Eldorado + Capitaine Alatriste

De cape et d'accrocs

Affiche Capitaine Alatriste

A mi-chemin du marathon de la teuf du ciné, on boit son Gatorade, on change son sang et on fait un topo rapide sur les bandes de l'après-midi.


Et elle parut longue, cette après-midi, avec l'adaptation plate et bavarde de El Capitan Alatriste, la série de romans d'aventure de Arturo Pérez-Reverte. Bien que cette coproduction soit servie par une belle photo (d'inspiration Velasquez) et d'un casting intéressant, le grand Viggo en tête (décidément né pour porter l'épée), le récit ne décolle jamais, faute à une réalisation fainéante se reposant sur ces deux atouts. Agustin Diaz Yanes pensait sûrement arriver à imprimer un peu de souffle épique en repompant les plans des derniers succès de l'Heroic Fantasy ou du film de guerre. Non seulement copier c'est vilain, mais quand c'est au service d'une mise en scène statique, on a largement le temps de lister les films pompés...
Le plus décevant est en fait l'adaptation elle-même : faites d'ellipses plus ou moins longues et rarement justifiées, de succession de promesses jamais abouties et d'arcs isolés des enjeux historiques, le scénario ne permet jamais au spectateur de s'attacher au sort des personnages. La structure du scripte est si déséquilibrée qu'elle donne l'impression d'un auteur piochant ci et là les chapitres des romans qu'il désirait voir portés à l'écran, en dépit d'une certaine logique narrative. Et ça dure aussi longtemps que Sex And The City...

Capitaine Alatriste
Agustin Diaz Yanes : "De toutes façons, on m'a dit que tant qu'on ne pompe pas Spy Kids ou Dark City, on ne risque rien..."



Affiche EldoradoPour se remettre d'une lente agonie devant un film aussi vivant qu'un livre d'Histoire, quoi de mieux qu'un road movie contemplatif en plat pays ? Ironiquement titré Eldorado, le nouvel opus de Bouli Lanners, s'il n'apporte rien au genre ni à la carrière de son auteur, a le mérite d'être lui aussi très joliment photographié. Lanners compose des cadres larges, apaisants et impressionants en se contentant de ce qu'il a sous la main (des nuages, une rangée de poteaux électriques, une route la nuit) et parsème comme il se doit son itinéraire de rencontres impromptues avec des personnages étranges et décalés. Air connu qui commence à ressembler à une routine facile, même si ici elle donne droit au meilleur caméo de la carrière d'Alain Delon et a des passages assez savoureux, bien que le plus drôle provienne de la troupe du Splendid.  

Sur ce, allons finir la journée en beauté avec un métrage dont je sens d'ici la fureur électriser l'atmosphère : place au déchainé La Soledad.
4/10
ALATRISTE
Réalisateur : Agustin Diaz Yanes
Scénario : Agustin Diaz Yanes d'après les romans de Arturo Pérez-Reverte
Production : Alvaro Augustin, Antonio Cardenal…
Photo : Paco Femenia
Montage : José Salcedo
Bande originale : Roque Banos
Origine : Espagne / USA / France
Durée : 2h27
Sortie française : 25 juin 2008








5/10
ELDORADO
Réalisateur : Bouli Lanners
Scénario : Bouli Lanners
Production : Jacques-Henri Bronckart
Photo : Jean-Paul de Zaetijd
Montage : Ewin Ryckaert
Bande originale :
Origine : Belgique
Durée : 1h20
Sortie française : 18 juin 2008




   

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