cinéma comme un art, mais comme du loisir; la première chose qu'on apprend en littérature c'est qu'il n'y a jamais de message univoque à délivrer, même chez La Fontaine, et que se plaindre du tout esthétique d'un Paul Valéry, d'un Mallarmé, Flaubert ou Saint-John Perse, ça viendrait à l'idée de personne voulant paraitre pas trop con. Par contre, le cinéma, c'est vachement plus simple, on y va pour se distraire, alors forcément il faut qu'il y ait un bon scénario bien carré, des images proprettes pas trop trash parce que bon hein, le tout esthétique c'est vraiment un truc de prétentieux qui n'a rien à dire, et puis surtout, il faut un message a emporter à la fin du spectacle avec le programme de la semaine et les flyers parce que sinon, c'est vraiment qu'on prend le spectateur pour un con ! 
 
Et ensuite dude, la métaphysique c'est surtout une méthode philosophique périmée bien qu'indispensable d'un certain point de vue qui cherche à unifier des interprétations du réel qui sont, par nature, pas facilement unifiable. Il s'agit de chercher les essences des choses, or l'essence, bien souvent, ça n'existe pas. Mais bref. 
 
Tout ce que je dis c'est que même chez les cinéphiles, on traite toujours pas le cinéma comme un art de même degré, de même rang que la littérature. Personne, j'dis bien personne, n'irait faire chier Flaubert parce que le scénario de Madame Bovary est banal, convenu, prévisible, parce que tout le monde a compris que l'intérêt n'était pas là. Par contre,Avatar, Antichrist, Valhalla Rising, la Ligne Rouge, j'veux dire, le scénario est telleeeemeeeent convenuuuu et inexistant quoiii le fiiilm est nuuul si le scénario est convenuu (merci Kevin). 
 
Enfin, les gens, Wong Kar Wai bosse sans scénariste mais avec des chefs ops de dingue parce qu'il ne cherche pas à faire passer un message précis, l'art c'est l'art de poser des questions plutot que d'apporter des réponses. Et cette obsession du message m'exaspère.
 15 Posté par Noonsa le 18 avril 2010 à 17:02

J'approuve Ulysee dans le fonds, cependant l'arrogance qu'il témoigne et qu'il attribut à son exaspération m'indispose, celle-ci aussi compréhensible soit-elle. Peut-être que justement, en s'attardant davantage sur le sens ou le message parfois, sauf là où il n'y en a pas on l'a bien compris, peut-être alors témoignerait-il de plus de tolérance, pour ne pas dire de respect sinon de distance de jugement, envers des internautes qu'on ne peut appréhender précisément que par internet, média limité s'il en est.
 16 Posté par Ulysse le 18 avril 2010 à 17:20

J'aime bien la manière dont tu parles. 
 
Anyway, j'aimerais aussi ajouter que je ne suis pas en rejet de l'interprétation, j'ai un certain nombre d'hypothèses sur a peu près tous les films que j'vais voir sur leur sens (ce qui n'est pas le message), les préoccupations, exactement comme quand j'explique un texte en litté. Donc plein d'interprétations, toutes secondaires et inutiles cependant, l'essentiel, le beau, le profond n'est pas dans des réflexions oiseuses sur "ouais c'est Odin il est borgne, c'est Jésus parce qu'il est gentil, c'est machin" mais dans l'émotion qui transperce, la peur, le malaise, l'extrême, l'élégance, etc. La forme cause le fond, la beauté visuelle d'un film n'est pas là que pour décorer un message profond, elle le dépasse, le structure, le transcende; le cinéma ça parle au coeur en premier lieu, pas à l'esprit.  
 
Et je pense vraiment qu'on peut construire des interprétations très profondes de Valhalla Rising, qui ne seront d'aucune utilité pour le juger, mais intéressantes quand même. 
Le sens n'est pas le message, surtout pas en poésie, or c'est bien ce que Valhalla Rising propose ...
 17 Posté par elZecchio le 18 avril 2010 à 23:42

Ulysse, j'avais bien compris ton propos merci.  
 
Ce n'est pas ça que je remets en cause, mais la valeur de ta "transposition littéraire" en tant que démonstration. Une démonstration qui prend l'eau de partout selon moi. 
 
