Edito

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Diary of the Dead Suggérer par mail
Critique par Nicolas Zugasti le 29 juin 2008

Mérite-t'il d'être sauvé ?

Affiche Chronique des Morts-Vivants
Dans une ambiance aussi festive que la fête du cinéma, quoi de mieux qu’un bon film de zomblards par celui qui les popularisa, George A. Romero ? Malheureusement, Diary Of The Dead n’est pas un film de zombies.

Non seulement je vais revenir en détail sur ce film le mercredi 2 juillet, mais mes petits camarades de ce site exceptionnel de dévouement et de gonzo attitude vont y aller de leur petite critique. Mais comme on va pas être tendre avec le nouveau bébé de Romero, ça équilibrera les incompréhensibles et nombreuses critiques élogieuses parues dans la presse.
Non mais !

Je me fends de cete critique express malgré tout parce que ce film a eu le don de m'énerver comme jamais. Ici, Romero pense d’abord à plaire en flattant l’intelligence des critiques qui théoriseront ad-nauséam sur ce grand n’importe nawak. Pour une réflexion pertinente sur le rapport aux images voir ou revoir l’immense Le Voyeur de Michael Powell ou le virtuose Filatures de Hau Nai-Hoi sorti en janvier. Romero souhaitait filmer un instantané de la génération Internet sevrée, saturée d’images, face à une catastrophe de grande ampleur. Mais son Diary… n’arrive pas à la cheville du pourtant honni Cloverfield.
Diary Of The Dead est une vaste farce. Dès l’apparition du nom ridicule du film monté par la survivante, tout est dit. La Mort de la Mort (The Death Of Death). Je crois que je préfère encore Red is dead, le film dans le film de La Cité de la Peur.

Chronique des Morts-Vivants

Le moment véritablement drôle du film est leur rencontre avec le fermier amish sourd-muet. Le seul véritable moment glaçant, lorsque l’acteur –momie devenu zombie pourchasse la blonde donzelle dans une reproduction grotesque de la séquence inaugurale du film Z de Jason, celui-ci sur leurs talons non pas pour la sauver mais bien pour immortaliser ce moment de vérité. Filmer c’est pactiser. Une proposition que l’on retrouve en dix fois plus intense dans le sous-estimé Redacted de De Palma, lors de la scène du viol (le caméraman maintenant d’une main la victime tout en continuant à filmer de l’autre).
Deux séquences noyées dans un film où les acteurs (impressionnants de nullité) passent leur temps à filmer, à se filmer, regarder YouTube et monter ou descendre d’un camping-car. Soit le summum de tension paroxystique.

De toute façon, on sent bien que Romero se contrefout de ses personnages comme de l’intrigue, le film virant à  une auto-parodie indigne de son talent. Point d’orgue, la scène où Jason se fait boulotter et qu’il continue à filmer. Quand je pense que l’on reproche à Cloverfield son côté "je continue à filmer même quand je me fais poursuivre ou attaquer"…

Une sacrée douche froide qui ne m’empêchera pas d’y revenir plus longuement le mercredi 2 juillet, ici même.

Allez hop, j’y retourne !
3/10
Diary Of The Dead
Réalisateur : George A. Romero
Scénario : George A. Romero
Production : Sam Englebardt, Peter Grunwadl, Art Spigel....
Photo : Adam Swica
Montage : Michael Doherty
Bande originale : Norman Oreinstein
Origine : USA
Durée : 1h35
Sortie française : 25 juin 2008














 1 Posté par Weta le 30 juin 2008 à 16:33

Il serait peut être temps à certains critiques de comprendre qu'un bon film qu'il soit de genre où non, ne se résume pas qu'à un simple tract politique. 
 
Le cas Romero et à peu près identique à celui d'Argento.  
Pour rappel Romero est celui qui à révolutionné à tout jamais le film d'horreur avec La Nuit des Morts Vivants.  
 
Dans lequel la grande force du métrage était d'installer un climat de terreur anxiogène, et apocalyptique au sein d'un décor naturaliste tout ce qu'il y a de plus banal : Une maison de campagne. 
 
Mais si le film à fait tant parler de lui c'est aussi pour son sous texte évident sur la crise sociale et politique des années 60 qui secouait les USA (Racisme, ségrégation, explosion des moeurs, Guerre du Vietman... ).  
 
Le problème c'est que ce sous texte à pris de l'importance au sein de la critique Bobo européenne et plus particulièrement Française (Vous savez le pays dont on dit qu'il a le plus beau cinéma du monde).  
Ne voyant Romero que comme le porte parole d'un cinéma de genre engagé qui dénonce les méfaits des USA sur leur propre pays et sur le reste du monde.  
 
Il s'agissait d'une chose que les fans de la première heure du bonhomme avait compris bien avant ces critiques qui passait leur temps à démolir le barbu de Pittsburgh en raison de la trop grande violence de ses oeuvres et de sa mise en scène amateur  
 
Il serait curieux de jeter un oeil sur certains numéro de Télérama datant de la fin des années 70 et de comparer avec leur accueil dithyrambique et élogieux du pourtant catastrophique Diary of the Dead. 
 
Pour ces gens là : "Cela critique les USA, le monde d'Internet c'est donc forcément bien." 
 
J'ai envie de dire à ses gens une seule chose :" Vous n'y connaissez strictement rien au cinéma de genre. Alors n'essayer de piquer à droite et à gauche des arguments que vous avez entendu de la bouche de gens sur lesquels vous avez snobé pendant des années, parce qu'il défendait ce genre de film."  
 
Ces gens devrait savoir avant tout de chose. Que l'oeuvre de Romero a était avant tout cinématographique. Que ce qui a fait, et continue de faire la force de ses films c'est avant tout un vrai travail sur le scénario et la mise en scène.  
 
Qu'il nous a montrer des gens comme vous et moi aux prises dans ses situations cauchemardesques. Ces d'abords leurs interactions au sein de ces évènements tragiques qui nous intérressent, (d'ailleurs la grande force de La Nuit des Morts Vivants, ainsi que de Zombie et du Jour des Morts Vivants réside dans cette simple notion : "l'Humain est un animal pour l'Humain". En effet tous les protagonistes des films préféreront s'entretuer plutôt que de s'aider mutuellement.  
 
C'est d'ailleurs grâce à ce travail obligatoire sur les personnages que les thêmes socio politiques (que j'ai toujours trouvé pertinents et justes) peuvent ressortir de manière latente sans menacer l'équilibre du film. De plus Personne parmi les critiques ne fait état du travail de mise en scène alors qu'il est vraiment primordial. 
 
Voir comment Romero sur Zombie arrive à insinuer un véritable rythme grâce au Montage et ceux à partir de plans fixes.  
 
Caméra fixe car il n'avait pas la possibilité à cette époque de se payer une Dolly, et si vous ne me croyez pas, je ne saurait trop vous conseillez de revoir les deux premières minutes Live qui préfigure le magnifique générique de Creepshow. Ou le cinéaste insufle une rythmique nerveuse, par le montage et le découpage toujours, à partir de plans strictement fixes mais toujours composés.  
 
Le phénomène qui a vu la reconsidération de Romero est tous simplement que des journalistes de revues dites "Sérieuses" de cinéma au tout début des années 2000.  
 
Par sérieux en France on entend : Cahiers Du Cinéma, Les Inrockuptibles et Libération. 
 
Qui se rendent compte que "Ah mais oui c'est vrai que Romero critique son pays." Et qui ne voyent QUE ça dans ses oeuvres et qui sont près à défendre quasi instantanément tout ce qui sera son nouveau film, sans essayer de comprendre comment fonctionne le langage cinématographique du réalisateur.  
 