L'équivalent littéraire de la proposition Certes dans Valhalla, il y a de belles images, mais ça n'a jamais suffi pour faire un bon film devrait être Certes dans Madame Bovary il y a de jolis mots, mais ça n'a jamais suffi pour faire un bon livre et non pas Certes Madame Bovary est bien écrit etc
 
C'est l'enchainement des images qui fait un film, c'est l'enchainement des mots qui fait un livre. Un film "bien réalisé" ne veut pas dire un film composé de belles images, un livre "bien écrit" ne veut pas dire un livre composé de jolis mots. (et là tu vas me rétorquer que ça tu le sais. Et je sais que tu le sais. Mais ce n'est pas ta vision du cinéma que j'attaque, mais la valeur de ta démonstration) 
 
Mais bon surtout, ta "transposition" ne fonctionne en tant que démonstration que s'il on admet que non seulement Madame Bovary et l'oeuvre de Proust font partie du club des chefs d'oeuvre (je suis sûr qu'on doit pouvoir trouver des détracteurs bien armés), mais aussi que Valhalla les a rejoint cash dès sa sortie. 
 
Dans ces conditions, oui la démonstration fonctionne : pour celui qui considère Valhalla comme un chef d'oeuvre du cinéma au même titre que Bovary est un chef d'oeuvre de la littérature, il semblera stupide de critiquer la vacuité du film, puisqu'on irait pas critiquer la vacuité du livre avec le même genre d'argument.  
 
Mais non seulement ta démonstration repose sur une posture mentale qui t'es propre et sans laquelle on ne peut comprendre où se niche la pertinence d'une telle comparaison, mais la comparaison en elle-même me semble mal branlée (voir plus haut). 
 
Et comme tu sembles considérer ta démonstration comme criante d'évidence au point de prendre de haut tes interlocuteurs, et que j'avais rien à faire, je me suis dit qu'il était de mon devoir de te signaler qu'elle n'est pas si pertinente que ça.  
 
J'espère que j'ai été plus clair.
 18 Posté par nanoghost le 19 avril 2010 à 10:40

Que de clapotis !
 19 Posté par the dude le 19 avril 2010 à 12:04

ca fait pschiiit !
 20 Posté par raphaelB le 22 avril 2010 à 16:04 | website

Sinon moi aussi je fais partie des déçus.  
Sauf quelques passages, je n'ai pas trouvé ça spécialement beau, ni poétique, ni très immersif - un comble pour un film "de sensation". L'ensemble manque quand même vachement de relief. Même si les intentions du réalisateur me plaisent, le résultat est décevant.
 21 Posté par geouf le 22 avril 2010 à 17:50 | website

Sinon, Dragons c'est en effet vachement bien...
 22 Posté par Ulysse le 23 avril 2010 à 22:14

T'as pas été plus clair, mais plus laborieux encore. 
 
Ce que je transpose, ce n'est pas une vérité, c'est une attitude de lecteur/spectateur. Le rejet du style au profit du culte du message que l'on opère en cinéma et qu'on oserait jamais opérer en littérature, voilà ce que j'me borne à critiquer. 
 
Je voulais montrer que quelqu'un qui parlerait d'un livre comme vous parlez de cinéma passerait pour un obscur abruti.  
 
j'vais finir par croire que j'ai raison de prendre mes interlocuteurs de haut - usually c'est juste pour me distraire.
 23 Posté par the dude le 24 avril 2010 à 09:11

"Je voulais montrer que quelqu'un qui parlerait d'un livre comme vous parlez de cinéma passerait pour un obscur abruti. " 
 
je suis le seul a trouver cet exemple inutile ? vue qu'un LIVRE N'EST PAS UN FILM .... 
 
évidemment qu'on ne critique pas un film comme on critique un livre ... 
 
je vais arrêter ici la discussion, elle ne mène a rien vue que l'interlocuteur n'essaye pas de comprendre nos propos ( le peut-il seulement ? )
 24 Posté par Ulysse le 24 avril 2010 à 16:18

Ben, si, mon ami, le cinéma est un art au même titre que la littérature, et il mérite d'être étudié en tant que tel, et non pas comme un objet de divertissement ou de loisir qui doit plaire ou passer son tour. après chacun son truc. Un livre n'est pas un film, mais puisqu'on accepte de considérer le livre comme un objet stylistique où la manière importe au moins autant que le fond et où le culte du "message", du "métaphysique" (lol) n'a rien à faire dans la discussion, pourquoi ne le peut-on pas avec un film? pourquoi accepter des opinions primaires dans une discussion sur le cinéma alors qu'elles seraient quasi impossible dans toute discussion littéraire ? 
 
Sinon, l'interlocuteur comprend bien, mon ami. t'en fais pas pour lui va.  
Va plutot me décortiquer le "message" dans 2001, qu'on rigole, et reviens en me disant "haan mais abusé Kubrick c'est prétentieux y a du style mais y a pas de message métaphysique" ... Tu trouves peut être que j'exagère, mais c'est bien que ce que la plupart des gens ici ont dit sur VR.
 25 Posté par elZecchio le 24 avril 2010 à 17:54

@Ulysse 
 
"Je voulais montrer que quelqu'un qui parlerait d'un livre comme vous parlez de cinéma passerait pour un obscur abruti." 
 