C'est ainsi que Télérama et Les Cahiers défendront le tout juste sympa Land Of The Dead (dont le message politique appuyé trop lourdement nuit à l'équilibre des enjeux humains du récit) et bien évidemment la cata Diary Of The Dead.  
 
Les journaux comme Mad Movies (celui de l'âge d'or bien sur), L'Ecran Fantastique (Même remarque que pour Mad), Les Fanzines, les sites Web... . Ne sont pas considérés, à tort, comme des journaux sérieux. 
 
C'est également en ce début des années 2000 qu'un autre réalisateur du genre, qui avait déjà amorcé depuis quelques temps déjà sa chute artistique va être reconnu et mis sur un pieds d'estral par l'ensemble des critiques Bobos Français : Dario Argento. 
 
Argento qui malheureusement, ne doit pas sa reconsidération à des fans et des journalistes dans le genre qui l'on souvent défendu contre vents et marés jusqu'à Phénoména (le début de la fin, à juste titre). 
 
Mais à deux évènements bien disctints. 
 
La Première est la publication d'un livre écrit par Jean Baptiste Thoret aux éditions "Cahiers du Cinéma" (tiens, tiens) nommé Dario Argento Magicien de la peur. Livre dans lequel Thoret défend TOUTES les oeuvres du cinéaste y compris ces plus catastrophiques. Souvent en compliquant pour rien ses textes.  
 
La seconde est le fait que sa fille Asia. Devienne une icône Gothico Trash des soirées mondaines. Faisant par ailleurs la une de journaux comme Les Inrocks où Les Cahiers. 
 
Et voilà comment la presse élitiste rattrape, trop tard, un retard de plus de vingt ans. 
 
Il serait totalement de mauvaise foi d'en vouloir à des cinéastes qui ont bercé nôtre enfance, nôtre adolescence ainsi que nôtre passion pour le cinéma. 
 
C'est simplement les hasards de la vie qui en ont décidé autrement pour la carrière de ces deux cinéastes. 
 
Romero reste dans l'esprit du grand public, ainsi que pour les studios l'auteur de La Nuit des Morts Vivants, on ne lui propose donc que des projets ayant très aux morts vivants (alors qu'il a réalisé des oeuvres qui en dehors de sa trilogie, sont tous aussi intérressantes comme The Crazies, Creepshow, Incident de Parcours). Le cinéaste fait donc ce qu'il peut pour tenter de continuer à faire des films qui le reflète. 
 
Quant à Argento ce sont des raisons personnelles qui on t fait qu'il n'est plus le cinéaste humble, sincère des débuts. Séparation de celle qui fut sa compagne, et par dessus tout d'un grand soutien dans le privé : Daria Nicolodi. Mort de son père avec lequel il ne s'est réconcilié que vers la fin de sa vie, fille très difficile à gérer. Et tout çà sur le plateau d'un seul film cela fait beaucoup.  
 
Et donc répétition et banalisation des sujets qui se ressemble de plus en plus fadement au point de sombrer dans la parodie. 
 
Je pense qu'il faudrait maintenant que bon nombres de journalistes doivent plutôt se tourner vers des cinéastes qui ont grandement besoin d'être soutenu que ce sois des nouveaux : Shyamalan, Jackson, Les Wachowski, Balaguero, Bong Joon Ho, Sofia Coppola, Craig Brewer... et la liste est encore bien longue. 
 
Ainsi que des anciens qui aurait besoin d'être considéré comme les immenses cinéastes qu'ils sont : Steven Spielberg où le regretté Terrence Fisher (sur lequel pratiquement aucun livre d'analyse n'a était publié à part celui de Stéphane Bourgoin). 
 
Et enfin que les journalistes de cinéma arrête de considérer leur métier comme des mondanités. Mais que au contraire le journalisme cinématographique est un Vrai métier, où il savoir être ouvert d'esprit et avoir du recul pour comprendre que des cinéastes sont bons, que d'autres ne font plus de bons films, et qu'il existe des cinéastes mauvais aussi du coté du cinéma grand public que du cinéma d'auteur.

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