Ah. Je vois. 
 
Y en a dans les commentaires qui ont osé émettre l'hypothèse que Valhalla Rising, ton film préféré de l'année, n'était pas si profond que ce qu'il essayait de faire croire, et tu en as naturellement conclu qu'ils étaient imperméables aux VRAIES sensations cinématographique. Ces gros blaireaux qui sont passés à coté de ce monument sensitif qu'est Valhalla passent forcément à coté de tous les autres chefs d'oeuvre sensitifs du cinéma. C'est LOGIQUE merde.  
 
Ces nazes n'ont même pas besoin de t'exposer leur conception du cinéma : ils n'aiment pas Valhalla? Ils ne comprennent rien au cinéma. 
 
C'est marrant dans le cadre d'un témoignage passionné, mais quand ça s'accompagne d'un "je le sais, moi j'ai lu les philosophes, pas comme vous bande de boeufs" ça devient bien puant, et quand ça capte même pas la faiblesse de son argumentation qui ne fonctionne que si on considère Valhalla comme un chef d'oeuvre au même titre que 2001, j'ai envie de dire : philosophe à la gomme va!
 26 Posté par elZecchio le 24 avril 2010 à 19:05

"Je voulais montrer que quelqu'un qui parlerait d'un livre comme vous parlez de cinéma passerait pour un obscur abruti." 
 
Et ta démonstration consistait à prendre un exemple de ce fameux "comme vous parlez de cinéma" et à y coller un chef d'oeuvre reconnu de la littérature : 
 
"J'ai également trouvé La Recherche de Proust vain et vide, un brin prétentieux, du style "c'est lent et c'est beau donc j'ai un truc super profond à dire". En en fait pas grand chose."  
 
Mais si quelqu'un disait  
 
"J'ai également trouvé le dernier Alexandre Jardin vain et vide, un brin prétentieux, du style "c'est lent et c'est beau donc j'ai un truc super profond à dire". Et en fait pas grand chose." 
 
personne n'irait conclure que ce type rejette la littérature et est incapable de la comprendre. Personne, sauf celui qui considère l'oeuvre d'Alexandre Jardin comme le pinacle de la littérature et un de ses plus grands champions. 
 
DONC ce n'est pas une simple transposition de ces critiques d'un domaine à un autre, mais bien une transposition de ces critiques d'un chef d'oeuvre à un autre, le fait étant que tu considères Valhalla comme étant une oeuvre faisant preuve de la même excellence dans son domaine que Madame Bovary dans le sien.  
 
Si ta démonstration n'est valide que si on accepte le postulat " Valhalla = chef d'oeuvre du cinéma", je m'interroge très très fortement sur sa pertinence dans une discussion où c'est précisément ce postulat qui est débattu. 
 
"Valhalla Rising = chef d'oeuvre", c'est censé être la conclusion de ton argumentation. Pas la base sans laquelle tout se casse la gueule. 
 
A part ça je suis d'accord, la recherche du message à tout crin c'est nul. 
 
Donc bon tu vois.
 27 Posté par Administrateur le 24 avril 2010 à 20:53

Keep cool les gens, c'est le week end.
 28 Posté par Ulysse le 25 avril 2010 à 01:14

D'une part, le meilleur film de l'année c'est pas VR, c'est le dernier Polanski, d'autre part, je critique pas votre avis sur VR en particulier, je critique votre manière d'appréhender le cinéma qui est pauvre, stérile, primaire, et qui, si elle était transposée à la littérature, apparaitrait aisément telle qu'elle est. je comprends qu'on aime pas VR, c'est un film qui a des défauts. Mais la manière de parler de ce film, même en l'ayant pas supporté, compte. En parler comme d'un objet de loisir, je trouve ça grave, en parler comme d'une pub pour principe "métaphysique" (et arrêtez d'utiliser des mots que vous ne comprenez pas !) je trouve ça stupide. je trouve ça anti artistique. 
 
Ensuite c'est pas la peine d'essayer de me parler de rigueur philosophique, de "postulat" ou de "démonstration", ça me fait doucement rigoler vu que c'était pas mon propos mais bon. 
 
Je pense que j'ai été clair, je vais pas m'acharner à essayer de vous expliquer pourquoi vous voyez les films sans les regarder. Il n'y a pas à juger un film à l'aune de ses propres attentes, d'une exigence de sens, il n'y a qu'à se faire prendre la main. D'ailleurs c'est plus facile. 
 
Bye bye, sympathique discussion.
 29 Posté par the dude le 25 avril 2010 à 10:23

c'est drôle ! ^^
 30 Posté par Noonsa le 26 mai 2010 à 10:49

Superbe film.

Ouvrez-la ! Avec pertinence et correction. Tout troll sera automatiquement supprimé.
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